ORNEMENTATION
4° Pour 1,150 vares carrées de plafond en toile blanche, ornée de garnitures en soie et en fleurs dorées, à raison de 20 fr. la vare u 23,000 00
50 Pour 4,038 vares carrées de tapisserie à placer le long des murailles, laquelle tapisserie sera en toile blanche, ornée de garniture de soie et de moulures dorées, à raison de 10 fr. pour chaque vare. . . . 40,380 00
Q^ Pour 1,276 vares carrées de tapis à placer dans les pièces où il doit y en avoir, à raison de 15 fr. par vare (1) 19,140 00
Total. . . 116,770 00 Veracruz, 6 février 1864.
Mateo Zapari.
(1) Dans ce calcul on n'a compris ni les meubles, ni les lustres» ni aucun des autres objets qui pourront être placés dans les appartements.
No -2
Etat général de tons les frais que doit occasionner la réception dans cette ville de S, A. I. et R. le prince Ferdinand- Maximilien d* Autriche.
i° Montant du devis ci-dessus de M. Tarchitecte Zapari, pour
Tornementation du palais municipal 116,770 00
2<» Ornement extérieur du mole 2,500 00
3° » des felouques et des lanches destinées à la population maritime pour qu'elle puisse prendre
part aux fêtes de la réception ,. . 5,000 00
4*» Peinture et ornement de Tare du mole .... 2,500 00 5<» Pavillon à établir sur le mole pour que les autorités puissent y attendre le débarquement de S. M. I. 5,000 00
6'» Ornements sur le parcours entre le mole et le palais 3,000 00
7° Coût d'un arc de triomphe dont les châssis seront de toile, avec des peintures et des ornements de circonstance, lequel devra être élevé sur la place principale 10,000 00
S*» Service de table pour 60 couverts pendant les deuxjours que S. M., ainsi qu'on le croit, demeurera
en ville 20,000 00
9^ Musiciens et ornements de Téglise paroissiale et
de la place 12,500 00
10<» Feux d'artifices, ballons et illuminations . . . 17,500 Op 11<> Meubles, linge de table et frais imprévus. . . 30,000 00 120 Bal au théâtre terminé par un ambigu. . . 50,000 00
Total GÉNÉRAL. . . Tr. 274,770 00 Veracruz, 6 février 1864.
L. Ferrer. — S. Carrau. — I. Cruzado. — F. P. César. -— Miguel L. VALENzuEiJi. — - /. Marcial Villamil. — ManuelJosé ?EK^AS. — J. M. César.
Tout cela fut en vain. Après cette prise de possession d'une terre conquise à son intention, il l'espérait du moips, avec Tor et le sang des enfants de notre vieille Gaule, l'archiduc, sans se soucier aucunement des préparatifs de la municipalité , partit le soir même pour la Soledad où l'at-
teudaient, eu costume de gala, l'ancieu triumvir Salas et le général WoU, et ne s'arrêta qu*à Orizaba pour y remercier en passant la vierge de Los Remedios de la protection dont elle n'avait cessé d'entourer son esquif depuis sa sortie du port de Trieste.
Si même il fallait eu croire les correspondances de l'époque, il paraîtrait qu'à Veracruz il ne s'était présenté que trois dames pour recevoir leur future souveraine, et encore on disait que leurs maris appartenaient à l'honorable catégorie des fonctionnaires publics.
C'était peut-être là le motif de ce départ précipité , qu'on a cependant attribué à la peur de la fièvre jaune.
Mais à tout il y a compensation. Si, par un sentiment qui les honore à la fois, et comme femmes et comme mexicaines, les dames de Veracruz ont cru devoir s'abstenir de toute démarche qu'elles trouvaient incompatible avec l'affection qu'elles avaient naturellement pour leur patrie, en revanche, les maisons, badigeonnées à neuf par ordre de l'autorité, semblaient avoir fait une toilette de circonstance, et le couple impérial, pour se rendre d'Orizal)a à Mexico, fut obligé de se courber sous 1500 arcs destinés à représenter aux yeux ébahis des populations les victoires prochaines du nouvel empire.
1 ,500 arcs de triomphe sur une étendue de 240 kilomètres au plus , cela faisait un peu plus de 6 arcs par chaque kilomètre , et si l'on eût accordé à l'archiduc, ce qui eût été évidemment trop généreux, une victoire par jour sur ses ennemis du dedans et du dehors , il ne lui aurait pas fallu moins de quatre années de combats successifs et heureux pour remplir les écussons de tous ces monuments élevés par ses prôneurs à sa gloire future.
Telle était la partie officielle du programme ; la partie préparée à l'avance par les compères du nouveau César; celle qui n'a jamais manqué, qui ne manquera jamais en pareille circonstance; celle, en un mot, qui n'a d'autre but que de satisfaire l'amour-propre de celui qui en est l'objet. Quant à la réception populaire, il en était tout autrement. Pendant, en effet, que les canons de la flotte se préparaient à gronder sur les eaux et les cloches à chanter les
espérances du clergé ; que les maisons recevaient par ordre le badigeonnage dont j'ai parlé; que les autorités, en grande cérémonie, répétaient leurs discours menteurs, et que, tout le long de sa route, S. M. 1. daignait répondre elle-même, dans l'idiome des aztèques, aux pauvres diables qu'on avait réunis çà et là pour la fêter en les menaçant, s'ils s'y refusaient, de mettre le feu à leurs misérables cases; à Mexico, qui le croirait ? on osait fêter en présence de l'armée ellemême la défaite essuyée deux années auparavant par M. de I^orencez sous les murs de Puebla,
Les rues, nous écrivait un témoin oculaire, étaient littéralement Jonchées de fleurs, et Ton avait écrit sur un grand nombre de maisons : « Vive le 5 mai! »
Les dames, en tenue de deuil, mais décorées d'une écharpe rouge, se rendaient publiquement au panthéon de Saint-Fernando, où reposent les restes du général Zaragoza, pour y déposer sur sa tombe les offrandes de la patrie reconnaissante; et si même nous devons en croire les journaux de l'époque, les manifestations en faveur de M. Juarez étaient si nombreuses, qu'on fut obligé de faire occuper militairement les principales rues de la capitale.
Tout cela, cependant, n'empêcha pas la même ville de revêtir, quelques jours après, son plus bel habit de fête, pour recevoir dignement l'empereur et l'impératrice qui devaient y faire leur entrée solennelle.
Rien n'était changé au programme officiel de la route. Ce n'étaient partout qu'arcs de triomphe succédant à d'autres arcs de triomphe : les balcons des rues par lesquelles devait passer le cortège impérial étaient loués à l'avance au prix de 500 francs chacun, et ceux qui n'avaient pu se procurer une place aux fenêtres ou sur les terrasses, avaient payé, dit-on, des photographes pour leur donner un spécimen plus ou moins bien fait de cette entrée extraordinaire.
Il est vrai que depuis une année on avait tant parlé de la bonne grâce du mari, de la beauté incomparable de la femme, que la curiosité avait fini par se mettre de la partie, et que les indifférents eux-mêmes regardaient comme un devoir de s'assurer par eux-mêmes de ce qu'il pouvait y avoir de vrai dans la réputation de ces deux prodiges.
Toutefois, comme l'enthousiasme et la curiosité ne pouvaient à eux seuls opérer un mouvement assez marqué d'allées et de venues, on avait jugé convenable de venir en aide à ces deux sentiments en répandant le bruit qu'à l'arrivée du cortège à Orizaba et à Puebla, on avait jeté au peuple plusieurs poignées de pièces d'or, et comme on en concluait qu'il en serait ainsi dans la capitale, le nombre des enthousiastes et des curieux s'était naturellement augmenté de tous ceux qui avaient l'espoir plus ou moins fondé de participer aux largesses impériales.
Puis quand tout fut terminé; quand les lampions furent éteints, les fleurs fanées, les arcs de triomphe démolis, tout le monde se mit à penser et à réfléchir.
Les uns étaient optimistes et voyaient tout en rose.
D'autres étaient pessimistes, et sans faire injure à la monarchie n'avaient qu'une confiance très-limitée dans son avenir.
Les premiers étaient pleins d'espoir, les seconds tremblaient malgré eux, et le successeur de Moctezuma, flottant comme un ballon entre ces deux courants opposés, se demandait, in petto, comment il s'y prendrait pour transmettre la couronne des anciens empereurs aztèques à ses héritiers.
Dans l'État de Veracruz, en effet, un des plus importants, puisqu'on y trouve le meilleur port de la République, les forces de l'Intervention, sur vingt citéo recommandables par leurs richesses et leur importance commerciale, n'occupaient que celles de Veracruz, de Cordova et d'Orizaba, tandis que les défenseurs de la Constitution tenaient toutes les autres, et étaient répartis de la manière suivante :
j,000 hommes sous les ordres du général A. Garcia, à Tlacoltalpam.
600, à Tlacolula, où se trouvaient alors les généraux Parra et Alatorre avec le gouverneur constitutionnel de l'État.
500, à Zacapoaxtia, sous le commandement du colonel J. Francisco.
Dans celui de Puebla, la ville de ce nom, capitale de l'État, était le seul point qui fût réellement occupé par les
Français. C*en était, il est vrai, le plus important ; mais il y avait encore cinq villes dont il fallait à toute force déloger les libéraux si l'on tenait à les soumettre à l'empire , et le gouverneur, établi dans Tune d'elles, à Huachinango, était soutenu par les généraux Benavides, Carvajal, Cuellar et Tellez.
Chacun de ces chefs avait sous ses ordres un nombre de forces dont il me serait bien difficile de préciser aujourd'hui le chiffre exact, mais qui formaient, en les réunissant, un total de 2,500 à 3,000 hommes.
Dans le Michoacan, la capitale et les points intermédiaires delà route entre Morelia et Mexico, étaient occupés par les Français; mais le reste de l'État appartenait au parti libéral, dont le chef avait établi le siège du gouvernement à Patzcuaro, petite ville située à 16 lieues, environ, au sud de Morelia.
Dans celui de Guanajuato, un des premiers de la République par ses richesses et sa population, les Français dominaient réellement dans deux villes, à Guanajuato et à Léon. — Toutes les autres continuaient à obéir au gouvernement constitutionnel dont le représentant était alors établi à Celaya, ville située sur la route de Tintérieur, à 12 lieues de Querétaro et à 30 de Guanajuato.
A San-Luis-Potosiy il n*y avait, comme à Puebla, que la capitale qui fût entre les mains de l'Intervention. — Le gouverneur s'était retiré au Valle del Maiz, avec 5,000 hommes de troupes régulières et disciplinées.
Dans le Tamauli'pas, le port de Tampico, avec les villages qui Tavoisinent, étaient seuls occupés par l'armée française, j'allais dire par le colonel Dupin ; mais le reste était toujours entre les mains des défenseurs de la Constitution, dont le chef, le général Cortinas, avait établi son quartier général à Matamores.
Dans celui de JaliscOy les Français occupaient la ville de Guadalajara, capitale de l'État; mais le gouverneur constitutionnel, D. Pedro Ogazon, avait momentanément établi le siège du gouvernement à Sayula, et l'armée de l'Ouest cantonnée dans cet État se composait de 10,000 hommes commandés par le général D. J. Lopez Uraga.
Dans Zacatecas, les Français étaient maîtres de la capitale, et d'une hacienda nommée Trupillo, située à quelques lieues plus loin sur la route du Nord ; et Gonzalez Ortega qui en était gouverneur constitutionnel, demeurait tranquillement à Sombrerete.
Dans celui de Mexico, les forces de Tlntervention dominaient à Toluca, capitale de VËtat, mais les guerrillas du parti constitutionnel tenaient, en revanche, toutes les montagnes qui conduisent à la capitale de la République.
Enfin, les Français n'avaient point encore mis les pieds dans les Etats de Nuevo-Leon, Coliahuila, Chihuahuay Sonora, Sinaloa, Oaxaca , Chiapas, Guerrero, Durango, Tabasco, Basse-'Califoimie, non plus que dans celui de Colima, et dans le territoire de Thehtiantepec.
RÉSU3IÉ.
De cette manière, les forces de l'armée libérale étaient répandues sur tous les points du territoire.
Il y avait dans l'Etat de Jalisco . . . 10,000 hommes.
Dans celui de Oaxaca 9,000
Dans celui de Nuevo-Leon 5,000
Dans celui de Durango 2,000
Dans celui de Veracruz 2,000
Dans celui de Puebla 3,000
Dans celui de San-Luis r>,000
Dans celui de Tamaulipas 2,000
Dans celui de Zacatecas 2,000
Dans celui de Michoacan i ,500
Dans celui de Guanajuato 1,500
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Total. . . 13,000 hommes.
sans compter les guerrillas qui pullulaient de tous les côtés.
Comme on le voit, la situation de l'archiduc n'était pas des plus agréables. Les hommes de bonne foi qu'il rencontrait, et il s'en est trouvé quelques-uns sur son chemin, ne lui laissaient pas d'illusion à cet égard. Mais il n'était entouré dans les rues que de gamins et de mendiants; il ne
rencontrait dans le palais que des traîneurs de sabre et des prêtres; les nausées lui en vinrent, et pour s'arracher aux stupidités des uns, aux exigences passionnées des autres (1), il prit le parti de se réfugier au château de Chapultepec.
Cependant, elle n'était pas perdue, loin de là ! et s'il avait pu compter sur Tassentiment du pays, il aurait pu facilement triompher de ses adversaires, dont les uns étaient mal armés, dont les autres ne Tétaient pas du tout.
En effet, Tarmée française, commandée par le général Bazaine, comptait à cette époque 35, ii7 hommes de toutes armes, divisés ainsi qu'il suit :
Officiers i,362
Sous^fficiers et soldats 34,085
Total égal 35,447
Mais il faut ajouter à ce chiffre :
4*» Le montant du contingent belge, arrivé sur .la fin de l'année aux ordres du lieutenant-colonel Vander Smissen î,500
2^ Le contingent autrichien qui devait se composer, aux termes de l'article i^»* de la Convention passée à Vienne, le 19 octobre 1864, entre M.Thomas Murphy, ministre de Tarchiduc, et le comte de Rechberg, ministre des affaires étrangères et de la maison impériale d'Autriche, de 6,000 hommes de troupes de terre et de 300 marins, en tout . . 6,300
Total général 43,247
(1) Dans Un banquet donné le 20 juin 1864 à l*archiduc Maximilien, le général Woll, grand écuyer du nouvel empire, se leva et prononça sans rire le toast suivant :
« Dieu est grand; et Maximilien est le prince de son choix!
» Dieu est grand : Il a inspiré à Napoléon III la résolution généreuse de soustraire le Mexique au despotisme de la démagogie et de V anarchie qui dévoraient ce beau et malheureux pays l
» Dieu est grand : Il a inspiré à Maximilien la résolution non moins généreuse d'accepter le trône du Mexique en assumant la mission d'y rétablir l'ordre, la prospérité, et de le rendre à la civilisation !
» Vivent les empereurs de France et du Mexique ! ! ! »
— D'autre part, Tarchevêque de Mexico, dès le 12 juin, c'est-à-
Quarante-trois mille deux cent quarante-sept hommes de troupes étrangères, auxquels il faut ajouter l'armée régulière sous lès ordres du général Marquez et de ceux qui l'avaient imité dans sa trahison, et les milices rurales organisées de tous côtés pour s'opposer aux tentatives des guerrillas.
Or, il résulte des documents officiels insérés dans Y Histoire du Mexique de M. Lucas Alaman , qu'au temps des Espagnols, et même pendant tout le cours de la guerre de l'Indépendance, les forces royales chargées de maintenir la colonie sous le joug de la métropole, ne se sont jamais élevées au-dessus de 40,000 hommes, auxquels il convient de joindre un nombre à peu près égal de royalistes payés par les municipalités, c'est-à-dire de gardes nationales et rurales.
En voici la preuve d'après M. Lucas Alaman :
État des troupes réglées et des milices qui se trouvaient au Mexique, avant et pendant la guerre de Vlndépenda^ice.
Troupe permanente 6,000 hommes.
Milice disciplinée 22,000 »
Milice des côtes 7,000 »
Provinces intérieures 2,500 »
Yucatan 2,500 »
Total. . . . 40,000 hommes.
Troupes expéditionnaires 8,500 hommes.
Vétérans du pays 10,500 »
MiHces sous les armes 22,000 »
Total. . . . 41.000 hommes.
Royalistes payés par les municipalités. . . . 44,000 »
Total général en 4820. . . . 85,000 hommes.
dire dès le lendemain de l'entrée de Maximilien dans la capitale, lui insinuait sournoisement dans un discours d'apparat, qu'il ferait bien de commencer son règne en rendant au clergé tous les biens dont il avait ëté dépossédé par là loi de nationalisation.
Dénombrement de la même force.
Troupe. Hommes. Chevaux.
Ëxpéditionùaires 8,448 »
Vétérans 10,620 »
Milices 21,968 »
Total. . . . 44,036 Gardes nationales, patriotes et royalistes en 4820.
Désignation. Troupe. Chevaux.
Infanterie 23,478 »
Cavalerie 49,482 44,085
Artillerie 4,738 »
Totaux. . . . 44,098 44,085