‹ Documents officiels recueillis dans la secrétairerie privée de Maximilien: Historie de lChapitre 33 sur 71 · COMPARAISON · texte numérisé non relu

COMPARAISON

Budget de Farchiduc 202,875,504 55

Budget de la République . . . 59,863,515 00

m 11 !■ ■■ — i— ^I^IWi— B^Wl^— ^M^M^— ^

Différence à la charge de Tempire . 143,011,989 55

Il résulte de ces chiffres qu'il ne restait au Mexique de ces deux emprunts qu'on avait cependant négociés en son nom qu'une aggravation de 765,600,000 francs et une surcharge budgétaire de 443,011,989-55. 11 est de plus démontré, en ce qui touche à cette surcharge, qu'on lui avait imposé des sacrifices énormes, excessifs, entièrement nouveaux, et que

ces sacrifices, si l'empire avait réussi à se maintenir, auraient pesé sur plusieurs générations successives, et entraîné peut-être la banqueroute du pays.

Il est facile, j'en conviens, d'imposer de pa^reilles charges quand les populations sont riches et qu'on dispose de la force pour les leur arracher : mais il n'en était point ainsi au Mexique. Pourquoi donc parler dans le premier emprunt de l'amortissement du capital de la dette quand, loin de pouvoir destiner à cet objet une partie quelconque des revenus publics, il était impossible, avec leur totalité, de faire face aux exigences du budget? Même en se limitant aux dépenses indispensables de l'administration je déclare, certain d'avance de n'être contredit par aucun de ceux qui connaissent réellement ce pays, qu'il lui aurait été impossible de fournir les sommes nécessaires pour dégager les promesses faites en son nom, je ne dirai pâs seulement au milieu des calamités de la guerre qui se faisait alors, mais, ce qui est pis, dans le cas où il aurait été complètement pacifié.

Cette question a été soulevée par M. Berryer, devant le Corps législatif, dans la séance du 11 mai t864, et M. Rouher, avec son aplomb accoutumé, a soutenu qu'il y avait au Mexique plus de ressources qu'il n'en fallait pour faire face à la situation que l'empire lui avait créée. Il s'appuyait en parlant ainsi sur un mémoire de M. Arrangoiz, nommé depuis à la légation de Londres et de Bruxelles. Mais cet Arrangoiz, homme de peu de valeur, bien qu'il ait été ministre des finances sous l'administration de Santa- Anna, a donné une preuve irrécusable de sa légèreté en affirmant comme il Ta fait dans ce mémoire que, dans la situation où se trouvait alors son pays, on pouvait lui arracher une somme annuelle de 150,000,000 de francs, tandis qu'on pouvait avec 100,000,000 seulement, couvrir toutes les dépenses de l'administration publique. De cette manière, il devait rester chaque année, sur le budget des recettes, une somme de 50,000,000 qu'on pouvait, en tout ou en partie appliquer à l'amortissement de la dette.

Jamais dans les époques les plus florissantes, les recettes n'ont atteint le chiff*re que M. Arrangoiz prétendait leur

faire produire dans un moment où tontes les sources de la richesse publique étaient taries. Dès lors, il est inutile d'expliquer plus au long comment et pourquoi, tant qu*il aurait pu se maintenir au Mexique, c'était seulement à l'aide d'un système d'exactions journalières et de plus en plus brutales, que Maximilien serait parvenu à réunir la 5^ ou la 6^ partie (les 150,000,000 que lui avait fait si généreusement entrevoir M. Arrangoiz.

D'après les calculs les plus modérés, il aurait fallu chaque année plus de 20,000,000 de francs, rien que pour satisfaire aux exigences des places, sinécures ou autres, nécessitées par l'établissement de l'empire. Il aurait fallu ajouter à cette somme : !<> le montant des intérêts de la convention anglaise; 2« ceux de la dette anglaise et de la convention espagnole ; 3^ les dépenses du corps expéditionnaire ; 4^^ celles de la subvention accordée aux paquebots de Saint-Nazaire ; 5^ les besoins ordinaires du budget, je veux dire celles qui résultent de toutes les branches de l'administration publique; etc., etc., et comme sous un régime monarchique les besoins croissent en raison de la nécessité où l'on est d'entourer le trône de ce brillant apparat qui séduit ceux qui se paient de ces niaiseries, il serait arrivé que les appoiutements de l'empereur et des gardes de l'impératrice, les salaires des ambassadeurs, les pensions accordées au personnel de la Cour, le casuel des grands dignitaires de la couronne et mille autres dépenses aussi futiles que coûteuses, auraient obligé les pauvres contribuables à fournir des sommes doubles, triples, voire même quadruples de celles qu'ils avaient payées jusqu'alors.

Si donc on veut en terminer en deux mots avec la situation financière de cet empire famélique, je dirai que pour satisfaire à des dépenses de 200,000,000 de francs au moins, le fondé de pouvoir du gouvernement français ne pouvait compter que sur des recettes de 50, de 60 ou de 80 millions tout au plus. Permis à chacun de ceux qui liront ces lignes, d'altérer si bon leur semble ces deux sommes, en diminuant la première de quelques millions, en augmentant d'autant la seconde ; mais il n'en restera pas moins acquis (|u'on ne pouvait en au^up cas arriver à une balance e^^acte.

et que le déficit d'abord, puis la banqueroute, étaient les seuls caractères distinctifs d'un ordre de choses que des charlatans à gages, à la tribune et dans la presse, osaient représenter à la France comme la régénération du Mexique.

Réclamations françaises.

Le gouvernement français a célébré trois conventions différentes avec le Mexique.

La première, en date du 17 décembre 1851, était en faveur de MM. Serment, P. Fort et C«. — Elle a été payée entièrement, dès lors nousn^avons point à nous en occuper.

La seconde, en date du i6 octobre 1852, était due à MM. Jecker, Torre et C^. Elle s'élevait à la somme de 109,143 piastres et fut acquittée au moyen de bons sur les douanes de la manière suivante :

Sur la douane

maritime de San Blas . .

» Atlata. . .

)> Manzanillo .

• fl

» (jruaymas . .

» Veracruz . .

Total. .

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