XV. - Pièce O
(Page 25.)
Du 7 mars 1815.
A onze heures du matin, le Conseil municipal exlraordinairement convoqué, ensuite de l'autorisation de M. le préfet, ont été présents : MM. Renauldon , maire; de Pina Saint-Didier, Beyle, Maurel , Dubois, Borel S l -Victor, de Barrai (Ch.-Jos.), Piat- Desvial, Chanriont, de Pisancon, Breton, Gerboud, Bernard et Flauvan.
M. le maire a fait lecture d'une lettre de M. le préfet, en date de ce jour, qui autorise la convocation du Conseil municipal; il a annoncé ensuite que M. le préfet lui avait fait connaître l'intention où il était de lui donner communication des lettres qu'il venait de recevoir, et de préciser plus particulièrement les précautions à prendre pendant les circonstances actuelles. Un instant après, M. le préfet est entré dans la salle du Conseil; il a fait lecture de la lettre qu'il venait de recevoir et dont le contenu est inséré dans la proclamation suivante :
f Une dépêche télégraphique, signalée à Paris hier G mars, à » cinq heures précises du soir, vient de nous parvenir; elle nous » est transmise à l'instant par le courrier de M. le comte de
> Chabrol, préfet du Rhône; la lettre de ce magistrat est datée * de Lyon, 6 mars 1815, à dix heures du soir. Ces dépêches
> annoncent :
> Que son Altesse royale Monsieur, frère du Roi, se rend en » toute hâte à Lyon , pour prendre le commandement de l'ar-
> mée qui se forme dans cette place.
> Nous nous empressons de publier celte nouvelle et de rap-
> peler aux fonctionnaires et aux administrés les motifs que nous
> avons exprimés dans nos précédentes proclamations, et tous t les sentimens de fidélité qui doivent les attacher au Roi.
» Fait à Grenoble, en l'hôtel de la Préfecture, le 7 mars 1815.
Signé : Fourier.
Il a dit que peut-être la ville serait attaquée; que, dans ce cas, le devoir de tous les membres du Conseil municipal étoit de se trouver à l'Hôtel de Ville en séance permanente pour délibérer sur les moyens qu'il y aurait à prendre afin de maintenir l'ordre
et la tranquillité, faire respecter les personnes et les propriétés, qu'ils doivent même aider M. le maire dans ses opérations.
M. le préfet s'est retiré à midi et demi après avoir reçu les remercîmens du Conseil municipal des communications qu'il a bien voulu lui faire.
M. le maire a annoncé à MM. les membres du Conseil que la séance était levée pour le moment , mais qu'elle était prorogée pour deux heures après-midi (1).