MAR
dans les cas de cholécystectomie partielle, au nombre de quatre, le cholédocho-hépatique était normal.
En 1913, Rost opère quelques chiens et tire la conclusion que l’on peut diviser les cholécystectomies en deux groupes. Dans le premier les animaux ont un hépato-cholédoque dilaté dans sa partie moyenne et dans sa partie supérieure. Ces animaux se comportent fonctionnellement comme des animaux ayant une vésicule biliaire. Dans le second groupe, il s’agit d’animaux dont les voies biliaires sont peu ou pas dilatées.
Pendant la période de 1914 à 1920, seuls des travaux américains vinrent augmenter la liste des expériences. En 1916 Lapenta, en 1917 Judd et Mann, en 1918 Eisendrath et Dunlavy aboutissent à des conclusions à peu près identiques à celles des travaux antérieurs. Les derniers auteurs publient des cas de réintervention chez l’homme après cholécystectomie. Ils notent une. dilatation très marquée du cystique et une augmentation appréciable du calibre des voies biliaires.
Specht, en 1921, fit huit fois la cholécystectomie sur des animaux et conclut qu’on trouve souvent une dilatation du cholédoque au carrefour, c’est-à-dire dans le voisinage de l'entrée du canal cystique, mais jamais des autres voies biliaires.
Dahl Iversen, de Copenhague, publie, en 1924, un important travail sur la question de l’état des voies biliaires après cholécystectomie. Il passe en revue les expériences antérieures et a une tendance à conclure différemment. Il enlève la vésicule dans quinze cas et, après des durées variables, il trouve un canal cystique un peu dilaté et un hépato-cholédoque non modifié.
TO
Dans 14 cas, l’auteur enlève vésicule et canal cystique et ne constate après deux à trois cents jours aucune dilatation de l’hépato-cholédoque, ni modification de l'arbre biliaire.
Dans une autre série d'expériences, Dahl Iversen ne trouve qu'un peu de dilatation au carrefour des voies biliaires dans trois cas et un peu de dilatation diffuse dans un autre cas. La dilatation trouvée est, pour lui, indépendante du temps écoulé.
En résumé, Dahl Iversen conclut que l’extirpation de la vésicule biliaire et du canal cystique ne cause pas nécessairement de dilatation du cholédocho-hépatique. La dilatation trouvée est dans tous les cas petite et, le plus souvent, localisée au carrefour seulement. L'auteur considère l’acceptation d’une dilatation compensatrice des voies biliaires après la cholécystectomie comme injustifiée. |
Robert C. Coffee publie, en 1926, deux observations où des réinterventions furent pratiquées pour des accidents divers chez des malades ayant été cpérés de cholécystectomie l’un depuis six mois, l’autre depuis dix-neuf ans. Dans les deux cas ils constata une dilatation marquée des voies biliaires accessibles. Il explique cette dilatation par le fait de l’augmentation de pression de la bile dans le cholédoque coïncidant avec la fermeture du sphincter d’Oddi.
Ayant considéré comme constante la dilatation des voies biliaires après cholécystectomie, Homans a essayé de découvrir chez les opérés des symptômes caractéristiques de cette dilatation. II releva de nom-
breux symptômes ne présentant pas de liens évidents
FO) ie
entre eux. En un mot, il ne put tracer un tableau clinique correspondant à la dilatation des voies biliaires.
Enfin, pour compléter l’historique de cette question importante de la dilatation des voies biliaires après cholécystectomie, on ne peut pas méconnaitre le travail le plus récent celui du chirurgien italien Canavero. Cet auteur exprime au cours d’un remarquable exposé les résultats de nombreuses expériences pratiquées par lui sur des chiens. Il étudie d’abord la longue série des expériences antérieures, essaie de les coordonner et d’y trouver des idées d’ensemble que ses expériences viendront corroborer. Ce qui fait, nous semble-t-il, la valeur de ce travail, c’est la conscience qu'a eue son auteur de la difficulté d’une conclusion sur cette question. Il n’a pas voulu conclure uniquement d’après ses propres expériences, mais d’après toutes les expériences faites jusqu’à ce jour. Il a appuyé ses conclusions de solides données physiologiques et ne s’est pas contenté d'observer macroscopiquement les conséquences de la cholécystectomie mais il a voulu que des examens histologiques viennent éclairer des points encore obscurs. La rigueur de ce travail et sa parution récente nous engagent à l’analyser un peu longuement.
Canavero insiste sur quelques points importants de la physiologie de la vésicule biliaire. Loin d’être un organe vestigial au même titre que l’appendice, comme lJ’avaient voulu les Américains, la vésicule n’est pas un simple réservoir mais un régulateur du débit de la bile. Nous savons que la vésicule est le siège de phénomènes de résorption pour l’eau et les sels solu-
PRNO CE
bles, tandis que d’autres éléments, comme les sels biliaires, les pigments, les savons, les graisses, la cholestérine, la mucine, les lécithines, les sels non solubles, s’accumulent grandement dans la bile vésiculaire.
La rapidité avec laquelle les liquides sont absorbés par les paroïs de la vésicule est démontrée à la suite des expériences de Rows et Mac Master qui prouvent que le passage de la bile dans la vésicule est suffisant pour obtenir une concentration de deux à huit fois plus forte. Les auteurs sont d’accord pour dire que l’ablation de la vésicule prive l’organisme d’un régulateur important de la pression dans les voies biliaires intra et extrahépatiques, la vésicule facilitant par ses contractions périodiques la chasse biliaire au moment où le chyme passe dans le duodénum.
Canavero considère comme nécessaires ces quelques données physiologiques pour concevoir l’étiologie de la dilatation des voies biliaires après cholécystectomie.
Au cours de l’exposé de quelques-unes des expériences faites par l’auteur italien, nous nous efforcerons de négliger tout ce qui a trait à la technique opératoire pour ne nous attacher qu'aux résultats qui nous intéressent. Nous délaisserons volontairement pour le reporter à d’autres chapitres, tout ce qui se rapporte à la formation d’une « néo-vésicule » ainsi que tous les résultats histo-pathologiques.
Les expériences de Canavero peuvent être réparties en trois séries d’après la durée qui a séparé la cholé-
cystectomie de la seconde intervention.