‹ Documents ménaisiensChapitre 12 sur 18 · A. M. Blaize · texte numérisé non relu

A. M. Blaize

li mai. — A M. Ange Blaize, rue de Vaugirard, 108.

(( Je suis fort content de ton article ; ainsi tu peux faire le » second. Aie soin de n'écrire que d'un côté de la feuille. Tu

(1) On a publié des lettres de La Mennais à Le Cudennec, qui datent de 1822, 1823, 1824, 1827. Et il est question du même correspondant dans ime lettre du l^r mai 1833.

(2) Antoine-Laurent Pagnerre, né en 1805, membre de l'Assemblée nationalei sous la seconde république, devint l'édileur de La Mennais, à partir de 1838. On accusa ce libraire d'avoir acquis un million aux dépens des écrivains patriotes. Pendant que l'exploitant dort, disait un biographe de^ représentants du peuple, « le génie exploité souffre, à Tinsu de tous, ne sachant pas, le matin, comment il dînera le soir, ni, la veille, par quel habit il remplacera, le lendemain, son habit trempé de pluie et couvert de boue ». Ce passage violent et curieux fait allusion à I^ Mennais. Au reste, en 1849, celui-ci mande à ses amis que Pagnerre Iq vole d'une manière infâme (lettres à Gérard, 25 sept., à Vitrolles, 26 sept.). Et, le 31 mai 1852, il parle encore à Adriefi Benoît de la « race malfaisante de tous ces Pagnerres qui pullulent au fond des égoûts de la société présenta ».

» me rapporteras, Stenko d), et je t'en donnerai un autre » exemplaire, sur lequel l'auteur a écrit mon nom. — Tout » à toi. — F. »

Ange Blaize, né à Saint-Malo, le 28 décembre 1811, fit des études de droit et de médecine, et fut secrétaire de Félicité de La Mennais, son oncle. Poursuivi le 10 juin 1841 pour son ardeur dans la défense de la réforme électorale, il prononça un discours, seize jours plus tard, sur la tombe de Garnier- Pagès, au nom des comités réformistes de Paris. En 1848, recommandé par le gouvernement provisoire, il sollicita un mandat de député, à Saint-Malo, mais il échoua. Aux journées de juin, il combattit avec la garde nationale contre les insurgés. Son oncle ne lui pardonna pas cette conduite, et Al. Blaize chercha vainement dans la suite à le ramener à des sentiments plus équitables vis-à-vis de lui. Sous l'Empire, Ange Blaize demeura fidèle à l'idéal républicain, et le gouvernement du 4 septembre le nomma préfet de Rennes. Il mourut dans ce poste le 14 février 1871. Entre autres objets, il a légué au musée de cette ville le buste de La Mennais par David d'Angers.

M. Blaize était spiritualiste. Au cours de sa ^fîe, il a fait preuve de bravoure et de dévouement. Il avait une intelligence très cultivée. 'C'était un libéral. Des écrivains catholiques ont voulu lui faire un reproche de l'impénitence finale de La Mennais. Cette incrimination est à la fois une naïveté et une injustice ; une naïveté, parce que l'attitude du prêtre breton sur son lit de mort ne fut que la conclusion, pleinement libre, des idées qu'il professait depuis bientôt vingt

(1) Sur Stenko (Etienne) Razine, cf. Lavisse et Rambaud, Histoire générale^ VI, 189.5, p. 662 et sq. Pour la bibliographie, p. 717. Ennemi du daspotisme, Stenko combattit à la tête de hardis compagnons. Il voulait l'égalité et la liberté. Il disait : « Je ne veux pas être tsar, je veux vivre avec vous comme un frère, ». Pris, il fut découpé vivant, à Moscou, menfbre par membre, articulation par articulation (juin 1670). Bref, Stenko était un héros, un saint, un martyr de chapelle ménaisienne. — Mais j'ignore quel est l'auteur auquel notre document fait allusion, e,t dont le Stenko fut publié sans doute entre 18.30 et 1848, mais plutôt vers 1834-1837. Le billet doit être attribué vraisemblablement à l'année 1837.

années; une injustice, parce que le neveu, loin de pouvoir influer sur les dispositions du malade, voyait ses efforts pour se rapprocher du lit de son oncle rejetés par celui-ci. M. Blaize était d'ailleurs déterminé à aller liii-nième chercher un prêtre, si le moribond en manifestait le moindre désir. De ces afTirmations j'ai sous les yeux des preuves nombreuses et irréfutables.

Déranger disait à La Mennais : Votre neveu est un homme rare, et « plus on le connaît, plus on l'estime et l'aime » (lettre du 17 juin 1843).

M. Blaize a publié un travail considérable sur les Monts de piété (Paris, 1856; 2 vol. in-8° ; la V édit. est de 1843). Il a écrit un Essai biographique sur M. F. de la Mennais (Paris, 1858, in-8°). Sa brochure intitulée Déranger et F. La Mennais contre M. F orgues est intéressante (Paris, 1859). Il a édité deux volumes d'OEuvres inédites de F. Lamennais^ comprenant surtout la correspondance (Paris, 1866). — A sa mort, le Phare de la Loire (Nantes) inséra une fort belle lettre de M. A. Audiganne, qui l'avait connu et apprécié particulièrement. Cette lettre fut reproduite dans la Gironde^ de Bordeaux, 28 février 1871. Voir aussi le Journal de Rennes^ n° du 14 février 1871. Consulter Larousse, Dict., II, 1867, p. 787 ; Vapereau, Dictionnaire des contemporains^ 4® édit., 1870, p. 205 ; Kerviler, Bio-bibliogr. brel.; III, p. 349-352. Et Catalogue des imprimés de la Bibliothèque Nationale^ XIII, 1903, col. 879-881. — Dans la correspondance de La Mennais, voir principalement les lettres d'août 1836, de septembre 1840, de janvier et juillet 1841, et une lettre du 24 février 18'i9, adressée à Gérard.

Outre des frères, M. Blaize avait trois sœurs : Louise, morte le 26 juillet 1826 ; Marie-Ange, qui épousa M. Félix de Kertanguy, et mourut sans enfants ; Augustine-Marie, qui fut mariée à M. Elie de Kertanguy, le 10 juin 1836, et qui devint la légataire universelle de Félicité de La Mennais.

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