‹ Documents Physio-Pathologiques sur la CholécystectomieChapitre 15 sur 39 · NÉS · texte numérisé non relu

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ou l’ablation de la vésicule, la bile continue à être déversée régulièrement dans l'intestin. Ces auteurs déduisent de ce fait la nécessité pour les voies biliaires d’une adaptation anatomique et physiologique. Ils concluent que la suppression anatomique ou fonctionnelle de la vésicule s’accompagne d’une dilatation des voies biliaires destinée à suppléer la vésicule dans son rôle de réservoir et à emmagasiner la bile dans l'intervalle des périodes digestives et c’est vraisemblablement à cette suppléance de la vésicule par les voies biliaires principales qu’il faut attribuer l’absence de troubles digestifs ou hépatiques après la cholécystectomie. Nous verrons plus loin ce que nous devons penser de la conclusion des auteurs lyonnais.

Hohlweg, étudiant, en 1912, l'effet de Ia cholécystectomie sur la sécrétion gastrique, fait des constatations expérimentales. Deux de ses chiens, tués deux et trois ans après l’ectomie, présentèrent des symptômes de l'entrée permanente de la bile. En effet, malgré le jeûne pendant les cinquante dernières heures avant la mort, tout l’intestin grêle était couvert de quantités copieuses de bile jaune feuille-morte, assez liquide, tandis que, dans les mêmes conditions, chez des chiens de contrôle, on en trouva seulement des quantités peu considérables dans l’intestin grêle.

L'entrée de la bile dans l'intestin est étudiée, en 1913, par Fr. Rost, qui fait un grand nombre d’expériences, en partie sur des animaux normaux, en partie sur des animaux cholécystectomisés. Il opéra dans tous les cas chez des chiens en état de jeûne, au moyen

d’une canule duodénale.

Grâce à ce moyen, Rost a fait les constatations suivantes : à peu près toutes les heures, il s’évacue, par la canule 5 à 8 cc. de bile et de suc pancréatique au bout de 5 à 10 minutes. La bile s’évacue en deux ou trois saccades; ensuite la sécrétion est interrompue pendant une heure.

Chez des chiens, après la cholécystectomie, l’auteur trouva, pendant l’état de jeûne, dans tous les cas, les premières semaines après l’opération, une évacuation permanente de la bile et du suc pancréatique. Cette évacuation est constituée ainsi : chaque minute, quatre ou cinq gouttes faisant un total de 1, 1 1/2, 2 cm$ de liquide mêlé de bile tous les quarts d'heure.

Si on examine l’évacuation plusieurs mois après la cholécystectomie, on trouve toujours chez des animaux l’arrivée continuelle de la bile, comme les premiers temps; chez d’autres, il s’est réalisé une continence, c’est-à-dire que ces animaux, pendant le jeûne, n’évacuent de la bile que par intervalles comme des animaux normaux, cependant avec cette différence que l'évacuation périodique embrasse un espace de temps plus long, tandis que l'intervalle entre deux périodes d'évacuation est plus courte que chez des animaux normaux. Ces conclusions sont tirées d’un matériel expérimental comprenant six chiens. Plusieurs mois après la cholécystectomie chez ces chiens, Rost put opérer une longue série de chiens qui devinrent complètement continents. Il en eut d’autres chez lesquels il ne put pas observer de pauses plus longues que cinq minutes entre les évacuations.

De ces expériences jointes aux constatations faites

LE Pr

chez l’homme, Rost tire la conclusion que l’on peut diviser les cholécystectomisés en deux groupes. Le premier comprend les sujets qui, ayant un hépato-cholédoque dilaté par la partie sphinctérique fonctionnante, deviennent continents et se comportent fonctionnellement à peu près comme des animaux ayant une vésicule biliaire. Dans le deuxième groupe, il s’agit d'animaux qui, ayant leurs voies biliaires peu ou pas dilatées, ne sont que peu ou pas du tout continents.

Confirmant pour ainsi dire les expériences de Rost sur l'entrée de la bile pendant l’état de jeûne, Klee et Klüpfell publièrent, en 1914, quelques expériences faites antérieurement. En outre, ces auteurs ont fait Ja cholécystectomie sur deux chiens et ils ont constaté qu’au bout de douze jours l’un d’eux avait un sphincter d’Oddi continent. Le passage par irritation locale, procédé qui ne donne pas de résultat chez des chiens normaux, cessa d’être constaté au bout de six semaines. La bile, trouvée dans les voies biliaires en période de jeûne, était plus concentrée. L’autre chien avait un écoulement biliaire permanent. Ces animaux furent observés pendant deux mois après l'opération.

Après 1914, il y a, en Europe, une pause de plusieurs années en ce qui concerne les travaux expérimentaux sur cette question. En Amérique, par contre, il a été publié, pendant cet espace de temps plusieurs travaux, notamment en 1917 celui de Judd et Mann et en 1918 celui de Eisendrath et Dunlavy: Ces derniers auteurs ont mesuré la pression intracholédocienne après cholécystectomie. Ils ont constaté que la pres-

Hanoi

sion biliaire commençait par augmenter dans le cholédoque, puis elle se réduisait pour devenir presque nulle après quarante jours. C’est ainsi qu'après ce délai la pression varie entre 0 et 40 millimètres d’eau, alors que dans les conditions normales elle est de plus de 150 millimètres. Aussi ces auteurs envisagentils la possibilité de pratiquer une cholécystectomie pour guérir les pancréatites par un mécanisme de dilatation du sphincter d’Oddi, dans le but de supprimer le reflux de la bile dans le pancréas.

En 1921, Specht publie une série d'expériences plus longues sur l’évacuation de la bile plusieurs mois après la cholécystectomie. II fit, six mois après l’opération, une duodénostomie et trouva pendant l’état de jeûne, dans deux cas, une évacuation de bile comme chez les animaux normaux, c’est-à-dire qu’un peu de bile et de suc pancréatique s’évacuait seulement toutes les heures. Après injection de 20 cc. de peptone de Witte à 5 %, une évacuation de bile jaune feuille morte commence deux minutes après par saccades ; vingt minutes après, elle diminue et cesse dix minutes plus tard. La quantité évacuée est de 10, 12, 14 cc. Par une nouvelle injection, deux heures plus tard, Specht obtint le même résultat ; mais par injection immédiatement après la première, aucune évacuation ultérieure ne fut obtenue. Après le repas, l'évacuation de bile est abondante.

Dans un cas, Specht a fait une duodénostomie trois mois après et trouvé une évacuation presque permanente, c’est-à-dire, pendant le jeûne, quelques gouttes de temps en temps. Deux minutes après l’injection de

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