II. Comédies
Il ne reste pour ainsi dire rien dans les manuscrits d'André Chénier, qui soit relatif, d'une façon certaine, à ces sortes de compositions. Une indication très-courte sur ce qu'il voulait faire, est la seule trace que ses manusraits ont gardé de ses projets. En tête de cette note est la mention (^bc-k. [iLEvav, c'est-à-dire, Qi^m'xy.ai [jLEvavopsTai, Thespiciques ou compositions dramatiques dans le goût de Ménandre.
La comédie de Ménandre, c'est la nouvelle comédie, celle dont les chœurs ont disparu, c'est le type de la comédie de Plante et de Térence chez les Latins et de Molière chez nous. Et en effet c'est Molière qui est l'objet de cette note, publiée par M. Egger et que nous avons reproduite dans les G'Juv7'es en prose.
On peut se demander si la pièce des Charlatans n'était pas une comédie plutôt qu'une satyre. Pour moi, il ne peut y avoir doute. On verra par quelques vers du prologue que nous citerons qu'il entendait faire une comédie à la manière d'Aristo-
pliane, avec des chœurs dansants. C'est donc une satyre. Pour quelques autres fragments il sera diflicile de décider.
J'aurais pu n'introduire que deux divisions dans le théâtre : 1" Tragédies avec ou sans chœurs; 2" Comédies avec ou sans chœurs, c'est-à-dire comédies ou satyres. Mais j'ai préféré distinguer les comédies des satyres pour bien faire sentir les points de vue différents où se place le poëte. Dans chaque cas particulier le jugement du lecteur sera libre. D'ailleurs un très-petit nombre de notes se rapportent à ces comédies proprement dites. Cela ne doit pas nous étonner; André n'était point attiré vers ce genre par l'attrait de la nouveauté. Là, il lui était plus difficile d'innover; il n'avait qu'à marcher sur les traces de ses devanciers, en s'efforçant de les surpasser, en prenant pour modèle notre grand comique d'abord et ensuite en allant puiser lui-même clans le théâtre des Latins et dans les fragments d'Alexis, de Ménandre et de Philémon des inventions nouvelles, des traits oubliés ou perdus, retrempant en quelsorte le rire aux sources de l'antique gaieté.
Ce qui, beaucoup plus que la comédie proprement dite, excita sa verve, aiguillonna son génie, ce fut la création et la composition de ses Satyres ou comédies à l'Aristophane.