‹ Documents pour servir a l'histoire de la médecine a LyonChapitre 30 sur 45 · DEUXIÈME PA1TIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PA1TIE

' Elle nous parait être invraisemblable et ne reposer sur aucun document >'■ ientique.

D’abord, en 1789, les Collèges de Médecine et de Chirurgie existaient encore et ils représentaient le corps médical lyonnais dont ils constituaient l'élite. On n’y était admis qu'après des épreuves sérieuses, on y voyait figurer les professeurs de diverses branches de l’art de guérir, des chirurgiens des hôpitaux et cette situation dura jusqu'au 18 août 1792. On ne saisit donc pas pour quelles raisons il se serait formé une autre compagnie ayant le même but. La création de sociétés nouvelles rencontrait à cette époque des formalités, des lenteurs administratives dont celles de nos jours n’offrent qu'une faible image; elle exigeait aussi des protections puissantes et il n’est pas téméraire de penser que l’influence des deux Collèges déjà existants aurait été hostile à l'établissement d’une compagnie rivale ou au moins émule.

On pourrait, il est vrai, émettre l’hypothèse qu’en 1789 deux ou plusieurs médecins auraient pu se réunir régulièrement pour traiter de leur art et de leurs intérêts professionnels; ils auraient alors constitué des réunions privées. A cette supposition, nous répondrons que la Société actuelle de Médecine, héritière, sinon directe, du moins très légitime, des anciens Collèges de Médecine et de Chirurgie, n'a pas à rechercher son origine dans une association en quelque sorte clandestine, dont l’existence d’ailleurs est loin d’ètre démontrée.

En effet, pendant les premières années de la première République, aucun procès-verbal, aucune publication, aucun document à notre connaissance ne font mention d’une compagnie portant cette dénomination. De 1789 à 1798, il n’en est point fait mention dans les almanachs de Lyon, sortes d'annuaires qui donnaient le tableau des divers services administratifs, des Sociétés savantes de la Gté et y joignaicnt^avcc un court historique, les noms, les titres et les adressés des membres de ces Sociétés.

C’est à la fin du troisième et dernier volume publié par la Société de Santé que nous avons vu figurer pour la première fois le nom de la Société de Médecine à propos d’une lecture Jaite par \L Pctetin. C’est à ce moment, en l’an VI (1797), que la Société de Santé opérait sa transfor-

MOTtS-AGE ET TEMPS MOOCKNLs

motion et c’est à cette date qu’il faut rapporter l'origine de la Société de Médecine.

Nous avons trouvé la confirmation de cette donnée dans un opuscuie de la Bibliothèque de la Ville (Fonds Caste, carton 978). Il a pour titre ;

Séance publique Je la Société Je Médecine Je Litm, tenue en présence Jet antorités civiles et militaires, le t S fructidor an FU, dans le local d: la BiNieebéque publique : Lwn, chez Re\mann cl C" , rue Dominique, 7;. Au FUI de la République .

Ce petit livre constate l’existence de la Société de Medecwe en l’an VII (1798). Il y est dit aussi que cette réunion solennelle n’était pas la première. Il y en avait donc eu une précédente, en l’on VI. Nos intornutions 11c remontent pas au-delà.

En l’an IX (1800), la Société de Médecine comptait 20 membres actifs, 5 membres honoraires, 77 associés étrangers et 25 correspondants .

Ainsi, depuis 1576, la médecine lyonnaise a été représentée par ie Collège de Médecine auquel est venue s’adjoindre, sous Louis XVI, la Corporation des chirurgiens transformée en Collège. En 1792, ces deux corps savants ont été dissous. La même année s’est formée la Société privée des Amis Médecins, dispersée après le siège et reconstituée sous le nom de Société de Santé après le 9 thermidor an II (27 juillet 1794;. Cette Société a pris une importance considérable, puisqu'elle avait des membres actifs, des associés étrangers et qu’elle était consultée par les pouvoirs publics. C’est elle qui a réuni médecins et chirurgiens dans une même association et qui, en élargissant scs cadres, a constitue en 1 an \ 1 la Société actuelle de Médecine.

L'almanach de l’an VII (1798) désigne sous le nom de physico-médicale une Société qui se réunissait au Palais Saint-Pierre et dans laquelle on traitait les questions de médecine, de chitvrgie, d’histoire naturelle. Est-ce là une dénomination intermédiaire par laquelle a passé la Société de Santé avant de devenir la Société de Médecine, c’est une question que nous n’avons pas encore résolue.

S’il a existé en <789 une Société dé Médecine distincte des deux

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