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dessuadités et en nyent le fait proposé contre lui par ledit procureur, tant de traïson comme d'agait appensé, et touz austres quelconques qui contraires li serroyent et li pourroyent nuyre. Et noz, oïz l^iz procureur et Gautier en tout ce que il vouldrent proposer l'un contre l'autre, par vertus des lettres du roy nostre sire ci dessus transcriptes, et pour plus deuement aler avant et procéder à la délivrance ou entrourbiance dudit Gautier, de Taccort et assentement desdiz pro-* cureur et Gautier conmeisme Robert de Lorriz et Symon de Baignex, examinateur de par le roy nostre sire oudit Chastellet, pour oir et nous rapporter deuement, et soubz seel autantique, les rappors de mestre Pierre de Largentiere, mestre Symon Godichal et mestre Pierre d'Orliens, mires du roy nostre sire oudit Chastellet, de mestre Jaques d'Aunoy, cirurgien de monseigneur d'Alençon, et de mestre Estienne de Chaumont, phisicien et mestre en medicioe, qui ledit feu Pierre avoyent veu et visité au temps de sa maladie et après sa mort, si comme ledit Gautier disoit; et avecques ce, pour savo[i]r et enquérir de la vérité dudit fait et des circonstances d'ycellui et aussi de la vie, renommée et conversacion dudit Gautier. Lesquex commissaires, après ce que il orent oiz lesdiz jurez et autres dessus nommez, nous rapportèrent par escript tout ce que fait en avoyent, avec une acte faite en jugement, seellée du seel de Chastellet, qui baillié lur fu ; desqueux rappors et acte les teneurs sont ci après escriptes de mot à mot en la manière qui s'ensuit. Et premièrement, de mestre Pierre de Largentiere.
A touz ceulz qui ces lettres verront, Raoul du Fruit, garde du seel de la prevosté de Paris, salut. Savoir faisons, que par devant nous vint en jugement maistre Pierre de Largentiere, mire juré du roy nostre sire ou Chastellet de Paris, et afferma en bonne vérité, par son serment, que du commandement de honorable homme et saige sire Pierre Belagent, garde de la prevosté de Paris, il estoit alez Ja pieçà en i'oustel Pierre de Nangis, pasticier, demorant lors i Paris, en la Grant rue, devant le Sépulcre*, pouricelui Pierre visiter pour raison de la maladie ; qu'il avoit dès lors trouvé que ledit Pierre avoit esté blecié ou col, si comme il apparoit par la playe que il y avoit eue et laquelle playe estoit lors toute reviriée et ledit Pierre gary de ladite bleceure, si comme ledit maistre Pierre nous rapporta par sondit serment, et rapporta encore ledit juré que, nonobstant ce que ledit Pierre feust gary de ladite playe, ycelui Pierre estoit moult griesment malades d'autre maladie, de laquelle maladie ledit Pierre estoit visitié par un phusician appelle maistre Estienne de Chaumont, et dès lors, estoit bien avis audit phisicien et audit mire juré que, selon
I. Cest l'église du Saint-Sépulcre dont nous avons déjà parlé précédemment (t. I, p. 222, note x), qui donnait dans la rue Saint-Denis.
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leur science, ledit Pierre ne poyoît ^schaper d'ycelle maladie , si comme il disoit. En tesmoing de ce, nous avons fait mettre à ces lettres le seel de la prevosté de Paris, Tan de grftce mil CGC trente et neuf, le premier jour d'aoust.
Item^ de maistre Symon Godichal. A touz ceuz qui ces lettres verront, Raoul du Fruit, garde du seel de la prevosté de Paris, salut. Savoir faisons que par devant nous vint en jugement, en sa propre personne, maistre Symon Godichal, mire juré du roy nostre sire ou Chastellet de Paris, et afferma en bonne vérité, et recongnut et con« fessa que, du commandement de honorable homme et discret, sire Pierre Belagent, garde de la prevosté de Paris, dès pieça avoit esté en l'oustel de feu Pierre de Nangis, demourant lors â Paris, en la Grant rue Saint Denis; et y fu par quatre foiz pour le visiter d'une playe que ledit Pierre avoit en la gorge, ou costé senestre, si comme il li sembloit ; et avoit veue, diligenment regardé ladite playe, et vit que, dès la première foiz que il vit ladite playe, ycelle commançoit a garir et sot et vit que, pendant ladite visitacion, ladite playe fu garie et senée et tout consolidée, si comme il disoit ; et pour ce, nous rapporta par son sermant que, considéré ladite playe et l'ordonnance de la cure d'ycelle, mort ne mehaint ne s'en povoit ensuir ; mays pendent ladite cure, une maladie li survint, de laquelle un phisicien appelle maistre Estienne de Chaumont le visitoit, et de laquele maladie [q]ui ne li estoit pas venue pour cause de ladite playe, ledit Pierre' ne povoit eschaper de mort, si comme il li sembloit; et disoit que ladite maladie li estoit survenue, non pas pour cause de ladite ployé, comme dit eaXy et estoit advenue, occidant ainssi comme elle peut advenir à tout homme navré ou [non] navrrer, si comme ledit maistre Symon disoit. En tesmoing de ce, nous avons fait mettre en ces lettres le seel de la prevosté de Paris, Tan de grfice mil CGC trente et neuf, le dymanche premier jour d'aoust.
Item^ de maistre Pierre d'Orliens. A touz cens qui ces lettres verront, Raoul du Fruit, garde du seel de la prevosté de Paris, salut. Savoir fiiisons, que par devant nous vint en jugement maistre Pierre d'Orliens, [mire] juré du roy nostre sire ou Ghastellet de Paris, et afferma, par son serment, et recognut et confessa que, du commandement de honorable homme et satge sire Pierre Belagent, garde du seel de la prevosté de Paris, il s'étoit tramporté de pieça en l'ostel Pierre de Nangis, pasticier, jadis demourant à Paris devant l'église du Sépulcre, pour visiter ycelui Pierre de la bleuceure que il avoit eue ou col; pour cause de laquele bleceure il avoit une playe; et avoit esté ledit maistre Pierre, pour ce âiire par trois foiz ; laquelle playe commançoit dès la première foiz à garir lorsque il la vit premièrement et à soy reprendre, et ne li apparoit pas que ladite playe feust passant en la gorgei et aussi procéda en gar[i]s8ant, par toutes les
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foîz que il vit ladite playe, tant que à la darniere foiz que il la vit, elle estoit toute garie et reprise nettement, si comme plaie puet estre; mais à la darriere foiz que il la vit, il trouva que une grief maladie li estoit venue, laquelle puet avenir à tout homme playé et non playé, de laquelle maladie un phisicien le visitoit; et leur sembloit que d'icelle ne povoit eschaper ; mais il ne li sembloit pas que ladite maladie li fust advenue pour cause de ladite plaie, premièrement, selonc leur science, comme ladite plaie fust toute garie, comme dit est, et si comme ledit maistre Pierre te nous a rapporté. En tesmoing de ce, nous avons mis en ces lettres le seel de la prevosté de Paris, Tan de grâce mil CGC trente et neuf, le seconc jour d'aoust.
Item, de maistre Jasques de Daunoy et maistre Jehan le Fevre, cireurgiens. A touz ceuls qui ces lettres verront, Raoul du Fruit, garde du seel de la prevosté de Paris, salut. Savoir faisons, que par devant nous vindrent en jugement, en leurs propres personnes, maistre Jasques de Daunoy, cireurgien monseigneur le conte d*Alençon, et maistre Jehan le Fevre, cirurgien, et affermèrent en bonne vérité, par leurs seremens qu'il pour ce firent aus sains euvengiles de Dieu, que jà pieça, il avoîent eu en cure feu Pierre de Nangis, jadis pasticier, d'une plaie qui li fut faite entre la gorge et Tos du coul en tournant la plaie vers la partie senestre, et laquelle cure dura environ cinq sepmaines ou un mois ou environ, et en la pourfîn le laissèrent guari netement de laquele plaie, senz aucune chose mettre dessus ; et estoit ladite plaie senable et curable et non penetrans, et tele plaie que mort ne s'en deveoit ensuir par raison, si comme lesdiz cirurgiens le nous ont raporté et tesmoigné par leursdiz seremenz. En tesmoing de ce, nous avons fait mettre en ces lettres le seel de la prevosté de Paris. Ce fu fait l'an de grâce mil CGC XXX et neuf, le tiers jour d'aoust.
Et de maistre Estienne de Ghaumont. A touz ceuls qui ces lettres verront, Raoul du Fruit, garde du seel de la prevosté de Paris, salut. Savoir faisons, que par devant nous vint en jugement maistre Estienne de Ghaumont, phisicien et maistre en medicine, si comme il disoit, et afferma en bonne vérité, par devant nous, que il avoit visité jà pieça feu Pierre de Nangis, jadis paticier, demourantà Paris, en la rue Saint Denis, d'une maladie qu'il avoit pour le temps, et de laquelle maladie il morut; laquelle maladie estoit appellée emoccoigne passion, et c'est une maladie, quant on murt, sanc saut hors par la bouche, et est assavoir que ledit sanc vient de voyne du pourmon, si comme ledit cirurgien le nous a rapporté par son serement. En tesmoing de ce, nous avons fait mettre en ces lettres le seel de la prevosté de Paris, Tan de grâce mil GGG trente et neuf, le v« jour d'aoust.
Itenij la teneur de l'acte, dont mention est faite ci-dessus, s'ensuit :
DU RÈGNE DE PHILIPPE YI DE VALOIS. l53
A touz ceuls qui ces lettres verront, Pierre Belagent, garde de la prevosté de Paris, salut. Savoir faisons que nous, l'an de grâce mil CGC trente et neuf, le jueudi avant la feste saint Barnabe, apostre, furent presens en jugement, par devant nous, ou Chastellet de Paris, Gautier le Marinier, talemelier, pour lui et en son nom, d'une part, et Guillaume Gusac, le fevre, Raou[I] le Breton et Jehan le Breton, tuteurs et curateurs de Lorencim, Jehannin et Jehannete, enfanz de feu Pierre de Nangis, jadis pasticier, d'autre part. Auquel jour lesdiz tuteurs ou curateurs avoient esté adjournez par devant nous contre ledit Gautier, prisonnier oudit Ghastellet, pour veoir la délivrance d'icelui de la prison que il tenoit, pour la suspecon de la mort ou occision faite en la personne dudit feu Pierre, si comme l'en disoit, et dire, de par lesdiz tuteurs ou curateurs, cause pour quoy ce ne deust estre fait, se aucune chose vouloient dire, comme il, si coftime il disoit, fust innocent et sanz coulpe de ladite mort. Et, de par lesdiz tuteurs ou curateurs, oye et entendu ce que dit est, il, de leurs bonnes volentez, sanz contraindre, et de certainne science, distrent que pour ce que il estoient souffisaument enformez, tant par les mires jurez, comme par autres, que ledit Pierres qui fii navrez par ledit Gautier, qui li fist une plaie seulement, n'avoit pas esté mort de ladite p[l]aie, mais pour son mauvais gouvernement et par appostume, et que ladite playe n'estoit pas mortele, si comme il disoient, ne mettoyent, ne entendoient à mettre aucun empeschement à la délivrance dudit Gautier, en disant encore que il, ycelui Gautier ne vouloient ne entendoient à suivir dudit fi^it par voye d'accusation, dénonciation ou autrement. Et ce fait, nous demandasmes ausdiz tuteurs ou curateurs, par leurs seremenz, qu'il, pour ce, firent aus sains euvengiles de Dieu, par devant nous, se pour cause des choses dessusdites, pour {sic) euls dites, comme dit est, il, ou nom tutoire ou en leurs propres nons, avoient eu ou entendoient à avoir dudit Gautier ou d'autre pour lui aucuns dons, promesses d'argent ou d'autres choses, ou que il, avecques ledit Gautier ou autres pour lui, avoient fait aucune composicion. Lesquieux tuteurs et curateurs nous distrent et respondirent, et par leursdiz sermens, que pour les causes dessusdites, il, dudit Gautier, ne d'autres pour lui, n'avoient eu ne entendoient à avoir aucuns dons, promesses, ne autres choses; ne il n'avoient fait, ne entendoient à faire avec ledit Gautier ne autres pour li, pour cause de ce, aucune imposition. Et après ce, Eudeline, aaigiée fille dudit feu Pierre, vint et fu présente par devant nous; a laquelle, en la présence dudit Gautier, Jehan le Breton, son mari, et des autres tuteurs ou curateurs, demandasmes se elle, ledit Gautier, de la mort dudit feu Pierre vouloit ou entendoit à suir en aucune manière, par voie de dénonciation, d'accusation ou autrement, et que nous estions prest et apparillié de faire sur ce acomplissement de
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droiture. Laquelle Eudelot (sic) dit et respondit que elle ne vouloit ne entendoit â poursuir ledit Gautier de ladite mort, par voie d'accu* sation [de] dénonciation ou autrement et que elle ne mettoit ne entendoit à mettre aucun empeschement à la délivrance dudit Gautier; et affirmant par son serement que elle, pour ce, fist par devant nous aus sains euvengiles de Dieu, que^our ce, dudit Gautier, ne d'autres pour lui, elle n'avoit ou ne entendoit a avoir aucuns dons ne promesse. Et ce fait, nous li demandasmes par son serement fait comme dit est, se ledit feu Pierre son père estoît mort de ladite plaie à lui faite dudit Gautier ou non ; laquele Eudeline dit et respondi, et par sondit serement, que elle creoit que ledit feu Pierre son père estoit mort de la plaie que ledit Gautier li avoit faite comme dit est, si comme elle disoit. Eln tesmoing de ce, nous avons fait mettre en ces lettres le seel de la prevosté de Paris. Ce fu fait en jugement l'an et le jour dessusdiz.
Et ce fait, ledit procureur du roy nostre sire, d'une part, et ledit Gautier, d'autre part, pour ce presenz en jugement par devant nous, vouldrent et accordèrent que ledit procès vaussist enqueste, et sur ycelui vouldrent et acorderent prendre droit et oir droit, comme par enqueste et sur enqueste. Après lequel acort ainssi fait, nous furent présentées, de par ledit Gautier, unes lettres du roy nostre sire contenans la fourme qui s'ensuit :
Philippus Dei gratia Francorum rex, preposito Parisiensi aut ejus locuntenenti, salutem. Cum proutex parte Galteri le Marinier, bolengerii, acepimus ipse pro suspiccione mortis deffuncti Perreneti de Nangis, quondam pasticerii, a regno nostro Francie bannitus fuisse, suis contumaciis exigentibus, nosque postmodum, dictum bannitum revocasse dicamur et quicquid ex eo sequtum erat, et eidem remisisse, de gratia speciali, sub tali conditione quod se prisonarium redderet in Castelleto nostro Parisius infra certum tempus, juri super facto mortis predicte periturum (51c), prout in confectis inde litteris nostris plenius dicitur contineri ; ipseque, in dicto Castelleto nostro, infra tempus sibi prescriptum se reddidisse dicatur, in quo xliu captus extitit et adhuc detineri dicitur carceri mancipatus ; et super hoc concesseris ad inquestam contra ipsum. Mandamus tibi quatinus, si vocatis evocandis tibi constiterit de premissis, secundum dictam inquestam, si in statu sit judicandi, exhibeas eidem in bac parte, ut ad te perdnuerit, debitum justicie compiementum. Datum Parisius, vu* die Augusti, anno Domini M CCC tricesimo nono.
Lesqueles lettres veues, nous assignasmes jour ausdiz procureur et Gautier, et de leur acort, à oïr droit en diffinitive, au vendredi après la feste Saint Martin d'iver^ l'an de grâce mil CCC trente et