‹ Documents parisiens du règne de Philippe VI de Valois (1328-1350): Extraits des registres de laChapitre 65 sur 132 · I. 12 novembre · texte numérisé non relu

I. 12 novembre

DU RÈGNB DE PHILtPPB VI DB VALOIS. l55

neuf. Auquel jour, lesdiz procureur et Gautier, pour ce présent en jugement par devant nous, vouldrent et accordèrent, comme devant prendre droit et oïr droit sur ledit procès et comme par enqueste^ et nous requistrent o grant instance icelui droit à oïr. Saichent tuit que nous, veu ledit procès, lesdites lettres du roy nostre sire, par lesqueles le bam estoit remis audit Gautier avecques les rappors des mires jurés et autres ; considéré aussi la bonne renommée dudit Gautier, avec tout ce qui faisoit à considérer et qui sur ce nous povoit et devoit mouvoir à droit âiire; eu surtout conseil et délibération à saiges, detsmes et prononçasmes en ceste manière.

Veu les procès fait par devant nous à la requeste du procureur du roy contre Gautier le Marinier, lequel procès lesdiz procureur et Gautier ont volu et acordé valoir enqueste, et parmi ycelle, requis à avoir droit pour cause de la suspeçon de la mort de feu Pierre de Nangis, pour laquelle ledit Gautier a esté poursuiz, banni du royaume et depuis rappelle par grâce du roy sur certaines conditions, lesquelles ont esté de par lui acomplies. Considéré la bonne renommée dudit Gautier, laquelle est soufBsaument prouvée par la déposition des tesmoings produiz de par lui. Considéré avec ce, que il appert par la relacion des cirurgiens jurez ou Chastelletde Paris et de plusieurs autres, avecques la relacion d'un maistre en medicine, tant soulz leurs seaulz privez comme soulz le seel dudit Chastellet, que ledit feu Pierre ne parut pas mort pour cause de la plaie que ledit Gautier li avoit faite, comme ycelle plaie eust esté senée avant sa mort, mais pour cause d'une maladie autre, que l'en appelle emocceigne passion; avec ce, que présent ledit Gautier en jugement par devant nous, les tuteurs et curateurs des enfanz et hoirs dudit feu Pierre, ou nom d'iceulz enfanz, et yceux sur ce souffisaument enformez, si come il disoient, descourperent ledit Gautier de ladite souspeçon à plaîn, si comme par lettres faites aussi souz le seel dudit Chastellet, puet apparoir. Veu le mandement du roy par lequel mandé nous est aussi que sur ladite enqueste nous faciens droit audit Gautier. Nous, ycelli Gautier absoulons à plain de ladite suspeçon et poursuite et de tout ledit fait, et le délivrons à plain de la prison dudit Chastellet, et ses biens, se aucuns en soit pris ou arrestez pour ceste cause, li mettons aussi au délivre. Et pour ce qu'il a confessé avoir féru ledit Pierre, nous l'avons condempné et condempnons à amender au roy nostre sire civillement, la tazacion réservée par devers nous par nostre sentence diffinitive et par droit. En tesmoing de ce, nous avons fait mètre à ces lettres le seel de la prevosté de Paris. Ce fu ùlïx et pronuncié en jugement l'an et le venredi aprez la Saint Martin d'iver dessusdiz.

Item, la teneur d'unes autres lettres scellées du seel de nostre amé et féal conseiller le seigneur de Til, réformateur député de par nous

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en la ville et viconté de Paris, annexées es lettres dessus transciîptes, s'ensuivent en ceste manière.

Nous, Jehan ^ sire de Til, chevalier, conseillers du roy nostre sire, reformateur député de par icelli seigneur en la ville et viconté de Paris et ressort d'ycelle, savoir faisons à tous presens et avenir que nous, toutes les choses et singulières contenues es lettres parmi lesquelles ces présentes sont annexées, en tant comme elles sont bien et deuement, louons, gréons, ratifBons et approuvons, et de nostre auctorité et plaine puissance confirmons. En tesmoing de ce, nous avons mis nostre seel en ces lettres. Donné à Paris, le xxii* jour de mars, l'an de grâce mil CGC quarante et deux.

Nous adecertes, les lettres dessus transcriptes et toutes les choses et singulières contenues en ycelles, ayans fermes et aggreables, etc..

Et que ce soit ferme et estable à tousjours, nous avons fait mettre nostre seel à ces lettres, l'an de grâce mil CGC XLII, ou mois d'avril.

Par le roy, à la relation de messires H. de Malestroit, G. de Vil- 1ers et Jehan Richier.

Sine financia, quia de justicia.

Rougemont.

Justice.

GGXGII.

1342, avril. Paris.

Confirmation par Philippe VI de Pabsolution donnée par Tofficial de Paris à Pierre Sellier, d'Axras, clerc, accusé d'avoir assassiné Jean dit Chevaux.

(JJ. 74, n* 234.)

Philippus, etc., universis présentes litteras inspecturis, presentibus pariter et futuris, salutem. Notum âicimus nos quasdam vidîsse litteras, formam que sequitur continentes.

In nomine Domini, Amen. Universis présentes litteras inspecturis, officialis curie Parisiensis, commissarius specialis reverendi in Ghristo patris ac domini, domini Et. Dei gratia Parisiensis episcopi, super commissis et committendis excessibus et delictis in civîtate et dyocesi Parisiensibus perpetratis et perpetrandis et etiam corrigendis, ubicumque delinquerint et undecumque sint vel venerint, in jurisdi-

I. Jean, seigneur de Thil et de Marigny, conseiller de Philippe de Valois et connétable de Bourgogne, mourut avant i355. (P. Anselme, Hist. généaL, t. VIII, p. 427.) Nous voyons qu'en 1842 il fut envoyé comme réformateur dans les sénéchaussées de Poitou et de Saintonge. (J. Viard, Lettres d'état enregistrées au Parlement sous le règne de Philippe VI de Valois, dans V Annuaire-Bulletin de la Soc, de F Hist, de France, 1897, n* 169.}

DU BÈGNE DR PHILIPPE VI DR VALOIS. iSj

done Parisiensi reperti, salutem in Domino. Notum fecimus quod cum Petrus Sellari de Attrabato, clcricus, fîiisset nobis delatus, culpabiiis super horoicidio in personam defTuncti Johannis dicti Chevaux perpétrât], et ob hoc, ipsum Petrum detineremus nostro carceri mancipatum, proclamari fecimus pluries in curia Parisiensi et in ecclesia Sancti Salvatoris Parisiensis^, ac etiam in ecclesia Sancti Eustachii Parisiensis, in qua parrochia, Egidius de Vacheria, Rogerus de Penin ejus frater et Rogerus de Ambianis serviens Castelleti Parisiensis, moram trahebant, quod si aliquis vellet se opponere contra prefatum Petrum, quod ipse compareret certis diebus in dictis proclamacionibus contentis, coram nobis dicturis et proposituris quicquid vellet contra ipsum detentum. Quibus diebus aliqui non comparuerunt evocati et ezpectati et a nobis contumaces reputati et positi in deffectu. Tandem nos, ex officio nostro procedentes, una cum promotôre curie nostre, contra predictum Petrum diximus et proposuimus articulos formam que sequitur continentes : fama publica, insinuacioneque clamosa referentibus, non a malivolis, sed a fidedignis ortum habentibus, que nostras aures sepe et sepius propulsarunt, nos, officialis Parisiensis, commissarius specialis reverendi in Christo patris ac domini, domini St. Dei gratia Parisiensis episcopi, super commissis et committendis in civitate et diocesi Parisiensibus, necDon alibi, ubicumque et a quibuscumque in nostra jurisdicione repertis, corrigendis et puniçndiSy diximus et proponimus in jure, una cum promotôre curie Parisiensis hujusmodi negocium promovente, contra Petrum diaum le Selier de Atrabato clericum in nostra prisione detentum, quod dictus Petrus, maligno ductus spiritu, cum suis complicibus, manu armata, hostiliter invasit Johannem dictum Chevaux tune sanum existentem, ipsumque crudeliter vulneravit pluribus vulneribus, adeo quod ex vulneribus hujusmodi infra modicum tempus decessit. Occasione eu jus malefficii, dictus Petrus fuit captus ad justiciam secularem et fecit financiam cum amicis dicti hocisi, et iterato fuit raptus per gentes régis in civitate Parisiens! et nobis ut clericus restitutus per nos puniendum pro calitate delicti; nosque et nostri predecessores, ofBciales Parisienses, fuimus [etj sumus in possessione vel quasi taies malefiactores puniendi et oorrigendi quociens et quando in nostra jurisdicione sunt reperti, de stilo, usu et consuetudine notaria curie Parisiensis ab antiquo tempore observata. Et sunt premissa, magnifesta et notaria, et ea confessus e[s]t idem Petrus suffîcienter et légitime esse vera ; et pre-

I. L*église Saint-Sauyeur, succursale de Saint-Germain-PAuxerrois dès le commencement du xiii* siècle, était située au coin de la me Saint&uveur et de la rue Saint-Denis. Elle fut détruite en 1787. (Lebeuf, op, cit,^ édit. GocheriSy t. l, p. i35 et 267.)

I 58 DOCUMBNTS PARISIENS

missa contra ipsum clericum, ex officio nostri {sic) debito, diximns et proponimus, una cum dicto promotore, ad hune finem, quod si in premissis vel aliquo eorum reperiatur culpabilis, per nos canonice punîatur, corrigaturque, ac per nos statuatur et dece[r]natur contra ipsum quod jus erit non astringentes nos approbendo {sidj^ nisi quod nobis sufficit de premissis. Datum anno Domini M CGC vicesimo tertio, die lune post Trinitatem Domini.

Super quibus, fuit ex parte dicti Pétri detenti in hune modum contestata, litem contestando super articulis et contentis in eisdem a Tobis, ex officio yestro procedentibus ad promocionem vestre curie promotoris, hujusmodi negocium promoventis contra Petnim dietum le Selier, de Attrabato, clericum, moram Parisius nu[n]c trahentem, traditum, in yestro carccre detentum, licet sine causa traditum ipsi Petro super suspicione homicidii, dudum in personam defFuncti Johannis dicti Chevaux, ut dicitur, perpétrasse, eidem Petro a vobis impositi, licet falso conffitetur dictus Petrus de contentis in articulis memoratis, in primis vos habere commissionem illam specialem quam habere dicitur in articulis memoratis, vosque esse commissarium modo et forma contentis in eisdem. Conffiitetur eciam se esse clericum vestrumque justiciabilem, maxime ratione domicelli sive more; conffitetur etiam se in nostro carcere detentum, licet minus juste de Castelleto Parisiensi adductum antea per judicem lalcalem, videlicet per quendam servientem Gastelleti Parisîensis captum, licet minus juste,^t in Castelleto Parisiensi carceri mancipatum. Cetera omnia et singula in dictb articulis contenta, prout sunt posita et narrata, et ad finem ad quam tendunt, tam famam quam factum continencia, cum protestacione de ineptitodine et insufficiencia articulorum et contentorum in eisdem, et de sua bona fama et de suis deffensionibus legitimis alias proponendis et probandis, negans esse vera et petita fieri debere, dicenset exipîendo proponens ad fines per quos ei melius vallere poterit et debebit, et specialiter ad finem quod a vobis, super sibi impositis, licet Êdso diffamendo, finaiiter absolvatur et a nostro carcere abire libère permittatur. Infrascripta et in primis proponit et dicit, quod idem Petrus semper fuit et est bone famé, conversacionis honeste, cum bonb et probis ambulans et conversans et mallorum et perversorum consorcia semper fugiens et evitens, pacifficus, non bellicosus, et pro tali, ut premittitur, semper habitus, et maxime pro innocente et inculpabile super sibi impositis, licet fialso, quarum, etc..

Et super hiis petit ad fines predictos dictus Petrus a vobis, quod se interloqui statuique et decerni, ut jus erit, ofiferens de premissis in facto consistensibus fidem facere competenter, Petrus ad hoc a vobis admitti. Quibus factis appositis, nos relevando ab iaterlocutoria ferenda &ctum per dictum clericum, proposita eo modo quo pro-

DU RÈ6NS BB PHILIPPE VI DR VALOIS. iSq

poiraiitnr et ad finem md quam tendunt, negarit dictus promotor ▼era es^e. Lite igitur super premissis, ut premittitur, hinc inde légitime cootestata, juramentoque de calutnpnia in eadem causa prestito, nonnullisque testîbus hinc et inde, approbando intenciones suas predictas, productis, reoeptis, juratis et diligenter exacninatis, eonimque intestifficadonibus in scriptis reda[cjtis et postmodum in judicio publicatis, et omnibus aliis et singulis rite et légitime peractis, jurîs ordine prout decuit observato et in causa hujusmodi habito pro conduso. Demum, die veneris post Octabas Trinitatis Domini, hora vesperarum, dictis [partibus] presentibus coram nobis ad audiendum jus seu diffinitivam sententiam in dicta causa coram nobis per hec assignata; eaque die, dictis partibus, coram nobis hora predicta personaliter comparentibus, et a nobis jus, seu sententiam diffinitivam in dicta causa ferri sibique reddi cum instancia petentibus ; nos, visis actis et processu in hac causa factis et habitis, et eis attends, necnon et aliis que nos de jure movere poterant et debebant ; attento eciam quod QQs, magistrum Reginaldum de Granceyo, ciericum, tune dictis die teneris et hora vesperarum coram nobis presentem, se gerentem pro procuratore prepositi Parisiensis, nomine procuratorio ejusdem prepositi, et pro ipso, interrogamus si dictum Petrum in aliquo vellet impedire seu contra eum aliquid dicere, vcl proponere quare ad ipsius Pétri ezpeditionem, si expediri deberet, et ad nostram diffinitivam sentenciam ferendam procedere minime deberemus. Respondit idem magister Reginaldus, nomine procuratorio predicto, quod non. Attento edam quod dictus Petrus super predictis sibi impositis a nobis, prout sibi indiximus, canonice se purgavit, de proborum et juris peritorum consilio, jus et nostram diffinitivam sententiam inter dictas partes pronuntietur in hune modum. Viso et diligenter inspecto toto processu et purgatione dicto reo imposita et ex habundanti et ab eo prestita, ipsum reum pronunciamus bone famé et boni nominis super sibi^ impositis predictis a nobis, et eum super hiis finaliter absolvimus in hiis scriptis. In cujus rei testimonium, sigillum curie Parisiensis, una cum signo et subscriptione tabellionis publia infrascripti, litteris presentibus duximus apponendum. Datum anno Domini millesimo CGC XXIII, die veneris post octabas Trinitatis ejusdem*, hora vesperarum predictis.

Et ego, Jacobus Johannis de Trivio, clericus Bononiensis, publions apostolica auctoritate notarius, predictis assertion! et responsioni factis per procuratorem regium predictum, ac purgationi, sentencie, probationi, ibi ubi incipit probatio ejusdem sententie, videlicet, ▼iso et diligenter inspecto, et sunt eadem sententie probatio, in hiis scriptis probata per dominum officialem Parisiensem predictum, in

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