CCXLVIII
1340, juillet. Arras.
Philippe VI amortit en foreur d'Agnès la Marcelle 14 1. p. de rente par an, assises en la ville de Paris, destinées par sa mère, Isabelle la Tritaine, à la fondation d'une chapelle en l'église Sain t-Jean-en- Grève.
(JJ. 73, n» 5o.)
Philippe, par la grâce de Di*u roys de France, savoir faisons à toux presens et avenir, que comme Agnès la Marcelle, suer de feu Gencien Tritan, jadis huissier de noz très chiers seigneurs et cousins les roys Loys et Philippe, dont Dieux ait les âmes, nous ait signifié que feu Ysabeau la Tritaine 4 , mère de ladite Agnès et dudit feu Gencien, lessa et establi en son testament ou derreniere volenté quatorse livres parisis de rente par an pour l'accroissement d'une petite chapelle qui a esté ordenée et establie en l'église de Saint Jehan en Grève à Paris, en l'onneur de Dieu et de sa benoite glorieuse mère la Vierge Marie, pour chanter en ycelle chapelle pour le salu des âmes de leurs père, amis, enfans et pour eus; lesqueles quatorze livres parisis de rente par an sont assises en la ville de Paris sanz fié et sanz justice, en menuz cens, en noz censives ; et nous ait supplié ladite Agnès que nous li voullions amortir ladite rente. Nous, qui desirons touz jours l'acroissement du service divin, et pour ce que nous soyons participans es prières et oroisons qui seront faites en ladite chapelle, li avons ottroyé et ottroyons, de certaine science et de grâce especial, que le chapellain ou chapellains, qui sera ou seront establiz pour lors à deservir ladite chapelle, puissent tenir et posseir paisiblement, à touz jours mains, lesdites quatorze livres parisis de rente par an sanz fié et sanz justice, comme dit est, et sanz ce qu'il soient contrains à les vendre ne à les mettre hors de leurs mains, et sanz en paier pour ce à nous ne à noz successeurs, finance quele que elle soit. Et que ce soit ferme et estable à touz jours mains, etc..
Donné à Arras, l'an de grâce mil CCG et quarante, ou mois de juignet.
R. de Molins.
1 . Isabelle avait épousé Guillaume Tristan, seigneur d'Amblegny, qui, du consentement de sa femme, fonda par son testament une chapelle en l'église Saint- Germai n-l'Auxerrois, Suivant le P. Anselme (Hist. généal., t. VII, p. 743), ils eurent trois enfants, Gencien Tristan, huissier d'armes, qui devint amiral de la mer pour la guerre de Gascogne en 1324; Agnès la Marcelle et Jacqueline Tristan, que nous avons déjà vues paraître au tome I w de cet ouvrage dans des pièces du mois d'août i335 (n* CXLVI) et du mois de juillet i338 (n* CCIV).
DU kIoNB DK PHILIPPE VI DE VALOIS. 89
CGXLIX.
1340, août. Paris.
Lettres par lesquelles Philippe VI approuve la vente qui fut faite au nom des enfants de Gencien Coquatrix, de plusieurs rentes sises à Bonvilliers, aux écoliers de la maison du cardinal Lemoine à Paris, afin de lui rembourser la somme de 3yb 1. p. qu'ils lui devaient à cause de leur père ! .
(JJ. 71, n' 416.)
Philippe, etc., savoir faisons à touz presenz et avenir, que nous avons veu unes lettres patentes seellées du seel Robert de Galardon, nostre commissaire en ceste partie, ausqueles estoient annexées unes autres lettres patentes seelées du seel de la prevosté de Paris, desqueles lettres les teneurs s'ensuivent.
A touz ceux qui ces présentes lettres verront et ourront, Robert de Galardon, salut. Saichent tuit que j'ay receu les lettres patentes du roy nostre sire contenans la fourme qui s'ensuit.
Philippe, par la grâce de Dieu roys de France, à Robert de Galardon, salut. Les enfanz de feu Gencien Coquatris, bourgois de Paris, et de Jehanne, sa farame, nous ont donné fà] entendre que, comme en la distribution de la somme de douze mile livres parisis qui nous est deue par les hoirs et aianz cause de feu Gieffroy Coquatrix, père dudit Gencien, par une composition faite naguieres avec les genz de noz comptes à Paris pour nous, yceux enfanz aient été imposés par leur portion et comme hoir desdiz Gencien et Jehanne, à la somme de sept cenz cinquante livres parisis; c'est assavoir : trois cenz soixante quinze livres parisis à cause de leurdite.mere et autant à cause de leurdit père; laquele somme il ne pourroient paier, se ce n'estoit que lesdites debtes fussent levées et que les héritages de leurdit père, duquel il ne se firent onques hoirs, fors de douaire de leurdite mère tant seulement, fussent venduz. Pourquoy nous te commettons par la teneur de ces lettres et mandons que lesdiz héritages tu mettes en nostre main; et se autrefois n'ont esté venduz pour nous, yceux vent par deues criées et subastacions pour ladite debte, et aussi lieve et esploites les debtes deues audit feu Gencien, en contraignant les debteurs à les paier par prise et vendue de biens, et aussi comme il est accoustumé à faire pour noz propres debtes, senz prise de corps, non contrestant lettres aucunes empêtrées ou à empêtrer au contraire. Et [nj'est pas nostre entencion que l'esploit que tu feras, tant sur lesdiz héritages comme sur lesdites debtes, s'estende à plus grant somme que à la somme de trois cenz soixante quinze livres parisis touchanz
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1. L'original de cotte lettre est aux Àrch. nat., cart. S. 6397, n« 33.
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lesdiz enfanz en la composicion dessusdite, à cause de leurdit père. Et ce que levé et receu en sera, tant de la vendue desdiz héritages, comme desdites debtes, jusques à la somme de trois cenz soixante quinze livres dessusdites, fai apporter à nostre trésor à Paris en rabat delà porcion qui touche lesdiz enfanz, de ladite debte. Donné à Paris, souz nostre nouvel seel, en l'absence du grant, le xix 6 jour de may, l'an de grâce mil CCC et quarante.
Par la vertu desqueles lettres je me suis transporté à Estampes 1 et es parties environ, ay trouvé que ledit feu Gencien Coquatrix, filz et héritier dudit feu Gieflroy, vendit ou temps qu'il vivoit, au maistre et aus escoliers de l'ostel ou maison fondée à Paris, ou lieu que l'en dit au cardinal Lemoine, près de la porte Saint Victor 9 , les rentes et choses qui s'ensuivent. C'est assavoir : vin livres in s. mr d. maille ou environ de menuz cenz portanz ventes, los et saisines que il prenoit et recevoit chascun an à Bauvillier*, le jour de la feste Saint Remy, paiez et receuz ou bourc Saint Pierre d'Estampes, sur et en pluseurs héritages assis ou terrouer de Bauvilier, et douze livres cinq soulz sept deniers parisis ou environ de cens ou de rente, lesquelles il estoient deues de pluseurs parsonnes de Bauvilier pour pluseurs vignes qui doivent preinte, et soloient venir à preinte au pressouer d'iceK Gencien ; lesqueles vignes les personnes qui les te noient avoient franches parmi les cenz dessusdit deu chascun an au jour de la feste Saint Martin d'yver. Derrechief, le champart que il prenoit sur sept vinz arpenz ou environ de terres, que pluseurs personnes de ladite ville de Bauvilier tenoit oudit terroer en pluseurs pieees ; c'est assavoir : de douze gerbes une, et une d'autre, portanz ventes et saisines quant eles sont vendues avecques touz autres proufiz qui venir et yssir en pooient à ycelui Gencien, comme chief seigneur ; lesquelles rentes et choses ledit Gencien, quant il les vendi, se disoit avoir et tenir toutes amorties, tant de l'abbé et du convent de Saint Germain des Prez, comme par lettres royauls 4 . Et pour parfaire et acomplîr
i. Étampes, Scine-et-Oise.
2. Le collège du cardinal Lemoine fut fondé en i3o2 par Jean Lemoine, cardinal envoyé en France comme légat par Boniface VIII pour terminer les difttrends survenus entre lui et Philippe le Bel. (Jaillot, op. cit., quartier de le PbK&Maubert, t IV, p. i53.) — Voy. aussi sur ce collège la notice que lui a consacrée M. Ch« Jourdain dans les Mémoires de la Société de r Histoire de Paris, t. III, p. 42.
3. Auj. Bonvilliers, Seine-et-Oise, comm. de Morigny-Champigny, arr. et cant. d'Étampes.
4. Les lettres par lesquelles Philippe VI amortit ces possessions en faveur de Gencien Coquatrix sont du 11 août i33i; nous les avons publiées au 1. 1, p. 169, n* CVI; l'original est aux Arch. nat. t cart. S. 6397, n # 3i. Les lettres dtmorfeacment ;<te Jean JU, afabé <fe J3itat-âtrjwn»dft*Fr&, /en
du RÈGNt wr mums vi m valois. 91
les choses contenues en madite commission, je mit les rentes et chose* dessusdites en la main dudit nostne seigneur le roy, et après ce, mis en vente la moitié d'iceles pour non devis; laquele moitié* puet mo»ter environ trese livres de rente, si comme l'en disoit, pour tant que il touchoit la partie dudit Gencien, et fis crier publiquement ladite moitié en vente par Bardin le crieur, à Estampes, ou lieu acoustumé et en la manière acoustumée, le jeudi avant la Penthecoste l'an dessusdit 1 . Auquel jour Jehan Gode, bourgois de Paris, offri pour ladite moitié six vins livres parisis quittes au roy nostredit seigneur; et ne vint celi jour aucun autre qui plus en offrist ou qui plus en voulist donner. Et pour ce je receu dudit Jehan, pour ledit pris, un denier à Dieu, sauve la renchiere, se aucun venoit sus autres criées ensivanz ou dedenz ycelles, qui plus en voulist donner. Et le jeudi, jour de la feste dudit Secrement* ensuivant, je fis secondement crier publiquement en vente ladite moitié des rentes et choses dessusdites oudit lieu, à Estampes, par ledit crieur, et que se aucun en vouloit donner plus desdites six vinz livres et renchérir sur ledit Jehan Gode, venist avant, et il y seroit receuz. Et à celi jour, de la partie desdix maistre et escoliers, fu encherie ladite moitié des rentes et choses dessusdhes de dix livres parisis sur ledit Jehan Gode, et pour ce fu hors dudit marchief, et n'apparut aucun qui plus en voulist donner. Et le jeudi, jour de feste Saint Pierre et Saint Pol s , je fis tiercement crier publiquement en vente ladite moitié desdites rentes et autres choses, oudit lieu, à Estampes, par ledit crieur, en la manière acoustumée, et que se aucun en vouloit plus donner desdites six vtnz dix livres, venist avant et il y seroit receuz. Auquel jour nul ne vint ne apparut qui plus en offris* ou voulist donner. Et nientmoins je fis crier quatre fois, d'abondant, la moitié dessusdite, en vente, oudit lieu, à Estampes, en la manière accoustumée, par ledit crieur, le jeudi après le octaives de la feste Saint Martin d'esté 4 ; et que se aucun vouloit la
faveur de Geoffroy Coquatrix, de Jeanne sa femme et de leurs héritiers, sont du mois de février i3o5 (n. st.). Elles sont contenues, ainsi que les lettres du roi, dans un acte de la prévôté de Paris du 21 juillet i333, ratifiant la vente de ces revenus, effectuée par Gencien Coquatrix en faveur du collège du cardinal Lemoine, moyennant la somme de 378 1. p. (Arch. nat., S. 6 397, n* 3a.) Ces lettres de Jean III pourront servir à rectifier la notice que consacrent à cet abbé D. Bouillait (Hist. de l'abbaye royale de Saint-Germain-des-Prés, p. 146) et la Gallia christiana, t. VII, coll. 456. Ces deux ouvrages disent, sans donner de preuves, qu'il mourut en i3o3. Or, nous voyons qu'il vivait encore au commencement de i3o5.