I. 12 juin
DU RioNE DE PHILIPPE VI DE VALOIS. 33
esdites lettres, parmi lesquelles cestes sont ennexéez comme dit est ; et ycelle saisine lui avons baillié pour la cause, tîltre et en la manière contenues esdites lettres ; et nous tenons pour paiez de ce qui pour ceste cause nous povoit estre deu, sauf toutevoies nostre droit et l'autrui. En tesmoing de ce nous avons fait mettre en ces lettres le seel de la court Saint Marry dessusdit, Tan et le samedi dessusdiz.
Nous adecertes, la vente, bail, tradicion et décret, et toutes les autres choses dessusdites contenues es lettres et cedule ci dessus transcriptes et en chascune d'icelles aians fermes et aggreables, ycelles voulons, loons, ratefions, etc..
Donné à Paris, l'an de grâce mil CGC trente et neuf, ou moys de
juillet.
Par les gens des comptes.
J. de Cova.
Non videtur gentibus compotorum quod propter hoc debeatur
financia.
J. de Sancto Justo.
i339, août. Bois de Vincennes.
Lettres d'anoblissement accordées par Philippe de Valois en faveur
d'Amoul Braque, bourgeois de Paris.
(JJ. 73, n* 8.)
Philippe, par la grâce de Dieu roy de France, savoir faisons à touz presenz et avenir, que nous, consideranz les bons et aggreables services que a fait en moult de manières à nous et en besoingnes Emoul Braque, et auxi le bien, la loiauté et la soufisance que nous avons entendu de li, voulans pour ce li avancier et poursuivre de honneur qui s'estende et continue de li aus siens, ycelui Emoul et ses enfPanz nez et à naistre et toute la ligniée et postérité qui en ytra anoblissons, et par ces lettres leur donnons et ottroions noblesce, liberté et franchise, et en toutes choses les faisons et décernons nobles, et voulons que il puissent acquerre en touz fiez et arrerefiez et en toutes choses qui ne pourroient estre acquises ou tenues que par nobles, et retenir touz tielz acquez faïz et à faire par eux et chascun de eux conjointement et diviseement; et que eux et chascun de eux soient à touz jours mais dorénavant tenuz, reputez et receuz pour nobles en touz faiz et en toutes besoingnes, et puissent, quant et de qui il voudront, prendre et recevoir honneur et enseigne de chevalerie, et en ce et en toutes autres choses usent et joissent de touz privilèges, droiz, libertez, franchises et usages de nobles, en touz cas et par touz lieux, non coatraitanz drois, coustumes ou usages contraires, et que ledit
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34 DOCUMKNTS PARISIENS
Emoul et sesdiz enfiiuu ne fussent pas nobles d'orine, mais attrais de non nobles; laquelle chose nous avons ottroiée et ottroions par ces présentes lettres audit Ernoul, pour li, sesdiz en&nx, leur ligniée et postérité, de grâce especial, de certaine science et de nostre plain povoir et auttorité royal. Et que ce soit chose estable et ait vigueur de perpetuele fermeté, nous avons fiait mettre nostre seel à ces lettres. Donné au Bois de Vincennes, Tan de grâce mil CGC trente et nueuf, ou mois d'aoust.
Par le roy, présent la royne.
J. Chambellan.
i339, i8 novembre. Bois de Vincennes.
Philippe VI donne à Girard de Montfaucon, chevalier, aire de Villefauz, deux maisons, siaes l'une à Paria, l'autre à Villeneuve-la-Guyard, confisquées sur Guillaume de Cousance, clerc, trésorier du comte de Gomouailles, et Guillaume de Cousance, chevalier, son cousin.
(JJ. 72, n« 53.)
Philippe, par la grâce de Dieu roys de France, savoir disons à tou2 presenz et avenir, que comme pour ce que Guillaume de Cousance, clerc, jadis trésorier du conte de Cornuaille, et Guillaume de Gousance, chevalier, cousins, sont et ont esté depuis les présentes guerres commencées de nous et des Anglois ou service et en l'aide de nozdiz ennemis mortiex contre nous et nostre royaume ; les deux maisons qu'il avoient, Tune à Paris, Tautre â la Villenue la Guiart^, avec les [appendances] et appartenances, nous soient commises et acquises, si comme leurs autres biens, se aucuns en ont en nostre [royaume]. Nous, [à] la prière de nostre trèschiere compaigne la royne, de grâce especiale et pour consideradon des bons services que nous a h\z et fiedra, si comme nous espérons, en nozdites guerres et en autres besoignes nostre amé et féal chevalier Girart de Monfaucon, sire de Villefauz, li donnons et ottroions par ces lettres, en héritage perpétuel, pour li et pour ses hoirs, par don néant rapellable fait entre vis, ' tout le droit que nous avons et povons avoir pour la cause devant dite esdites deux maisons, leur appendences, à tenir, avoir et posséder par ledit Girart et sesdiz hoirs à touz jours mais et pour en faire leur volenté comme de leur chose propre; mandanz par ces lettres à noz amez et feauz genz de noz comptes que lesdltes maisons et la possession facent délivrer audit Girart ou à son commandement
I. Villeneuve-la-Guyard, Yonne, arr, de Sens, canu de Poat-aur« Yonne.
DU RÈGNI MB PHIUPTK VI BE VALOIS. S 5
pour li, en les hostaat de nostre demaine, se appliquées y estoîent. Et que ce soit ferme chose et estable à touz jourz mais, etc...
Donné au Bois de Vincennes, l'an de grâce mil CGC trente et neuf^ le xvin* jour de novembre.
Pftr le roy, présent la royne.
Chambellam.
Sine finanda, de assenau gendum compotorum,
R. de Baleham^
CGXXV.
1S39, novembre. Bois de Vincennes.
Lettres de d6:harge accordées par Philippe VI à Pierre Belagent au eujet des fonctions de prévôt de Paris, qu'il remplit pendant neuf ans.
(iL y%, n* 95.)
Philippe, par la grâce de Dieu rois de France, savoir faisons à tous que comme nostre amé et féal trésorier à Paris, Pierre Belagent',
I. Roger de Balebam, clerc des comptes, fut institué maître clerc en la Chambre des comptes au lieu de feu Amaury de la Charmoye, le 29 mai i338, et mourut le 19 juin iS^b. (Bibl. Mazarine, ms. 3o35, p. 5i.)
a. Pierre Belagent fut, en i332, conseiller au Parlement et prit part en cette qualité aU procès de Robert d'Artois, le 17 février de cette année. (P. Goérin, Arch. hist, du Poitou, t XIII, p. 248, note.) U exerça les fonctions de prévdt de Paris sans doute jusqu'au lundi 22 novembre i339, car c'est à cette date qu'il est nommé trésorier, en même temps que Jacques de Boulay, et que tous deux prêtent serment au Bois de Vincennes en présence des gens des comptes. (Bibl. de Rouen, ColL Leber. Extraits de Menant, t. VII, fol. 39 v.) Le 27 septembre i34x, il fut institué maître lai en la Chambre des comptes au lieu de Geoffiroi de Fleury et continué dans ces fonctions par ordonnance du 6 décembre 1 346. (Bibh Mazarine, ms. 3o35, p. 5a et 53.) Nous le trouvons encore avec ce titre au mois de décembre 1349. {Journaux du trésor de Philippe VI de Valois, n* 3642.) En 1346, il a le titre de chevalier et conseiller du roi et est envoyé en Gascogne pour recueillir l'argent nécessaire au duc de Normandie, qui était dans cette région. [iàid,9 o* 2278.) Le 3 février 1346, Philippe VI, l'ayant encore envoyé en plusieurs lieux pour certaines causes secrètes, lui «ccorda des lettres d'état» {Lettres ^Tétat enregistrées au Parlement sous le règne de Philippe VI de Valois, dans V Annuaire-Bulletin de la Société de V Histoire de France^ 1898, n* 292.) Le 16 mai 1348, nous le voyons agir comme réformateur dans les bailliages d'Amiens et de Lille avec M** kaymond Bernard de Sainte- Arthémie, archidiacre de Boulogne. (Arch. nat., Xla 12, fol. io5 v*.) En 1349, il est encore envoyé en Angoumois pour les afiaires du roi. {Journaux du trémr de PhUippe VI de Vaiois, n<* 2891 et 3256.) Voy. pins loin des lettres de Philippe VI du 11 janvier 1341 (n. st.] par lesquelles il lui doMie
nous ait servi et esté en plusieurs de noz offices, par lonctemps, et espedalment en l'office de la prevosté de Paris, qui est un office moult chargant et désirant de grant labour; ou quel office il convient faire moult d'emprisonnemenz de gens, de gehines, de justices et autres choses qui ne sont mie plaisans à tous; et aussi li avons commis par pluseurs fois Aioult de grosses besoignes ; ouquel office de prevosté et ou fait de noz commissions, combien que nous saichiens assés qu'il si est bien et loyaulment porté et en noz autres offices, il puet avoir acquis pluseurs adversaires et haineux, qui ou temps avenir li pourroient de fait, combien que ce ne fîist mie de raison, imposer aucun fais et articles, par venjance et par haine, non mie pour bien de justice. Nous, volans sur ce li pourveoir de graciez remède, considéré les bons et loyauls services que fais nous ha par l'espace de IX ans ou environ, le quittons de tout en tout et absolons de tous fais criminelz et civilz, et de toutes autres choses de quoy l'en le puet sigre criminelment et civilement, pour cause de quelconques fais ou cas advenuz, ou que l'en pourroit.dire qui auroient esté advenuz oudit office et esdites commissions et autrement, ou pour cause, ou en ombre dudit office de prevosté par ledit Pierre ou par autres de son commandement, de tout temps passé jusques au jour d'uy, et aussi de touz fais de commissions ne d'autres choses, volans et octroyans audit Pierre que, dores en avant, nous, ne noz succès* seurs, ne aucuns de noz officiers reformateurs, ne autres commissaires, ne l'en suivent, ne puissent suivre ne poursuir, ne mettre en procès, d'office ne autrement, et que ledit Pierre ne soit tenuz ne contrainz à respondre en quelque manière; lesquelles choses nous li avons octroie et octroyons de certainne science, de grâce especiale et de nostre auctorité royal ; sauf droit de partie, se aucuns li vouloient aucune chose demander civilement pour causes touchanz lesdiz offices et commissions, ouquel cas il seroit oiz en ses deffenses et raisons en nostre parlement, ou là où il nous plairoit à ordener; et aussi sauf et réservé à nous que, s'il avoit aucune chose pris, receu ne retenu par devers lui du nostre, de quoy il ne nous ait Êiit satisfaction, de le contraindre à le nous rendre et pranr[e] à nostre volenté, se trouvé estoit qu'il eust pris ne retenu autrement que à point ; ce que nous ne cuidons mie. Et pour ce que ce soit ferme chose et estable à tous jours, etc..
Donné au Bob de Vincennes l'an de grâce mil CGC XXXIX, ou moys de novembre.
Par le roy. ,
Charroles.
une maison, sise à Paris, qui avait appartenu à Jean du Temple, clerc et notaire du roi.
DU RÂONB DE PHIUPPB VI OB VALOIS. Sy
i339, novembre. Bois de X^ncennes.
PlûUppe VI, conformément à see lettres du mois de janvier i333 (n. st.) amortissant en faveur de son secrétaire Pierre Barrier 3o 1. p. de rente annuelle, lui permet, sur 23 1. qui restent encore à sa disposition, de donner 10 1. au chapitre de l'église de Paris pour y fonder son anniversaire.
(JJ. 73, n* 81.)
Philippe, par la grâce de Dieu roys de France, savoir fiEiisons à touz presenz et avenir, que nous avons veu noz lettres seellées de nostre grant seel, en laz de soie, contenant ceste fourme.
Philippe, par la grâce de Dieu roys de France, savoir disons à touz presenz et avenir, que nous, consideranz les bons et aggreables services que nostre amé et féal clerc, secrétaire, maistre Pierre Barrier* a fait à nous et à noz devanciers roys de France, continuelment, par lonctemps, li avons ottroyé et ottroyons par ces présentes lettres, de grâce especial, que li ou les exequteurs de son testament ou darrainne voulenté puissent acquerre ensemble ou par parties en noz fiez ou arrerefiez, censives ou alleuz, ou de noz subgiez, trente livrées parisis de rente annuel et perpétuel, senz chief de fié et senz haute justice, pour fonder et instituer pour li et pour le salu de s'âme, selon
I. Pierre Barrier ou Barrière était l'un des plus anciens secrétaires du roi. Nous le trouvons déjà remplissant ces fonctions au mois de juin i3o8. Philippe le Bel, qui était à Poitiers, lui donne alors des biens confisqués sur le comte de Périgord. (Arch. nat., JJ.44, n* 140.) Au mois d'août i3io, étant à Yemoo, il lai permet d'acquérir 45 1. t. de revenu annuel destiné à la fondation de tnNS chapelles et à Tentretien de trois chapelains. (Ibid., JJ. 45, n* iSy.) Au mois de décembre i327, Charles le Bel confirma la vente qu'il fit de deux maisons sises à Paris, près de Saint-Sé vérin, à Jean, sire de Rigny, sénéchal du comte de Bourgogne. Ces lettres nous apprennent qu'il était archidiacre de Nevers. (Ibid., JJ. 63a, n* 43.) Enfin, au mois de mars i343 et le 18 mai 1346, Philippe VI lui donne une quittance générale, ainsi qu'à ses héritiers, de toutes les sommes quMl avait pu recevoir de lui pour mettre en ses coffres pour ses besognes secrètes. (Ibid., JJ. 74, n* 533, et JJ. 73, n* 81.) Il était également chanoine de Notre-Dame de Paris, et le ai |uîn i328 avait obtenu une prébende. (Arch. nat., LL. io3, p. 33.) Malade à partir de la fin de Tannée 1348 (Ibid., p. 341, 347, 408, 412, 421, 439, 443, 433, 471), il mourut entre le 20 décembre i33o (Ibid., p. 480) et le i3 janvier i33i, date des lettres de Jean le Bon, alors à Montpellier, donnant, en vertu de son droit de régale, la prébende vacante par sa mort à Guérard de Dainville. (Ibid., p. 492.) Voy. aussi plus loin les lettres du 23 janvier 1346 (n. st.) par lesquelles le roi amortit encore des revenus en sa fiiveur pour lui permettre de fonder une chapelle.
38 DOGUMBim PAMSIllfS
sa ordenance ou de sesdiz exequteurs, anniversaire, un ou plusieurs, en quelconques églises, lieus ou chapelles que il li plaira, ou auront ordenné ou ordeneront, li ou sesdiz exequteurs, et icèUes trente livrées parisis de rente transpourter esdites églises, lieus ou chapelles, ou en personne d'église. Et que ceux en qui ladite rente aura esté transportée ensemble ou par parties, et leurs successeurs, la puissent tenir et poâseir paisiblement, franchement et quittement, à touz jours mais, senz estre contrains de la vendre ou de la mettre hors de leurs mains ou de en faire quelconque finance à nous ou à noz successeurs, laquelle finance nous quittons et donnons de nostredite grâce à nostredit clerc. Et que ce soit ferme et estable, etc.
Donné à Rozay en Brie^, Tan de grâce mil CGC trente et deux, ou mois de janvier.
Et ledit maistre Pierre ait pieçà transporté en nostre église de Peronne sept livres parisis ou environ de rente par an, des trente livrées parisis dessusdites, et il nous ait donné à entendre que noz bien amez le doyen et le chapitre de l'église de Paris se sont assenti et li ont ottroyé que de la terre assise au Pleisseiz', près de Rosay, avec ses appartenances, mouvanz de nostre fié, laquelle, avec toute justice, haute, moyenne et basse, il ont acquise par titre d'achat, de Jehan, seigneur de Courpalay*, chevalier, de Symon de Joy, sire de Moursains et des Bordes, en la paroisse de Joy^ chevalier, tant en son nom comme ou nom de Ysabeau, sa femme, et comme procureur d'icelle Ysabiau^^, et de Jehan le Camus, escuier, ratifiant ladite vente comme procureur, de Gerart de Espinaube, escuier, sire de Champgasier^, et de Jehanne, sa femme, en leur nom et pour euls, ledit maistre Pierre ait diz livrées aus paresis de rente perpétuelle pour fonder son anniversaire à estre fait sollempnelment en ladite église, chascun an après son décès. Nous, à la supplication de nostredit clerc, pour considération des bons services qu'il nous a âiiz, li avons ottroyé et ottroyons que, tant par vertu de noz lettres dessus encorporées comme de nostre greigneur especial grâce, lesdites diz livrées de terre ou rente par an il puisse bailler esdiz doyen et chapitre et transpourter en euls, pour euls, pour leurs successeurs et pour leur*
1. Rozoy-en-Brie, Seine-et-Marne, arr. de Coulommiers, ch.-l. de cant.
2. Le Plessis-feu-Aussouz^ Seine-et-Marne, arr. de Coulommiers, cant. de Rozoy-en-Brie.