LES ACTES ADMINISTRATIFS ET LES NOUVELLES POLITIQUES ET LITTÉRAIRES
Préfecture do département de l'Itère.
PROCLAMA TION du préfet du département d» l'Isère , a tous les habitons de ce département.
Une nouvelle extraordinaire vient de nous être transmise par la cor-
respondance des Préfectures, et nou s avons jugé convenable de la rendre publique , après avoir pris les mesures qu'exige de nous le maintien de l'ordre, et qui ont été adoptées par les autorités civiles et militaires réunies.
(1) M. Augustin Blanchet, auteur de l'ode qui avait paru l'année précédente, lors de la première invasion ( Voir pag. 35). (î) Parmi les pièces que ce n<> supprimé renferme , j'ai choisi seulcin
GO
L'avis qui nous a été donné par M . le Préfet du Var est daté de Fréj us, du 2 mars, à sept heures et demie du matin; il porte que Buonaparte vient de débarquer au golfe Juan; il s'est dirigé sur Grasse. Ceux qui l'accompagnent assurent que son but est de marcher par Digne et de s'avancer dans les Hautes-Alpes. La première dépêche annonçait qu'il est accompagné de seize cents hommes : une seconde lettre, arrivée cette nuit, porte qu'il a millo à onze cents hommes seulement.
Tous les département du Midi sont • avertis, la nouvelle en est arrivée à Lyon, et les lettres que nous venons de recevoir font connaître que toutes les dispositions qu'exige la sûreté publique ont été prises.
Nous invitons tous les citoyens , au nom du gouvernement du Roi et pour l'intérêt évident de notre Patrie , à donner aujourd'hui de nouveaux témoignages des sentimens qu'ils ont fait éclater dans des circonstances beaucoup plus difficiles :
si quelqu'un pouvait oublier que son premier devoir est d'obéir aux autorités, comme le nôtre est de maintenir le respect dû au gouvernement de Sa Majesté, et de veiller à la sûreté des propriétés, il sera arrêté sur-le-champ et puni sévèrement , conformément aux lois constitutionnelles .
Tout ce qui pourrait tendre à fomenter la guerre civile et à violer la Charte constitutionnelle de l'état, doit exciter une indignation générale.
Tout attroupement au dedans ou au dehors de la ville est de nouveau expressément défendu, et sera dissipé par la force armée.
Les armes qui, par ordre exprès du Ministre de la guerre, avaient été déposées pour être présentées à l'inspection, seront, sans aucun délai, rendues aux personnes qui les ont remises.
La connaissance que nous avons des sentimens qui animent la Garde nationale de cette ville, l'expérience que nous avons de son zèle, nous suffisent pour autoriser cette détermination, et nous sommes persuadé que le Gouvernement l'approuvera ; elle va reprendre son service en exécution des lois.
Fait et arrêté à Grenoble , en l'hôtel de la Préfecture , le 5 mars
Le Préfet , Jh FocfttER.
Par le Préfet :
Le Secrétaire-général, Beaitort.
PROCLAMA TIOS aux soldats de la 7« ditrision militaire.
Soldats !
Bonaparte a débarqué sur nos côtes, et il s'avance dans l'intérieur de la France ; souvenons-nous qu'il nous a dégagés de nos serments, et que nous en avons prêté d'autres au Roi.
Vous serez fidèles à l'honneur et à votre devoir, et cet orage sera bientôt dissipé ; nous verrons alors notre belle patrie redevenir puissante et heureuse. Si, au contraire, vous vous laissiez aller à des conseils perfides, tous les malheurs viendraient fondre sur nous. La France serait encore envahie par les armées étrangères , vos parens pillés, vos villages ravagés, et nos ennemis se partageraient notre pays.
Soldats, vous connaissez vos chefs, vous savez qu'ils sont incapables de
celles qui ont trait à l'histoire de notre cité en 1815. Le reste de ce no est rempli par plusieurs articles conservés dans le no 29 publié, par un extrait du Times sur l'importation des blés étrangers en Angleterre ; par un article, daté de Berlin, sur les opérations du Congrès au sujet des possessions futures de la monarchie prussienne, et par une eharade \ mais ces pièces n'ayant aucun rapport avec le sujet qui nous occupe, je ne juge pas opportun de les reproduire.
vous conduire ailleurs que sur le chemin de l'honneur. Vos chefs ont une entière confiance en vous; écoutée toujours notre voix , et la patrie ne deviendra pas la proie de l'ennemi.
Le lieutenant-général ,
Comte Marchand.
Communication officielle du Préfet du département de l'Isère , à ses administrés.
Une lettre de M. le maréchal prince d'Esling, datée de Marseille, du 4 mars 1815 , et adressée à M. le lieutenant-général comte Marchand, annonce que M. le lieutenant-général comte Miollis, parti avec le 88« régiment et six compagnies d'élite du 58 e , est à la poursuite de Buonaparte. Le restant du 58* suit le même mouvement , et leur but commun est de couper, s'il est possible, la marche de l'ennemi. Cette dépèche est terminée ainsi : Je ferai tous mes efforts pour favoriser vos mouvemens et vous seconder de tout mon pouvoir.
Signé : le maréchal duc de Rivoli, gouverneur de la 8 e division militaire, prince Eslinc.
La dépèche de M . le maréchal est accompagnée d'une lettre de M. le comte de Boulhilher, préfet du dé-
Siartement du Var, qui porte que la orce de l'ennemi est de mille hommes, que son département, où le passage a eu lieu, est aussi tranquille que possible , et que cet événement
n'a fait écarter personne de son devoir.
Certifié conforme aux lettres cidessus déposées en nos archives.
Le Préfet du département de l'Isère, Jh Foirikr. Grenoble , en la Préfecture , le 6 mars 1815.
Communication officielle du Préfet du départevient de l'Isère , à ses administrés.
Une dépêche télégraphique, signalée à Paris hier 6 mars, à 5 heures précises du soir, vient de nous parvenir; elle nous est transmise a l'instant par le courrier de M. le comte de Chabrol , préfet du Rhdne; la lettre de ce magistrat est datée de Lyon, 6 mars 1815, à 10 heures du soir. Ces dépèches annoncent :
Que son Altesse Royale Monsieur, frère du Roi, se rend en toute hâte à Lyon , pour prendre le commandement de l'armée qui se forme dans cette place.
Nous nous empressons de publier celte nouvelle et de rappeler aux fonctionnaires et aux administrés les motifs que nous avons exprimés dans nos précédentes proclamations, et tous les sentimens de fidélité qui doivent les attacher au Roi.
Fait à Grenoble, en l'Hôtel de la préfecture, le 7 mars 1815.
Le Préfet du déparlement de l'hère, Jh Fourier.