‹ Documents parisiens du règne de Philippe VI de Valois (1328-1350): ExtraitsChapitre 73 sur 97 · C'est la même rue que la rue Geoffiroi-l'Asnier · texte numérisé non relu

C'est la même rue que la rue Geoffiroi-l'Asnier

est à présent maistre Alain Lorens, tenant d'une part audit maistre Alain, et d'autre au Marteilet Saint Jehan, quarante soLz parisis. Item, sur la maison Huet le Grant, tappissier, assise en la rue au Feurre, tenant d'une part à Pierre le Bourcier, et d'autre part à Jehan de Cormeilles, quatorze solz parisis. Item, sur la maison Regnaut Doussy, assise en la Tonnelerie, laquelle est à présent aus enfans feu Jaques de Gentilly, tenant d'une part à Jehan d'Escamps, et d'autre à Symonnin de Verdun, douze solz quatre deniers parisis. Item, sur la maison Gasse de Maricourt, pelletier, assise es haies, sur le coing de la rue aus Preescheurs, tenant d'une part à la maison Gautier le Ganu, laquelle est à présent au roy, et d'autre part fait le coing de ladite rue, six livres parisis. Item, sur la maison qui fu Lorens» des Champs, assise en la Saunerie 4 , tenant d'une part à Robert de Sa Maison, et d'autre part fait le coing du guichet de la Saunerie, dix solz parisis. Item, sur la maison Symon Ferry, dit le Navetier, assise devant Saint LiefFroy, tenant d'une part â la famme feu Pierre le Conte, et d'autre à Rogier des Champs, dix solz parisis. Item , sur la maison Jaquet le Servoisier, en la rue de la Lanterne 9 , en la Cité, faisant le coing de la rue Gervaise Lorens, laquelle est à présent Saliot, le clerc de l'audience de la court à i'officfialité] de Paris, tenant d'une part à la rue Gervaise Lorens, et d'autre à Guillaume Aubrée, tripier, quarante et six solz parisis. Item, sur les maisons et les estuves qui furent Guillaume l'Estuveur, assises en la rue de la Huchete 8 , oultre Petit Pont, tenant d'une part à la famé feu Jaquet le Limeur, et d'autre à Jehan le Fourbisseur, dix livres dix solz parisis. Item, sur la maison qui fu Jehan Bochet, assise en la rue de la Mortellerie, laquelle est à présent Jehançon le Lorgne, tenant d'une part à Guiot de Gouvernes, et d'autre à la famme feu Jehan Rigaut, quarante solz parisis. Item, sur la maison Guyot de Gouvernes, assise en la rue des Viez Poliez 4 , tenant d'une part à Pierre Maugart, et d'autre à Philippe le Champenoys, dix solz parisis. Item, sur la maison Nicolas Hacart, frepier, assise en la Ferronnerie, tenant d'une part à Guillaume Gassellin, et d'autre i Hue du Val, quatorse solz parisis. Item, sur la maison qui fu Guillot de

i . La rue de la Saunerie, aujourd'hui disparue, allait du quai de la Mégisserie à la rue Saint-Germain.

2. La rue de la Lanterne, dans la Cité, continuait la rue de la Juiverie et aboutissait au Pont- Notre-Dame. Aujourd'hui, ces deux rues forment la rue de la Cité.

3. La rue de la Huchette, qui existe encore, va de la Place-Saint-Michel à la rue du Petit-Pont.

4. La rue des Viez-Poulies serait devenue, d'après Jaillot, le cul-de-tac PutU gno, qui donnait dans la rue Geofiroi-l'Asnier. (Op. cit., Quartier Saint- Paul, p. 17.)

3aa DOCUMENTS PARISIENS

Noisi, assise en la Viez Tesserranderie, laquelle est à présent Pierre Tarenal, faisant le coing du Chartron, tenant d'une part à maistre Jehan de la Verrière, et d'autre à ladite rue de Chartron, onze livres parisis. Item, sur la maison feu Jehan Larchier, assise en la grant rue Saint Denis, faisant le coing de la rue au Feurre, laquelle est à présent Raoul de Selles, tenant d'une part audit Raoul, et d'autre à Michiel de la Mote, dix livres parisis. Item, sur la maison qui fu Jehan de Meaulx, assise en la rue au Feurre, devant Saint Innocent, laquelle est à présent Jehan de Montrier, tenant d'une part à Henry le Grant, et d'autre part à Richart Bon Marchiée, treze solz dix deniers parisis. Item, sur la bouete des Haies, huit livres parisis. Item, sur la maison Geffroy de Pierrelée, assise en la Tannerie, laquelle fu jadiz Nicolas du Pin, tenant d'une part aus heirs feu Jehan Dariole, et d'autre à Jehan de Cherisy, quarante solz parisis. Item, sur la maison Guillaume la Grue, laquelle est à présent Jehan de Masieres, assise en la rue de la Viez Tesserranderie, faisant le coing de la rue de la Violete*, tenant d'une part à messire Jehan Billouart, chevalier, et d'autre à ladite rue de Violete, quarante solz parisis. Item, sur la maison feu Jehan à l'Espée, sergent du Chastellet, laquelle est à présent Pierre le Boursier, assise en la rue au Feurre, devant Saint Innocent, tenant d'une part à Huet le Grant, tapissier, et d'autre à Richart Bon Marchié, soixante solz parisis. Item, sur la maison Nicolas de Feuille, en la rue Billouart*, faisant le coing de Chartron, tenant d'une part à Jehan du Boiz, et d'autre à ladite ruelle, vint et cincq solz parisis. Item, sur la maison Jehan Bochet, en la Mortellerie, laquelle est à présent messire Jehan Bochet, prestre, tenant d'une part à Jehan Bellot, et d'autre à Regnaut Bochet, treize solz quatre deniers parisis. Item, sur la maison Jehan Catier, assise en la rue Auberi le Bouchier*, tenant d'une part à Jehan de Vanves, maletier, et d'autre à Geffroy Martin, treise solz quatre deniers parisis. Item, sur la maison Robert de Cabour, charpantier, en la Truanderie, tenant d'une part à Jehan Lengloiz, et d'autre à Jehan Passemer, cent solz parisis. Item, sur les maisons Jehan de Chailly, en la Verrerie, tenant d'une part à Phi-

i. La rue de la Violette serait devenue, d'après J ai Ilot (op. cit., Quartier de la Grève, p. 53), le cul-de-sac Saint-Faron, qui donnait dans l'ancienne rue de la Tisseranderie.

2. Nous ne trouvons cette rue, qui sans doute disparut de bonne heure, indiquée nulle part. La rue du Chartron, qui devint ensuite la rue des Mauvais-Garçons, et allait de la rue de la Tisseranderie à la rue de la Verrerie, peut servir à fixer son emplacement.

3. La rue Aubry-Je-Boucher, qui subsiste encore et va de la rue Saint- Martin au boulevard Sébastopol, allait autrefois jusqu'à la rue Saint-Denis.

lippe du Vivier et d'autre à Robert de Dueil, quarante solz pariais. Item, sur la maison Philippe du Vivier, assise en la Verrerie, laquelle fu jadiz dame Jehane la Heronne, tenant d'une part à Richart Dannot, et d'autre à Jehan de Chailly, six livres dix sols parisis. Item, sur la maison Guillot le Cauchois, assise en la rue Auberi le Bouchier, à l'opposite de l'église Saint Josse 1 , dix solz parisis. Nous, à la supplication dudit Arnoul, considerans son bon propos et les bons et prouûtables services que il nous a faiz, li avons ottroié et ottroyons, de certaine science et de grâce especial, parmi la somme de six cens deniers d'or à l'escu que il a paie à nostre trésor pour finance, que il et ses hoirs et ses successeurs et ceulx qui de lui auront cause perpetuelment, puissent tenir, posseoir et avoir les rentes, cens ou surcens dessusdiz, sanz fié et sanz justice, ou les transporter aus chappellains et pouvres devantdiz où à leurs soutenants, comme dît est, ensemble ou par partiez, à temps ou à perpétuité, lesquiex les puissent tenir et posseir comme dit est, sanz fié et sanz justice, franchement et quittement, selon l'ordenance dudit Arnoul ou de ses hoirs ou successeurs, sanz ce que ledit Arnoul ou ses hoirs ou ses successeurs ou ceulx qui de lui auront cause, soient ou puissent jamais estre contrainz de les vendre, aliéner ou mettre hors de leurs mains, ou d'en faire ou paier autre finance quelle que elle soit, à nous ou à noz successeurs ou temps avenir. Mandons et defFandons à touz noz justiciers et commissaires presens et avenir, que les possesseurs des choses dessusdites ou aucun d'iceulx ne molestent ou contraignent en quelque manière, à cause de finance ou autrement, etc..

Ce fu fait en Tan de grâce mil troiz cenz quarante et huit ou moiz de septembre.

Par le roy, à la relacion de son conseil secret ouquel estoient

vous et messires de Moucy et G. de Charni.

Math[ieu].

1348, septembre. Bois de Vincennes.

Philippe VI confirme la vente faite par Pierre des Essors, bourgeois de Paris, et Jeanne, sa femme, à Hugues d'Arcy, évoque de Laon 9 , de 1 10 1. de rente qu'ils possédaient sur le cens de la commune de Meaux. Cette

1. L'ancienne église Saint- Josse, aujourd'hui disparue, était située au coin de la rue Aubry-le-Boucher et de la rue Quincampoix.

2. Hugue d'Arcy, sacré évéque de Laon en i33g, fut choisi en 1347 par Philippe de Valois comme un de ses exécuteurs testamentaires et transféré en i35i au siège de Reims. (Gallia christiana, t. IX, col. 547.)

somme faisait partie de 200 1. de rente qui leur avaient été données au mois d'août i33y par le comte et la comtesse de Flandre.

(JJ. 77, n- 27a.)

Par le roy, à vostre relation.

Rougemont.

Par le roy, a moy commandée à Meaulx, le dernier jour de

novembre.

P. Blanchet.

Collation est faite des lettres encorporées à l'original.

1348, 10 octobre. Paris.

Lettres de rémission, moyennant composition de 200 deniers d'or à Vécu, accordées par Philippe VI à Hue le Fèvre, changeur, bourgeois de Paris, accusé d'avoir enfreint les ordonnances du roi rendues au sujet du billon d'or et d'argent.

(JJ. 77, n* 35 9 .)

Philippe, etc.. ,• savoir faisons à touz presens et avenir, que comme il nous eust esté denoncié et rapporté que Hue le Fevre, changeur, bourgois de Paris, avoit mesusé de son office de change en vendant et livrant billon d'or et d'argent contre noz ordenances et deffenses, par pluseurs fois, à pluseurs personnes qui ledit billon avoient porté et portoient hors de nostre royaume, ou à autres monnoies que aus nostres et que à nostre monnoie de Paris, pour lesquelz meffaiz il avoient encourra envers nous paine de corps et d'avoir, si comme l'en disoit; et pour ce, eust ledit Hue esté appelle à droit par devant nostre prevost de Paris par pluseurs fois, et quar il ne venoit ne comparait eust esté mis en pluseurs deffaus et contumaces ; et pour yceulz deffaus et contumaces eust été banniz de nostre royaume ; et- la famme et autres amis dudit Hue nous aient humblement supplié que comme ledit Hue fust simple homme et n'eust fait par malice aucun des cas dessusdiz, si comme il disoient, nous vousissions li faire grâce et pardon surlesdiz faiz et banissementet surtout ce qui s'en puet et pourroit ensuivre. Nous, eue sur ce deliberacion et considération, et voulans plus faire grâce et miséricorde que rigeur envers ledit Hue, mesmement parmy ce que sadite famme pour lui nous a paie en nostre trésor à Paris, par composition faite sur ce avec noz genz de nostre conseil pour nous, deux cenz deniers d'or à l'escu, à ycellui Hue avons remis, quittié et pardonné, remettons, quittons et pardonnons, de certaine science, de grâce especial, de nostre plain povoir royal, touz les meffaiz à lui imposez, pour lesquelz il a esté baniz, et ycel-

lui ban rappelions et mettons au néant, et tout ce qui s'en est ensui et puet ensuivre, et toutes poines corporelles et peccunieres que il deust ou peust pour ce souffrir ou soustenir et qu'il povoit avoir encourru en quelque manière, en corps ou en biens, et restablissons plenierement ledit Hue à nostre royaume et à touz ses biens meubles et inmeubles, à sa bonne renommée et à son estât. Mandans et deffendanz au prevost de Paris et à touz noz autres justiciers presens et avenir et à leurs lieuxtenans et à chascun d'eulz que contre la teneur de nozdites grâces, pardon, remission, quittance et restablissement, ne molestent ledit Hue en quelque manière, etc..

Ce fu fait â Paris, l'an de grâce mil trois cenz quarante et huit, le x« jour du moys d'octobre.

Par le roy, à la relation de son conseil secret ouquel estoit vous et messeigneurs de Thil, de Mouci et du Chastelle.

Math[ieu].

Financia patet supra. Visa in consilio, presentibus dominis de

Mouci et de Chastelle, xxix» octobris.

Math[ieu].

1348, 12 octobre. Saint-Christophe-en-Halate.

Philippe VI donne au comte de Sarrebruck la maison de feu Jean Hardi, receveur de Toulouse, sise en la rue Jean Lantier, avec ses meubles et ses dépendances, qui lui était échue par déshérence.

(JJ. 77, n* 279.)

Philippe, par la grâce de Dieu roys de France, savoir Élisons à touz presens et avenir, que comme pour consideracion des bons et loyaulx services que nostre amé et féal chevalier le conte de Sarrebruche 1 nous avoit fait, nous li eussiens pieça donné la première maison qui par forfaiture ou autrement nous escherroit en la ville de Paris ; et en confirmant nostredit don, li eussiens donné dès environ la Magdaleine derrierement passée la maison que feu Jehan Hardi, jadis receveur de Thoulouse, souloit tenir et avoir à Paris en la rue Jehan Lointier*, tenant d'un costé à l'ostel que l'en appelle les Troizpas-de-degré, lequel est à présent aus hoirs Jehanne la Coustiere, d'autre part à Estienne de la Fontanne, et par derrière à ycellui

1. Jean II, comte de Sarrebruck, fils de Simon, comte de Sarrebruck, et de Marguerite de Savoie, bouteiller de France, mourut en i38i. Il avait épousé Gillette de Bar. (Voy. P. Anselme, Hist. génial., t. VIII, p. 529.)

2. La rue Jean-Lantier, qui existe encore, va de la rue Bertin-Poirée à la rue Saint-Denis; autrefois, elle s'arrêtait à la rue des Lavandières.

Estienne tout du lonc r ensamble les appartenances d'ycelle maison et les biens meubles qui dedans estoient ; lesquieux maison, appartenances et biens meubles nous estoient acquis et advenus pour ce que d'ycellui feu Jehan aucuns ne se estoient fait hoir. Et pour ce que il nous ru rapporté que ladite maison n'estoit pas souffisant pour nostredit chevalier et que il ne la vouloit pas accepter, l'eussiens depuis donnée & autres personnes, ou cas toutesvoies que elle ne plairoit à nostredit chevalier; et à présent, ycellui chevalier se soit trait par devers nous et nous ait supplié que la maison dessusdite, laquelle est bonne et souffisante pour lui et Ta bien agréable, en confermant noz dons dessusdiz, nous li feissions délivrer. Nous, recordans des choses dessusdites, à ycelly nostre chevalier, avons derechief donné et ottroyé, donnons et ottroyons par ces présentes, de grâce especial, à touz jours mais, pour lui et pour ses hoirs, successeurs ou aians cause, ladite maison et les appartenances d'ycelle, ensamble lesdiz biens meubles qui, quant elle nous advint, estoient dedans, ou cas toutesvoies que il nous seront acquis et advenuz comme dessus est dit. Et voulons que oudit cas, nostredit chevalier et sesdiz hoirs, successeurs et aians cause, aient, tiengnent et possident perpetuelment et paisiblement ycelle maison et appartenances, et en lacent et puissent faire leur prouffit et voulenté comme de leur propre chose, non contrestant quelconques dons que nous aions fait à autre personne, de la maison, appartenances et biens meubles dessusdiz, lesquelz dons nous rappelions et mettons au néant par ces lettres. Si donnons en mandement au prevost de Paris ou à son lieutenant, que desdites maison et appartenances, il ou cas dessusdit mette et tiengne nostredit chevalier ou son procureur pour lui en possession et saisine, etc..

Ce fil fait à Saint Christofle en Halate, le xn« jour du mois d'octobre, Tan de grâce mil troiz cenz quarante et huit.

Par le roy.

Rougemont.

1348, octobre. Saint-Christophe-en- Halate.

Philippe VI donne à son conseiller Geoffroy de Charny, dans la rue du Petit-Marivas, une maison, avec ses appartenances, confisquée sur Girard d'Ormes, notaire du roi, à cause de sa forfaiture.

(JJ. 77, n* 275.)

Philippe, par la grâce de Dieu roys de France, savoir faisons à touz presens et avenir, que pour consideracion des bons et loyaulx services que nostre amé et féal chevalier et conseiller Geuftroy de

Charny 1 , nous a fait et fait de jour en jour en nox guerres et ailleurs, nous, à ycellui nostre chevalier avons donné et ottroyé, donnons et ottroyons à toux jours, par ces présentes lettres, de grâce especial, pour lui, pour ses hoirs, successeurs et aians cause, une maison ensemble toutes les appartenances assise à Paris en la rue du Petit Marivas 2 , ainsi comme elle se comporte jusques en la rue des Rosiers 8 , tenant aus jardins et à la maison du seigneur de Vergy d'une part et à la maison Robert de Moisselles d'autre part, laquelle estoit nagueres de maistre Girart d'Ormes, jadiz nostre notaire, et à présent nous est confisquées et acquise par la forfaiture d'icellui maistre Girart. Et voulons que nostredit chevalier et sesdiz hoirs, successeurs ou aians cause, tiengnent et puissent tenir et possider perpétuellement et paisiblement ladite maison et toutes les appartenances d'ycelle, et en faire leurs prouffit et voulenté comme de leur propre héritage, sanz ce que par nous, noz successeurs ou noz genz, il y soient ou temps avenir en aucune manière empeschés. Et que ce soit ferme chose et estable à touz jours, etc...

Ce fu faite à Saint Christofle en Halate, Tan de grâce mil troie cenz quarante et huit, ou mois d'octobre.

Par le roy.

Rougemont.

CCCCXIII.

1348, novembre.

Philippe VI, à la requête des exécuteurs testamentaires de feu Girard de Huchy, huissier de la reine, amortit 32 livres pariais de rente annuelle, destinée à établir une chapelle dans l'hôpital fondé par Arnoul Braque, à Paris, près la porte du Chaume.

(JJ. 77, n # 28i.)

Philippe, par la grâce de Dieu roys de France, savoir faisons à touz presens et avenir, que comme de par les exécuteurs de feu

1. Geoffroy de Charny, seigneur de Pierre Perthuis, fils de Jean de Charny, seigneur de Lirey, créé porte-oriflamme le 25 juin i355, fut tué à la bataille de Poitiers. (Guérin, Arch. hist. du Poitou, t. XIII, p. 357, n. 1, Froissait, éd. Luce, t. IV, p. xxxi, note 2, et en particulier la Romania, 1897, p. 394 à 411, dans laquelle M. Arthur Piaget a publié un poème de Geoflroi de Charny et fait précéder sa publication d'une bonne notice biographique.)

2. La rue du Petit-Mari vas serait, d'après Jaillot (op. cit., Quartier Saint- Antoine, p. g3), la rue Pavée actuelle.

3. La rue des Rosiers, qui subsiste encore et va de la rue Vieille-du-Temple à la rue Malher, s'arrêtait autrefois à la rue des Juifs.

Girart de Huchy, jadix huissier de nostre très chère compaigne la royne, nous ait esté signifié que ledit feu Girart, ou temps que il estoît en vie, avoit en propos et entencion de fonder une chapelle perpétuelle en l'ospital que a fondé à Paris Arnoul Braque, emprès la porte du Chaume, ouquel hospital repose le corps dudit feu Girart, et d'icelle doter sur biens que Nostre Seigneur li avoit prestez de trente et deux livres parisis de annuelle et perpétuelle rente, à l'onour de Dieu et de la benoite Vierge Marie, sa glorieuse mère, et des benoiz sains et saintes de paradis, et de y faire instituer un chappellain, qui ylleucques avec les autres chapellains de ladite chapelle sera chascun jour aus heures canonniaus, et chascun jour célébrera une messe pour le salu et remède de s'ame, et qui prieroit pour ly et pour ceulx que il avoit entencion d'y acuillir; et nous aient supplié que lesdites trente et deux livres de rente nous veuillons amortir. Nous, enclinanz à leur supplication, loans ledit feu Girart en son bon propos et voulans ycellui avoir fructueux effect, à l'oneur de Dieu et pour l'acroyssement du divin service, de grâce especial et pour consideracion des bons services que ledit feu Girart a fait longuement à nous et à nostredite compaigne, et aussy pour ce que nous, que elle et nostre postérité soions participans es messes, prières et orissons qui seront faix, se Diex plaist, en ladite chapellenie, avons ottroyé et ottroyons, par ces présentes lettres, auxdix excecuteurs que eulx, des biens qui furent dudit feu Girart ou de ceulx qu'il acquerront, puissent acquérir ensemble ou par parties, sanz fié et sanz justice, jusques à la somme de trente et deux livres parisis; et que ycelle somme, eulx, ou non d'icellui feu Girart et pour lui, puissent donner, cesser et transporter perpetuelment à ladite chapellenie pour le dot et fondacion d'icelle, lesquelles, puisque ainssi données et transportées seront, nous voulons, ottroyons et décernons de' nostre plain povoir et auctorité royal que elles soient et demeurent paisiblement à ladite chapellenie et à ceulx qui ycelle obtenront et deserviront, sanz ce que jamais il puissent estre contrains à mettre hors de leur main les biens et héritages qui assignés aront esté pour ladite rente ou à en paier finance à nous ou à noz successeurs, etc..

Ce fu fait Tan de l'incarnation Nostre Seigneur, l'an mil GCC quarante et huit, ou mois de novembre.

Par le roy.

Chambellan.

Visa in secreto consilio in quo erant domini mei de Corbia, de Meullant et de Chastelleyo. Sine financia, quia remissa ut supra.

J. de Cova.

1348, décembre. Fontenay.

Philippe VI amortit 20 1. de rente annuelle en faveur de son peintre Girart d'Orléans, pour lui permettre de fonder une chapellenie en l'église du Saint-Sépulcre de Paris.

Philippe, etc., savoir fia [i] sons à tous presens et avenir que, comme nostre amé Gerart d'Orléans 1 , paintre, ait affection de fonder en Ponneur de Dieu une chappellenie en l'église du Saint Sépulcre de Paris 3 pour le salut de s'âme, et de douer ladite chappelle de vint livres de rente annuelle en censives hors fiez et justice, laquelle rente il a entencion de achater pour ceste cause ; nous, audit Gerart, pour consideracion de ce qu'il nous a acompaigné à ladite chappelle et des services qu'il nous a faiz en sondit mestier, avons ottroié et ottroions par la teneur de ces présentes, de nostre grâce especial, povoir et auttorité royal, que il puisse acquérir et achater ladite rente en censives ou autres, hors fiez et justice, comme dit est, pour ladite cause; et que le chappellain qui est ou sera par l'ordenance dudit Gerart ou de ses exécuteurs ou successeurs establis à deservir ladite chappelle, tiengne et puisse tenir à touzjours mais ladite rente senz ce qu'il soit contraint à la vendre, aliéner, ne mettre hors de sa main, et sanz paier à nous ou à noz successeurs pour ceste cause aucune finance, etc..

Donné à Fonteny', Tan de grâce mil CGC XL et huit, ou mois

de décembre.

Par le roy tenant ses requestes.

J. de Vernon.

Rez sic concessit me présente.

P. Blanchet.

1 349 (n. st.), 4 janvier. Fontainebleau.

Lettres de rémission accordées par Philippe VI en faveur de Raoulet-aux-

1. Sur Girart d'Orléans, voy. l'article que lui a consacré M. B. Prost dans les Archives historiques, artistiques et littéraires, U II, p. 85 et suiv., et aussi : Nouvelles archives de f Art français, t. I (1872)! p. ia5 et 126, où les lettres que nous donnons ont été déjà publiées.

2. La chapelle fondée en 1349, par Girart d'Orléans, dans cette église était celle de Sainte-Marguerite. (Lebeuf, op. cit., éd. Cocheris, t. II, p. 241.)

3. Probablement Fontenay-Trésigny, Seine-et-Marne, arr. de Coulommiers, cant. de Rosoy.

Bœufs, Pierre Samedi et Olivier Gautier qui, dans une rixe, blessèrent Jeannin Malebeste, porteur de blé.

(JJ. 77, n* a5 7 .)

Philippe, etc., savoir faisons à touz presenzet avenir que, comme environ la feste saint Symon et saint Jude derrenierement passée, Raoulet au Bueus, Pierre Samedi et Olivier Gautier, feussent paissiblement pour boire en une taverne, et là feust survenu Jehannin Malebeste, porteur de blé; et entre lesdiz Raoulet aus Bueus et Jehannin Malebeste feussent meues parolles contencieuses sanz ce que par avant il eust eu riote ou maltalent ensemble, tant que ycellui Roullet eust féru ledit Jehannin de sa paume en la joue ; et lors, ycellui Jehannin se fust efforciez de lui referir d'un poinçon que il tenoit ; pour laquelle chose, les autres dessus nommez, afin de eschiver plus grant péril se fussent efforciez de lui oster ledit poinçon ; lequel Jehannin se fust pris à euls et leur eust fait sanc, et eussent esté donnez aucuns cops d'une partie et d'autre, tant que ycelui Jehannin qui estoit yvres fust cheuz, et se fussent les dessus nommez departiz sanz autre meffait foire. Après lesquelles choses ledit Jehannin eust porté blé, si comme acoustumé avoit, et avecques ce li feust seurvenu une boce en l'aine, tele comme celles estoient dont sa famé, son frère et son neveu avoient esté mors, naguieres avoit, et comme sont celles dont pluseurs personnes meurent communément à Paris 4 ; et mourut le samedi ensuivant, après ce que il ot dit que pour bateure que les dessus nommés li eussent fait, il ne mouroit pas, mais par maladie et de mort naturele. Pour laquelle chose, yceulx dessus nonmés doubtant longue prison et trop riguereuse justice, se soient dès lors absentez de la viconté de Paris, et au pourchas d'aucuns des amis dudit mort, aient esté approuchiez à noz droiz en nostre Ghastellet de Paris, et se doubtent que par contumace il n'aient esté bannis de nostre royaume; et pour ce, nous aient humblement supplié que, comme il soient hommes de bonnes vie et renommée et vivens de leurs mestiers, sanz aucun mauvaiz diffame, que sur lesdiz fait, appeaulx et ban, nous leur voussissiens faire grâce et avoir d'eulx compassion. Nous, eue consideracion aus choses dessusdites, et veue certaine informacion faite sur ce par le prevost de Paris ou ses députés, par laquelle il appert que ledit Jehannin mourut pour la cause de la boce devantdite, ausdiz supplians avons quitté, pardonné et remis, quittons, remettons et perdonnons par ces présentes, de grâce especial et de noz plains povoir et auttorité royauls, le fait et appeauls dessusdiz et toute paine criminele et civile que pour occasion d'iceulx il pevent avoir encouru, ensemble le ban, se ensui s'en estoit, et les restituons au paTs, à leurs bonnes fammes

i. Cest à la peste qu'il est fait allusion.

et renommées et à leurs biens, sauf le droit de partie, se pour ce les

veut poursuir. Si donnons en mandement audit prevost de Paris et

à touz les autres justiciers de nostre royaume qui ores sont et seront

ou temps avenir, ou à leurs lieuxtenans, et à chascun d'eulx, que de

nostre présente grâce il facent et laissent lesdiz supplians et chascun

d'eulx joir et user, et contre la teneur d'icelle ne les molestent ou

empeschent en corps ne en biens, etc.

Et que ce soit ferme chose et estable à touzjours, nous avons fait

mettre à ces lettres le seel de nostre Chastellet de Paris en l'absence

de nostre grant seel, sauf en autres choses nostre droit et Pautrui en

toutes. Donné à Fontainebliaut, le un* jour de janvier, Tan de grâce

mil troiz cenz quarante et huit.

Autrefoiz signée : par le roy.

Rougemont.

Et corrigée au seel.

R. Potin.

1349, l 7 janvier. Abbaye du Lis, près de Melun 1 .

Philippe VI, à la requête de l'évéque de Paris*, neveu et exécuteur testamentaire de Guillaume de Chanac, jadis évoque de Paris, puis patriarche d'Alexandrie, amortit 90 1. de rente annuelle et perpétuelle situées dans la châtellenie de Milly-en-GAtinais* et destinées à la fondation de chapelleries ou d'autres œuvres religieuses.

(JJ. 77, n* 261.)

Par le roy, présent Parcevesque de Rouen 4 , l'evesque de Laon,

l'abbé de Corbie*, le sire d'Auffemont', messire Geffiroy de Charny,

Le Galloy de la Basme 7 et le sire de Fontenay.

Verrière.

1. Le Lys, abbaye de religieuses de l'ordre de Qteaux, dont les ruines subsistent sur la commune de Dammarie-lés-Lys, Seine-et-Marne, arr. et cant. de Melun.

2. Foulque II de Chanac, qui fut évéque de Paris du 27 novembre 1342 au 25 juillet 1349.

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