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Documents parisiens sur l'iconographie de S. Louis

La première partie du volume Xdes manuscrits de Peiresc, conservés à la bibliothèque de Carpentras, renferme les documents que ce savant avait re'unis sur l'histoire de Louis IX et qu'il a intitulés : Mémoires pour la vie de saint Louis '. Ces documents, dont on trouvera l'indication au tome II du Catalogue dressé par M. Lambert ^ de la bibliothèque à laquelle ils appartiennent, sont d'une valeur inégale. La moitié environ, consistant en extraits de chroniques ou de manuscrits relatifs au saint roi, n'a plus pour les érudits de notre époque, qui peuvent consulter en imprimé l'ensemble presque complet des textes historiques du xiii" siècle, le même intérêt qu'ils offraient aux érudits du temps de Henri IV et de Louis XIII. L'autre moitié, au contraire, intéressera non moins vivement nos contemporains qu'elle n'avait intéressé Peiresc luimême : elle renferme une série de précieux documents relatifs à l'iconographie de saint Louis, qui paraissent avoir échappé, depuis plus de deux siècles, à l'attention des érudits, et que, en raison de leur importance historique et de leur provenance parisienne, la Société de l'histoire de Paris s'empresse de mettre au jour %

La source à laquelle Peiresc a emprunté les éléments de son recueil iconographique sur saint Louis est triple : ce recueil, en effet, se com-

1. Ces mémoires occupent les feuillets i à 117 du manuscrit qui renferme ensuite les documents sur Reims et sur Jeanne d'Arc qu'avait re'unis Peiresc.

2. Catalogue descriptif et raisonné de la bibliothèque de Carpentras, t. II, pp. 45-46.

3. La reproduction des documents iconographiques réunis par Peiresc a été confiée à M. Dujardin. Nous tenons à le noter ici, car, par suite d'un oubli de l'imprimeur chargé du tirage, le nom de cet héliograveur éprouvé ne figure pas sur les planches exécutées sous son habile direction.

DOC. V i

pose des peintures du monastère des Cordelières de Lourcines, de celles de l'église basse de la Sainte-Chapelle, enfin des miniatures du Livre d'heures de Jeanne II, reine de Navarre.

Le couvent des Cordelières ou sœurs Mineures de Sainte-Claire fut établi en 1289,3 i,25o mètres au sud de la porte Bordel et du mur d'enceinte de Paris, au village de Lourcines, par la reine Marguerite, veuve de saint Louis. Cette princesse, grand'mère du roi Philippe le Bel alors régnant, vivait retirée dans une maison contiguë au nouveau monastère : elle y mourut six ans après (1295), laissant aux religieuses sa demeure dont elle réserva la jouissance à sa fille Blanche, veuve, depuis 1275, de l'infant Don Fernando de Castille. L'église des Cordelières, commencée par la reine Marguerite, fut achevée par Blanche dont la vie se prolongea jusqu'au 22 juin i320 '.

C'est évidemment par ordre de Blanche, fille de Louis IX, que fut exécutée une suite de quatorze peintures représentant la Vie du saint roi et dont Peiresc a laissé, écrite de sa main, une description ^ qu'accompagne une feuille de croquis à la plume dus à un artiste flamand ou allemand \ un ami de Peiresc sans doute. Les croquis, qui reproduisent la disposition générale et quelques détails du deuxième et du troisième tableau de la série, ne donnent pas, à la vérité, tout au moins dans la figure du sultan d'Egypte, l'idée d'une œuvre remontant au début du xiv« siècle, mais cette date résulte visiblement de la langue dans laquelle sont écrites les légendes des peintures du couvent des Cordelières.

Les peintures de la Vie de saint Louis ne sont mentionnées, aux xvii« et xvin^ siècles, par aucun des auteurs qui, dans leurs écrits sur Paris, ont consacré quelques lignes ou quelques pages aux Cordelières de Lourcines; mais il n'y a pas lieu de s'en étonner, car les œuvres naïves des artistes du moyen âge n'attiraient alors l'attention que de bien rares privilégiés.

1. Jaillot, Recherches sur Paris, tome IV, quartier de la place Maubert, pp. 75-80.

2. Cette description occupe les feuillets 1 5 et 16 du ms. X de Carpentras. On la trouvera reproduite plus loin, pp. i3-20.

3. La nationalité de l'artiste résulte de sa manière d'écrire le mot « bleu » {blu et plu) dans les quelques mots de légende ou de renvoi qui figurent sur la feuille de croquis et dont on trouvera plus loin la transcription. — Le feuillet 69 du ms. de Carpentras où se trouvent ces croquis mesure un peu plus de 46 centimètres de largeur sur 29 1/2 de hauteur; notre reproduction est donc à peu près au tiers de l'original.

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