ClRCUIAlRB (1) : LE GÉNÉRAL BRUNE
Conseiller d'Etat, Ambassadeur de la République française
près la Subliiâe Porte ; aux citoyens commissaires
et sous-commissaires des Relations commerciales
dans le Levant.
Péra les Constantinople, ce 12 Ventôse, an 11 (2 mars 1803).
(Archives du consulat général de Beyrouth).
Sommaire : Le Gouvernement de^la République veut, comme les gouvernements antérieurs de la France, protéger toutes les Eglises catholiques, dans tout le Levant.
Citoyens, le Gouvernement vous recommande d'employer tous vos soins les plus assidus à protéger la Religion catholique dans
(i) Au moment où nous faisions paraître cette pièce, nous avons constaté qu'elle avait été déjà publiée par M. René Ristelhueber, consul de France, dans son intéressant ouvrage : Traditions françaises au Liban, Paris, i^i8.
vos échelles. Ce droit de protection suprême est, depuis plus d*un siècle, dévolu à la France, qui ne peut Tabandonner sans nuire à ses plus chers intérêts. Elle y trouve le double avantage de pouvoir exercer son humanité envers les opprimés de toutes les nations et d'agrandir la famille des Français dans ces contrées lointaines où elle a fondé ses relations de commerce les plus importantes.
0*après ces considérations, mon premier soin en arrivant à Constantinople a été d*y reprendre solennellement la protection de toutes les Eglises catholiques. Je me suis fait une règle d'assister tous les dimanches aux cérémonies religieuses, aussi bien qu'aux TeDeum qui ont été chantés pour célébrer le retour de la protection française dans les quatre églises de Péra et de Galata. L'exemple que je donne ici doit être suivi dans tout le Levant et je connais trop votre zèle éclairé pour n'être pas assuré que vous concourrez de tout votre pouvoir à l'accomplissement de la volonté du Gouvernement. Je vous invite donc à me rendre compte exactement des mesures que vous aurez prises pour replacer sous la protection française les institutions de Religion catholique dans l'étendue de votre commissariat.
t-amo
Scrisorea Patriarchului de Antiochia catra Imperatul Carol V cerênd ajutor contra Turcilor (1).
84. Lettre du patriarche catholique d*Antiochb A l'Empereur CharlestQuint,
pour lui demander assistance contre les Turcs. 25 mars 1527.
XXXV (Din Archiva ces. reg. dm Fiena)
Sommaire : Appel à l'empereur Charles V. Le patriarche, les évêques et le peuple maronite se soumettent à son autorité. L'arrivée en Syrie d'un Charles allemand a été annoncée depuis plusieurs siècles (?). L'envoyé patriarcal le renseignera sur les ressources des Turcs. Pour empocher de transformer sa résidence en mosquée, le patriarche a dû livrer aux Turcs tous les vases et les ornements de son église. Les Maronites emploient toutes leurs ressources à préparer des vivres et des armes.
Jésus Christus
PetrusEpiscopusservus servorum Dei, patrîarcha Antiochenus, salutem et apostolicam benedictionem. Mando ad tuam Cassaream Majestatem, frater charissime, tôt benedictiones quot sunt conchae
(i) Nous ignorons si cette lettre est restée inédite. En tout cas, elle est très peu connue, malgré son importance. C'est pourquoi nous la publions. Dans le premier tiers du XVT siècle, les relations des Maronites avec la France ne pouvaient être ce qu'elles furent dans les âges suivants. L'étroite union morale qui devait suivre et aboutir à l'autonomie du Liban, sous l'égide de la France, n'existait pas. Le roi de France, François 1 venait d'être battu et fait prisonnier par Charles-Quint à Pavie (i525).Un rapprochement avait lieu entre la France et la Turquie contre l'empereur.Le Grand Seigneur n'était pas loin d'atteindre à l'apogée de sa puissance. Le Sultan Soleïman, ou plutôt son ministre Ibrahim, un Grec d'origine, avait conquis Belgrade, Rhodes, triomphé des Hongrois à Mohacz. Les Ottomans avaient mis à feu et à sang les régions envahies. D'autre part, tandisque Charles V luttait contre les Turcs, des soulèvements éclataient en Cilicie ; et les Syriens ainsi que les montagnards du Liban, déjà révoltés en 15 20-1 5 21, puis soumis et maltraités, aspiraient de nouveau à secouer un joug écrasant. N'ul protecteur n'apparaissait encore à l'horizon, sauf l'empereur Charles. Voir de Hamnier, Hist. de V empire oiioinan. Livres XXV, XXVI, XXVII. , traduction de Heller.
in littore maris. Sciât tua Caes. Maj68tas, mi Carole amande, quod in diebus elapsis duos nuntios sive ambasciatores tibi misi quorum nomina sunt haec, Petrus Cavalarius, et lohannes Ârchidiaconus de meo Castro de quibus aliquod responsum non habui, neque eos amplius vidimus. Tandem motus pietate et zelo Ghristianae religionis mitto tibi Archiepiscopum Antonium Remolia Damascenum, ut admoneat tuam Ces. Maiestatem ut veniat cum 400 velis et 50.000 armigeris cum suis sclopetis et cum mille equestribus, quia usque nunc sunt quattuor anni, quod nos Christiani omnes clamamus desyderantes tuam Ces. Maiestatem. Et etiam habemus 50000 hominum cum arcubus ad defensionem Ghristianae religionis. Sciât etiam tua Ces. Maiestas quia sunt octoginta Cives Nobiles qui fecerunt pactum et juraverunt super sacrum corpus Christi unanimiter omnes se esse unanimes ad serviendum tuas Ces. M^^ et sub pedibus tuis. Et si tua Ces. M^^ ad consequendam istam victoriam contra Turchos non venerit, certe, certe, venient forsitan cras Turchi ad accipiendum sanctum sepulchrum, quia anno praeterito acceperunt montem Syon ubi apostoli fecerunt caenam Domini ; et fecerunt ibi moscheam (1). Nos autem omnes fecimus planctum magnum et jeiunium quadraginta dierum. Insuper acceperunt multa loca sancta, tandem Hungariam acceperunt, fratribus et religiosis mala inenarrabilia inferentes, et sic usque hodie faciunt, sicut diabolus quaerens quem devoret. Nos vero Christiani continue non cessamus deprecari Dominum, ut ipse manum adiutricem teneat super caput tuum, et super coronam capitis tuae Ces. M^^^ eam auxiliando, protegendo, et defendendo. Et sicut auxiliatus est Moysen prophetam contra Pharaonem Regem Aegypti, et Abraam contra quinque Reges, sic etiam Deus noster adiuvet tuam Ces. M^^"^ et exercitum eius contra Infidèles. Et immittat tibi voluntatem firmam veniendi
(i) François I, roi de France, dans une lettre écrite en 1628 au sultan Soleiman, demandait la restitution aux chrétiens d'une église de Jérusalem transformée en mosquée. Le sultan répondait que nul édifice ayant porté le nom de mosquée ne pouvait ôtre rendu au culte chrétien ; mais il ajoutait que partout ailleurs^ les chrétiens, dans les édifices de leur cuite, devaient jouir d'une liberté parfaite ; de Hamnier, trad. Hellert, t. 5, p. 150-153, donne deux réponses de Soleïman à François I.
et prseliandi contra eos quia tuum est illud dominium, quia in celo unus Deus et iû terra unas Imperator. Etiam mit'to tibi notabile memoriae dignum, tuaeque Ces. M^^ iocundissimum, quod invenimus in libre quodam antiquissimo compilato anno Dominica) Incarnationis 965, videlicet quod anno Dominicae lacarnationis venturus sit Carolus Imperator natione alemanûs, et quod ingressurus sit sanctam Ciyitatem cum magno gaudio, sicut Helena mater Constantini Jmperatoris. Quod de tua Ces. M^^ intelligendum et per eam implendum esse nemo nostruxn dubitat. Ergo venias née paveas. Mittens enim ad tuam Ces. M^^"^ Archiepiscopum meom Antonium sapradictum commisi illi, ut per vias TurchisB iter faciat ad videndam fortitudinem Turchi», quod et fecit, et ipse de omnibus hajus tuam Ces. M^^"^ ad plénum informabit. Et post base dicet tuad Ces. M^^ quo^ modo anno praeterito Turchus expugnavit Castrum meum aanctaa Mariae volendo construere ibi Mos&heam, quod ego ducatoram 15.000 redemi (1), et quia summam illam ducatorum non habebam necessitate compulaus omnes res dicta» Ecclesiae dedi in manus Turchorum, et populus meus subvenire mihi non potuit, quia omnes suas âtcultates in frumentis et in armis bellicis pro tuo adventu expendit. Igitur rogo tuam Ces. M^^™ ut in aliquo me adiuves, et ut Régi Portugalliae tuo parenti de hac re aliquid scribas, ut et ipse mihi subveniat. Bene valeat tua M^^.
Ego Petrus Patriarcha Antiochenus (2) promitto tibi obedien-
(i) La résidence patriarcale était alors le couvent de Canoubin (Koiiiobion, cœnobium) dédié à la très Sainte Vierge. Ce monastère est situé un peu au-dessous des fameux cèdres du Liban, au«dessus et à l'ouest de Tripoli, sur le Nahr Qadicha. Voir t. I, p. 68, 6^, etc.
(2) Ce'patriarche^était Moïse Accari, ou d'Accar, à Test de Tripoli, élu le 9 décembre 1524, mort le 19 mars 1567. En 1527, probablement à l'occasion de ce message^à Charles-Quint, le même patriarche envoya Antoine (Remolia), archevêque de Damas, vers le Pape Clément VII pour lui demander le Pallium, Pris par des Pirates, Antoine paya sa rançon et put terminer sa mission. Il obtint de plus un induit, en vertu duquel une indulgence'plénière était accordée à tous ceux qui lui donneraient une aumône. Rescrit du 8 septembre 1528, dans Ed-Doubaihi, Hist, des Maronites', Imprimerie Catholique, Beyrouth 1890, p. 158. — En 1530, le patriarche Moïse envoya une autre lettre au Pape Ûément VIÏ, pour obtenir que le
tiam, ego et omnes nos unanimiter sub cura tua promittimus mori pro tua Ces. M^^ et omnes sub tua cura manu propria subscripsimus.
Ego Jacobus Archiepiscopus de Alep affirme ut supra et conôteor quod ego et omnis populus meus sumus sub cura tua. «
Ego Georgius Archiepiscopus de Emps (1) affirme ut supra cum populo meo, quod ero sub cura tua.
Ego Cjriacus Archiepiscopus (2) affirme ut supra cum populo meo quod ero sub cura tua.
Ego lohannes Archiepiscopus aflfirmo ut supra cum populo meo, quod ero sub cura tua.
Ego Basilius Archiepiscopus affirme ut supra cum populo meo quod ero sub tua cura.
Ego Antonius Remolia Archiepiscopus Damascenus affirme ut supra cum populo meo quod ero sub cura tua.
M. D. X. X. die XXV Martij scriptum in Castro Sanctae Mariae de monte Libanij apud Tripolim Sérias.
CiESÂREiË MaI£STÂ.TI CaROLO,
Imperateri Christianorum.
^ cardinal Santa Cruz fût nommé protecteur de la nation maronite. Le pape, dans une belle réponse, datée du 5 janvier, lui accorda l'objet de sa requête.
Le patriarche Pierre, qui s'appelait auparavant Moïse, avait succédé en 1524 à Qiaraoun ou Siméon, fils de Joseph, fils de Ibn Hassan ; Chamoun serait mort en 1524 à l'âge de 120 ans (I), si l'on en croit V Histoire des Maronites. Il avait succédé en 1492 à Pierre Fils de Joseph, connu sous le nom 4e Ibn Hassan, et avait reçu le pallium du pape Léon X, en 15 15.
(i) Emps désigne le siège archiépiscopal de Homs (l'ancienne Emèse) et Hama.
(2) Ce prélat est probablement le mênie^que Cyriacus (Kiriacos) évoque d'Ehdcn, qui mourut en 1550. Hist. des Maronites déjà citée, p. 165.
Episcopii din Siria cer prin solul lor,
ArcMepiscopul din Damasc, ajutor de la Imperatul Carol V.
si ii jura credinta.