CCLXXXVII
1342 (n. st.), 28 mars. Senlis.
Philippe VI amortit, en faveur du cardinal Pierre Bertrand, 2,000 1. p. de revenu destinées à l'entretien d'écoliers à Paris.
(JJ. 72, n* 280.)
Philippe, etc., savoir faisons à touz presenz et avenir, que comme ja pieça, par noz autres lettres scellées en cire vert et en soie, aions ottroyé de grâce especiale, de certaine science et de nostre plain povoir royal, à nostre cher et féal ami, Pierre Bertran, du titre de Saint Clément, prestre cardinal de la saincte église de Romme, que une ou pluseurs des maisons que il avoit en nostre royaume autre que celle du Monthaut^ ou que il acquerroit jusques à la value de deux mile livres parisis, une foiz, lidiz cardinal ou ses [exe]cuteurs, ou autres de son certain commandement, peussent transporter avec autre certaine rente, tant en fondacion et en dotacion de chapellenies, de hospitals ou de Maisons Dieu, comme de escoliers perpeutels à Paris, et que les chapellains, les escoliers, les personnes et lieux es quiex ces choses seroient transportées, comme dit est, leurs successeurs, les teinissent et peussent tenir perpetuelment, san ce que jamais fussent ou peussent estre contrainz à les allinier, delaissier ou mettre hors leur main, ou en paier finance ; laquele, nous, de nostredite grâce, avons quittée et remise audit cardinal, si comme plus à plaii»est contenu en nozdites lettres retenues en la Chambre de noz comptes. Et ore, de par ledit cardinal, nous ait esté donné à entendre que combien que sentence fust que nous H feismes ladite grâce de acquérir par vertu d'icelles, jusques au pris desdites deux mile livres, une maison ou plusieurs à Paris, en lieu où fere se peust, de nostredite grâce, senz autrui domagiez, pour le manoir et habitacion des escoliers que il li a depuis nostredite grâce fondés et insti-
I. Ce Monthaut est sans doute aujourd'hui Pujaut (Gard, arr. d'Uzès, cant de Villeneuve-lès-Àvignon), qui, au xiv* siècle, portait en latin le nom de Mons AltuSy et où, en 1840, Pierre Bertrand fonda un monastère. (Voy. Baluze, Vitœ paparum Aveniensium, t. I, col. 784, et Hist. de Lan'guedoc^ nouv. éd., t. IX, p. 460.)
DU hAgNS m PHILIPPE YI DB VALOIS. I4I
tues, touteyoies, car mieux li vint à point et trouva lieu plus convenable en la terre ou juridiction des religieux, abbé et coavent de Saint Germain des Prez de Paris, il ne s'est point aidez en ces cas de nostredite grâce quant ausdites maisons, car esquises les a en la terre et juridiction desdix religieux, par leur consentement; si nous a supplié que en aucune rente ou terre [à] acquérir jusques au pris desdites deux mile livres partsis une fois, pour sesdiz escoliers qui moins souffisaument sont rentez et donnez, li vuillens restaurer et amplir nostredite grâce. laquelle chose, nous, par ces lettres, de greigneur grâce et de nostre liberaulité et plain povoir royal, ottroyons de certaine science audit cardinal et voulons que tant de rente ou de terres, sanz fié et sanz justice, comme il ou ses exécuteurs ou autres aianz à ce mandement certain de li, pourra acquérir, ensemble ou par parties, à une foiz ou par plusieurs, jusques à la value desdites deux mile livres parisis une fois, ledit cardinal ou sesdiz exécuteurs ou autres aianz à ce mandement de li, puisse et puissent transporter heritablement et perpetuelment esdiz escoliers et en leurs successeurs; et que yceuls escoliers et leurs successeurs, ladite rente ou terre ainsi acquise et transportée en euls, puissent tenir, avoir et possider à touz jours mais, sanz ce que ou temps avenir il soient ou puissent estre contrainz à ycelle rente ou terre aliéner, delaisier ou mettre hors leur main ou à en paier finance, laquelle, nous, de nostredite grâce, quittons et remettons audit cardinal, non contrestant les autres grâces que &ites li avons. Et que ce soit ferme chose et estable à perpétuité, etc.
Donné à Senlis, le xxvm* jour de mars, Tan de grâce mil CGC quarante et un.
Par le roy.
J. Chambelan.
Sine financia, ut supra. *
Milo.