‹ Documents parisiens sur l'iconographie de S. LouisChapitre 22 sur 35 · Malachie, c. ii, v. i · texte numérisé non relu

Malachie, c. ii, v. i

3. Cette partie de la miniature du inois de décembre est traitée de même dans le Bréviaire de Belleville; mais le livre d'heures du duc d'Anjou et celui du duc de Berry offrent quelque différence. Dans celui-ci, le bûcheron fait place à un homme qui se prépare à tuer un porc, et trouvera ainsi, dans un instant, l'emploi du feu. Dans celui-là, l'homme n'est pas non plus un bûcheron; il paraît prêt à tuer deux porcs, à peu de distance d'un arbre vert, mais n'a point de feu pour la suite de son opération.

4. Zacharie, c. ix, v. i3. Le vrai texte est: Suscitabo Jilios tuos.

\Office de la Sainte Trinité.]

Le premier office de la S. Trinité, où c'est qu'à Matines sont représentées les persones du Père et du Filz, assises en mesme chaire, tenants le globe terrestre entre leurs mains (dans lequel paroit la terre avec des arbres et villes, et la mer avec des batteaux), ayant une croix rouge par dessus. Les visages de cez deux personnes s'entre ressemblent et sont comme de mesme aage, sans que l'un soit plus vieil ne chenu que l'aultre. Sur leurs testes il y une colombe venant du ciel, du bec de laquelle sortent deux fillets rouges ou de sang qui se vont terminer, l'un à la bouche de l'une des persones et l'aultre à celle de l'aultre.

Dans le cadeau de la première lettre du premier pseaulme est représentée la royne Jeanne'à genoulx, devant son oratoire, sur lequel ses heures sont ouvertes. Elle a une robe faisant Testât d'un manteau de pourpre fourré de vair.

A Laudes, se voyent les deux persones concourants en la création d'Adam qui gist tout nud et dord sur un rocher.

A Prime, se voyent troys persones devant lesquelles un vieillard est à genoulx, possible Abraham et Lolh.

A Tierce, se void une persone assise sur un throsne eslevéet supporté par deux séraphins sur leurs espaules, laquelle tient un globe dans lequel il y a deux lettres A M ' pour A et Q.

En bas, y a un jeu d^un bellier qui vient porter ses cornes contre un berger, lequel luy oppose un escabeau (ou tripied) qu'il a prins de sa main par les pieds, luy tendant le plat du siège pour recevoir le heurt des cornes.

Et un aultre d'un lièvre assis sur son cul, lequel gratte la teste à une harpie à teste de fille.

A MiDY, ou Sexte, saint Jean Baptiste, vestu de longue tunique

I. Il est assez difficile de rendre ici, par la typographie, la pensée de Peiresc qui a repre'senté un m gothique surmonté d'une sorte d'abréviation.

28 LIVRE d'heures

vellue, baptise le Sauveur tout nud, paroissant la teste de Dieu le père dans les nues, sans marque de vieillesse, de la bouche du quel sortent trois fillets rouges qui viennent jusques au Saulveur, et la colombe entre les deux.

A Nonne est la transfiguration du Sauveur assis sur le couppeau ^ de la montagne de Tabor, revestu de blanc estincellé d'or, paroissant à cosié la face de Dieu le Père dans les nues, avec la colombe et les trois fillets rouges. Et en bas, Moyse cornu avec ses tables, une noire et l'aultre rouge, et Helie.

Tout au bas du feuillet y a un duel de deux champions en sayon, combattant avec la longue espée et de fort petites rondaches. Et un troisiesme qui les regarde d'en hault, avec une autre rondache et un baston rabotteux au lieu d'epée.

A Vespres, il y a un Sauveur qui presche à des gens assis par terre, et un Dieu le Père qui leur tend du ciel un escritteau où se lict : Et

CLARIFICAVI ET ITERUM CLARIFICABO ^.

Dans le cadeau d'une lettre, il y a une chèvre blanche, laquelle a un mantellet eslevé en pennard de gueuUes à l'escarboucle de Navarre, doublé de bleu ou azur.

A CoMPLiE se void un Sauveur assis en son throsne tenant le monde en sa gauche, distingué de terre et mer, avec les douze apostres devant luy, deçà et delà de son throsne, et aultant de couronnes à leurs pieds, dont l'un commence d'en recueillir une.

En bas un singe sur le dos d'une cigogne, à laquelle il ouvre le bec, pour en combattre contre un singe porté par un coq tenant une lance.

1. Couppeau est un vieux mot français au sens de « cime », « sommet.» (Du Cange, édition Henschel, t, VII, p. iio, verbis coupel, couperon, coupet.) Il figure encore, en 1694, dans la nouvelle édition du Dictionnaire de Furetière.

2 Evangel. Joannis, c. xii, § 28.

S'ensuyvent les Heures de Nostre Dame selonc l'usage de la court de Rome.

A Matines se void l'Annonciation. Et, dans le chatton ou cadeau de la première lettre, la royne y est à genoux devant la Vierge. En bas trois garçons et deux filles jouent à Tesbaby.

A Laudes, la Visitation.

A Prime, la Nativité, avec un tapis par derrière, de gueulles semé des escarboucles de Navarre en lozanges. A costé se void cette jeune princesse ' à genoux, sans manteau, en simple robbe fendue au droict des manches.

A Tierce, les Bergers.

Et en bas, une dance d'autres bergers au son de la musette et des timbales que le timbaleur a tournées sur ses rains, ayants les bras croisez, tandis qu^un petit entant joue desdites timbales.

A MiDY, les Trois Roys; le champ parsemé de pointes de rubis. En bas, la royne en mantellet, à genoux.

A Nonne, la Présentation au Temple.

A Vespres, le voyage d'iEgypte pendant lequel les idoles de metail tombent devant eux 2.

A costé, un garçon qui porte une lozange partie de Navarre et de Bourgogne ^, qui sont les armes de Jeanne de Bourgo-

1. La qualification « jeune princesse » convient parfaitement à la reine de Navarre, née le 28 janvier i3i i, si, comme nous le pensons, le livre d'heures a été exécuté vers l'i'io.

2. Ce trait de la fuite en Egypte est raconté dans l'Evangile (apocryphe) de l'Enfance (chap. X).

3. La figure qui suit et la plupart de celles qu'on trouvera au cours de la description du livre d'heures constituent le redressement, que nous devons à l'obligeance de notre confrère M. Maxe-Werly, des croquis tracés par Peiresc en marge de son manuscrit.

3o LIVRE d'heures

gne ', femme de Louys Huttin, tandis qu'il estoit seulement roy de Navarre.

Tout en bas, trois soldats maillez, avec leur cotte, armez d'espée et targe ronde, dont le premier a de plus une hallebarde ou hache d'armes, et s'arresonne avec un laboureur ; le dernier qui est comme le maistre a la rondache plus grande et un heaume doré à la visière levée.

A CoMPLiE, le Couronnement de la Vierge, avec quattre anges à l'entour qui sonnent : l'un de la cittre; l'aultre d'une espèce d'espinette ' placquée contre l'estomac comme un lut, faicte en triangle, dont la pointte s'appuye par le bas sur une table ; le troisième, de la musette, avec une banderoUe quarrée de Navarre, et le dernier des timbales. Avec, cette princesse à genoux, sans manteau.

A la fin, il y a quelq^ues prières à la Vierge, au commencement desquelles est représentée la Vierge contre uit tapis semé de lozanges de Navarre. A costé, y a une guenon qui tient une lozange du simple Navarre.

Pour les VII psaulmes, il y a ung Sauveur, accompagné des marques des quattre Evangelistes. Pour les letanies, une infinité de saints et saintes ensemble, et au dernier rang des pontifes et des confesseurs est enroollé saint Louys de Marseille (sancte ludovice), et le premier entre les moines et hermites sainct Louys, roy. En cette sorte (si ce n'est que le roy soit entre les confesseurs et l'evesque entre les moynes)

1. Lisez Marguerite. « Jeanne » est un lapsus de Peiresc; nous le retrouverons plus loin, pp. 38 et 43.

2. Un croquis de Peiresc montre qu'il s'agit ici du psalterion représenté plus loin, p. 45.

3. Les mots que nous plaçons ici, entre parenthèses, constituent une addition interlinéaire.

DE LA REIKE de NAVARHE 3i

Sancte Nicolae, ora [pro nobis].

Sancte Ludovice, ora pro nobis.

Omnes sancti pontifices et confessores, orate pro nobis.

Sancte Ludovice, ora pro nobis.

Sancte Francisée, ora

Sancte Anloni, ora

Sancte Maure, ora

Omnes sancti monachi et heremitae , etc., orate pro nobis.

Il y a, par aprez, une oraison au commancement de laquelle y a un lyon assis, tenant un escu de Navarre.

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