‹ Documents parisiens du règne de Philippe VI de Valois (1328-1350): Extraits (volume 2)Chapitre 20 sur 87 · Le 5 juin i · texte numérisé non relu

Le 5 juin i

2. Saint-Pierre- sur-Dives, Calvados^ an*, de Lîsieux, ch.-l. de cant., possédait une abbaye de Bénédictins.

3. La rue de Nesle, suivant le tracé de l'ancienne rue d*Orléans (supprimée par le percement de la rue du Louvre) et de la rue Oblin, en traversant

murs, entre la meson Balle hache, d'une part, et la granche que tient Nicholas de TOffice, d'autre part, et aboutist par darriere au murs de la yille, seanz en la terre du Four Tevesque^; laquelle meson, ovecques toutes ses appartenances, fîi feu Jehan Chardebeuf, et laquelle nous maintenons que elle nous estoit eschoite d'espave et venue par la sucession doudit feu Jehan ; pourquoy nostre prevost de Paris, avecques les causes dessusdites, mist et a mis sa main en ladite maison et aus appartenances comme acquises et confisquées à nous, et de nostre commandement especial Tait mise en nostre main, et depuis, aions escript et mandé à nostredit prevost que il nous rescripsist la vérité des choses dessusdites; liquieix prevoz, par la vertu de nostredit mandement, nous a rescript et raporté de bouche que il a trouvé que ladite meson et les appartenances dessusdites estoit en la main de Tabbé et du convent de Saint-Peresus-Dive, liquel abbé et convent Font tenue plus de an et jour sanz amortir et sanz mettre hors de leur main, et sanz somer ne faire savoir a noz genz qui de ce se mellent ; et encor nous a rescript et dit [de] bouche ledit prevoust que par noz ordenances royauls et especialment en la ville de Paris, que l'en ne pu et tenir plus de an et jour héritages, personnes religieuses ne de église, sanz amortir, que il les mettent hors de leur main et somment et facent assavoir noz genz ainssi comme dessus est dit; pour quoy ladite maison nous doit estre acquise et à nous appartenir. Et avecque tout ce, nostredit prevoust envoia noz jurez de Paris audit lieu, qui se cognoissent en edefices et en héritages, pour raporter par leurs sermenz la juste estimacion et le pris que ladite meson pooit valoir ; liquel raporterent que la meson, délivre de toutes choses et débites pooit valoir, avaîué la monoie qui courroit devant Pasques à la monnoie qui maintenant court, deus cenz cinquante livres parisis forte monnoie, et de tant que la maison seroit charchié, rabate pour chascun vint sols, diz livres ; laquelle meson est cha[r]gié en sis livres et cinc souz pour touz débites, lesquelles siz livres cinc souz, rabatant diz livres pour chascun vint souz, comme dit est, vaudroient soixante deus livres dis souz, et iceles, rabatues de la somme de deuz cent cinquante livres dessusdites, demeurent neuf vinz sept livres diz solz que

la halle au blé, aboutissait devant Téglise Saint-Eustache, au commencement de la rue Coquillière actuelle où se trouvait alors une croix appelée en i3oo Croix Jean Bigne ou Bigue, puis, quand on Feut rétablie après cette date, Croix- Neuve. (Jaillot, op, city t. II : Quartier SainUEustache^ p. 36,

I. Four banal de Tévéque de Paris, situé anciennement dans la rue du Four, qui porte actuellement le nom de rue de Vauvilliers. (Jaillot, op. cit.^ X, II : Quartier Saint^EustachCy p. 23.)

ladite meson seroit estimée valoir, comptez les débites dont elle est cha[r]gié. Nous, à la supplicacion de nostre amé et féal chevalier et conseiller Jehan de Varannes, seigneur de Vivacourt, aians mémoire et consideracion des bons et agréables services que ledit nostre chevalier a fait à nous et à noz prédécesseurs, longement et fealment, donnons par ces lettres et ottroions à lui et à ses hoirs ou ceus qui de lui aront cause, perpetuelment et hereditablement, à touz jours, pour noz successeurs, ladite meson avecques toutes ses appartenances et tout le droit que nous y avons et poons avoir en quelque manière que ce soit, aus charges desquelles ladite meson et ses appartenances sont à présent chargiés. Mandons et commandons par ces présentes lettres â nostredit prevost de Paris, etc..

Donné au Boys de Vincennes, Tan de grâce mil CGC et trente ou moys de may.

Par le roy, à la relacion du seigneur de Soucourt^

Ja. du Boulay.

i33o, septembre. Château-Thierry.

Philippe de Valois confirme des lettres de ses prédécesseurs^ de décembre

i3o8, janvier i3i5 et février i3x7, par lesquelles ils ramènent le nombre

des notaires du Chfltelet à soixante et approuvent le règlement de leur

confrérie >.

(JJ, 66, n* 477.)

i33o, septembre. Becoisel.

Lettres de sauvegarde accordées par Philippe VI en faveur des religieuses

de l'abbaye de Montmartre ^.

(JJ,66, n*6i6.)

Philippus, Dei gratia Francorum rex, notum facimus universis presentibus et futuris quod, ut ecclesie et alia pia loca infra regnum

1. C'est sans doute Gilles de Soyecourtqui est ainsi désigné. Il fut échanson de France de i328 au 26 août 1346, jour où il fut tué à la bataille de Crécy. (P. Anselme, Hist. généaL, t. VIII, p. 52 1.)

2. Publiées dans le Recueil des ordonnances des rois de France^ t. II,

3. Ces lettres ne figurent pas dans le Recueil des chartes de l'abbaye royale de Montmartre, publié et annoté par Edouard de Barthélémy. Paris, Champion, i883, in-8*.

go DOCDMBNTS PARISIENS

nostrum constituta, que a nostris predecessoribus regîbus Franconim fandata sunt et dotata, et specialiter, quorum persone, sub dévote religionis observancia, nocte dieque, domini nostri Jhesu Christi insistunt obsequiis, libenter remédia querimus oportuna, per que, persone ipse in suis juribus et libertatibus conserventur, et sub nostre protectionis clipeo, a noziis et concussiouibus indebitis defendantur. Nos, idcirco, ad monasterium monialtum Montis Martirum, quod a nostris predecessoribus fiindatum fuisse noscitur et dotatum, compationis occulos dirigentes, religiosas mulieres, abbatissam et conventum dicti monasterii, ad humilem et devotam supplicacionem earumdem, ipsum monasterium, familiam, servitores, bona, res, possessiones, jura et proprietates earundem, quatenus in temporalibus inmediate nobis subsunt, una cum singulis personis dicti monasterii et pertinenciis ipsius, in nostra salva et speciali gardia, de speciali gratia susci* pimus per présentes. Mandantes, tenore presentium preposito nostro Parisiensî, ceterisque justiciariis nostris et eorum loca tenentibus modernis et qui pro tempore fuerint, et corum cuilibet, prout ad eum pertinuerit, quatinus religiosas ipsas, earumque gentes, femiliam et servitores, monasteriumque predictum etsingulares personas ejusdem, in suis justis possessionibus, juribus, usibus, franchisiis et libertatibus, in quibus ipsos esse et fuisse ab antiquo invenerint, sub dicta nostra salva et speciali gardia manuteneant et conservent, eisdemque religiosis, si et cum ab cisdem super hoc fuerint requisiti, unum vel plures spéciales gardiatores, suis expensis et sumptibus, députent et concédant, cui vel quibus gardiatori vel gardiatoribus, auctoritatem et spéciale mandatum, hiis presentibus, concedimus, dictas religiosas, tam conjunctim quam divisim, una cum familia, servitoribus, bonis et rébus earundem, ab omnibus injuriis, violenciis, oppressionibus, vi armorum, laycorum potencia et novitatibus indebitis quibuscumque defendendi, ac violencias, jacturas quas si factas vel illatas fuisse invenerint, ad statum pristinum reducendi, resque, de quibus, inter ipsas religiosas et earum adversarios contentionem orîri contigerit, ad nostram tanquam superiorem manum poneildi, ac diem seu dies compétentes partibus contendentibus, coram dicto preposito vel aliis justiciariis nostris, sub quorum jurisdictione vel ressorto fuerint res contenciose assignandi, et de rébus contenciosis recredenciam faciendi, si et ubi fuerit facienda, necnon et debitores earumdem ad solvendum sibi redditus debitaque bona et legalia, de quibus nulla questio referetur, peripsorum debitorum bonorum explectationem et suorum corporum detentionem, si ad hoc fuerint obiigati, compellendi, et omnia alia et singula faciendi, que ad specialium gardiatorum officium possunt aut debent quomodolibet pertinere ; dumtamen de hiis que cause cognitionem exigunt seu judicialem requirunt indaginem, se nullatenus intromittant. Quod ut fîrmum etc..

Actum apud BeccoisUum. Anno Domini millesimo CGC tricesimoy mense septembri.

Per dominum regem, ad reladonem magistrî Roberti Clerici.

Aubigny.

i33o, octobre. Gondreville.

Philippe VI, à la requête de Jean d'Oxnont, concierge du palais, lui donne, pour y faire une construction à son profit et à celui des futurs concierges du palais, une place vide, sise au bout du grand pont de Paris.

(JJ.66, n*8i6.)

Philippe, par la grâce de Dieu roys de France, savoir faisons à touz presenz et avenir, que comme nostre amé huissier d'armes Jehan d'Ommont, à présent conssierge de nostre palais de Paris, nous eust supplié que une place wyde séant au bout de grant pont, joignant aus hostieux de nostredit palais, qui ne nous estoit de nulle value, et en laquelle il avoit de nuyt grant repaire de famés diffamées, dont plusieurs maus et perilz povoient venir, et estoient aucunes fois, nous li vossissîens bailler pour y edifïîer au profit de H et des autres concierges dudit palais qui pour le temps seroient. Et nous eussiens mandé par noz lettres à nostre prevost de Paris que il veist ladite place et sceust combien on en porroit avoir de rente chascun an, ou à une fois qui la voussist vendre, et quel donmage nous y poions avoir de la donner et ottroier ainsi à perpétuité audit concierge, et se il se povoit faire sans donmage et préjudice d'autruy et que il nous en rescrisist ce que il en auroit trouvé. Nous, veue la rescripcion dudit prevost à nous faite par ses lettres, par laquelle il nous est apparu que de ladite place nous povions avoir soissante et quatre soulz de rente par an seulement, et pour tant, £^voit autrefois esté baillée à feu Pierre Gifart et que combien que nostre receveur de Pans Teust fait sollempnement crier en nostre Chastellet à Paris, si comme il appartenoit, nul ne s'estoit apparu qui plus y vousist donner, et que senz préjudice de nulluy nous le povions faire, ne ny poviens avoir donmage, fors seulement des soissante et quatre soulz de rente par an. En adjoignant ladite place à la devantdite conciergerie, ycelle place avons donnée et ottroiée, donnons et ottroions de nostre libéralité royal et grâce especial, à touzj ours mais, pour nous et pour noz successeurs rois de France, audit Jehan d'Omont, pour y ediffier au profit de li et des concierges dudit palais qui pour le temps seront. Et voulons que li et ceus qui seront pour le temps concierges dudit lieu, latiegnent paisiblement dores en avant, à perpétuité, comme des

appartenances doudit palais, réservé et retenu à nous et à noz successeurs que toute fois que nous ou eus vodrons refaire grant pont^ là où il souloit estre, de pierre, ancienement, nous porrons pranre ladite place, laquelle souloit estre le chemin dudit pont de pierre, pour Talée d'iceluy pont, sanz en faire audit concierge nulle restitucion, ne des ediffices ou bastimens qui Mz y seroient. Et que ce soit ferme et estable, etc..

Donné à Gondreville, Tan de grâce mil CGC et trente ou moys d'octobre. .

Par le roy, à la relacion messire Guillaume Bertran.

Solunge.

i33o, novembre. Paris*.

Philippe VI achète aux exécuteurs testamentaires de Jeanne de Bourgogne, reine de France et de Navarre, la maison de Nesle pour i,ooo 1. p. de forte monnaie une fois payées et 200 1. p. de revenu, quUl assigne sur la boîte des halles de Paris; le tout sera employé à la fondation d'une maison d'écoliers à Paris*.

(JJ. 66, n* 396.)

Philippus, Dei gratia Franco rum rex, universis présentes litteras inspecturis salutem. Notum facimus quod cum bone memorie carissima domina et consanguinea nostra Johanna de Burgondia, quondam Francorum et Navarre regtna, comitissa Atrabatensis et Bur-

1 . Le grand poDt appelé dans la suite Pont-au-Change avait été emporté par les glaces, ainsi que le Petit-Pont, dans l'hiver de i326. Ils étaient alors construits en bois. {Chronique de Guillaume de Nangis, éd. Géraud, t. II, p. 64, et Chronique parisienne anonyme de i3i6 à i33g, publiée par Hellot au t. XI des Mémoires de la Société de l'Histoire de Paris, p. 102, n* 148.) Une note de la Chambre des comptes nous apprend que le 2 juillet i35o il fut ordonné aux trésoriers de donner Targent nécessaire « ad refectionem magni pontis Parisiensis. n (Bibl. de Rouen, coll. Leber, extraits de Menant, t. I, fol. 81 r*.)

2. Cette pièce est reproduite dans un vidimus de Charles V du mois de janvier i366 (n. st.). (Arch. nat., M. 107, n* i.)

3. Collège de Bourgogne, fondé par Jeanne de Bourgogne, femme de Philippe le Long, en vertu de son testament, daté de 1329, par lequel elle ordonnait que l'hôtel de Nesle fût vendu pour accomplir cette donation. Voy. Lebeuf, Hist. du diocèse de Paris^ éd. Féchoz, i883, addit., 1. 1, p. 3o3. D. Félibicn, Hist. de Paris, t. I, p. 679 et 58o, et t. III des Preuves, p. 635 à 648, où il publie l'acte d'établissement du collège et ses statuts dressés en i33i par les exécuteurs testamentaires de la reine, qui avaient à cet effet acheté une maison sise en face du couvent des Cordeliers.

gondie Palatina ac domina de Salinis, in sua ultima voluntate, pro salute anime sue, inter cetera ordinaverit quod domus sua de Nigeila quam habebat Parisius, prope muros civitatis ipsius, cum ejusdem domus viridariis et jardinis existentibus infra muros dicte domus et sicut protenditur, usque ad iter per quod itur de Tomella Nigelle ad Pratum scolarium et ad abbatiam Sancti Germani de Pratis^ per executores suos ipsius ultime voluntatis vendatur, meliori modo quo fieri poterit, et precium quod exinde habebitur convertatur per manus exequtorum predictorum et ad ipsorum arbitrium et ordinationem, in fundationem cujusdam collegii seu congregacionis scolarium. Cumque dilectus et fidelis noster Petrus^ episcopus Eduensis, Thomas de Sabaudia canonicus Parisiensis, magister Nicholaus de Lira', doctor sacre Pagine et frater Guillelmus de Vadanco, olim dicte domine regine confessor, exequtores ultime voluntatis ipsius domine regine, providentes ut prefate domine regine ultima voluntas, de dicta domo, pro fundatione scolarium predictorum, facilius, promptius et efficacius valeat adimpleri, vendiderunt, nomine executionis predicte nobis et successoribus nostris et a nobis causam habituas, imperpetuum, dictam domum, viridarium, jardinos et eorum pertinentias supradictas^ precio mille librarum parisiensium bone et fortis monete nunccurrentis, semel solvendarum eisdem executoribus, et pro ducentis libris parisiensium fortis et bone monete nunc currentis annui et perpetui redditus ex nunc per nos admortizatis, assidendis et assignandis per nos dictis exequtoribus in civitate Parisiensi in locis congruis et utilibus, statim percipiendis per dictos exequtores, et postmodum

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