CCLXXVIII
1342 (n. st.), janvier. Paris.
Philippe VI, confirmant des lettres accordées en faveur de Louis de Bourbon,
comte de Clermont et de la Marche, par lesquelles il lui permet de donner
tout amorties 100 1. p. de rentes à des personnes d'église ou à des œuvres
de piété, autorise, à la requête dudit comte, Jean Mouclin, bourgeois de
Paris, à disposer en faveur de ces mêmes personnes ou œuvres, sur ces
100 1., de 32 1. p. assises sur diverses maisons de Paris, et Mathieu de
Ruisseville de 20 livres 1 1 sous maille et poitevine parisis de rentes assises
à Beauvoir.
(JJ. 72, n« 379.)
Philippe, etc., savoir faisons à touz presens et avenir, que nous avons veu noz lettres ouvertes seellées en las de soye et cire vert, lesquelles nous avons fait retenir en nostre Chambre des comptes, contenans la fourme qui s'ensuit.
Philippe, par la grâce de Dieu roys de France, savoir faisons à touz presenz et avenir, que nous avons ottroyé et ottroyons par ces présentes, de especiale grâce et de certaine science, à nostre très cher et féal cousin Loys, duc de Bourbonnoys, conte de Clarmont et de la Marche, chamberier de France, que il, de son héritage ou de sa terre ou d'autre héritage ou terre qu'il acquerra jusques à cent livres parisis de rente chascun an, puisse transporter entièrement ou par parties en personnes d'église, séculières ou religieuses, ou en autres euvres de pitié aumosner, et que lesdites personnes esquelles il aura transporter ledit héritage ou terre, si comme dit est, le puissent tenir et possider sanz estre contrains à les vendre ou mettre hors de leurs mains, et n'em soient tenuz à paier finance à nous ou à noz successeurs rôys de France, sauf en autres choses nostre droit et en toutes l'autrui. En tesmoing de laquelle chose, etc.
Donné à Poissy, l'an de grâce mil CCC trente et neuf, ou moys de mars.
Et comme nostredit cousin nous ait supplié que, desdites cent livres de rente ainsi amorties, nous veulliens souffrir et soustenir que cinquante livres parisis que Jehan Mouclin, bourgois de Paris, a et prent chascun an à Paris, en nostre terre, censive et seigneurie ; c'est assavoir*: trente et «deux livres parisis sur les emolumenz de nostre boistes aus poissons de[s] haies de Paris. Derrechie/ y huit livres parisis sus la maison Jehan le Beau, assise à la porte Baudaier, tenant à la maison qui fu feu Jehan l'Escrivain d'une part, et d'autre à la maison feu Hue le Barbier, et dix livres parisis en la Tonnellerie, sus la maison Jehan Marcel, tenant d'une part à la maison feu Jehan de la Courtneuve, et d'autre à la maison du coing, qui fu feu Gille la Vache. Item, vingt
DU RÈGNE DE PHILIPPE VI DE VALOIS. l33
livres onze solz maaille et poittevine parisis de rente que Mahieu de Ruisseville, escuier, a, si comme il dit, à Beauvoir, delez Raouiez, en terres et bois, en cens, en rentes et en autres choses, pour cause d'un sien fié qu'il tient de nous, dont les parties sont contenues en noz autres lettres sur ce faites; lesdiz bourgois et escuier et chascun d'eulx, par tant comme il li appartient, puissent transporter ensamble ou par parties, en personne ou personnes d'église, [et] qu'il les puissent tenir amorties soubz l'ombre de ce dont mention est faite es lettres dessus transcriptes. Et ce nous avons ottroyé ausdiz bourgois et escuier, et à chascun par soy en tant comme il li touche, de grâce especiale, par noz autres lettres seellées en las de soye et cire vert, lesquelles noz amez et feaulx les genz de noz comptes ont veues ; et avons volu que lesdites soissante et dix livres onze soulz maille et poitevine de rente soient rebatues des dessusdites cent livres et de la grâce de nostredit cousin, si comme il est plus à plain contenu en nozdites lettres. Nous voulons et avons ottroyé et ottroyons à nostredit cousin, de nostredite grâce, que, quant aus vint et neuf livres huit soulz onze deniers et poitevine de rente demourans desdites cent livres, il puisse user et joir paisiblement, de nostredite grâce, selonc l'ottroy que fait li avons par noz lettres dessus transcriptes, toutesfois que il li plaira. Et que ce soit ferme et estable à perpétuité, etc..
Donné à Paris, l'an de grâce mil CCC quarante et un, ou moys de janvier.
Par le[s] genz des comptes.
Franc[o].
Sine financia.
Justice.
1342 (n. st.), janvier. Saint-Germain-en-Laye.
Philippe VI donne au vicomte de Melun, chambellan de France, une maison sise à Paris en la rue Peraelle de Saint-Pol, tombée en déshérence après la mort de Maronnette de Mons.
(JJ. 73, n* 3o2.)
Philippe, etc., savoir faisons à touz presens et avenir, que une maison assise à Paris, en la rue Perrenelîe de Saint Pol', près de la
1. Jailiol (op. cit., Quartier Sainte-Avoie, p. 2 5) a cherché à identifier la rue Peraelle de Saint-Pol avec le passage Pecquay qui tombe dans la rue des Blancs-Manteaux. La pièce que nous publions ne permet pas d'adopter cette identification au moins pour le xiv' siècle ; elle donnerait plutôt raison à Sauvai et à Lebeuf, qui l'identifient avec celle de PHomme-Armé. C'est aussi la conclusion d'H. Géraud. (Voy. Paris sous Philippe le Bel, p. 283.)
l34 DOCUMENTS PARISIENS
porto du Chaume, eu laquele maison il a une ouverture qui chiet en la rue du Piastre 1 , avec toutes ses appartenances, ainsi comme elle se comporte devant et derrière, laquele fu Maronnette de Mons, morte sanz hoir, si comme l'en dit, pour quoy l'eschoite nous en appartient, nous avons donnée, et par ces lettres, de nostre grâce especial, donnons à nostre amé et féal le viconte de Meleun, chambellant de France 9 , pour li et pour ses hoirs, en perpétuel héritage, souz les Chartres acoustumées. Si donnons en mandement à nostre prevost de Paris ou à son lieutenant que ladite maison, avec ses appartenances, il baille et délivre, ces lettres veues, audit viconte ou à son certain commandement, sanz autre mandement attendre, et le laisse et face joir paisiblement pour tel droit que il nous y puet appartenir. Et pour ce que ce soit ferme et astable à touz jours mais, etc..
Donné à Saint Germain en Laie, l'an de grâce mil CCC quarante et un, ou mois de janvier.
Par le roy.
R. de Molins.
Sine financia.
Justice.
134a (n. st.), janvier. Saint-Germain-en-Laye.
Philippe VI donne à Antonio Doria» en récompense de ses services, plusieurs maisons sises à Paris qui avaient été confisquées sur Hue Aubert.
(JJ. 74, n* 63a.)
Philippe, etc., savoir faisons à touz presenz et avenir que, pour considération des bons et aggreables services que nostre amé et féal Ayton Doyre noz a faiz en noz guerres, et pour ce que nous voulons que il et ses enfans aient meilleur occhoison de demorer en nostre royaume, nous li avons donné et ottroié, donnons et ottroions, pour nous et noz successeurs, par ces présentes lettres, de nostre grâce especial et de certaine science, pour li et pour ses hoirs, perpetuelment, la maison qui fu Hue Aubert, avec les jardins, preaus et autres aysances et appartenances, assise à Paris, si comme elle se comporte de toutes pars. C'est assavoir : la face où est la mestre
1. La rue du Plâtre qui existe encore va de la rue de l'Homme- Armé, aujourd'hui rue des Archives, à la rue du Temple, autrefois rue Sainte-Avoie.
2. Jean I", vicomte de Melun, fut créé chambellan en i3i8 par Philippe le Long. Choisi par Philippe de Valois comme un de ses exécuteurs testamentaires le 24 mai 1 347, il ne put remplir cet office, car il mourut cette même année et fut enterré à l'abbaye du Jard. Son fils, Jean II, lui succéda dans ses fonctions de chambellan. (P. Anselme, Hist. généal., t. VIII, p. 443.)
DU KÈGNC Ml FHIUFPB TI DE VALOIS. 1 35
entrée, la face qui siet en Bourtibout et la face qui siet et est en la rue du Franc Morier. La première maistre face tenant de pourpris dès le quignon qui est devant le Viez cimitiere Saint Jehan, qui fait le bout de la rue du Bourtibout jusques au bout de la rue du Franc Morir, lequel bout chiet en la rue de la Verrerie ; et la face de ladite maison qui est en ladite rue du Franc Mourier contient dès ledit premier bout d'ycelle rue, où il y a une porte, jusques à la seconde porte qui est en ladite rue tant seulement. Item, une autre face qui est en ladite maison qui est en la rue dudit Bourtibout, foquele contient de pourpris, dès ledit premier pignon qui est devant ledit cimitiere, jusques à la maison Henri le Galois, demorant en ladite rue dudit Bourtibout. Item, ou pourpris d'ycelle maison est une partie d'un grant jardin qui, tout si comme il se comporte, appartient à la maison, lequel passe par darriere ledit cimitiere et pourpris d'ycelle maison, et joint par darriere à la maison Jehan Peliçon, drapier et bourgois de Paris. Item, une maison, tenant d'une part à la maison dudit Jehan Peliçon et d'autre part à Jehan l'Ermite, séant en la rue du Bourtibout et aboutissant par darriere audit jardin. Item, une autre maison assise en ladite rue, tenant d'une part à un homme appelle Gieffroy, qui est de nostre garde robe, et d'autre part audit Henry le Galois, auboutissant audit jardin, lesquelles deux maisons darrenieres, ledit Hue Aubert acheta de l'un de noz chaufecire, â qui nous les avions données par la forfaiture de feu Pierre Rémi 1 . Item, une autre maison despecié, asisse en ladite rue du Franc Mourier, aboutissant par darriere audit jardin, laquelle ledit Hue Aubert acquist ou temps que il demoufoit en la grant maison dessusdite, les maison, jardin, préaux et toutes quelconques autres choses appartenant à ycelle maison; desquelles ledit Hue Aubert estoit en possession et saisine ou temps que les choses dessusdites nous vinrent par le meffait d'ycellui Hue, banni de Paris pour certaine cause, à tenir et poseeoir par ledit Ayton et ses hoirs, en perpétuel heritaige, sous les rentes, charges et redevances accoustumées, sanz autre charge ou servitute. Et ou cas que, par aventure, il aviendroit que lesdites maisons ainsi divisées comme dit est dessus fussent mises hors de la main dudit Ayton ou ses hoirs, seur leur meffait, nous leur baillerons une autre maison souffisante à Paris. Et pour ce que ce soit ferme et estable chose à tous jours, etc..»
Donné à Saint Germain en Laye, l'an de grâce mil CCC quarante et un, ou [mois] de janvier.
Par le roy.
Barrière.
Sine financia.
J. de Sancto Justo.
i . Au sujet de plusieurs de ces maisons confisquées sur Pierre Rémi et
l36 DOCUMENTS PARISIENS
1342 (n. st.), 2 février. Poissy.
Philippe VI approuve rétablissement de la confrérie des frères et soeurs des messes de Sainte-Marie-Magdeleine en l'église Saint-Eustache à Paris 1 .
(JJ. 74, n* 5g5.) Par le roy.
Sine financia, de mandato régis per litteras.