CLXXVIII
iSSy (n. st.), janvier. Au Louvre, près Paris.
Philippe VI amortit, en faveur des Servîtes de Marie, une maison sise à Paris, rue Saint-Côme et Saint-Damien, que leur donna feu Yves de Morlaix, chanoine de Saint-Paul de Léon, et leur abandonne en même temps un cens annuel de 20 deniers qui lui était dû sur cette maison.
(JJ. 70, n»' i85 et 271.)
Philippus, Dei gratia Francorum rex, notum facimus universis tam presentibus quam futuris quod cum, sicut ex parte religiosonim fratrum Servorum Sancte Marie ^ fuit nobis expositum, magister Evenus Boich' utriusque juris professor, et Johannes Burelli de Peronua, executores testamenti seu voluntatis ultime defuncti magistri Yvoais de Monte Relaxo, quondam canonici Leonensis, quandam domum que erat dicti defuncti sitam Parisius in vico Sanctorum Cosme et
1. Cette pièce complète et rectifie la note que consacre le P. Denifle aux Servîtes de Marie, dans son Chartularium Universitatis Parisiensis, t. Il, p. 3 12 et 3 13. On voit qu'au mois de mai i328, dans un chapitre général de Tordre tenu à Sienne, il fat décidé que ledit ordre ferait l'acquisition à Paris d'une maison où au moins quatre frères pourraient résider afin de pouvoir étudier. Dans une savante note, le P. Denifle montre que les différents auteurs qui s'occupèrent de cet ordre n'ont pu déterminer si les Servîtes eurent jamais un collège à Psris. Voici sa conclusion : Verisimiliter Parisiis nuMquam propriam damum ecclesiamque possederunt, imo jam saec. XIV ut inquilini tantum aliorum morabantur, ibique brevi tempore pedem posuêruHt. V. etiam infra ad an, 1346, martii 23. U s'appuie sur cette pièce à laquelle il renvoie (p. 5yb) pour émettre l'idée qu'ils pouvaient être fixés à Paris comme locataires, car le pape Clément VI dit que les chapitres provinciaux de cet ordre choisiront les sujets qui étudieront à Paris toutes les fois qu'il sera opportun. D'après les lettres que nous publions, on voit qu'ils n'étaient pas simplement locataires, maïs bien propriétaires d'un immeuble. Dans la Topographie historique du vieux Paris, t. VI, p. 178 et 3 1 1 , cette maison est appelée Hostel des ServierS'Nostre^Dame, On a confondu dans cet ouvrage les Serfs de la Vierge Marie qui s'établirent en 1258 rue de la Parcheminerie (plus tard rue des Blancs-Manteaux) avec les Servîtes de Marie. (Voy. en particulier, sur l'établissement des Servîtes de Marie à Paris, le travail des PP. Â. Morini et P. Soulier, Monumenta ordinis Servorum Sanctae Mariae. Bruxelles, 1897, t. I, p. i5o et suiv.) A la p. 184 de ce volume ils ont publié la pièce que nous donnons.
2. Even ou Yvan Boich, Bohich ou Bouich, clerc du diocèse de Léon, était conseiller du chapitre de Paris et habitait rue Saint-Germain-PAuxerrois. (Le P. Denifle, Chartularium Universitatis Parisiensis, t. II, p. Su et 663.)
DU idONB DB PHILIPPE VI DB VALOIS. 275
Damiani*, ex opposito domus scolarium de Haricnrk' et contiguam ex una parte grangie que est Pétri Pastillarii et ejus uxoris, et ex ahera parte, cuidamdomui que est dictorum scolarium, et pretenditur dicta domus defuncti predicti usque ad vicum Lathomorum', et pro qua debentur nobis anno quolibet viginti et unus denarii annui et perpetui ceasus, in puram et perpetuam elemosinam concesserint et donaverint fratribus antedictis, supplicaverintque nobis dicti fratres, ut domum predictam eis amortizare vellemus intuitu pietatis. Nos eorum supplicacioni super hoc annuentes, pro remedio et salute anime nostre, concedimus de gratia speciali quod fratres ipsi eorum* que successores, domum predictam tenere possint imperpetuum pacifice et quiète, absque coactîone vendendi vel extra manum suam ponendi, et absque prestacione financie cujuscumque nobis aut nostris successoribus faciende, quam una cum predictis viginti et uno denariis census annui et perpetui, eisdem fratribus graciose remittimus et quittamus, ut pro nobis et pro statu pacifico regni nostri, Creatori omnium preces et oraciones devotas effiindere perpetuo teneantur, nostro in aliis et alieno in omnibus jure salvo. Quod ut ratum et stabile perpetuo perseveret, presentibus litteris, nostrum fecimus apponi sigillum. Datum appud Lupperam juxta Parisius, anno Domini M^ CGC'* tricesimo sexto, mense januarii.
Per dominum regem.
Barrière.
i337 (n. st.), février. Poissy.
Lettres de Philippe VI autorisant les religieux de Sainte-Croix de Paris à
échanger avec Marie Laugière, bourgeoise de Paris, 102 s. 6 d. p. qu'ils
prennent sur deux maisons de Paris, contre 106 s. de rente que ladite
Marie prend chaque année sur leur nouveau monastère et sur leurs
maisons.
(JJ. 70, n* 147.)
Philippe, par la grâce de Dieu roy de France, savoir faisons à touz
1. Le nom de rue de Saint-Côme et Saint-Daroien était donné à la partie supérieure de la rue de la Harpe, depuis la rue des Cordeliers jusqu'à la porte Saint*MicheI. Cette distinction, déjà constatée au xiii* siècle, subsistait encore au xvii*. (Jaillot, op, cit., t. V^ quartier Saint- André-des-Ârts^ p. 74, et Topographie historique du vieux PariSy t. V, p. SgS.)
2. Sur le collège d'Harcourt, aujourd'hui le lycée Saint-Louis, et sa fondation, voy. H.-L. Bouquet, V Ancien collège ^Harcourt et le lycée Saint' Louis. Paris, Delalain, 1891, in-8*.
3. La rua des Maçons, appelée aujourd'hui rue Champollion, allait de la rue des Mathurins (aujourd'hui rue du Sommerard), à la place de la Sorbonne.
27^ DOGUMBNTS PARISIENS
presens et avenir, que comme pour (sic) noz autres lettres * seellées en cire yert et en las de soye, lesquelles nous ayons veues, nous aions amorti à noz amez en Dieu les religieux, le prieur et les frères de Sainte Croiz de Paris, nuef livres deux solz six deniers parisis, que Perronnelle la Fiamenche et Guibourt d'Elstampes, bourgoises de Paris, avoient donné en aumosne à yceulz religieux et à leur église, à touz jourz mais, desquelles nuef livres deux solz et six deniers parisis, il en y a cent et deux solz et six deniers parisis assis sur deux maisons; c'est assavoir : soissante solz parisis sur la maison que l'en dit Marteriau, séant de lez Teglise de Saint Jehan en Grieve, tenant, si comme elle se comporte devant et derrières, à la maison du curé de ladite église, et quarante et deux soulz et six deniers parisis sur une maison de Jehan de Mont Cornet, chapelier, séant sur le coing de la Heaumerie, en la Grant Rue de Paris', si comme en nozdites lettres est plus à plain contenu; et lesdiz religieux nous aient humblement supplié que nous leur veulliens ottroier que desdiz cent et deux soulz et six deniers parisis, il puissent foire eschange avec Marie Laugiere, bourgoise de Paris, à cent et six soulz de rente que elle prant et a chascun an sur leur nouveau moustier et sur leurs maisons, laquele rente muet de eulz et est de leur censive, si comme il dient. Nous, enclinans à la supplicacion desdiz religieux, pour le salu et remède des âmes de nous, de nostre très chiere compaigne la royne et de noz prédécesseurs et successeurs, leur avons ottroié et ottroions de grâce especial, de certeine science et en aumosne, pour nous et nozdiz successeurs roys de France avenir, que lesdiz cent et deux soulz et six deniers parisis il puissent transporter, bailler et eschanger à ladite Marie pour ladite rente que elle prant et a sur leursdiz nouveau moustier et maisons, comme dit est, et que ycelle Marie et ses hoirs et ceus qui de elle et sesdiz hoirs, ou de Tun de eulz auront cause, puissent tenir et tiegnent perpetuelment et paisiblement les dessusdiz cent«et deux soulz et six deniers parisis, sanz estre contrainz de les vendre ne mettre hors de leurs mains et sanz paier pour ce à nous ne à nozdiz successeurs roys de France avenir finance quelque elle soit, laquelle nous leur quittons de nostredite grâce. Et que ce soit ferme et estable à touz jours mes, etc.
Donné à Poissi, Tan de grâce mil CGC trente et six ou mois de février.
Par le roy.
Gharrolles.
1. Voy. ci-dessus, p. 167, n* QV, les lettres du mois de juillet iSSi.