Voy. encore les n
ZXIV INTRODUCTION.
encore passer en revue plusieurs pièces qu'il n'était pas possible de faire entrer dans les catégories précédentes et qui, néanmoins, offrent un grand intérêt, soit pour l'histoire parisienne, soit pour rhistoire générale.
De ce nombre, nous mettrons la sentence arbitrale par laquelle Gui Baudet trancha plusieurs points litigieux qui s'étaient élevés entre Tévéque de Paris, d^une part, et le chapitre de Notre-Dame, d'autre part, principalement au sujet des droits que chacun d^eux prétendait avoir sur les offrandes, les torches et les cierges donnés à Téglise, sentence confirmée par Philippe de Valois au mois de juin i337*. Nous n'omettrons pas non plus cette curieuse lettre de Tofficialité de Paris du i*' juin 1349, confirmée par Philippe VI au mois de janvier i35o', faisant connaître le résultat de la visite réclamée par frère Gérard de Waugicourt, que la léproserie de Saint- Lazare affirmait être lépreux, tandis que quatre médecins et deux chirurgiens le déclarèrent indemne de toute atteinte de cette terrible maladie. La renonciation faite le 3 décembre 1 343 par Jeanne, veuve de Philippe, roi de Navarre, a.ux biens-meubles et aux dettes de son mari, est aussi à citer'. D'autres lettres, également curieuses à plus d^un titre, intéressent encore la Sainte-Chapelle^, la chapelle Saint-Georges de Phôtel du roi à Saint-Ouen"*, le chapitre de Melun*, le collège de Laon^, Tinstallation des chanoines nommés par le roi dans les églises cathédrales •, le chapitre de Notre-Dame et la veuve de Charles IV le Bel •, etc.
Nous pensons que Ton pourra se rendre ainsi compte de la variété des renseignements contenus dans ce recueil, qui, nous l'espérons, ne sera pas sans utilité aux érudits dont les recherches ont pour but l'histoire de Paris et les événements qui agitèrent la France au début de la guerre de Cent ans.
I. N« 191.— 2.N»43o.— 3. N» 322. — 4. N« 29. — 5. N« 81. — 6. N* ii3. — 7. N» 254. — 8. N» 3o6. — 9. N» 379.
i339 (q. st.)i 24 février. Maubuîsson-lez-Pontoise.
Lettres de sauvegarde accordées en faveur de la maison des pauvres écoliers italiens de la Charité-Notre-Dame, fondée à Paris par André Ghini, évéque de Tournai.
(JJ. 73, n* 170.)
[Philippe], etc., savoir âûsons à touz presens et advenir, que comme nostre amé et féal conseiller Ândrieu, evesque de Tournay, ait fondé à Paris, en l'onneur de Dieu et pour le salut de son âme, une maison de povres escoliers^, qui sont appeliez les povres escoliers ytaliens de la Charité Nostre Dame, pour estudier en philozophie et théologie ; nous, à la supplication dudit evesque et pour estre participant de ladite euvre de miséricorde, et en approuvant ycelle maison et collège en tant comme à nous appartient, ladite maison avec toutes ses appartenances et lesdiz escoliers qui présent sont et seront pour le temps avenir, avec touz leurs biens, avons receu et recevons à perpétuité en nostre sauve protection et garde especial, à la conservacion de leur droit tant seulament en alant, venant et retournant, et demourant en ladite maison et parmi nostre royaume, et leur députons leur especial gardien nostre prevost de Paris, qui à présent est et qui sera pour le temps, pour les garder et faire garder
I. Collège des Lombards fondé par André Ghini, évéque de Tournai. Ce collège, ruiné dès le milieu da xvi* siècle, fut occupé en 1677 par des prêtres irlandais. (Voy. Félibien, Histoire de la ville de Parie, t. I, p. 588, abbé Lebeuf, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris^ éd. Cocheris, t. n, p. 14 et 38, et la note que nous avons consacrée à André Ghini dans le volume précédent, p. 9.)
Docamars zu x
de toutes injures, forces, violences, molestadons non deues en corps et en biens, et pour faire amender et adrecier à nous et à eulz tout ce qui seroit fait ou attempté au contraire, et pour leur fisiire paier leurs debtes bonnes et loyaulz, confesseez et cogneues, ou desquelles lesdiz escoliers pourroient faire prompte foy, sommierement et de plain et sanz lonc plait et sanz longue figure de jugement, et de âdre tout ce que à office de bon gardien appartient; et quant à ce, nous lui donnons et commettons plain povoir, de grâce especial, par la teneur de ces présentes lettres. Si mandons et commandons à touz noz justiciers et subgiez que, contre la teneur de ceste présente grâce, il ne molestent lesdiz escoliers en corps ne en biens, malz les en laissent et facent joir paisiblement ; et se aucun attemptoit au contraire, nous mandons et commandons audit prevost que il face les choses remettre à e^tat deu et amender aussi à nous et ausdiz escoliers deuement, pourveu que, pour cause des choses dessusdites, riens ne soit fisiite ne attempté en fraude ne malice, ne préjudice de nostre droit ne du droit d'autrui. Et pour ce que ce soit ferme et estable chose à touz jours, nous avonç fidt mettre nostre seel à ces présentes lettres. Donné à Maubuisson de lez Pontoize, le xxiiii* jour de février, Tan de grâce mil CGC trente et huit.
Par le roy.
Lorriz.
Sine financia amore dicti domini episcopi.
J. de Sancto Justo.
i339 (n. st.), février. Paris.
Philippe VI confirme la vente que fit Jean Pèlerin, sergent à cheval du Chfttelet, à Jean Boileaue, d'une maison ayant appartenu à feu Jean de Moret, chanoine de Sens, sise à Paris, près de l'église Saint-Symphorien, vente destinée à rembourser au roi les sommes d'argent que lui devait ledit chanoine.
(JJ. 71, n* 184.)
Philippe, par la grâce de Dieu roys de France, savoir faisons à touz presens et avenir, nous avoir veu les lettres cy dessous transcriptes, contenans de mot à mot la forme qui s'ensuit.
A touz ceuls qui ces lettres [verront], Jehan Pèlerin, sergant â cheval du roy nostre sire ou Chastellet de Paris, commissaire dudit seigneur en ceste partie, par ses lettres, desquelles la teneur ensuit :
Philippe, par la grâce de Dieu roys de France, à Guillaume de la Joncherie, Amol de la Cigoigne, Jehan Pèlerin, Jehan Martin, aer-* gens à cheval du Chastellet de Paris, et Jehan dit le Clerc de Mas-
DU RiGNS DB PHIUPPB VI 0E VALOIS. 3
sengi, salut. Fea maistre Jehan de Moret, jadiz chanoine de Sen?, estoit teniu à nous, ou temps qu'il ala de vie à mort, en une grant somme d'argent de plusieurs deniers qu'il avoit re[ç]uz du nostre, tant d'arrérages des diziemes comme d'autres choses; de laquelle somme aucune satisfadon ne nous a esté faite ; pourquoy nous vous mandons et commettons, et à chascun de vous, que touz les héritages qui furent dudit maistre Jehan, en quelconque lieu que trouver les pourrez, vous mettes en vente par criz et subhastacions, et yceuls vendes et délivrés au plus offrant, en lui donnant vos lettres, lesquelles apr^ les dis criz et subhastacions deuement faiz, nous confermerons, se requis en sommes, et l'argent envoiez a nostre trésor à Paris, à la descharge dudit maistre Jehan; mandons à touz nos justiciers et subgiés que vous et chascun de vous, en ce faisant, obéissent et entendent diligemment. Donné à Paris, soûls nostre nouveau seel, en l'absence du grant, le ux« jour de septembre, l'an de grâce mil CGC trente et huit.
Comme par vertu desdites lettres du roy et pour fieiire ce qui mandé et commis m'estoit par ycelles, je euse pris, saisi, arresté et mis en la main du roy nostre sire une maison, si comme elle se comporte, qui fu jadis dudit feu maistre Jehan de Moret, séant à Paris, emprèa Saint Ciphoriem^, en la Cité; tenant d'une part à l'église de Saint Ciphoriem, et par derrières devant la Magdalaine^, et aus cos* tés, au Chapiau Rouge d une part et d'autre part à Malot de Saint Just, chargiée en douze deniers de fons de terre et en vint soûls de rente deux à l'église Saint Cyphorien ; et ycelle maison eusse fait crier et mettre en vente en l'audience du Chastellet par Tassin l'Enffant, sergent adverge (sic) et crieur de l'audience dudit Chastellet, establiz à telx criz faire. Et pour ce que ledit cri, maistre Elstienne de Chaumont vint par devers moy, qui, de ladite maison et ses appartenances oÔri à donner sept vins livres parisis, dont il me bailla un denier à Dieu que je reçuz, je eusse fait crier et publier en ladite audience par ledit Tassin, pour le première quatorzaine, le jeudi avant la feste Saint Climent' qui fu l'an de grâce mil CGC trente et huit, que la maison dessus esclarcie, si comme elle se comporte avecques toutes ses appartenances et appendances, estoit vendue de par le roy nostre sire, par la vertu desdites lettres et pour la cause dedenz contenue, audit
1. L*église Saînt-Symphorien, située dans la Qté, ea face de l'église Saint- Dems<ie4a-Chartre, porta, au xviii* siècle, le nom de chapelle Saint-Luc. Son emplacement est occupé aujourd'hui par une partie des bâtiments de rHdtel-Dieu.
2. Église de la Cité située entre les anciennes rues de la Juiverie, des MfirmoDsets et de la Licorne. Son emplacement est occupé aujourd'hui par une partie des bâtiments de l'Hôtel-Dieu.