INTRODUCTION. VII
été payé dans les délais voulus, et la donne ensuite à Jean de Varannes^ seigneur de Vivacourt.
Il est inutile, pensons-nous, d'insister sur Pintérét que présentent toutes ces lettres. Elles nous découvrent non seulement l'esprit qui animait la majeure partie de la société au xiv* siècle et le mobile d'un grand nombre de ses actions; mais, en outre, elles nous font connaître sur quoi reposait la fortune des familles bourgeoises de cette époque. On peut ainsi se rendre compte que la plupart de leurs revenus, en dehors de ce que pouvaient leur procurer le commerce et l'industrie, étaient tirés de cens, rentes ou surcens dus par des maisons ou des propriétés. Quelques-unes avaient également des rentes sur le trésor, sur les halles, sur des péages ou sur les recettes des provinces, des fie& qu'elles avaient achetés et dont elles jouissaient après avoir payé les droits d'acquêt, lorsque ces fiefs étaient nobles^ Enfin ces lettres offrent surtout un grand intérêt au point de vue topographique, car la désignation précise des immeubles que Ton y énumère peut souvent aider à déterminer l'emplacement de certaines rues ou d'anciens édifices aujourd'hui disparus.
A côté des lettres d'amortissement et de celles qui autorisaient les fondations pieuses, une autre catégorie de documents offre encore un grand intérêt pour l'étude de la topographie parisienne au XIV* siècle. Ce sont les dons faits à différentes personnes des biens tombés en déshérence ou confisqués sur ceux qui étaient bannis ou exécutés. On pourra voir, en parcourant notre recueil, que ce genre de donation ne manqua pas d'être fréquent sous le règne de Philippe de Valois. La peine de mort et le bannissement entraînaient en général la confiscation des biens au profit du roi. De plus, les biens des bâtards morts sans héritiers directs, ceux des personnes qui décédaient sans laisser aucun héritier revenaient également au roi. Tous ces biens lui servaient alors, soit à rémunérer des services rendus, soit même, comme on le voit par quelques exemples, à se libérer de dettes.