CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
Sans relever ici toutes les particularités de ces observations, je suis autorisé, je pense, à présenter les conclusions suivantes :
1° Au point de vue de l'étiologie, si dans quelques cas une maladie antérieure de l'appareil génital a été observée, rien de semblable n'a été noté dans les autres.
2° Les premiers accidents et les troubles fonctionnels ont débuté dans toutes les observations dès la fin du premier mois.
3° Ces accidents ont été constitués par des phénomènes péritonitiques et des troubles fonctionnels du côté de l'intestin et de la vessie.
4° L'expulsion d'une caduque a manqué dans la plupart des cas.
5° Les règles sont toujours supprimées pendant la grossesse extra-utérine et ne reparaissent que deux ou trois mois après la mort du fœtus.
6° Les rapports de l'utérus avec le kyste fœtal sont absolument variables ; si l'utérus est le plus souvent repoussé en avant, on peut le rencontrer en arrière, sur les côtés et même il peut, comme le prouve une de mes observations, ne pas être déplacé et rester au centre de l'excavation.
7° Les fœtus meurent souvent avant leur complet développement puisqu'une seule fois le fœtus fut trouvé avec un poids normal.
8° Le kyste fœtal, le plus souvent immobilisé par des adhérences dans la cavité abdominale, peut être mobile comme dans mon observation V. Il peut même, fait sur lequel j'insiste, car je ne l'ai vu noté nulle part, présenter des contractions aussi fréquentes et aussi énergiques que l'utérus.
9° Le kyste fœtal peut être entouré par des anses intestinales passant en avant et tellement adhérentes qu'on ne puisse les décoller (obs. VI et XI).
10° Le kyste fœtal présente toujours deux loges, l'une fœtale, l'autre placentaire, pouvant se rompre séparément.
11° Quelquefois la loge fœtale peut être bilobée, présenter des étranglements et rendre l'extraction du fœtus difficile ou impossible, comme le montre la VIIe observation.
12° Le kyste fœtal dans certains cas, par ses rapports avec le bassin, la vessie et l'utérus, est plus facilement accessible par la voie vaginale que par la voie abdominale. Ce sont ces dispositions qui doivent imposer soit 1 elytrotomie, soit la laparotomie.
13° Ces observations montrent les dangers que peut offrir la méthode qui consiste à vouloir toujours enlever le kyste et, au contraire, les avantages de l'extériorisation simple du kyste.
14° Elles mettent en évidence ce fait que, dès que la mem-
brane granuleuse apparaît à la face interne du kyste on peut et on doit pratiquer la délivrance artificielle.
15° Les observations X et XII sont des exemples bien nets de la rupture du kyste à une époque avancée de la grossesse sans production d'hémorrhagie ni de péritonite et de la tolérance des intestins en rapport avec un fœtus à nu dans la cavité abdominale. Elles semblent prouver également qu'après le 3° mois qui suit la mort du fœtus, on peut procéder sans danger à l'extraction immédiate du placenta.
16° L'observation VI doit appeler l'attention sur les accidents graves qui peuvent se montrer quelques joui s après la mort du fœtus.
17° Enfin, toutes ces observations mettent en relief, je pense, les grands bénéfices que l'on peut retirer d'une intervention judicieuse dans le cas de grossesse extra-utérine puisque, rassemblant les observations qui précèdent et celles publiées antérieurement (1) j'ai le tableau ci-dessous qui donne sur 12 femmes opérées 11 femmes guéries. La seule femme qui ait succombé a été opérée in extremis.
(1) Voyez Annales de gynécologie, avril 1889.
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