OCTOBRE
Tamaulipas.
Sonora.
Jalisco.
Veracruz.
District.
Tamaulipas.
Veracruz.
Chihuahua.
Michoacan.
Michoacan.
Veracruz.
Cohahuila.
Veracruz.
Durango.
Chiapas.
Michoacan.
Durango.
Nuevo Léon.
Cohahuila.
Puebla.
Mexico.
En tout, cinq mille deux cent soixante-treize signatures ; et encore cette liste est incomplète, non-seulement dans les résultats qui me sont connus, mais parce que je n'ai pu donner que très-peu des protestations qui ont été signées dans les États de Chihuahua, Cohahuila, Oaxaca et Nuevo- Leon, et aucune de celles qui l'ont été dans la Basse-Calî-
fornîe et dans les États de Chiapas, Guerrero, Sonora, Sinaloa, Tabasco et Yucatan.
Ainsi se termina la période Lorencez. Il y eut bien, par-ci par-là, quelques tentatives isolées pour imposer le général Almonte aux populations des terres chaudes ; maïs je n'en ai rien dit, parce que ces tentatives échouèrent devant la répulsion générale, et l'on peut dire que cette façon grotesque de gouvernement était morte, bien morte, très-morte, quand le général Forey est venu lui donner le coup de grâce.
Période Forey.
ARUIVKE DU GÉNÉRAL FOREY. — - SITUATION. — IL REFUSE DE RECONNAITRE LE PRÉTENDU GOUVERNEMENT D ALMONTE. — NOUVEAUX I^IANIFESTES AUX MEXICAINS. — DÉMISSION ET NOMINATION d'UN NOUVEL AYUNTAMIENTO A ORIZABA. — LETTRE DU GÉNÉRAL FOREY A M. GONZALEZ ORTEGA ET RÉPONSE DE CE DERNIER.
Le général Forey arriva au Mexique dans le courant du mois de septembre 1862. C'était un des officiers les plus ignorés de l'armée d'Afrique, et qui devait tout ce qu'il était à la grâce du coup d'État. Chargé, le 2 décembre 4854, de procéder à l'arrestation des représentants du peuple qui s'étaient réunis à la mairie du 4(y^ arrondissement, il avait apporté dans l'exécution de cet ordre, un cynisme de procédés et de langage qui ne promettaient rien de bon pour le Mexique; et pourtant on eut un moment d'espoir en le voyant déclarer, dès les premiers jours de son arrivée, que la farce de gouvernement instituée par le général Almonte sans le concours de la natmi (4), n'avait en aucune manière l'approbation du gouvernement Impérial. Je dis un instant, car cet espoir ne fut pas de longue durée. Il s'évanouit c»mme un rêve au lever de l'aurore suivante en lisant dans sa proclamation que, tout en protestant comme ses devanciers contre l'intention de rien imposer par la force aux Mexicains, il prenait cependant sous sa protection spéciale les hommes de cœur, un autre aurait dit les traîtres qui s'étaient réunis à l'armée française.
Voici cette proclamation :
« Mexicains !
» L'empereur Napoléon, en me confiaDt le commandcmeni de \u nouvelle armée qui doit arriver sous peu dans ce pays, m*a charçré
(.1) Arrêté du 23 septembre 1862.
en même temps de vous faire connaître ses véritables, intentions.
» Quand, il y a quelques mois, TEspagne, TAngleterre et la France, mues par les mêmes nécessités, se virent obligées de se réunir dans un même but, le gouvernement de l'Empereur n'envoya au Mexique qu'un très-petit nombre de soldats, et laissa à la nation la plus outragée la direction principale avec le droit d'exiger la réparation des injures communes. Mais par une fatalité difficile alors ù prévoir, les rôles ont changé depuis, et la France est restée seule pour défendre ;ce qu'elle considérait comme l'intérêt de tous. Celte nouvelle situation ne la fera pas reculer. Convaincue comme elle l'est de la justice de ses réclamations, soutenue même par ses intentions toutes favorables ù la régénération du Mexique, elle a persévéré et elle persévère plus que jamais dans le but qu'elle s'est proposé.
» Ce n* est point au peuple mexicain que nous venons faire la guerre, mais seulement à une poignée d'hommes sans scrupules et sans conscience, qui ont foulé aux pieds le droit des gens en gouvernant de lu façon la plus sanguinaire, et qui, pour se soutenir, n*ont pas eu honte de vendre, par morceaux, le territoire de leur pays à Vétranger (i).
» On a cherché à exciter contre nous le sentiment national en prétendant vous faire accroire que nous venions vous imposer un gouvernement à notre guise. Loin de là ; aussitôt que le peuple mexicain aura été délivré par nos armes, il élira librement le gouvernement qui lui conviendra le mieux (2). J'ai reçu l'ordre exprès de vous le déclarer.
» Les hommes de cœur — Los Iwmbres de anima fuerte — qui sont venus se réunir à nous, méritent notre protection spéciale ; mais, au nom de l'empereur, j'adresse un appel, sans distinction de parti (3), à tous ceux qui désirent sauver l'indépendance de leur patrie et l'intégrité de son territoire (4). II n'entre pas dans la politique de la France de se mêler, pour un vil intérêt, dans les dissensions intestines des nations étrangères ; mais quand des motifs légitimes l'obligent à intervenir, elle le fait toujours pour l'avantage du pays où elle exerce son action.
» Rappelez-vous, Mexicains, que partout oil flotte sa bannière, en
(1) Le lecteur, aujourd'hui, peut juger de ce qu'il y avait de vrai dans ce tissu de mensonges et de calomnies.
(2) Alors pourquoi M. Forey, après son entrée à Mexico, s'est-îl permis de nommer le conseil supérieur du gouvernement qui a choisi les prétendus notables?
(3) Toujours comme le duc de Brunswick et le roi de Prusse.
(4) Toujours encore les mêmes mensonges, les mêmes calomnies.
Amérique aussi bien qu*en Europe, elle représente la cause des peuples et de la civilisation.
» Veracruz, 24 septembre 4862.
» Le général de division, sénateur, commandant en chef le corps expéditionnaire du Mexique,
» Signé : FoREY. »
Cette proclamation ne convainquit personne. La méfiance, au contraire, augmenta en proportion des craintes qu'inspirait l'avenir, et le général Forey, arrivé un mois après à Cordova, sur une terre où l'armée française était cantonnée depuis huit mois; où, par conséquent, elle avait eu tout le temps nécessaire pour se créer des sympathies, se vit obligé de publier un nouveau manifeste dont les lecteurs trouveront encore ci-dessous la traduction littérale :
« Habitants de Cordova !
» Ma proclamation aux Mexicains, proclamation dont vous avez eu déjà connaissance, manifeste clairement Tobjet de notre intervention ; et cependant, je me vois dans la nécessité, habitants de cette ville, de vous adresser la parole en particulier, parce que Ton m'a dit que vous ne nous étiez pas sympathiques, bien plus, que vous nous