DEUXIÈME PARTIE
xvui' siècle les lois de l’an héraldique n’étaient pas observées avec une grande rigueur ; elles furent oubliées pendaat la première République et de nos jours le nombre de personnes qui y attachent quelque intérêt s’est bien restreint. On conviendra pourtant que lorsqu’on veut établir ou rétablir un blason il est préférable de le faire correctement. Or les recherches que nous avons faites pour savoir si la modification citée plus haut est justifiée, nous ont incliné 1 croire qu’en 1814 on n’avait pas pris un bien grand souci de la tradition. Cette indifférence parait avoir préoccupé le savant auteur de l’ Armorial du lyonnais qui malgré les peintures de Revoit, malgré la médaille frappée en 1845, passe sous silence les armes de l’Hôtel-Dieu et ne se prononce pas sur la couleur des émaux dans l’écusson de l’hospice de la Charité.
Nous avons pensé que pour résoudre la question avec certitude il fallait remonter aux documents antérieurs à 1789 et s'appuyer sur eux. C'est ce que nous avons fait.
M. Dissard a bien voulu nous communiquer deux pièces qui appartiennent au Musée de Lyon et jettent quelque lumière sur la difficulté qui nous occupe. La première est un sceau dont voici la description et le dessin :
Ecusson parti aux armes de Lyon et de la Charité. Il est placé sur un cartouche orné de deux palmes et surmonté d'une couronne de baron. Cuivre jaune. Sceau ovale. Diamètre 30 et 33 millimètres.
Les ornements qui l’accompagnent indiquent qu’il est antérieur à la Révolution et se rapportent .u commencement du règne de Louis XV.
MOYEM-AGE ET TME«. MUDÏXXES
L’intérêt de cette pièce consiste en ce que les émaux y sont tracés. Sur le parti de Lyon les rayures verticales indiquent très nettrmew le champ de gueules et l'azur du chef est affirmé par les traits horizontaux. Le second parti nous montre la Charité assise de face, tenant un enfant 1 sa gauche ; on en voit on autre plus petit 1 sa droite. Dans le champ, ou remarque une flamme et quelques pointillés annonçant que le fond en d'or.
Ainsi d'après ce petit monument authentique et antérieur à 1789 on peut affirmer que le fond de l’ccusson de b Charité est d’or; par conséquent b Charité doit être de couleur car, sauf de très tares exceptions, on ne met pas métal sur métal.
Le second objet dont noos allons parler confirme u complète les indications fournies par le premier. C’est une boite en bois, haute de a; centimètres, ayant b forme d’un cône tronqué dont les diamètres extrêmes sont de 173 et it6 millimètres. Elle est munie d’une armature en fer large de 3 centimètres qui garnit toute sa hauteur, passe sur le couvercle en permettant, au moyen d’une charnière, de l’ouvrir et s’arrête au tiers supérieur du côté opposé où son extrémité s’adapte à une serrure. Sur la surface courbe sont peintes les armes de la Charité et pour qu’on ne les méconnaisse point une inscription en deux lignes pbcèes l’une en haut, l'autre en bas, porte ces mots : TRONC DE L AVMOXElGEXERALLE.
L’écusson est parti de b Ville et de b Charité. Pour le premier le fond est de gueules ; le lion d’argent; le chef d’azur et les trois (leurs de lis d’or; pour le second la Charité est représentée au naturel, vêtue de gueules et d'azur avec un tablier d'argent ; elle a près d’elle trois enfants nus de carnation l’un sur le bras droit, l’autre à gauche, le troisième plus grand, debout, 1 gauche.
Toutes ces couleurs sont parfaitement conservées. Celle du fond est altérée mais clic n’est assurément pas Je sable ; sa teinte est violacée et ne saurait avoir été que d’or ou dVj’nt/, b Charité étant Je roz-W.
Nous pensons donc qu'en réunissant les indications fournies par le sceau et le tronc de l’aumône générale, deux pièces anciennes et authentiques, on doit, en se conformant à la tradition, blasonncr ainsi les armes de la Charité :