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CHAPITRE TROISIÈME

Hôpitaux. Leurs armoiries.

Nous serions justement tués d’ingratitude si nous omettions de parler de nos Hôpitaux dont on peut dire sans exagération qu’ils çni fait la chirurgie et It médecine lyonnaises. En effet, leurs annales témoignent fréquemment de la sollicitude des recteurs-administrateurs pour ces deux intérêts solidaires : le soulagement des malades et les progrès de la science médicale. Ainsi, en 1586, on les voit traiter avec un praticien renommé, Nicolas Oamour, pour toutes les opérations importantes. Atïn d’assurer le service en temps de calamité publique, ils obtiennent par lettres patentes de Louis XIII des avantages considérables pour les compagnons chirurgiens d condition que ceux-ci soigneront gratuitement les malades en temps de peste ou de contagion. En 1 6 j 2, ils agréent la demande des delegués du Collège de chirurgie qui sollicitaient une chambre d l'HUcl-Dieu pour traiter commodément de leur art. Ceux-ci, en échange promettent d’etre utiles aux pauvres en temps d’épidémie. Mais la mesure qui a le mieux établi la grandeur de la chirurgie lyonnaise fut l’établissement en 1788 du concours public. Le jeune chirurgien encore élève, choisi par les recteurs après avoir subi ses épreuves devant les médecins de la maison et les chirurgiens de la Ville, était envoyé pendant deux ans d Paris pour se perfectionner dans son art. Il était ensuite attaché pendant trois ans au chirurgien en chef de l’Hôtcl-Dicu. Alors seulement il était agréé maître après les examens d’usage.

Le premier concours médical eut lieu en iSii. Depuis le commencement du siècle surtout on voit les recteurs-administrateurs appeler d eux par le concours et par divers avantages l’élite de la jeunesse studieuse; ils ouvrent plus largement aux élèves les ressources variées qu'offre d Tins-

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deuxième ruro

truction clinique le grand nombre des malades; ils exécutent dans la mesure du possible les améliorations réclamées par le corps médical, enfin ils usent de leur influence auprès des pouvoirs publics pour assurer aux étudiants un enseignement médical régulier et plus complet que celui qu'ils avaient pu donner jusqu’alors. C’est en 1821, que sur le vceu de l’administration hospitalière, le Conseil royal de Pmstniciion publique établit à Lyon une école secondaire de médecine transformée aujourd'hui en Faculté. Bien que cette école relevât de l’Etat, son administration eut avec celle des Hôpitaux de nombreux points de contact. Le chirurgienmajor était de droit professeur de clinique. En 1828, les élèves prenaient encore leurs inscriptions au Secrétariat de l’Hôtel-Dieu, et quelques-uns de nos anciens maîtres se rappellent le temps où les dissections se pratiquaient â l'hôpital dans une chambre transformée aujourd’hui en grenier et voisine de la salle actuelle de clinique médicale.

Un mot donc sur ces établissements qui ont laissé avec une instruction solide de chers souvenirs à tout ce qui pratique à Lyon l'an de guérir et qui relèvent de notre étude soit par les travaux archéologiques qu’ils ont inspirés soit par leurs armoiries dont les émaux soulèvent une intéressante discussion.

En {42, sur la demande de l'évèque Sacerdos, le roi Chiltlelbert I", fils de Clovis, et sa femme la reine Ultrogothe, fondèrent dans notre Ville le premier hôpital établi en France et peut-être en Europe. Notre savant archiviste, M. Guigue a établi sur des probabilités équivalant presque à 1a certitude que ce premier refuge destiné aux malades et aux voyageurs fut bâti sur la rive droite de la Saône, sur l’emplacement occupé aujourd'hui par 1a place de l’Ancienne Douane. Les titres de fondation ont été perdus mais ils sont rappelés dans le 1 5* Canon du y Concile d’Orléans, en 549. En 1503, le bâtiment abandonné depuis longtemps fut vendu, démoli et son prix versé entre les mais des recteurs de l’hôpital de Notre-Dame-de- PilU du pont du Rbiru qui avait été fondé à la fin du xu siècle, vers tt8o, presque en même temps qu'étaient commencés les travaux de construction du pont.

Administré dans l’origine (1180-1309) par les Frire s pontifes, puis par les

MOTEX-aCC ET TEMPS MOOEJIVES

religieux de Haute-Combe, I’hôpioi de Notre-Damc-dc-Pmc passa c» 1314 entre les mains des religieux de 1a Chassagne qui, écrasés comme iears prédécesseurs sous la charge qu’ils avaient acceptée, la transmirent aux Consuls en 1478. Ceux-ci prirent le titre de Râleurs udmimstrutenrs du [ rond HMd-Dia et de Smm-LuwrtMt-des-Fifuts. En 1 583, ils remirent la durcaou des Hôpitaux à six bourgeois et marchands, origine de Tadministrariao actuelle. Les servantes des pauvres étaient â ce moment des filles repenties, désireuses d'effacer par le dévouement les fentes de leur passé. Depuis, on a exigé pour leur ulmission des antécédents irréprochables. On leur donne depuis 1690 le nom de serurs bien que l’administrctiao, craignant peut-être l'ingérence du clergé dans scs affaires, se soit dés 1398 constamment opposé â leur affiliation à un ordre religieux quelconque. Bien plus, on a vu parfois aux siècles passes des servantes des pauvres quitte, la maison pour se marier et recevoir des recteurs une petite dot en récompense de leurs services. C’est en t66S qu'on leur a donne 1a croix d'argent, témoignage â 1a fois de la protection administrative et de leur longue abnégation.

L’hospice de la Charité doit son origine â la générosité dont firent preuve les habitants de Lyon pendant la terrible famine de 1531. Lorsque les secours furent suspendus et qu'on arrêta le compte des dépenses, on trouva un reliquat de 596 livres, 2 sols, 6 deniers. Tous ceux qui avaient concouru au soulagement des affamés, officiers du roi, ccherins notables, bourgeois, étrangers allemands, florentins, génois, lucquois, milanais, furent convoqués au courent de Saint-Bonavcuture et lâ ils décidèrent â l'unanimité d’employer cet argent â la fondation d'un établissement permanent destiné dans leur pensée â secourir ics enfants, les voyageurs et â éteindre, s’il était possible, la mendicité. Cette fondation prit le nom d’Aumône générale. Depuis cette époque (1534) scs ressources et ses charges sc sont considérablement accrues et clic est aujourd’hui l'hospice de la Charité.

Après ce rapide historique arrivons â l’examen des armoiries de nos Hôpitaux.

Quand, au siècle dernier, éclata la Révolution, elles furent supprimées et

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