‹ Documents officiels recueillis dans la secrétairerie privée de Maximilien: Historie de lChapitre 15 sur 71 · MAIS IL FAUT DE L'ARGENT A ÉPOQUE FIXE · texte numérisé non relu

MAIS IL FAUT DE L'ARGENT A ÉPOQUE FIXE

De Targent, tout le inonde en demandait eton ne pouvait en donner à personne. Le trésor était vide, je ne dirai pas seulement en effectif, mais en espérances. Les emprunts, négociés à si grands frais à Paris et à Londres, étaient épuisés depuis longtemps; les revenus publics étaient nuls, et la pénurie tellement grande que Tarchiduque lui-même avait été obligé de faire des réformes sérieuses dans le personnel de son entourage. Il était donc inutile d'y songer. Mais comme il était impossible d'avouer la vérité, on prit un biais, et M, Pierron répondit en ces termes :

u Mexico, 20 août 1866.

» Monsieur,

» J'ai reçu vos deux lettres datées du 48 juillet, et j'aurai rhon^ neur d'en soumettre le contenu à l'Empereur.

» M. de Gastillo ayant omis, en quittant Mexico pour accompagner

rimpéralrice en Europe, de me faire part de l'arrangement pris avec vous, je me vois, quant à présent, dans Timpossibilité de répondre au passage de votre lettre par lequel vous vous plaignez d'être privé des ressources mises à votre disposition par M. le ministre des affaires étrangères.

» Dès que M. de Castiilo m'aura renseigné sur vos stipulations réciproques, j'aurai l'honneur de porter à votre connaissance la décision qu'elles auront provoquée.

» J'ai l'honneur, etc.

» Le chef du secrétariat de V Empereur,

» Ed. Pierron.

» M. Estvan, New- York. »

Mauvaise défaite. Cet arrangement avait laissé des traces que le chef du secrétariat de Tarchiduc ne pouvait pas ignorer, puisque je les ai retrouvées.

M. Estvan avait soumis un programme entier de corruption. Ce programme, développé par lui en présence du prince et de M. Castiilo, avait été accepté. Le ministre avait adressé, quelques jours après, — 4 janvier 1866 -- un rapport à son maître au sujet de cette proposition, et celui-ci lui avait fait ouvrir sur les fonds secrets un crédit de J 8,000 piastres affecté spécialement à cet objet.

Sur ce chiffre, une traite de 8,000 piastres, soit 41,600 francs, tirée sur le bureau central des finances du Mexique à Paris, avait été adressée à un M. Borg, gérant le consulat de l'empire établi à New-York. Cette traite, vendue sur la place, avait produit la somme de 7,963 d. 63/100, et le surplus, les \ 0,000 piastres restantes, étaient demeurées entre les mains de M. Castiilo qui devait les avoir encore au moment de son départ pour l'Europe, ou qui en avait disposé sans en prévenir le destinataire.

Voilà toute la vérité. Mais, je le répète, comme on ne pouvait pas l'avouer, M. Pierron, pour sauver la bonne foi de Tarchiduc et l'honneur compromis de M. Castiilo, s'était retranché derrière ce qu'il appelait un oubli de ce dernier.

Je passe au correspondant de la presse à Vienne.

Correspondant de la presse en Autriclie.

• Ce correspondant était M. de Herzfeld, consul général de l'empire à Vienne, avec appointements de 15,000 francs par mois. J'ignore la nature des services qu'il a réellement rendus, car je n'ai rencontré de lui qu'un seul rappc^rt dont voici la traduction, textuelle.

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