‹ Documents pour servir a l'histoire de la médecine a LyonChapitre 34 sur 45 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Cene médaillé, frappée en or, argent ou bronze, 450 millimètres et demi de diamètre. —

Communiquée par U docteur Bourland -Luslerbourg .

Le lait que sur ces deux dernières pièces le nom de la Société de médecine est gravé en creux et non en relief donne à penser qu’elles ne sont point spéciales 1 Lyon, mais que les coins ont été faits pour pouvoir satisfaire toute société de médecine qui voudrait en faire usage.

/. — Le Musée de Lyon possède l’essai en étain d’une médaille qui offre avec la précédente de très grandes analogies au point de vue du type : HIPPOCRATES. Buste drapé d’Hippocrate, 1 gauche.

if Lisse.

Etain. Diamètre, 50 millimètres et demi.

Dans le coûts de ce siècle, il s’est constitué à Lyon un certain nombre d’autres Sociétés composées exclusivement de médecins ou dans lesquelles ceux-ci ont eu un rôle prépondérant; elles ont eu pour but soit l’étude des sciences médicales, soit leur application au soulagement des nVsères qui les entouraient. Nous citerons seulement celles qui nous ont laissé quelques jetons ou médailles.

§ 5. — Société médicale d’émulation.

l'ondée en 1841, sous la présidence de M. le professeur Bouchacourt, elle comptait, dès sa première année, 23 titulaires et 19 correspondants. Elle était composée de b partie jeune et active du corps médical et elle a publié plusieurs volumes de mémoires. Malheureusement, elle n’avait pas des conditions suffisantes de renouvellement; ses membres finirent par faire presque tous partie de la Société de Médecine et elle s’éteignit après

huit ou dix ans d’existence, absorbée par celle dont elle avait été la brillante

émule. Voici le jeton qu’elle a fait frapper et que nous devons è l’obligeance du docteur Girin :

Lég. cire, à g. ARS USU, STUDIO, SAPIENTIA CRESC1T. Filet ~ au pourtour.

Lampe antique allumée, posée sur un livre. Ces deux objets me entourés par un serpent.

Exergue : charasse.

« SOCIÉTÉ | MÉDICALE | D'EMULATION I DE LYON | 1I41 Filet au pourtour. En cinq lignes horiaontalcs, entre une branche de chêne et une d’olivier liées par un ruban. Tranche lisse.

Argent. Forme octogonale. Grand diamètre, 3a millimètres (t’mr pi

S 6. — Dispensaire i.lxéral.

Il a été fondé en 1818. Frappés des dangers matériels et moraux qui résultent pour certains mabdes de leur séjour dans les hôpitaux, MM. les docteurs Terme et Gubian père, M. le curé Goulard cherchèrent a fonder une association analogue 1 celle qui fonctionnait déji avec succès i Paris et 1 Marseille et qui avait pour objectif le traitement des malades pauvres i domicile. Leur appel fut entendu et l’institution soutenue par des souscriptions annuelles et des dons divers a secouru chaque année des milliers de personnes. Elle étend son action sur toute b ville et compte parmi scs médecins des titulaires, des suppléants et des consultants. Ces derniers font partie de l’administration et mettent 1 la disposition de leurs confrères plus jeunes les trésors de leur longue et glorieuse pratique. Les malades jouissent donc dans les cas grâces ou obscurs du bénéfice gratuit de consultations données par les praticiens les plus éminents.

Voici le premier jeton frappé pour cette œuvre :

La parabole du bon Samaritain. Paysage au premier plan duquel un homme étendu sur le bord du chemin et dépouillé de ses vêtements est secouru par le Samaritain dont on soit le cheval i peu de distance. Dans le lointain, au bord de l’eau, une ville, sans doute Jéricho.

Exergue : vadk et tv eau simili te» | s'lvcCxVxxxui (Saint Lmc, chapitre x, verset jj).

Au-dessous et suivant le contour de la pièce : m' pénis e* (Manu. Penm, fecit). Grenetis.

q. DISPENSAIRE | GÉNÉRAL DE LYON | FONDÉ EN | MDCCCXVIII en quatre lignes horizontales. Grenetis.

Tranche lisse, arec le nom du métal gravé en creux.

Cuivre et argent. Diamètre, 34 millimètres.

Mu* de Lyon.

Le deuxième jeton laisse A désirer au point de vue du dessin, mais il traduit plus complètement b divine parabole que saint Luc nous a fai: connaître.

Un homme blessé et dépouillé de ses vêtements est assis A terre, adossé A un arbre. Devant lui, le Samaritain agenouillé bande ses pbies; derrière l’arbre, se tient le cheval sur lequel le malade va être transporté. A gauche de ce groupe, on voit s’éloigner le lévite qui a passé devant ce malheureux sans lui porter secours; plus loin, suivant le même sentier, marche le prêtre qui, le premier, a manqué de compassion ; tout au fond, l’hôtellerie où le Samaritain conduisit le blessé et paya b dépense.

Exergue : vade et tv fac | similiter | S'tvc'x’xxxvn en trois lignes horizontales. Au bas, vers le rebord de 1a pièce, d’un côté : L'ffrrin d-; de Tautre, L'pentn r- (L. Ptnin,fecit).

Filet au pourtour.

Revers semblable A celui du jeton précédent.

Tranche lisse.

Argent et cuivre. Diamètre, 33 millimètres.

MuUt dt Lyon.

S 7. — Société protectrice de l'Enfance.

Bien que cette Société soit, comme le Dispensaire, une institution de bienfaisance, elle est, comme celle-ci, latérale par tant de côtés A U médecine, que le lecteur nous excusent' de publier sa médaille, si médiocre qu’en soit l’exécution. Il ne faut pas oublier que ce sont les médecins qui, les premiers, ont jeté le cri d'alarme et signalé avec autant d’indignation que de persévérance les câroyab'es hécatombes perpétrées par l’allaitement mercenaire. A Lyon, A l’aurore de la seconde Société de protection établie

N OT EN-AGE ET TEMPS MOOiXXts

en France, nous trouvons dent médecins : le docteur Bxmer, qui en a été l’instigateur; le docteur Roder, qui eu a été un fondateur et le premia président. Enfin nos médecins ont été constamment mclès à F administration de cette oeuvre a A l’inspection de ceux quelle surveille nu défend.

Lég. rire. A g. : LAISSEZ VENIR A MO. LES PETITS ENFANTS.

Filet au pourtoui .

Le Christ nimbé, debout, A gauche, accueille et bénit des petits entants

Au-dessous, le nom du graveur stesn.

I Lég. cire. A g. : SOCIÉTÉ PROTECTRICE DE L’ENFANCE.

Aü-dessous : FONDÉE — EN i8dd.

A l’exergue : LYON.

Champ demeuré lisse pour graver le nom du lauréat dans une couronne formée d’une branche d’olivier « de tiges de lis liées par un ruban.

Tranche lisse.

Argent. Diamètre, 37 millimètres.

§8. — Omcias de santé.

C’est b loi du 19 ventôse an XI (iSoj) qui a créé des officiers de santé. c’est-A-dire des médecins jouissant A peu prés des mêmes prérvigatives que les docteurs, sans avoir A présenter les mêmes conditions dïnsmiction littéraire et de savoir professionnel. Depuis U suppression, en 179J, des Universités, des Facultés, des Corporations, les guérisseurs Je toutes sortes s'étaient rués sur les villes, les campagnes et les armées. Au commencement du siècle, on voulut mettre un peu d’ordre dans ce euhos, mais c’était difficile. Pour faire le moindre praticien, il faut du temps, des études, de l'argent; d’un autre côté, on ne voulait pas être injuste envers ceux qui avaient accompagné sur tant de champs Je bataille nos armées victorieuses et qui avaient ptôdigué A nos soldats, comme aux citoyens, ce qu’ils avaient d'aptitude et de bonne volonté, remplaçant par le télé la science qui leur faisait défaut. On décida, en conséquence : t* que les anciens médecins agrèges aux Collèges de médecine et de chirurgie seraient maintenus dans leura-droits et titres Je docteurs; s” que ce titre

DFi-xitMF Partie

serait i l'Avenir conféré i ceux qui pisseraient des examens satisfaisants devant une des six écoles établies dans le pays; }* que l'on pourrait accorder le titre d’officier de santé à ceux qui passeraient des examens moins étendus an point de vue des études littéraires et scientifiques, devant deux docteurs et un professeur nommés é cet effet. Le candidat devait justifier d’un stage de six ans chez un docteur, de cinq ans dans les hôpitaux ou de trois ans dans une des écoles établies.

Par dérogation i ces conditions, les préfets furent autorisés à délivrer sans examens un certificat qui tenait lieu de diplôme 1 ceux qui, depuis trois ans, exerçaient la médecine. Il y eut donc, dans le principe, deux catégories d’officiers de santé : ceux qui avaient passé des examens et ceux qui en avaient été exemptés. C'est sans doute à la première de ces classes qu’appartenait L. Porcheron, car il a eu soin de rappeler sur son cachet qu’il devait son titre à la loi et non à la faveur.

Légende ovalaire à gauche : OFFICIER'DE'SANTEAUTORISE-PAR- LA 'LOI (point, étoile, trois points) ; entre deux filets. Grcnetis extérieur.

Dans le champ, les lettres L P entrelacées, entourées de deux serpents onduleux dont les extrémités entortillées sont armées d'un dard.

Sceau de cuivre ovale. Diamètre, 40 et 30 millimètres et demi.

MtuU di Lyon.

MOVES-ACE ET TEMPS MOOtaxis

$9. — SoCitTtS DE PHAJLHAOE.

La pharmacie rentre de droit dans 000e ctude, puisqu’elle es une branche de l’art de guérir. Pendant le Moren-Age et jusqu’au milieu de xvnr siècle les apothicaires firent corporation avec les ni41 épiciers. L> jeton, frappé I Paris en 1710, témoigne de la parfaite égalité des deux professions. H porte h l’exergue, <T un côté : MARC°* APOTHICAIRES EPICIERS 1 1710! en 3 lignes ; de l'autre, comme pour éviter toute difficulté de préséance : MARC* EPICIERS ET 1 APOTHICAIRES ; 1710.

A Lyon, les deux professions paraissent être restées assez longtemps confondues, car, sur la liste des maîtres de métiers, commençant en »>>*. on voit de suite figurer la qualification d’épicier, tandis que celle d "apothicaire apparaît seulement en 1 374 et reste alors distincte de 1a précédente.

Nous trouvons dans l’ouvrage de Dagier qu’en t J ; t les fpicias n apothicaires se chargèrent du service pharmaceutique du grand Hôtel-Dieu.

Ds ne paraissent pas s’ètrc tenus longtemps renfermes dans leurs attribution?, car, en 1332, les médecins de cet hôpital réclament des administrateurs que les apothicaires ite puissert soiçwer les malades. En 1577, nouvelles contestations. En 1619, les apothicaires élevèrent des primions bien plus hautes et ils faillirent réussir; ils obtinrent un instant le Jroi: Je destituer les chirurgiens.

A cette tpoque, la polypharmacie régnait en souveraine ; les compositions galéniques étaient des plus complexes et il n’était pas prudent d’élever Je? doutes sur la qualité et la quantité des ingrédients qu'elle? devaient contenir, témoin le médecin Pons, qui, en 16;:, fut poursuivi comme calomniateur pour avoir avancé qu’on n’avait pas mis Je slorax dans la thériaque Je l’Hôtel-Dieu, préparation célèbre qui se faisait en présence Jes délégués du Collège de médecine et des maîtres apothicaires.

Le stage dans les hôpitaux était, alors comme aujourd'hui, une école teclierchée et qui faisait obtenir quelques laveurs. Ainsi, 1 partir Je If 10 les élèves, choisis par les recteurs et qui avaient sers i pendant six années à l’Hôtel-Dieu, devenaient maîtres de droit après un seul examen passé en

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