‹ Documents nouveaux sur André Chénier et examen critique de la nouvelle édition de ses œuvresChapitre 82 sur 101 · XCVI. — Je n'ai point besoin de faire remarquer · texte numérisé non relu

XCVI. — Je n'ai point besoin de faire remarquer

que les notes et le fragment en vers ne se tiennent point. Il faut vraiment toute l'imagination de Téditeur pour écrire celte note extravagante : Dans cette dernière pièce fauteur aurait employé des fables orientales, et V aurait terminée par un résu/mé historique et philosophique dont les vingt derniers vers sont le rema/rqu>able spécimen. Parmi les notes, je trouve cette petite ligne : « Megnoun et Leileh,,..^ Gemil et Shanba , qui faisait des vers comme Sappho. >^ On trouve sur ces noms des renseignements, dont André comptait tirer parti, dans la Biblio^ tkèque orientale, de D'Herbelot. D'abord, page 525: « Leilé, nom de la maîtresse de Megnoun. Les amours de ces deux amants sont aussi célèbres parmi les Orientaux, que ceux de Pétrarque et de Laure parmi nous. Ils ont fourni la matière à une infinité d'ouvrages en prose et en vers que les Arabes, les Persans et les Turcs ont composés sur leur sujet. » Ensuite, p. 579 : « Ce mot de Megnoun est devenu le nom d'un fameux personnage que les Orientaux prennent pour le modèle d'un parfait amant. Sa maîtresse, qui se nomme Leïleh, est regardée par les Orientaux comme la plus belle et la plus chaste de toutes celles de son sexe. L'on trouve les Amours de Megnoun et de Leïleh écrits en arabe, en persan et en turc, et tous les mahométans regardent également ces deux amants à peu près comme les Juifs ont fait l'Époux et l'Épouse du Cantique des Cantiques. » Enfin, page 348 : « Gemil et Schanbah, c'est le nom d'un de ces couples d'amants dont les Orientaux célèbrent, dans leurs histoires et dans leurs poésies,

la constance et la fidélité. Les plus fameux sont Joseph et Zoleikhah, Megenoun et Leilah, Khofrou et Schirin. »

Nous avons terminé ce que nous avions à dire à propos des élégies ; nous avons dû négliger beaucoup de menues observations, mais il est impossible de tout dire. Nous demandons au lecteur la permission de quitter ce troisième volume et de passer au milieu du second. Ce n'est pas par caprice que nous allons ainsi d'un volume à un autre. Mais il nous est nécessaire d'aborder maintenant Texamen des fragments et notes que l'éditeur a rassemblés sous le titre de Théâtre. En procédant ainsi, nous aurons éclairci plusieurs questions importantes quand nous arriverons & l'examen des autres parties des œuvres.

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