‹ Documents officiels recueills dans la secret́airerie privée de Maximilien: Histoire de lChapitre 8 sur 54 · DETTE ANGLAISE · texte numérisé non relu

DETTE ANGLAISE

Si nous en croyons le docteur José-Maria Mora (1), l'origine de cette dette a eu pour cause une erreur politique plutôt qu'une véritable nécessité. Il est vrai que si Ton tient compte des gaspillages qui avaient lieu à cette époque, 1823, on arrivera à cette conclusion rigoureuse que l'argent qui devait en provenir était aussi d'une nécessité indispensable; mais, je le répète, ce motif ne fut qu'un motif secondaire. Ceux qui poursuivirent et signèrent cette négociation onéreuse, n'y virent qu'un moyen défaire reconnaître l'indépendance de leur pays par l'Angleterre, et d'assurer cette indépendance avec le concours des intérêts nouveaux qui devaient naturellement surgir à la suite de l'emprunt.

Une erreur semblable n'était pas pardonnable, même dans ces temps d'inexpérience politique et gouvernementale : Cependant ce fut là le motif principal qui engagea le gouvernement mexicain à contracter une dette vis-à-vis de l'Angleterre. Par contre, les boursiers de Londres avaient plus de confiance que le gouvernement et le peuple du Mexique lui-même dans l'indépendance de leur pays, parce qu'ils savaient parfaitement que l'Espagne, en dépit de sa répugnance à reconnaître cette indépendance comme un fait, ne pourrait jamais réussir à soumettre sa colonie révoltée; mais ils n'avaient pas la même confiance dans la solvabilité de la nation, parce qu'ils ne connaissaient point

(i) Œuvres choisies, tom. i''^ p. 167,

encore la nature de ses ressources. Dans cette situation, l'emprunt Goldsmith, le premier qui fut négocié, se trouva doublement désavantageux à la République ; d'abord, parce que le gouvernement mexicain manifestait trop ouvertement le désir de le contracter à tout prix; puis, parce que cette affaire n'inspirait qu'une confiance très-limitée aux capitalistes anglais. L'emprunt fut donc émis de la manière

suivante :

Liv. Sterl. Piastres.

Le gouvernement mexicain, conformément aux clauses contenues dans un contrat signé le 14 mai 1823, entre son fondé de pouvoirs, D. Francisco de Borja Mignoni et)a maison de banque Goldsmith, s'engageait d'abord à supporter tous les frais que pourrait occasionner le contrat dont il s'agit, et se reconnaissait ensuite débiteur envers la susdite maison de la somme

énorme de 3,200,000 liv. sterl. ci. . 3,200,000 16,000,000 produisant par an un intérêt de 5 p. c.

Mais par un motif dont je n'ai point encore réussi à me rendre compte, la maison Goldsmith ne s'engageait à lui livrer que 1,600,000 8,000,000

Ce qui constituait au préjudice du Mexique une différence de la moitié de l'emprunt, huit millions de pias-

très, soit 1,600,000 liv. sterl . . .1,600,000 8,000,000

Le 25 août de l'année suivante, le gouvernement célébra un nouveau contrat de la même somme avec la maison Barclay; et, cette fois, l'emprunt fut encore plus onéreux pour la République; car, bien que cette affaire eût été négociée avec plus d'avantages que celle de l'année précédente, les charges cependant en furent plus fortes : l» parce que l'intérêt stipulé y fut élevé au taux de 6 p. c. par an; 2** parce que la faillite du prêteur qui arriva peu après enleva à la République 2,244,553 piastres — 89,783 liv. sterl.;

3^ parce qu'on «c trouva dans la nécessité d'envoyer de l'or au Mexique, envoi qui coûta fort cher par suite des frais de transport et d'assurance; 40 enfin parce que les prêteurs manquèrent à leurs engagements et que le gouvernement mexicain fut assez négligent pour permettre de stipuler dans l'acte un intérêt défendu par la loi anglaise, ce qui fut cauàe qu'il ne put soumettre son contrat aux tribunaux de la Grande-Bretagne pour en faire assurer l'exécution, quand, bientôt après, la maison Barclay manqua à ses engagements.

La dette anglaise se composait donc :

Piastres.

d« De l'emprunt célébré le 14 mai 1823, avec la maison Goldsmith, ci. . . . . 16,000,000 »

20 De l'emprunt célébré le 25 août 1824, avec la maison Barclay, ci 16,000,000 »

30 Des intérêts échus de ces deux sommes, montant ensemble, au début de Tinterventîon, àlasommede 19,208,250 »

40 Des sommes suivantes dues à des sujets anglais :

10 Pour solde de la troisième et dernière convention 4,175,000 »

2o Pour solde de compte de la conduite deSanluis 7,513 67

30 Pour solde de compte de la conduite de Laguna Seca, y compris certaines réclamations de sujets franc^ais et espagnols . . 338, J 51 08

40 Pour solde de compte, capital et intérêts compris, de la réclamation de San-Acacio. 65,816 68

50 Pour liquidation, jusqu'au 4 juin 1860 de ce qui était dû à M. Henri Dalton. . . 79,655 72

60 A MM. Baron et Forbes, !<> pour les certificats, n"* 79 et 80 provenant de la conduite occupée par Marquez à Guadalajara; 2o pour ce qu'ils avaient prêté dans la capitale ; 30 pour les intérêts de ces deux sommes, calculés jusqu'au 1er mai 1852 . . . 94,345 47

A reporter. , 55,968,732 57

Report. . oo,9(j8,73!2 57

70 Pour solde de ce qui était du à M. Edouard Joseph Perry par suite de rarrangement que le gouvernement avait faitaveclui, 81,000 »

80 A M. Charles Whitehead, pour Tindemnité qu'il réclamait en compensation de son expulsion du pays opérée par ordre de Miramon 1:2,000 »

90 A M. Thomas Worrall, pour le même motif, et en y comprenant les intérêts échus depuis trois ans 17,700 »

-lOo A M. Nathaniel Davidson, pour ce qui lui revenait sur la conduite prise par Marquez à Guadalajara 431 9i

Total. . . . o6,079,86i 51

Auxquelles sommes il fallait encore ajoxUer les intérêts suivants :

10 Pour solde des intérêts échus en faveur des teneurs de bons de la dette anglaise, lesquels * étaient calculés jusqu'à la fin du mois de juillet 1862, ci 13,038,105 75

^^ Pour solde des intérêts échus, en faveur des teneurs de bons de la convention anglaise, lesdits intérêts calculés jusqu'au i décembre 1861 93,689 55

30 Les intérêts et les frais, calculés à 24 p. c. de ce qui était dû pour la» conduite occupée à la Laguna Seca ...... 80,000 »

Â^ La somme volée par Marquez sur les fonds déposés rue Capuchinas, dans la Légation anglaise pour le compte des teneurs de bons 660,000 »

50 Les frais faits à cette occasion par l'agent de teneurs de bons ...... 22,884 73

Total de la dette anglaise. . . 69,994,544^

No 2.

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