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^ V. Humcau.
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Il y avait dix-neuf mois que Tamiral Jurien de la Gravièrc était débarqué à Veracruz avec les commissaires de rAngleterre et de TËspagne; il y en avait 16 que M. de Lorencez s'était emparé d'Orizaba après avoir violé de la manière la plus grave l'article IV des préliminaires de la Soledad; il y en avait près de 3, enfin, que M. Forey luimême avait fait son entrée dans Puebla; et Fon n'envoyait à Tarchiduc que 45 procès-verbaux d'adhésion dans lesquels, si j'en excepte la capitale, il n'y avait que cinq populations de véritable importance : Cordova, Veracruz, Orîzaba, Puebla et Tolucai. 11 n'y avait, dis-je, que ces villes, et encore, les trois premières étaient occupées par les troupes françaises depuis le commencement de l'expédition ; la quatrième, prise d'assaut, était obligée de subir la loi du vainqueur, et la cinquième, située à 16 lieues seulement de Mexico avait toujours suivi, bon gré malgré, le destin de la capitale.
Il est facile maintenant de comprendre pourquoi Tarchi* duc refusa de se lier par une promesse positive, le 3 octobre 1863, quand la commission présidée par M. Gutierrez Estrada lui présenta piteusement les actes ci-dessus avec la couronne restaurée de l'Anâhuac; et pourquoi , plus tard, dans sa lettre au général Escobedo, il essaya de couvrir sa propre situation avec la décision de quelques jurisconsultes, savants, disait-il, mais dont il ne donnait pas les noms, par^ faitement instruits des mœurs , de la populatimi et des choses du
Mexique j auxquels il prétendait avoir tournis ces actes d'adhésion, et qui l'avaient engagé à accepter en lui déclarant que ces pièces suffisaient pour constater la volonté dit peuple mexicain en faveur de Vempire et la légalité de sa nomination en qiudité d'empereur (i).
Quelque grande que fût donc son ambition , le prince autrichien ne se faisait illusion ni sur les moyens mis en œuvre pour arriver à la proclamation de l'empire (2), ni sur l'insignifiance des actes qu'on lui avait remis. Mais il était tellement engagé qu'il lui était bien difficile de reculer. Toutefois, on avait résolu de faire encore quelque chose pour le contenter. Des instructions étaient parties à ce sujet de Paris, le 17 août 1863, et le pays se refusant à venir de lui-même à l'Intervention , le général Bazaine , successeur de M. Forey, avait reçu Tordre de lui imposer l'Empire à la pointe de ses baïonnettes.
Fusillades et coups de fouet.
Au mois de septembre 1863, le bruit se répandit en Europe, que le triumvirat faisait emprisonner et fusiller chaque jour les personnes qui refusaient de prêter serment à l'Empire.
(1) Lettre de Maximilien au général Ëscobedo , en date , ù Querétaro, du*29mai 1867.
(!2) Un témoin oculaire, M. de Kératry, assure que cette proclamation et la candidature de Maximilien furent décidées à la légation de France, dans une réunion où assistaient M. de Saligny, le général Almonte, le général Marquez et le licencié Aguilar : il oublie que M. de Saligny devait avoir des ordres, et que, cependant, cette candidature, niée par M. Billault devant le Corps législatif, Tavait été également par M. de Saligny lui-même et par Tamiral Jurien dans la conférence d'Orizaba.
Deux pages plus loin il ajoute que la France a dû payer les habits de certains notables, comme elle a payé également les fleurs jetées sous les pas des soldats à leur entrée dans Mexico.
(L'empereur Maximilien, sm élévation et sa chute ^ pages 26 et 28.)
Ce fait était vrai, du moins en ce qui concerne les emprisonnements. Parmi les individus rentrés à Mexico, sur la foi d'une proclamation du général Forey, arrêtés et transportés sans jugement, par conséquent, sans aucune forme de procès, je citerai seulement trois noms: M. René Masson, français naturalisé américain, propriétaire et rédacteur en chef du journal le Trait-iT Union; M. Manuel Payno, ancien ministre des finances, et M. Florencio del Gastillo, rédacteur du Monitor Republicano, mort du vomito dans la forteresse d'Ulûa.
On disait aussi, mais en ajoutant cette fois que cela devait être faux, que Tarmée française appliquait la peine du fouet aux mexicains, et qu'une dame du nom de Rubio en avait reçu 200 coups pour ne point avoir voulu recevoir des officiers français chez elle.
J'ignore ce qu'il peut y avoir de vrai dans le fait de M"^^ Rubio, mais il est malheureusement certain que Ton a appliqué la peine du fouet aux mexicains.
Voici comment s'exprimait à cet égard le rédacteur de VEstafetlBy feuille dévouée, ce n'est pas assez, feuille 'payée par rintervention, dans son numéro du 4 août 1863 :
c( Les flagellations et les fusillades secrètes ont, à ce qu'il paraît, donné froid dans le dos et fait venir la chair de poule aux malfaiteurs à cent lieues à la ronde.
» Que les honnêtes gens se rassurent ; il n'y a rien de secret ni de mystérieux dans rexercice de cette justice distributive. Le fouet n'a flétri et frappé que les voleurs pris en flagrant délit de larcin et d'escroquerie; on n'a fusillé que des meurtriers et des brigands condamnés par les tribunaux. »
Le rédacteur de cette feuille s'appelait Charles de Barres ; le commandant de place, le comte de Potier, et le général en chef primant sur tout cela, le sénateur Forey.
Rappel de M. de Saligny.
M. de Saligny avait été envoyé au Mexique pour y continuer l'œuvre de M. de Gabriac. Depuis, ses patrons avaient
changé d'idée ; mais le but nouveau auquel ils teadaient n'en était pas pour cela plus moral ; au contraire ! La capitale prise et Maximilien proclamé, le gouvernement impérial, trompé par les rapports qui lui avaient été transmis, soit par les principaux intéressés, soit par ses agents particuliers , se persuada que tout était terminé. De ce jour, M. de Saligny n'était plus pour lui qu'un embarras. En conséquence il fut rappelé. Un cri de désespoir, semblable à celui de Racbel pleurant ses enfants, s'éleva tout à coup du camp réactionnaire. On craignit, non sans raison peut-être, de ne pas rencontrer dans son successeur un interprète aussi précieux. La peur gagna chaque jour du terrain , et la régence, dominée par les intérêts du parti qu'elle représentait, chargea son sous-secrétaire d'État au département des affaires étrangères de transmettre le plus respectueusement possible les doléances communes aux pieds de M. Drouyn de Lhuys, alors ministre des affaires étrangères du gouvernement français.
Voici comment il s'y prit :
Palais de la Régence de r Empire.
« Mexico, 26 août 1863.
» Le soussigné, sous-secrétaire d'État aux affaires étrangères, a l*bonneiir d'adresser la présente communication, en vertu des ordres qu'il en a reçus, à S. Exe. M. Drouyn de Lhuys, ministre des affaires étrangères de France, pour lui dire qu'ayant reçu par le dernier courrier la nouvelle que S. M. l'empereur des Français avait jugé convenable de changer la personne chargée de le représenter à Mexico, cette nouvelle avait causé une telle sensation que rautqrite' politique de la capitale, unie à la municipalité et au conseil supérieur du gouvernement, s'était empressée d'adresser à Sa Majesté Inapériale et à la Régence plusieurs manifestations du regret que leur causait le départ de M. le comte Dubois de Saligny.
» Cesf déclarations franches et spontanées feront connaître à S. M. l'Empereur combien sont nombreuses et générales les convielions de la nécessité où l'on est que le représentant actuel de la France continue à prêter à S. M. I. des services aussi intéressants qu'utiles dans la direction des affaires de l'Intervention.
» Témoin des malheurs qui l'ont rendue indispensable, et connais-
sant parfailemenl les hommes et les choses, personne mieux que S. £. ne pourra mener à bonne Gn les vues élevées et les dispositions bienveillantes de S. M.
» En conséquencet son rappel dans des circonstances où sa présence est le plus nécessaire pour donner la dernière main à Tœuvre grandiose de la régénération du Mexique serait, par son influence pernicieuse sur les affaires publiques, une calamité des plus grandes. Le tact et la prudence avec lesquels M. de Saligny a dirige la politique restauratrice et bienfaisante de S. M. l. dans ce malheui*eux pays ; la décision et Ténergie avec lesquelles il a trouvé le moyen de surmonter tous les obstacles ; le zèle et Tactivité qull a apportés dans toutes ses dispositions ; la sagesse et la prudence qu*il a déployées pour arriver au but noble et grandiose de llntervention, sont des qualités si hautement reconnues que la Régence de TEmpire a cru de son devoir, pour le bien de la nation dont les intérêts lui ont été confiés, de charger le soussigné de faire à Y. E. la présente manifestation, afin qu*elle la porte elle-même à la connaissance de S. M. I. en faisant valoir auprès d*elle Timportance qu*ii y a, dans les moments actuels, à ce que son ancien représentant continue à remplir la mission délicate dans laquelle il a mérité Tapprobation générale de tous les bons mexicains.
» La Régence de TEmpire, comptant sur les sentiments de bienveillance de S. M. TEmpereur en faveur du Mexique, ose espérer quMl voudra bien se rendre à ses vœux, et continuer sa confiance ù M. Dubois de Saligny pour qu'il laide de son expérience et de sa coopération, afin d'affirmer à jamais les destinées de la nation.
» Le soussigné, etc..
» J. M. Arroyo.
» A S. £. M. Drouyn de Lhuys, ministre des afl'aires étrangères du gouvernement français Paris. »
Tout cela fut inutile.
M. de Saligny, pourquoi ne pas en convenir 1' n'avait fait après tout qu'exécuter les ordres qu'il avait reçus. Il les avait même exécutés, ce dont personne ne songeait à lui faire un crime à Paris, dans toute la rigueur de leurs exigences, je veux dire brutalement. Mais on commençait à s'apercevoir qu'on avait été trop loin; qu'on avait mis trop de hâte à bâcler cet Empire de hasard. C'était là son véritable crime. On aurait voulu pouvoir revenir sur ce qui avait été fait, et l'on comprenait que c'était impossible, parce qu'alors il aurait fallu traiter avec M. Juarez, ce qu'on ne
voulait à aucun prix. De cette manière la situation était fausse. Les sottises des maîtres, comme il arrive toujours en pareil cas, retombèrent sur leurs agents; on résolut de rappeler à quelques mois de distance le général en chef et 31. de Salîgny, et quoi que purent dire M. Arroyo et son fidèle Achates, M. Gutierrez Ëstrada, en faveur du protégé de la Régence, la disposition prise à son égard fut rigoureusement maintenue.
Gontinuatioii du même sujet.
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Affaire de Tlalpam.
Au mois d^ioût 1863, quelques jours avant le départ du général Forey, il s'éleva à Tlalpam, petite ville située à quatre lieues seulement de la capitale, une rixe entre une compagnie du 2^ de zouaves et les habitants de la localité. Cette rixe coûta la vie à un soldat.
Le maréchal, au lieu d'ordonner une enquête et de faire punir ensuite les coupables, quels qu'ils fussent, préféra imposer à cette ville une amende de 6,000 piastres, — 30,000 francs, — et déclara dans une lettre insérée dans la Gazette officielle du 25 août, que si cela ne suffisait pas, la ville serait détruite.
En conséquence, le commandant Cousin, revêtu de pleins pouvoirs dans le district de Tlalpam, publia l'arrêté suivant :
« Le commandant supérieur militaire et chef politique de Tlalpam, en vertu des ordres qu'il a reçus de M. le maréchal commandant en chef de Tarmée française, aux habitants et propriétaires de cette ville, fait savoir ce qui suit :
» Art. !«■'. Les attributions de la justice et de l'administration civile sont suspendues jusqu'à nouvel ordre.
» Art. 2. Le commandant supérieur de Tlalpam exercera tous les pouvoirs dans le district.
» Art. 3. Comme châtiment de l'assassinat du zouave Muller, une amende de 6,000 piastres sera imposée à la ville de Tlalpam. Celte amende devra être payée intégralement dans les quatre jours qui suivront la publication du présent décret.
» Art. 4. Les individus de cette ville qui ont été arrêtés et con-
duits à la capitale répondent de la vie des soldais français et des citoyens honorables qui ont fait acte d*adhésion au nouveau gouverneinent. Pour chaque citoyen honorable ou soldât assassiné à Tialpaoi, un des prisonniers susdits sera exécutée titre de représailles.
» Art. 5. Tous les habitants de Tlalpam devront obéir strictement aux ordres donnés par le commandant supérieur; eii cas de résistance, M. le maréchal se verrait dans la nécessité de prendre des mesures de rigueur (i).
» Tlalpam, le 27 août 1863.
» Le commandant supérieur^ chef politique ^
» Cousin. »
Le journal bonapartiste, la France, en rapportant cet arrêté^ assurait que les mexicains avaient été vivement impressionnés par cette mesure vigoureuse, et je le comprends aisément. Mais Tarchiduc pouvait- il considérer comme un pays soumis et enthousiaste, celui dans lequel* à quatre lieues seulement de la capitale, on était obligé d'avoir recours à des moyens aussi énergiques pour protéger la vie de ses prétendus libérateurs et de leurs complices ?
Titres de noblesse.
La Régence, par un décret daté du 5 septembre 1863, rétablit les titres de noblesse, abolis précédemment par un autre décret en date du 2 mai 1826.
Incendie d'Ajusco.
Vers la même époque , la petite garnison de ce village situé dans les environs de Mexico, fut attaquée par une troupe de guérilleros. Le général Bazaine ne pouvant, ni livrer les guérilleros à une cour martiale qui eii àulràit
(i) Incendier la ville.
(Lettre du maréclial Forey en date dw 22 août 1863.)
promptement fait justice, ni abandonner ses soldats divisés aux attaques incessantes des libéraux, inaugura son commandement en donnant Tordre d'incendier la localité et de l'abandonner ensuite (i),
Pillage de Ixtapa,
Une Espagnole, M^^^^ Juana Thomas, assista, au mois de décembre 1863, au pillage de la maison de commerce qu'elle possédait à la Canada de Ixtapa, par le 85^ de ligne.
Au lieu de lui rendre justice, l'autorité supérieure de l'armée française la fit sortir violemment du village et la menaça, pour le cas où elle y rentrerait, de la faire fuailler {%).
Assassinat du général Ghilardi.
Un des compagnons d'armes de Garibaldi, le général Ghilardi, fait prisonnier à Zacatecas, fut traduit devant une cour martiale, conformément au décret du général Forey, en date du 20 juin 1863, condamné à mort comme malfaiteur et fusillé le J6 mars 1864.
Le général Ghîlardi, dont la conduite au Mexique comme en Europe, avait toujours été celle d'un homme d'honneur, avait cependant commis un crime irrémissible aux yeux de l'Intervention. 11 commandait, le 10 janvier 1863, la place d'Acapulco, quand cette ville fut bombardée par Tescadre française, et il avait contraint le contre-amiral Bouet à se retirer. Un pareil attentat méritait bien la mort.
Cl) El Continental de New- York, n^ du 26 décembre 1863. (2) Extrait des plaintes remises en 1865 à Tarchiduc contre la conduite obsei*vée par Tarmée française.
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PortR du Mexique.
Le Courrier du Mexique, dans son numéro du 29 mars 1864, publiait le relevé suivant des ports de la République :
Veraeruz, occupé par Tlntervention.
Tabasco, occupé par les libéraux.
Campêche, occupé par l'Intervention, Tuxpan, occupé par l'Intervention, mais ce n'était point officiel.
Tampico, occupé par l'Intervention.
Matamores, occupé par les libéraux.
Guaymas — — —
Mazatlan — — —
San-Blas — — —
Manzanillo — — —
Acapulco — — —
Ce dernier port était une seconde fois bloqué.
Assassinats de M. José Maria Chavez , gouveimeur constitua tionnel de VÉtat d'Agimscali^ntes, et de MM, Calera, Médina et autres.
S'il faut en croire les lettres de Zacatecas publiées dans les journaux de Londres du mois de juillet 1864, quand les français s'approchèrent d'Aguascalientes, le gouverneur de cet État, H. José Maria Chavez, s*en était retiré avec les forces dont il disposait, — 400 hommes et deux pièces d'ar* tillerie, — pour aller se réunir aux forces libérales de Zacatecas. Il aurait passé la nuit du 30 mars 1864 à la hacienda de Malpaso; mais ayant appris le lendemain matin que les troupes françaises étaient à sa poursuite, il se serait rendu à celle de Jerez, où il fut surpris par ceux qui le poursui-
valent, et fait prisonnier pendant que ses hommes se livraient au sommeil.
Les partisans de l'Intervention désiraient depuis longtemps se venger des guerrillas qui les tenaient, en quelque sorte, assiégés dans Zacatecas, sans que l'on eût encore rien pu faire pour les éloigner de la ville. Ils sacrifièrent à leur ressentiment la garnison d'Aguascalientes , troupe renommée cependant entre toutes pour sa discipline, et qui avait battu en retraite sous les ordres de son commandant général.
Il y eut dans cette malheureuse nuit cent hommes de massacrés au milieu de leur sommeil, et le lendemain les bourreaux conduisirent à Zacatecas M. Chavez, blessé de deux coups de lance.
Malheureusement un crime conduit presque toujours à un autre crime.
Du moment où l'on avait massacré de sang-froid cent prisonniers surpris pendant leur sommeil, il était impossible d'épargner les autres sans convenir implicitement qu'on avait eu tort d'immoler les premiers.
En vain les habitants de Zacatecas accoururent en foule pour témoigner en faveur des prisonniers; en vain les douze fils de Chavez, en compagnie des pères des autres victimes, se jetèrent aux pieds des bourreaux pour obtenir la grâce des détenus, ou tout au moins un jugement en règle; en vain le gouverneur lui-même, nomme cependant par les français, M. Paulino Raigosa, essaya-t-il de protester contre les atrocités qu'on allait commettre; le général L'IIérillier se moiitra impitoyable jusqu'au bout, et le lendemain de son arrivée en ville, M. Chavez fut passé par les armes avec ses camarades de captivité.
Il est vrai que pour préparer les voies à des condamnations nouvelles, il était nécessaire d'abriter au moins derrière quelques motifs plausibles les crimes inutiles qu'on venait de commettre aussi froidement.
Il n'y avait qu'un moyen : c'était de calomnier les victimes en affirmant que la garde nationale d'Aguascalientes n'était pas une troupe réglée, mais une guérilla composée uniquement de bandits*
A l'œuvre donc. On déclara en termes généraux qu'elle avait commis de graves désordres dans cette hacienda de Halpaso; on flétrit du nom de pillards, de voleurs, les personnes les mieux élevées, les plus honorables, les plus riches d'Aguascalientes; et le général Bazaine, soit qu'il ait été trompé, soit qu*il ait eu simplement Tair de Têtre, publia une circulaire par laquelle il ordonnait de fusiller immédiatement tout chef de guérilla pris les armes à la main :
« Tout chef pris les armes à la main et dont Tidentité t)ourrd Ôtré reconnue sur les lieux, sera fusillé séance tenante (i). »
Affaire de MM. Montluc et Maneyro.
Les choses n'allaient pas mieux en France.
Le 4 juin 1863, deux hommes de cœur, M. A. Montluc, consul général du Mexique à Paris depuis 1861, et M. L. Maneyro, consul du même pays au Havre, furent traduits devant la 6^ chambre de la police correctionnelle à Paris, pour excitation à la haine et au mépris du gouvernement impérial.
M. Montluc avait rempli pendant quinze ans, de 1831 à 1846, les fonctions de consul de France à Tampico; il avait été nommé par Louis-Philippe chevalier de la Légion d'honneur, et M. Maneyro exerçait depuis vingt-huit ans ses fonctions consulaires au Havre.
Ils avaient participé, l'un et l'autre, à quelques publications destinées à faire connaître en France la vérité sur les choses du Mexique, et c'était là ce que le juge d'instruction, dans son langage à lui, appelait une excitation à la haine et au mépris du gouvernement impérial.
La police, violant toutes les lois sur la matière, toutes les dispositions du code international, fit irruption dans les bureaux du consul général à Paris (2) ; elle fouilla ses
(1) Circulaire du 10 avril 1864, n° 331, insérée dans la Gazette officielle du 16 du même mois.
(2) Le gouvernement n*a retiré Vexequatur à M. Montluc que le 3 mai, c'esl-à-dire, trois jours après avoir fait lartcèr côttlré lui un mandat de comparution.
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I>apiers, s'empara d'une foule de documents utiles à la défense du Mexique et, finalement, le traduisit lui-même sur les bancs de la police correctionnelle en compagnie du consul résidant au Havre.
L^injustice de ces procédés était tellement évidente que le tribunal, en dépit de Tinfluence qu'exerçait sur lui le gouvernement impérial, influence sur laquelle il est inutile de m'appesantir, les renvoya tous deux de Taccusation portée contre eux.
Les prisonniers mexicaim en, France.
J^ai parlé plus haut des officiers mexicains embarqués à Veracruz, le 9 juillet 1863, pour être transportés en France.
Le 15 octobre de la même année et le 15 avril suivant, on leur offrit de les reconduire dans leur pays à la condition de reconnaître VlnteiDention française, de s'engager à ne point la combattre et de prêter serment de fidélité au gouvernement qu'elle avait établi.
Ceux qui faiblirent furent renvoyés au Mexique : les autres demeurèrent en France. Ils étaient au nombre de 126, répartis de la manière suivante :
Paris. â
Evreux 15
Bordeaux 4
Tours 56
Blois 9
Bourges 32
Moulins 4
Fort-Brescon 7
Total "m"
Mais après Tacceptation de la couronne par rarchiduc, ils furent compris dans les stipulations de Part. 17 de la Convention de Miramar ainsi conçu :
« Art. 17. Le gouvernement français mettra en liberté tous les prisonniers de guerre mexicains aussitôt que Tempereur du Mexique aura pris possession de ses États. »
En conséquence, par une lettre datée du 10 mai 1864, un certain Fernando Gutierrez de Ëstrada, se disant secrétaire de la légation du Mexique à Paris, signifia au général le plus ancien de grade, prisonnier de guerre à Evreux, c'était alors le général Epitacio Huerta, au nom de celui qu'il appelait le . ministre, alors, absent : « Que les prisonniers qui n'avaient ^ voulu profiter, ni des bonnes intentions de l'Empereur à
> leur égard, ni des dispositions bienveillantes contenues
> dans l'art. 17 de la Convention de Miramar, ne pouvaient » plus à l'avenir être considérés comme prisonniers de » guerre, ni continuer à recevoir les subsides qu'on leur » avait alloués jusqu'alors en cette qualité. »
C'est-à-dire que, après les avoir transportés à 2,000 lieues de leur patrie pour se débarrasser des obstacles qu'ils auraient pu susciter à son œuvre, le gouvernement impérial, maintenant que le tour était fait, refusait de les rapatrier avant d'avoir obtenu d'eux la reconnaissance de l'état de choses qu'il avait imposé à leur pays.
La réponse des prisonniers , un peu trop emphatique peut-être, fut cependant claire, énergique, digne en un mot de véritables patriotes.
Après avoir établi à quelles conditions humiliantes on leur avait offert la liberté, ils continuaient ainsi :
« Il résulte de tout ce que nous venons de dire que nous ne nous obstinons pas à demeurer en France comme le prétend à tort M. Estrada, et que notre obstination, si toutefois il y en a, ne provient ni de ce qu'il appelle nos caprices, ni de notre ingratitude. Ce que nous refusons, ce que nous ne ferons jamais, c'est de souscrire à notre propre honte, en abjurant nos droits d'hommes et de citoyens , pour renier notre nationalité et étouffer en nous les sentiments du patriotisme le plus pur. Nous sommes, au contraire, persuadés que cet amour vrai, sincère, désintéressé, est une égide que la nature elle-même a mise en noiis pour nous aider à triompher de toutes les haines nationales qui divisent les peuples et de toutes les guerres fratricides qui sont un outrage à l'humanité.
» Si la guerre que la France est allée porter au Mexique était une de ces guerres dont les résultats ont une sanction morale dans les motifs qui l'ont amenée ; si son but reposait sur le respect des nationalités, si ses tendances étaient grandes, fécondes, par conséquent
humanitaires, nous ferions peut-être le sacrifice de nos opinions personnelles.
» Mais en voyant que cette guerre n'a été entreprise que pour favoriser les restes d'un parti dont le souvenir seul fait frémir; d'un parti qui a inondé les écbafauds de sang et couvert les familles de 'deuil, au nom d'une religion dont il ne connaît pas même les dogmes ; qui, déjà coupable du crime de lèse-bumanité, s*est encore rendu passible des peines encourues pour la trahison, notre devoir imprescriptible nous commande de ne jamais sanctionner ce qu'il peut faire, attendu qu'il a été chassé par la force de l'opinion, bien plus encore que par celle des armes.
» Cette déclaration n'est point le résultai d'une obstination aveugle, systématique ; c'est l'expression sincère des sentiments que nous professons tous.
» Si demain, par exemple, si dans un mois, dans six ou tout autre jour, la nation mexicaine, par un acte spontané de sa volonté souveraine, libre de la pression qu'exercent aujourd'hui sur elle les baïonnettes étrangères, se donnait elle-même une forme quelconque de gouvernement, nous respecterions sa volonté, parce que, en notre double qualité de citoyens et de soldats, nous lui appartenons avant de nous appartenir à nous-mêmes.
» Dès lors, il n'y a pas de milieu possible entre les deux propositions suivantes : ou bien nous resterons prisonniers en France, ou bien l'on nous mettra en liberté sans condition aucune, soit en vertu des engagements que la France peut avoir contractés en dehors de nous, soit en vertu d'un acte spontané de la volonté de l'Empereur; mais, dans l'un et l'autre de ces deux derniers cas, la France est obligée de nous reconduire au lieu où elle nous a pris. Nous sommes ses prisonniers, non ceux du gouvernement qu'elle a jugé convenable d'établir au Mexique ; c'est à elle, à elle seule, à nous rendre notre liberté.
» Si dans ce pays, ce que nous ne voulons pas croire, le droit de la force est devenu le droit des gens; si, foulant aux pieds ce qui se fait chez tous les peuples dans les cas analogues , on nous prive des secours au moyen desquels nous avons cependant vécu si difficilement jusqu'ici, et l'on nous oblige, en se refusant à nous reconduire dans notre pays, à demeurer malgré nous en France^ nous serons heureux d'offrir nos souffrances en holocaustes sur les autels de la patrie; nous préférons porter des haillons que des chaînes; nous mourrons de faim plutôt que d'entendre nos enfants, en voyant sur leurs bras les marques de leur servitude, accuser leurs pères d'avoir été plus lâches que les esclaves romains.... »
Par une fiction malheureusement trop commune et contre laquelle je ne cesserai jamais de protester, les prisonniers mexicains confondaient, comme on le voit, la France avec son gouvernement, et ce faisant ils avaient tort. La France n*était pour rien dans leurs infortunes : elle Fa suffisamment prouvé. Comme eux, elle souflrait; comme eux, elle était veuve de toute initiative, de toute liberté; comme eux, elle maudissait impuissante les janissaires du 2 décembre.
Hais si nous supprimons la fiction ; si, restituant à chacun, ainsi que nous en avons le droit et le devoir, la part de responsabilité qui lui revient dans cet abus brutal de la force, nous mettons le nom du gouvernement impérial au lieu et place du sien, ils avaient cent fois raison. Ils étaient en effet ses prisonniers, non ceux de l'archiduc, et quelle que grande que soit ma bonne volonté à cet égard, je ne comprendrai jamais de quel droit un prince, dont l'intervention en leur faveur était pour eux un outrage, prétendait leur infliger une grâce qu'ils ne songeaient aucunement à lui demander, qu'ils repoussaient même et contre laquelle protestait leur conduite antérieure.
Cette grâce, tranchons le mot, était un mensonge de plus ajouté à cette expédition si fertile en mensonges de toutes sortes. Elle fut maintenue en dépit de toutes les protestations des intéressés, et le gouvernement impérial, si généreux avec les forts, les abandonna bientôt sans ressources, parce qu'ils étaient faibles et conséquents avec eux-mêmes, dans les lieux où il les avait transportés pour se débarrasser de Topposition qu'ils auraient faite à ses plans de monarchie.
Intolérance sacerdotale,
V Estafette, journal officieux des hommes et des choses de rinterveution, contenait le 16 mai 1864, uue lettre conçue eu ces termes :
« Mexico, ii mai 186 i.
» Monsieur le Rédacteur,
y> Un scandale que j'éviterai de qualifier a eu lieu hier, 13 mai, dans legiise de San José de Mexico.
n La i'emme d'un otilcier de rarmée fran^^se s'élail rendue à l'église pour y entendre la messe. Elle était coiifée d*un chapeau, suivant la coutume européenne, et prit place parmi les fidèles.
» Le vicaire officiant, nommé Pascual Robles, s*approcha d'elle et lui intima grossièrement, en raccompagnant de gestes inconvenants, l'injonction de sortir de féglise ou de retirer son chapeau.
» Devant cette inqualifiable apostrophe, cette dame n'avait qu'un parti à prendre, celui de se retirer.
» Je suis autorisé ù signaler à la publicité ce fait trop douloureusement significatif.
» \Mi bons prêtres et les lionnôtes gens s'indigneront avec nous.
» 11 y a des faits qui caractérisent une faction. Le simple énoncé de ces faits suffît pour en flétrir les auteurs. »
Cette dame était la comtesse de Kancy, mariée à un capi* tained'ctat-major attaché à la personne du général Bazaine. l^e vicaire Robles, car la version de Y Estafette était incom^ plùte, était descendu de Tautel où il officiait; il s'était dirigé droit à elle, l'avait obligée à se lever, lui avait reproché à haute voix d'être entrée à l'église avec un chapeau à la française sur la tête, et l'avait conduite, eu la tenant par la main, jusqu'à la porte où, sans plus de façon, il lui avait ordonné de sortir.
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Proiiessea du colonel Dupin,
Le fameux colonel Dupin, si célèbre par les lauriers qu'il a rapportés de la Chine, se trouvait un soir du mois de mars 1864 chez un individu nommé Angel Yillegas, riche laboureur espagnol, demeurant à Tlaliscoyan, dans l'État de Veracruz.
c( Avant de partir de cette localité, le colonel remercia M. Yillegas de sa bonne réception et le pria de réunir les personnes les plus notables du village, afin de prendre plus facilement congé de toutes.
» M. Yillegas sortit donc et revint avec quatre Espagnols et le curé du lieu, car les mexicains s'étaient tous enfuis à l'approche de Dupin ; mais celui-ci qui n'y trouvait pas son compte, les i^eçut fort mal, les appela traîtres et exigea de son hôte, le malheureux
Villegas, une somme de 500 piastres, 2,500 fi\, sous menace, faute de paiement, de le faire ftidller.
» Le condamné n'avait pas la somme chez lui. Il était même obligé de remprunter à son frère demeurant dans les environs. Il en fit la remarque au colonel et lui demanda Tautorisation d'aller la chercher sous escorte.
» Dupin lui répondit que s'il ne la rapportait pas, il serait immanquablement fusillé, et comme il tenait, disait-il, à lui donner une preuve de sa bonne volonté, il l'autorisa à la demander de porte en porte sous la sui*veillance de ceux qui devaient, en cas de refus, exécuter la sentence.
» Fort heureusement pour lui, il eut le bonheur de la réunir^ à l'exception de 23 piastres, 115 francs, qui lui furent alors prêtées par un des soldats de l'escorte, espagnol d'origine, et furent remboursées le 25 du même mois, à Veracruz, par le frère de M. Villegas, en présence des abonnés de l'hôtel de l'Europe.
» Ce même Dupin avait imposé aux habitants du village de Medellin une anticipation de 800 piastres, 4,000 francs, répartie sur les personnes suivantes : D. Camilo Zamudio, D. Victoriano Garcia, D. Guadelupe Cadenas, D. Telesforo Molina, D. Andres Roura, D. José Maria Reyes, D. Anastasio Angulo, tous mexicains, et sur MM. Guillaume Tarride, Jean Terrote, Louis Prost, Balthazar Gutierrez, Andres Briola, Miguel Maza, Feliciano del Arena, Jean Prlsano et Jean Berdin, les deux premiers Français, les cinq qui suivent Espagnols et les deux derniers Italiens.
» Quelques-uns de ces pauvres diables se refusèrent à verser la quote-part qu'on leur avait assignée, et M. Dupin, abusant de ses pouvoirs discrétionnaires, les fit immédiatement mettre en prison (1). »
Une proclamation du colonel Dupin.
Cette proclamation a été adressée à l'Alcalde d'Ozuluamâ, petite ville située entre Tuxpam et Tampico.
« Tamiahua, 25 avril 1864.
» Monsieur l'Alcalde,
» Le colonel commandant supérieur de Tampico a appris que, pendant qu'il détruisait à San Antonio les bandes réunies de
(1) Extrait d'une lettre signée R. M., insérée dans le Diario de la Marina, journal réactionnaire de la Havane, n^ du 6 avril 1864.
CarbajaU Pavon et Canaies, ik) hommes de la garde nationale d'Ozuluama prenaient les armes pour s'opposer à la retraite des troupes françaises, pour le cas où elles auraient éprouvé un revers. Le ciel » béni nos armes et donné la victoire aux véritables défenseurs de la liberté nationale et de l'ordre. Le colonel, lors de sa première enirée à Ozuluama, avait fait un appel à tous les hommes de cœur, quelles que fussent leurs opinions, leur offrant franchement et loyalement Vamnistie du passé, et leur promettant, pour Tavenir, de les traiter tous avec une égale impartialité.
» Les habitants d'Ozuluama n'ont pas voulu écouter ces bienveillantes et généreuses paroles, quoique les Français, lors de leur premier passage, eussent respecté scrupuleusement les personnes et les propriétés,
» Le temps de la clémence est passé. Le colonel reviendra bientôt à Ozuluama, et dès qu'il paraîtra sur la place, on devra lui livrer les 50 fusils et les munitions destinés, en cas de revers, à l'assassinat de ses soldats, ^our chaque fusil qui manquera le bourg paiera âOO piastres d'amende, et 10,000 s'il n'en livre aucun.
» Bn cas de désobéissance à V ordre ci-dessus, le bourg entier, et les haciendas qui Venvironnent seront réduits en cendres (1).
» Ainsi sera traité tout village qui continuerait à fomenter la révolution dans un pays qui ne demande qu*à vivre tranquille.
9 Le colonel ayant besoin de chevaux pour remonter sa troupe, on en conduira également 20, sellés et bridés sur la place d'Ozuluama, lesquels seront estimés par une commission composée de trois Français et de trois habitants de la ville.
» Si les armes sont apportées, si les chevaux sont livrés, si les populations, rassurées par notre parole, rentrent pacifiquement chez elles, le colonel usera encore une fols de clémence, mais si tout ce qui a été ordonné n'est pas exécuté, le bourg d'Ozuluama sera effacé
DE LA CARTE DE l'EMPIRE.
» Le colofiel commandant supérieur de Tamaulipas^
» Ch. Dupin. »
(i) Le journal réactionnaire V Estafette, d'où celte pièce sauvage a été tirée, a supprimé le passage suivant :
« Vous êtes parfaitement libres de vous prononcer pour ou cotitre » l'Intervention. En conséquence, jusqu'à mon arrivée à Pueblo Viego, » on ne fera rien contre ceux qui ne nous portent pas d'affection ; mais, » passé ce terme, ils seront considérés comme ennemis et traités » comme tels. »
AiUre proclamation du même Dupin,
Tampico, 7 mai 1864.
Habitants de Pàouco !
Il y a longtemps que vous fomentez la guerre civile, et vous avez toujours soutenu les ennemis de Tordre et de la véritable liberté.
11 y a quelques jours à peine, quand j'envoyai une petite force à votre village, vous avez fui dans la montagne comme des malfaiteurs, et vous n*avez pas même eu le courage de défendre votre opinion.
Puisqu'il en est ainsi, je vous accorde dix jours pour vous soumettre, et accomplir strictement les dispositions que voici :
« Dans la journée du 20 de ce mois, avant midi, Talcade de votre village viendra me trouver dans cette ville, avec quatre des plus notables d'entre vos habitants.
» Tous ces individus apporteront à la commandance militaire de Tampico la quantité de 200 fusils , ou la somme de 200 piastres pour chaque fusil qui viendrait à manquer dans le nombre précité, et j'ai soin de vous avertir que, dans tous les cas, je préfère les armes à l'argent.
» Us amèneront également 40 chevaux de remonte, en parfait état de santé, pour être employés au service de ma cavalerie, et dont le prix sera fixé par une commission dans laquelle entreront les habitants de Pànuco qui accompagneront leur alcade.
» Enfin, ils apporteront avec eux 200 fanègues de maïs, qui seront payées au prix qu'elles ont à Pânuco, et soldées comptant, ainsi que les chevaux, après toutefois estimation préalable de ceux-ci.
» Si vous n'accomplissez pas exactement les ordres ci-dessus, je raserai votre village qui n'a été jusqu'à présent qu'un bouge peuplé de malfaiteurs (1).
» Je vous envoie un journal afin que vous sachiez ce qui est amvé aux habitants d'Ozuluama dans des circonstances exactement pareilles à celles où vous vous trouvez.
J'espère que vous serez assez prudents pour exécuter les ordres ci-dessus, et que vous ne me contraindrez pas à agir avec vous comme
{■{) Toujours le reproche qu'on faisait en 1815 aux soldats de k Loire.
fai été obligé de le faire à V égard de vos coreligionnaires d'Ozuluama (i).
» Le colonel d*Ëtat-Major, commandant supérieur de Tampico et gouverneur de TËtat de Tamaulipas.
» Ch. Dupin. »
loi se termine la période exclusivement française. L'archiduc devait arriver le mois suivant, et nous allons avoir à examiner les résultats de sa présence sur les faits et les procédés de r Intervention.
(i) De ces deux proclamations sauvages, la première a été reproduite par VEstafeUey journal réactionnaire de Mexico, n° du 23 mai 4864 ; la seconde par le Periodico oflcial, n^ du i*"^ juin 4864.