‹ Documents inédits pour servir à l'histoire du christianisme en orient [XVIe-XIXe siècle];Chapitre 75 sur 113 · Lb PiRB Flburiau au Ministre · texte numérisé non relu

Lb PiRB Flburiau au Ministre

Paris, 13 Fév. 1710.

(Aff, Eir. : Aff. relïg. et Miss, du Levant)

Sommaire : A. Comment remplir les 13 places de Jeunes de langues qui vont être vacantes ; individu suspect, étranger au Séminaire des Levantins ; éloge de Rigo. — B. L'avanie faite aux Jésuites d'Alep imméritée ; Vertus du P. Coudert. Gratitude pour un cadeau de 1200 piastres. Impossibilité de fournir la pension de 50 écus aux PP. d*Alep, et de payer la taxe turque qui leur a été imposée à la suite de l'achat d'une maison.

A. — J'ay recôu la lettre que vous m'avez fait Thonneur de m'écrire du 5 de ce mois. Je vous remercie de la bonté que vous avez de continuer vostre protection à nostre petit séminaire de Levantins. J'espère que cette bonne œuvre sera agréable à Dieu.

Pour bien remplir les 15 places qui vont être vacantes Je crois qu*il serait à propos d'avoir au moins un enfant de Constantinople et un autre de Smirne ; ce sont les plus grandes villes de la Grèce. Naxie en peut donner un, qui soit de la famille de ces anciens Seigneurs de Lille (sic). Scio donnera un 4^ enfant et Alept deux Sariens.

J'ai interrogé tous nos enfants de la manière dont vous me l'avez ordonné sur le nommé George, qui se dit originaire d'Andrinople. Les trois grands sont Suriens et n'ont aucune habitude avec les Grecs. Les autres Levantins sont trop jeunes et n'en n'ont

seront donnés dans d'autres fascicules : <c Les Arméniens apostats de Constantinople sont venus ici (Livourne) pour tiller à Rome demander pardon de leur apostasie. Ils m'ont appris que la persécution diminuait de jour en jour et que la dissimulation ^?) des catholiques, à la honte des schismatiques d'avoir poussé les choses si loin à Tégard de leurs frères, terminerait bientôt toutes les disputes, oue le patriarche (Sahak Apoutchekhtsi 1708- 17 14), honteux de voir la plupart de sa nation dispersés dans les galères, confinés dans les exils, et ensevelis dans les prisons, a rassemblé un jour les schismatiques et les catholiques dans son église^ les a prêches, communies. Et sans leur parler de Léon ni du Concile de Chalcédoine, il les a tous généralement exhortés à la paix et à vivre en frères entre eux.

VoiU mon Rd Père, tout ce que je sais de nouvelles. Le bruit court ici que nous avons battu les ennemis ; je le souhaite de tout mon cœur. Si cela est, je ferai mes feux de joie arrivant à Constantinople ».

aucune connaissence. Mais j*ay appris de Dippy qu'il estait venu icy il y a deux ans pour le service de Ragosti un nommé George de Roussy, marchand* grec de Salonique ; on dit qu*il est présentement à Venise. Ce mesme marchand avait avec luy un valet qui luy servait d'interprète nommé Boubouly sachant les langues du Levant, et le français. 11 est encore à Paris, il se dit sous la protection de Venise ; c*est un vagabon et capable de fripponnerie.

Je vous remercie de la bonté que vous avez pour Rigo, il la mérite ; le bien que vous luy procurerez fera honneur dans le levant au séminaire de nos Levantins.

B. — Sur les premières nouvelles de l'affaire arrivée a Alept, dont je n'avois alors connaissence que pour la requeste de la nation d'Alept, j*avois déjà condamné nos missionnaires, mais j'ay depuis ce tempt la receu le procès verbal de M^' le Consul légalisé avec des lettres qui m'ont fait voir qu'ils n'ont été qu'occasion innocente à l'avanie. Je n'ay point l'honneur de vous envoyer le procès verbal de M*' le Consul, parceque je crois qu'il vous l'aura envoyé. Je joins seullement à ma lettre l'extrait de quelques unes que jay receiies. Le Père Coudert est un Missionnaire de 80 ans. Ceux qui le connaissent vous diront que c'est un véritable Saint sur terre ; qui s'est exposé au service des pestiférés aussy souvent que la peste a été allumée a Âlept et qui a fait une infinité de conversions parmi les schismatiques, depuis plus de cinquante ans qu'il est employé au ministère Evangélique en Syrie.

Pour ce qui est de l'avance de 1200 piastres, nous sommes absolument à vostre miséricorde, il me suffit de vous dire que la nécessité m'a obligé de diminuer la pension de nos Missionnaires, quoi quelle ne soit que de 50.écus, que je ne puis leur envoyer cette année ny images, ny chapelets, ny remèdes, ny étofes, et que le peu que je leur envoyé d'argent est pour une partie emprumpté. M*** de la nation estoieut d'accord avec M^* le Consul pour l'aquisition de cette maison plus commode pour leur service et ils n'auroient présenté aucune fequeste s'il n'étoit point question de cette taxe qu'ils scavent fort bien que nous ne pouvons absolument payer, car ils scavent dans quelle pauvreté vivent nos Missionnaires d'Alept malgré leurs travaux continuels. Encore une fois nous sommes a vostre miséricorde.

J'ay fait voir le procès verbal de M' le Consul à M' Fabre, député de Marseille, et il desaprouve fort la requeste de la nation d'Alept et doit en écrire à M*'^ du Commerce de Marseille.

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