CONSLLAÏ GÉNÉRAL DU MEXIQUE
« Vienne, 24 avril 1866.
N" 72. — Rapport sur la presse.
Parmi les journaux de ce pays favorables à la cause du Mexique, qui se recommandent par leur influence, et qui insèrent les nouvelles que leur communiquent les agents mexicains, je citerai :
l'» Le journal Altes Fremdenblatt , publié dans cette capitale, et dont le chiffre de souscripteurs s'élève à 28,000. Ce journal est trèsfavorable à la cause de Tempire : on le trouve dans tous les cafés et dans les établissements publics.
2° Le Neues Fremde^iblatt qui tire à 20,000. Il est également trèsfavorable à la cause de Tempire, et jouit d'une grande considération à l'étranger, particulièrement en France où Ton reproduit souvent ses articles.
3° La Gazette officielle, Wiener Zeitung.
4® La Geiural Correspondenz.
5° L'Oesterreichische Zeitung, dont l'inlluence est très-grande dans l'Allemagne du Sud.
6^» Le Débatte, journal consacré spécialement aux intérêts de la Hongrie, et dont le rédacteur fait insérer dans les feuilles hongroises tous les articles favorables à la cause de l'empire.
Ces journaux se publient tous à Vienne.
Quant aux organes autrichiens dont le langage continue à être hostile, voici également leurs noms.
i^ VAlte Presse, réceptacle de tout ce que nous possédons ici en fait de pédants et de réactionnaires, par conséquent d'ennemis de l'empire. Son propriétaire, homme. fort riche, est un ennemi personnel de. Notre auguste Souverain (i).
(1) Je ne savais pas encore que M. de Herzfeid fût mexicain.
^^ Le Neue Friede Presse, ce journal appartient entièrement à la cause de fUnion, et sert d'interprète fidèle à tout ce que lui dicte la légation américaine. Les sympathies de ses rédacteurs pour les États-Unis ont encore grandi par suite des spéculations heureuses qu'ils ont faites sur le papier américain.
3° Le Triester Zeitung, publié à Trieste. Son rédacteur est trèshostile à Tempire, mais comme il a toujours beçoin d'argent, il est probable qu'avec une subvention mensuelle de 400 florins, monnaie du pays (4), on pourrait obtenir de lui un langage plus favorable.
Enfin, parmi les autres journaux importants de l'Allemagne, je citerai encore :
Le Koelnische Zeitung dont l'influence est grande dans le Nord. J'ai ouvert des négociations avec son correspondant, le docteur Brulh, et je ne doute pas de son concours, si l'on daigne accorder à son rédacteur une décoration quelconque et une subvention à son correspondant ci-dessus nommé.
â<> La Illustrirte Zeitung, qui se publie à Leipsig, possède également une grande influence, et l'on peut entrer en relation avec le baron Mûller, connu par son voyage au Mexique, qu'il a dédié à S. M. l'Empereur. La Illustrirte Zeitung insère sans observation tous les articles du baron Mûller.
3<^ Le journal Austand, publié à Augsbourg, et dont le rédacteur, nouvellement décoré par l'Empereur, est aussi très-favorable à la cause de l'empire.
Cependant, il est nécessaire avant tout de remettre à la légation de S. M. à Vienne tous les fonds dont elle a besoin pour subventionner la presse, et que les articles qui viennent du Mexique soient assez intéressants par eux-mêmes pour attirer l'attention, et en assez grand nombre pour permettre de les communiquer en même temps à plusieurs journaux. Il faudrait aussi que les rédacteurs de VEstafette et de VÊre nouvelle, qui nous arrivent régulièrement, se limitassent à insérer des faits qui dénoteraient un véritable progrès, au lieu de remplir leurs colonnes de pillages, d'attaques de diligences , de morts, de blessés et d'incendies, ce qui produit le plus mauvais effet.
Je profite, etc.. Herzfëld. »
En tête de cette pièce, écrite toute entière de la main de M. Herzfëld, on a mis au crayon :
« A. M. Pierron; — Rapport très-important. »
(1) Environ 250 fi*ancs.
Il était impossible de mieux faire la critique des journaux entretenus à Mexico par le gouvernement et par le général en chef, pour chanter en Europe les gloires de l'Intervention. Malheureusement à Vienne, comme à New- York, la pensée du correspondant se résumait dans un
mot : de l'argent! toujours de l'argent pour subveti"
tionner la presse, je veux dire, pour lui faire imprimer le contraire de la vérité et égarer le sentiment des popula* tîons. De l'argent! où en trouver? L'empire n'en avait même pas pour couvrir la solde de ses derniers défenseurs. Le ministre à qui s'adressait M. de Herzfeld, ne lui fit aucune réponse, et je profiterai de son silence pour m'expliquer tout de suite sur le correspondant du bureau de la presse établi à Paris.
Correspondant du bureau de la presse à Paris,
A Paris, le nombre des postulants se composait de tous ceux qui avaient trempé, directement ou indirectement, dans cette mauvaise action.
Leurs propositions, identiques quant au fond, variaient dans la forme en raison de la position sociale des demandeurs, et nous devons pour cela procéder par ordre de dates.
C'est d'abord le directeur du Mémorial Diplomatique.
Voici la lettre qu'il a écrite à l'archiduc sous la date du 14 mai 1864 (1).
« Sire,
» Le lendemain de mon l'elour à Paris, le 25 avril dernier, M. Dfouyn de LTÏuys m'invita à passer chez lui pour m'apprendre que Sa Majesté l'empereur des Français avait daigné me conférer les insignes d'officier de la Légion d'honneur, pour reconnaître, par un témoignage public, le concours que j'avais prêté à l'aide du Mémorial diplomatique, à la solution heureuse de la question mexicaine.
(1) Je préviens une fois pour toutes les lecteurs que je conserve soigneusement l'orthographe de toutes ces ietti'es.
IL n
» Lo Ministre des attaires étrangères m'exprima, au nom de Son Auguste maître, le désir que mon journal, désigné désormais par Topinion publique comme le Moniteur officieux du Mexique, exploitât la position élevée qu'il occupait déjà dans les rangs de la presse européenne, pour combattre efficacement les erreurs et les mensonges que Tesprit de parti se plaît à répandre sans cesse sur la situation politique et économique du nouvel établissement monarchique.
» M. Drouyn de L'Huys insista sur la nécessité de ménager au Mémorial diplomatique la primeur des nouvelles du Mexique. Par ce moyen on pourrait à chaque arrivage donner le ton à toute la presse continentale ; la première impression habilement produite. Ton entraînerait tout effort hostile des journaux de l'opposition. On arriverait surtout à asseoir solidement le crédit public du nouvel empire, et à préparer favorablement le terrain pour les opérations financières ultérieures.
» Dans ce but, il faudrait faire paraître le Mémorial deux fois par semaine, afln qu'un numéro coïncidât avec chaque arrivage du Mexique.
» J'ai déjà eu l'honneur d'exposer à Votre Majesté, dernièrement à Mîramar, les sacrifices pécuniaires que je supporte depuis un an pour maintenir mon journal au niveau de sa mission.
» Votre Majesté a daigné autoriser le baron- de Pont à m'assurer , qu'en considération de ces sacrifices et des services que le Mémorial diplomatique était appelé à rendre à son gouvernement, dès son arrivée à Mexico, Elle en saisirait le conseil des ministres, afin de me mettre à même de faire face aux besoins du journal. Le jour même du départ de Miramar, M. le ministre d'Ëtat Velasquez de Léon a bien voulu me confirmer cette assurance.
» Fort de cette auguste promesse, j'ose soumettre à Votre Majesté la très-humble proposition suivante :
« Moyennant une subvention annuelle de 40,000 francs, — 8,000 piastres, — et dont la durée m^ serait garantie pour trois ans AU MOINS, je m*engage à publier le Mémorial diplomatique deux fois par semaine, et a suivre entièrement la ligne que Votre Majesté