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Ecraser ses ennemis ou se faire broyer par eux

Se retirer, Maximilien ne le pouvait pas sans se couvrir à la fois de honte et de ridicule.

S'entendre avec M. Juarez; il ne le pouvait pas davantage. Le président lui aurait par là reconnu un droit, à lui intrus, à lui étranger, et ce droit aurait été la condamnation, je ne dirai pas seulement du président, mais de la République et du gouvernement républicain.

Restait le troisième parti, la lutte sans quartier ni merci. L'archiduc le prît faute de pouvoir faire autrement, et se condamna volontairement à être toujours et partout vainqueur ou à porter en représailles la peine du sang que son orgueil allait faire couler à ilota pour échapper au ridicule delà situation où il s'était placé.

Entourage de Maximilien.

Dans son livre intitulé le Mexique tel quHl est, édité il y a deux ans à Paris, chez Dentu, le bon abbé Domenech s'exprime ainsi qu'il suit sur Tentourage de Tarchiduc :

« L'empereur lui-même a été volé fréquemment. La première fois que j'eus Thonneur d'être invité par S. M. à dîner au palais, il se passa sous mes yeux un détail significatif qui me prouva combien la prudence était nécessaire partout. Au moment où Ton servait le café, un domestique allemand étala sur le tapis de la salle à manger deux serviettes. Dans lune il mit les couteaux qui furent confiés à un domestique pour les nettoyer ; dans Tautre il plaça les couverts d'argent et de vermeil dont il se chargea lui-même.

» — On m'a cité de nombreux vols faits dans les appartements de LL. MM. ; et tout en en croyant plusieurs apocryphes, je ne suis point étonné de ces larcins. Plus d*un chevalier d'industrie ont des places à la Cour; ils se rappellent combien les gouvernements précédents étaient éphémères, et ils ont contracté de mauvaises habitudes.

» — Un jour, à Chapultepec, je demandais au sous-chef du cabinet civil de S. M/, quel était un monsieur, à figure patibulaire, qui devait dîner avec nous à la table de l'Empereur.

» — C'est un conseiller d'État, me répondit-il, un des plus grands voleurs du Mexique ; la semaine dernière il a mis encore dans sa poche 30,000 piastres qui devraient être dans les coffres de VÉtat,

» ■— Une autre fois, on me montra à la Cour un officier d'ordonnance de S. M. qui avait été aide-de-camp du général Miramon. Avant d'arriver à cette position, me dit un mexicain, il avait passé trois ans aux galères; c'est un des plus adroits filous de Mexico (4). »

Un peu plus bas, le narrateur poursuit ainsi :

« Le cabinet de toilette de la cour, à l'usage des dames, les jours de bal, est généralement mis à sec, avant la fin de la soirée. Une fois,

(4) Le Mexique tel quil est, pp. 442 et 443.

les 30uliei*s, gants, onglettes, brosses, aiguilles, ûl, en un mot, tout ce qui se trouvait dans ce cabinet passa dans les poches des invitées qui y étaient entrées pour réparer les désordres de leur toilette. M™« X. y fut, à la troisième contredanse, pour faire un point à la jupe de sa fille sur la robe de laquelle un danseur avait enfoncé ses éperons. « Tout avait disparu, » me dit-elle, le lendemain du bal. La jeune fille, ne pouvant danser avec une robe déchirée, rentra chez elle avec sa mère, maugréant contre les dames mexicaines.

» Au bal donné à la ville par les officiers français, après leur entrée à Mexico, des invités coupèrent des crépines d'or aux rideaux de la salle. A part cela, les bijoux perdus par les dames, en dansant, furent retrouvés grâce à la surveillance et aux mesures de précaution prises à cet effet. Aux grands bals de la cour, les objets perdus doivent être remis au maître des cérémonies ; mais les Mexicains qui les trouvent préfèrent les emporter chez eux et les conserver à titre de souvenir ou les vendre. Eventails, bracelets, bijoux, mouclM)irs, tout est ramassé, mais souvent on oublie de les rendre. On a bien autre chose à faire que de penser à tout (1).

» Et personne, ajoute avec onction sa douce Révérence , ne dit à TEmpereur : Sire , on abuse de votre bontés ces hommes sont indignes de votre confiance et de vos bienfaits. »

On pourrait, en retour, poser la même question à ce bon serviteur du Très-Haut, lui demander pourquoi, s'il était si bien instruit, il ne Ta pas lui-même prévenu? — Mais, pour toute réponse, il s'agenouillerait sans doute ; il se frapperait plusieurs fois la poitrine, et nous n'en saurions pas plus après notre demande que nous n'en savons avant de la faire.

D'ailleurs, nous avons mieux que cela.

Il existait à Mexico, dans le cabinet de l'archiduc, et entre les mains de M. Eloin, deux pièces très-curieuses : la première est un état nominatif annoté provenant du ministère de la guerre à Paris des officiers mexicains prisonniers en France, qui n'avaient pas voulu signer la formule de soumission à l'empire ; la seconde est un registre contenant des annotations particulières, dont quelques-unes sont écrites de la main même de M. Eloin, sur les personnes les plus considérables qui ont adhéré au parti de l'Intervention.

(1) Le Mexique tel qu'il est, pp. 41B et 114.

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l^our faire comprendre la moralité de ce parti et celle de ses adversaires, il me suffira donc d'extraire de ces deux listes quelques-uns des noms qui s'y trouvent, et de les placer en regard les uns des autres.

Parti de l'Intervention.

Almonte, Juan Népomucène, ancien triumvir, président de la Régence.

M. Almonle apparut pour la première fois sur la scène politique pendant ia révolution de 1828, ù la suite de laquelle il fut nommé attaché de légation à Londres, où il demeura jusqu'en 1838. — Bustamente le nomma ministre de la guerre en 1839.

— Au conseil des ministres, il combattit le parti fédéral; mais quand il vit que celui-ci allait triompher, il se rangea immédiatement de son côté. — Santa- Anna revenu au pouvoir le laissa quelque temps en disgrâce, et finit par renvoyer comme ministre aux Etats-Unis. — En 18il, Paredes, après avoir proclamé la fnonarchic, le nomma ministre en France. Au lieu de se rendre directement à son poste, il séjourna longtemps à Veracruz, prétextant le manque de navire; mais en définitive dans le but de s'entendre avec le gouverneur de cet État pour renverser Paredes, — ce gouverneur ayant refusé son concours à .Almonte, celui-ci se rendit, non pas à Paris, mais ù la Havane, où il se mit en relation avec Santa-Anna, et la révolution de Guadalajara leur permit à tous deux de rentrer au Mexique. ~

Parti républicain.

Alatorre, Francisco, général de brigade, interné ù Evreux.

38 ans. Né à Zacatecas. M. le général Alatorre est d'une nature exaltée et d'autant plus facile à être entraînée, qu'il manque souvent d'ii-propos et de jugement.

Il a des sentiments lunwrables, et sa conduite privée a Evreux, n*a donné lieu à aucun reproche. L'on ne peut prévoir à quels entraînements il pourrait se laisser aller, mais il sera toujours sans influence par lui-même.

Santa-Anna rcpril le pouvoir et Almonte fut nommé ministre delà guerre. — Lorsque Santa-Anna se porla au devant de Tarmée américaine , Almonte intrigua ]>caucoup pour se faire nommer par le congrès vice-président. — Ses démarches n'aboutirent qu*à le faire tomber en disgrâce. — Il se lia alors intimement avec Juarez et avec plusieurs députés progressistes des plus avancés.— Lorsque Mexico fut pris, Almonte se joignit à ceux qui accusèrent le plus vivement Santa-Anna. — A la paix avec les Etats-Unis, il se porta comme candidat à la présidence, mais le général Arista remporta sur lui. — 11 rentra alors dans la vie privée jusqu'à Tavénement de Comonfort, époque à laquelle il se déclara grand partisan de Tamortissement des biens du clergé.

<c Le caractère d'Almonte est froid, avare et vindicatif, — N'ayant jamais fait la guerre, il doit son grade à ce que, du temps de Morelos (1), il fut nommé colonel étant encore enfant.

» Lorsqu'il fut envoyé parParedes, comme ministre en France, il avait reçu une somme de 100,000 francs pour les frais d'ambassade. — On V accuse de ne point avoir justifié très-clairement l'emploi de ces fonds. »

» Anievas, José I, ministre de l'intérieur.

» Instruction nulle, incapacité

Alc£rr£ca, .4gustin, colonel^ interné à Tours.

Conduite irréprochable; a

(1) Le curé Morelos, ainsi que je Tai dit plus haut, était le père du général Almonte.

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notoire. Il n'a jamais joué aucun rôle politique, et est parvenu par la faveur de Santa-Anna. »

Arrangoiz, Francisco, ministre de Maximiiien à Londres et à Bruxelles.

« Ancien consul à la Nouvelle Orléans, ■— ancien ministre des finances. — Il a été envoyé aux Etats-Unis pour toucher Targent du traité de la Mesilla. — Il paraît que dans cette circonstance il a pris des honoraires tellement exorbitants qu'il a dû se retirer en Europe pour échapper aux poursuites de Santa-Anna,

» Intelligence ordinaire, mais une certaina distinction de mani ères. »

Arroyo, J. m., ministre des affaires étrangères.

a Homme rempli de prétentions et d'une moralité très-attaquée. — Grand coureur des maisons de jeu. — Il était criblé de dettes et a sollicité la place de sous-secrétaire d'Etat pour échapper aux poursuites de ses créanciers. »

Bello Cisnëros, Macario, préfet politique de Pachuca.

« Les habitants de ce district se plaignent beaucoup de lui, ainsi que le commandant français qui réside dans cette localité.

On Taccuse de recevoir de Targeni de la compagnie anglaise des mines pour protéger ses intérêts. — // parait en outre être compromis pour le crime de faux dans un grand procès encore en instance. '

servi sous divers gouvernemeats.

Libéral, appartient à l'armée permanente; intelligent et instruit.

Homme à ramener au nouveati gouvernement.

Akanda, Manuel, cokmel, interné à Evreux.

« 31 ans. — Né à Zaeatecas.

M. Aranda est d'une intelligence peu active; n'est pas non plus d'une consistance morale bien grande et n'aura jamais d'iflfluenee mille part. Il est dans les idées républicaines sans trop' savoir où elles peuvent conduire le Mexi<ïue. — A fait quelques dettes à Evreux. Nature peu caractérisée. »

CoLOMBREs, général de brigade interné à Evreux.

« Agé de 35 ans. Né à Puebla.

M. Colombres a dirigé, comme officier du génie, les travaux du siège de Puebla ; il a des senti-^ ments honorables, le goût du travail. »

Cosio, Manuel, général de brigade interné à Evreux.

ce Agé de 27 ans. Né à Zacatecas.

— - M. Gosio a une âme ardenle, peu disciplinable et peu communicative, si ce n'est avec ses inférieurs. — Ne paraît pas devoir accepter jamais l'ordre actuel dans son pays. — Il passe pour capable et énergique, quoiqu'aimant fort le bien-être. — Peut-être serait-il bon d'avoir Vattention portée sur lui, — Iln'a jamais eu.

BiLLAR, ancien préfet politique de Mexico.

« A été pendant longtemps démagogue à l*excès. — B était juge à Tlalpam où Von dit qu'il favorisait le brigandage. — Il est devenu réactionnaire parce que le gouvernement de Juarez avait supprimé les frais que percevaient les juges sur les procès.

— Dans son administration au département de Mexico, il a montré une partialité révoltante en faveur du parti rétrograde. — Il est allé jusqu'à chercher à entraver le cours des tribunaux civils, dans les affaires relatives à des biens ayant appartenu au clergé, et cela, contrairement aux instructions du gouvernement, et aux promesses faites par le général en chef. — Sa moralité est irès-attaquée. »

Blanco, Santiago, général de brigade.

« Ministre de la guerre sous la dernière présidence de Santa - Anna. — On a été obligé de le faire surveiller, — Il complotait avec les réactionnaires ennemis de l'Intervention. —Même caractère que son frère Miguel, mais plus orgueilleux, santaniste et trèsambitieux. »

Facio Sanchez, colonel, chef d'état-major de la divrsion Marquez.

» Cet individu est sorti de trèsbonne heure du collège mili-

du reste, au Mexique, de rôle important et caractérisé, et Ton ne croit pas quil puisse faire un personnage influent. »

Flores, colonel, interné à Paris.

« 35 ans. Mène à Paris une vie un peu retirée. Il prétend avoir refusé son adhésion à TËmpire, parce qu'il n'a pas confiance en ce nouvel état de choses, et pense que le peuple mexicain a été forcé dans son choix par l'Intervention française. »

GoHEz DE Portugal, Jésus, colonel, interné à Tours.

« Gouverneur de l'Étal d'Aguascalientes; peu influent sur ses camarades prisonniers ; libéral. »

Gorrostreta, Nicolas, lieutenant-colonel, interné à Tours.

« Très-bon soldat ; très- opposé au nouveau gouvernement, dan-

taire. — Sa carrière a été rapide»

grâce à la protection que lui accordait Sanla-Anna.— Il parle un peu Tangiais et le français. — Sous Miramon, il s'est attaché au général Marquez. — Il n'a aucune délicatesse en matière de finance. — A Vépoque de la prise de Tacubaya, il passe pour avoir joue' un triste rôle ; il faisait achever les blessés. — Depuis, il a été soumis à un conseil de guerre français pour malversation. »

GuTiERREz, général commandant la cavalerie de Marquez.

« M. Gutierrez est fils du général du même nom. — C*est un homme sans aucune espèce de principes ou d'éducation, coureur de lieux ptiblics et de maisons de jeu dans lesquelles il a souvent introduit de la fausse monnaie. — Il a pris part à toutes les révolutions, et a occasionné mille chagrins à son père. ~ Pendant qu'on enterrait ce dernier, il saccageait la maison au préjudice de ses frères. — Il est de plus cruel et sanguinaire. »

Marquez, Leonardo, général de division.

« La carrière du général Marquez est restée inaperçue jusqu'au moment où, déjà chef de bataillon, il devint Tobjet de la protection de Santa-Anna qui le prit avec lui pour une expédition dirigée dans le Sud contre Alvarez, et réleva rapidement au rang de général de brigade. — Marquez n'a pas reconnu les gouvernements libéraux. — Il a préféré

GËRELX ; se conduit bie7i ; a de Tinfluence sur ses camarades. »

Hernandez, Sebastiano, colonel, interné à Évreux.

« Agé de 35 ans. Né à Orizaba.

M. Hernandez est d'une nature honnête; plutôt doux qu'entreprenant. — Sa conduite à Évreux est irréprochable. — Passe pour avoir de la fortune ; tient, avant toute chose, à retourner au Mexique pour l'administrer. »

Huerta, Épitacio, général de brigade, interné à Ëvreux.

<( Agé de 35 ans. Né à Morelia .

M. Huerta, amputé d'un bras dans les guerres du Mexique, a eu dans son pays, plus que ses collègues, un rôle important, et y serait susceptible encore d'influence.— n est bien vu et estime'; est plus honnête homme que capable, et on le croit plus disposé à s'occuper aujourd'hui de l'administration de ses biens que de

tenir la campagne, faisant vivre ses troupes sur les contrées où il se réfugiait. — On lui rend la justice de n'avoir jamais frappé de contributions à son profit, mais on lui reprocfie de s'être toujours montre' sanguinaire au dernier degré; et, îorsquHl prit Tacubaya, d'avoir fait de sang-froid fusiller des prisonniers f ainsi que d'autres personnes qui n'avaient pas pris part à la guerre, — Envoyé en mission à Jérusalem. »

MiRAMON, Miguel, général de division.

c< Le général Miguel Miramon est entré à Técole militaire en 1846, et en est sorti lieutenant.— Il commença à cette époque à se livrer à sa passion pour le jeu. — Étant capituine de chasseurs à pied^ à Toluca, il perdit un jour l'argent de sa compagnie. Pour se tirer d'embarras, il tomba à coups de sabre sur la personne contre laquelle il avait joué, .et se fit rendre ainsi son argent.

» Quand le plan d'Âyutla eut triomphé, Miramon, qui commandait un bataillon de chasseurs, fit acte d'adhésion au nouvel ordre de clioses^ et fut employé par Alvarez, en qualité de lieutenant-colonel au il® de ligne. — 11 reçut Tordre d'aller soumettre la Sierra de Zacapoaxtla où les conservateurs organisaient la résistance. — Pendant la route, il fit volte-face et se rendit à la tête de son régiment à Puebla pour se joindre au parti quMl devait combattre.

» Plus tard, il prit une part active au pronunciamiento de

chercher à reprendre un rôle politique. »

Legorreta, Luis, colonel, interné à Tours.

» Conduite irréprochable; trèsdigne, peu influent, passe pour libéral. «

Zuloaga et fut récompensé de son zèle, après le triomphe de la réaction, par le grade de général de brigade.

» Peu de temps après, il contraignit ce même Zuloaga à le nommer son substitut, et signa alors tous les décrets. — /S(?W5 prétexte de marcher contre Veracruz où M, Juarez avait établi le siège de son gouvememen t,il frappa des contributions forcées et s'empara des fonds qu'il y avait dans les caisses publiques, — Il dirigea le tout vers les terres chaudes, et au lieu de renvoyer au camp^ devant Veracruz, il le fit embarquer pour l'Europe, à Alvarado, pour son propre compte.

» Fatigué de son insubordination, Zuloaga voulut de nouveau assumer le commandement, mais Miramon, pour toute réponse, fît disparaître Zuloaga de la scène pendant six mois au moins, et se fit proclamer président par une partie de ces mêmes notables qui ont reçu et exécuté, plus tard, la mission d'acclamer l'Empire.

» Pendant ce temps, les libéraux avaient fait de grands progrès à rintérieur. Miramon, privé des ressources nécessaires pour préparer une expédition contre eux, fit fracturer les portes de la légation anglaise par Marquez, et enlever les fonds déposés chez le ministre pour acquitter une partie de la dette anglaise. II partit ensuite pour se faire battre à Silao d'abord, puis à Calpulalpam, et s'enfuit à Veracruz où il s'embar-

qua à la faveur d*un déguisement quelconque. »

MORA Y Basâdre.

ce Homme très-remuant, ayant fait sa carrière dans l'armée. — Peu de délicatesse en matière de finance,— [\ en a donné la preuve en 1835, étant secrétaire du commandant général de Matamoros, et plus récemment comme secrétaire du général Urrea. — H n'a pas d'opinion politique arrêtée.

— On l'a vu prendre part à ious les pronunciamientos. »

O'HoRAN, Tomâs, préfet de Tlalpam.

<c C'est un homme san§ capacité et sans éducation. —Il a été officier d'ordonnance de Marquez.— Il était alors chef d'escadron. — Il voulut se prononcer, et Marquez le fît enfermer à Santiago, d'où il s'échappa pour servir le parti Puro. — On le nomma général. — Il avait un commandement au siège de Puebla, et c'est lui qui conduisait la brigade qui expéditionnait du côté d'Atlixco, afin d'empêcher Marquez d'opérer sa jonction avec l'armée française. — Plus tard, il sortit de la ville avec Carbajal pour opérer sa jonction avec Comonfort. — Il parlait très-mal des Français et de l'Intervention, et, aujourd'hui même, c'est un de nos plus grands ennemis.

» M. Certes Esparza l'a fait nommer préfet de Tlalpam. »

Pena, Abraham Orliz de la, colonel.

Les versions les plus contra-

Mejia, Ignacio, général de brigade, interné à Evreux.

49 ans, né à Azaca. M. Mejiai serait, à beaucoup près, celui de ses collègues d'Ëvreux le plus influent, s'il n'était pas dégoûté des affaires politiques de son pays. — Il y a occupé des postes importants, y a eu de la considération. — A des formes agréables, les allures d*une bonne éducation, de la capacité, une grande susceptibilité.

NoRîEGA, Carlos, chef d'escadron, interné à Evreux.

28 ans. Né à Mexico. M. Noriega est un homme de cœur, de sentim£nts parfaits^ aime et se fait aimer des officiers de la garnison. — Il cherche à occuper utilement ses loisirs. »

Peralta, Angel, commandant,' interné à Tours.

, « Instr^it et intelligent ; appar-

dictoires courent sur son compte.

— On Vaccme d'avoir été toute sa vie chef de bandits, et d'avoir sur la conscience un nombre incalculable de vols^ d'assassinats et d'autres méfaits, — On dit aussi que, sous prétexte de jalousie, il a fait mourir sa maîtresse à Piaxtla, après lui avoir fait souffrir les tortures les plus atroces. »

PRIETO, général.

« Personnage à double face. — Étant préfet à Cordova^ il a, diton^ administré de manière à s'approprier une partie des fonds publics. »

Salas, Mariano, général, un des triumvirs.

a En politique, il a été un peu de tous les partie.

» Étant chef de corps, en 1838, il a été l'objet d'une enquête, qui a fait ressortir un déficit considérable dans la caisse de son régiment. »

Taboada, général de brigade, commandeur de la légion d*Honneur.

« Il était commis très-subalterne dans une maison de commerce, et en a été chassé pour vol.

— Il est entré dans la carrière militaire comme payeur d*un corps du génie, en 1854. — Lorsque Alvarez s*empara de la capitale, Taboada partit pour la France, et, à peine débarqué, s'en fut à Paris sans payer le prix de son passage. — Le capitaine du navire dut s*adresser à M. 01aguibel, alors représentant du Mexique à Paris.

» Rentré au Mexique, il reçut

tient à une bonne famille de Mexico. — Se conduit bien. »

Patino, José Gregorio, colonel interné à Tours.

« Conduite irréprochable, propriétaire et négociant à Morelia, très-digne. »

Paz, Francisco, général de brigade, interné à Pari$.

« 39 ans, libéral, intelligent et énergique. — Passionné. — En somme, plein de convictions républicaines. — A de la fortune personnelle ; — se livre à l'étude. »

RocHA Y Porta, Pablo, commandant, interné à Tours.

c< Très -instruit, d'une bonne famille de Guanajuato, se conduit très-bien. »

des faveurs de Doblado, et le paya par une trahison, en formant un complot contre lui à San- Luis. Ce complot coûta la vie à son frère. Quant à lui il se sauva dans la montagne où il se joignît à Tomâs Mejia. — Il a été depuis sous les ojrdres de Marquez qui a été obligé de l'expulser de sa division parce qu'il c<nnmettait trop d'exactions partout oit il passait.

» Depuis son entrée dans Tarmée alliée, 07i Vaccuse d'avoir beaucmip volé. »

WoLL, général de division, membre de la commission envoyée à Miramar.

(c Le général Woll a commencé sa carrière en Espagne, en qualité de Guerrillero, sous les ordres du fameux Mina. — Il suivit en 1817 ce général quand il vinl au Mexique, mais il n'alla pas plus loin que Tampico, où il vécut dans les maisons de jeu.

Plus tard, il prit parti dans plusieurs pronunciamientos, se lit une situation dans Tarmée, et finit par être destitué en 1846, par Santa-Anna, parce qu'il avait refusé de le suivre dans la guerre contre les américains.

Il avait gagné une certaine somme au jeu, et avait profité de sa situation de commandant général à Tampico pour faire ses affaires avec la douane. — Muni de cet argent, il s'embarqua pour la France, où il resta jusqu'en 1853 époque à laquelle Santa- Anna le renomma au même poste, ce qui lui permit de réaliser en-

Trâvesi , Manuel , lieutenant colonel, interné à Tours.

« Se conduit bien. — Instruit, intelligent. — Parle parfaitement français. — Très-bostile au nouveau gouvernement. — Dangereux. »

core quelques petits profits avec lesquels il repartit pour la France en 1855.

« En 1858, il revint de nouveau offrir ses services à la réaction, et joua le môme rôle à Guadalajara jusqu^en 1860, époque à laquelle il quitta le Mexique pour la troisième fois.

Enfin, il est revenu une quatrième fois en 1862, et a été désigné Tannée suivante pour aller en qualité de notable offrir la couronne à Maximilien. »

Ici se termine ces comparaisons biographiques, que je n^aurais mêpie pas poussées aussi loin, si je n'avais eu Tintention d'établir que, dans tous les pays, les souteneurs des coups d'État, du droit de conquête et de la sanctification de la force brutale, appartiennent toujours à la lie de la population. L'archiduc n'ignorait rien de tout ce que je viens de dire. 11 savait, à un gramme près, ce que pesait dans la balance de l'honneur la moralité de ceux qui Tentouraient. 11 le savait, dis-je; il soufiTrait tout, et si quelqu'un voulait en douter, il n'a pour se convaincre qu'à jeter les yeux sur la pièce suivante, échappée par mégarde aux rechercher de ceux qui ont fait la révision des papiers ^ Maximilien :

^dABINET MILrrAIRE DE I^'EMPERSUII.

Palais impérial de Mexico, 7 décembre 486IS.

Note à placer sous les yeux de S* E- M. le maréchal.

ce s. M. TEmpereur a visité hier MixcQac , et y a appris ce qui suit :

» Un grand nombre d*assassins et de voleurs vivent dans ce village. — Le président de TAyuntamiento, exilé autrefois au Yucatao, d*où il s*est échappé, a été huit ans voleur sur les grands chemins.

» Le syndic a été deux fois en prison pour vol.

» A Noël dernier, on a brûlé un magasin de maïs, sans qve personne ait essayé de porter des secours.

» L'Empereur désire qu'on envoie à Mixcoac une petite garnison commandée par un officier inlelligent et énergique.

» Cet officier interrogera secrètement le propriétaire de Thacienda de San Borja , de qui FEmpereur a obtenu les renseignements ci -dessus incognito.

» Il paraît que ce soir on doit brûler une hacienda des environs.

» Le chef du cabinet militaire,

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