‹ Documents nouveaux sur André Chénier et examen critique de la nouvelle édition de ses œuvresChapitre 90 sur 101 · II. Hymnes · texte numérisé non relu

II. Hymnes

I. Hymne à la France. — Voyez ce que nous avons dit au sujet de cet hymne dans le chapitre précédent. — Page 205, v. 1. Le texte était fixé par les bonnes éditions de 1819 et de 1833. M. de Chénier a profité, sans le dire, de la note de 1872. — Page 207, V. 5. L'éditeur accuse de Latouche d'avoir mal lu le manuscrit. Comment le sait-il puisqu'il n'a pas le manuscrit? Il faut s'empresser de reprendre le vers qui est avec raison dans toutes les éditions :

L'oppresseur, évitant d'armer d'injustes plaintes,

vers auquel M. de Ghénier n'a absolument rien compris. Le poëte dit fort clairement que les oppresseurs se font une arme de plaintes qui sont injustes (c'est-à-dire se plaignent injustement) pour poursuivre, détenir et rançonner le faible. Il s'agit des innocents qui sont les victimes d'accusations injustes. L'éditeur eût évité le contresens qu'il introduit dans le texte, si au lieu d'imaginer (p. 213) un hymne à la justice, il avait comparé toute cette fin de VHymne à la France avec

ces quelques lignes qui en sont tout simplement le canevas :

J'ai dit : vierge adorée, en quels lieux te chercher! ... (Parler ensuite de ces innocents accusés et condamnés, des hommes éloquents qui les défendent et qui encourent l'inimitié des juges ignares et pervers.) Finir par : Non, je ne veux plus vivre....

ce qui nous reporte au vers 13 de la page 207.

II. — De Latouche a dû avoir une raison pour dater cette pièce. En tout cas j'observerai que VAvis aux Français est daté de Passy, 24 août 1790. André pouvait donc très-bien ne pas être en Angleterre au mois de juillet. Nous avons vu, d'ailleurs, que réditeur ne sait pas, d'une manière précise, l'époque du retour d'André en France. A mon avis, ce petit fragment appartient au poëme de Y Amérique. 11 faut relire (p. 73) Tesquisse de ce qu'il se proposait de faire : il avait l'intention de décrire la France avec les plus grands détails, « les lieux où ses fleuves prennent leur source et les pays qu'ils arrosent. » On doit penser qu'il n'aurait pas manqué de nommer tous les lieux qui avaient été témoins de grands événements. Il semble encore que le fragment sur la Seine (I, p. 126), sur le Rhin (I, p. 178), sur TAzergue (III, p. 148), et d'autres peut-être ont dû avoir la même destination.

III. La Liberté, — Chœur appartenant, ainsi que nous l'avons dit, à la satyre intitulée la Liberté. Nous ne complimenterons pas l'éditeur sur la façon dont il lit les manuscrits. Il a imaginé (p. 210)

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