‹ Documents officiels recueillis dans la secrétairerie privée de Maximilien: Historie de lChapitre 47 sur 71 · II · texte numérisé non relu

II

Continuation du môme sujet.

L'article i4 du décret da 3 octobre avait accordé l'amnistie du passé à tous les guerrilleros qui se présenteraient aux autorités impériales avant le i5 novembre suivant; mais ils refusèrent presque tous les avances impériales, et pour s'être trop pressé à publier le départ supposé de M. Juarez, l'archiduc se trouva placé dans une situation dont le ridicule augmentait chaque jour.

11 fallait à toute force sortir de cet impasse ; c'est pourquoi,

M. Este va, ministre de Tintérieur, eut une idée. Il pensa que

le prince ferait un acte de haute politique en prorogeant de

i5 jours le délai accordé aux bandes armées pour faire leur

soumission. En conséquence, il rédigea un décret dans ce

sens , et l'adressa en minute à Maximilien avec une lettre

ainsi conçue :

c< 28 novembre 1865.

» Sire,

» J*ai l'honneur de remettre à V. M. un décret ayant pour but de proroger Tamnistie accordée aux dissidents par la loi du 3 octobre dernier, afin que V. M. daigne y apposer sa signature.

» Je suis ,

» Sire,

» de V. M. l'obéissant serviteur.

» Le ministre de l'intérieur ,

» ESTEVA. »

Mais le ministre s'était trompé dans son appréciation. Sa bonne volonté était venue se briser devant le mauvais vou* loir du prince et de ses familiers, et deux jours après il reçut du cabinet la réponse suivante.

« Mexico, 30 novembre, 1865.

» Excellence,

» S. M. TEmpereur, après avoir pris connaissance de la communication que V. E. lui a adressée en soumettant à sa signature un décret ayant pour but de proroger Tamnistie accordée aux dissidents par la loi du 3 octobre dernier, a ordonné de faire savoir à V. E. qu*elle s'y refuse , et de lui rappeler, ainsi que j'ai rhonneur de le faire, qtieV. E. doit exécuter ponctuellement ce qui a été décidé dans le dernier conseil.

» Daignez, etc.

» Par ordre,

» En Tabsence du directeur du Cabinet.

» Le Secrétaire, » A S. E. le ministre de Fintérieur. »

Tel est, en dehors de tout esprit de parti, Tbistorique de cet abominable décret du 3 octobre dont M. de Kératry, dans un style dont j*ai le malheur de ne pas comprendre tontes le9 beautés» a dit : c qu'il fut le suicide de la monar- » chie entraînée par de chevaleresques illusions et par les » traditions des pays civilisés (i). »

Si par ce mot, illusions, M. de Kératry a voulu dire que Parchiduc s'est trompé dans l'emploi des moyens dont il a voulu se servir pour affermir la monarchie, nous sommes d'accord; mais cheviUereêqtieSy je n'ai pas assez de talent pour comprendre ce qu'il pouvait y avoir de noble dans un décret qui rappelait les lois les plus barbares de l'inquisition et les jours les plus néfastes dii xiii® siècle.

Les défenseurs de rarchiduc, à Querétaro, se sont expliqués plus clairement. Us ont soutenu que la loi n'avait été promulguée que pour inspirer une sorte de terreur aux ennemis de l'empire^ maiè qu'en dépit des stipulations de l'article 13, « elle n'avait été exécutée que dans le peu de cas 1 où des circonstances indépendantes de la volonté de l'ar* > chiduc, avaient empêché qu'on put lui demander une » grâce qu'il n'avait jamais refusée àcectk qui avaient eu re- » cours à lui en temps opportun. •

(i) L'Empereur Maxirnilien, son élévation et sa chute, p. 85.

11 me reste donc à examiner ce qu'il pouvait y avoir de vrai dans cette prétention, et, pour cela, je me contenterai, comme toujours, de citer les pièces officielles.

La première qui me tombe sous la main, car il m'est impossible de les reproduire toutes , est une lettre adressée de Mexico à M. Loysel, le 17 octobre 1863, par un commandant autrichien nommé Polak.

« Mexico, 17 octobre 1865.

» Mon cher Loysel .

» Le colonel Carrillo, commandant de la garde nii'ale do San Audres Chalchicomula, a attaque, le 10 courant, une bande de dissidents composée de deux cents hommes, ù Chilchotla, où ils s'étaient retranchés.

» Après un combat de deux heures, la place fut emportée et Tennemi en fuite dans les montagnes, rigoureusement poursuivi.

» On leur a fait plusieurs prisonniers qui ont été fusilles sur les LiKUX, etc

» Le major commandant le de'tacJiem^ent autrichien à Mexico,

Page 1