DEUXIÈME PARTIE
D'or à une CbariU au naturel vêtue de gueula et d’azur, avec un tablier d'argent, a aompagr.it de trois enfants nus de carnation et ayant au-dessus d'elle une flamme de gueula.
La vérité de cette assertion nous a été confirmée par l’examen d’un livre Jont nous devons la connaissance à l’obligeance de M. Perret de la Menue. U a pour titre : Statuts et Règlements de r hôpital général de la Charité et Aumône générale de Lyon. Imprimerie Aymé Delarocbt MDCCXUl. Sur cette première page, imprimée en 1742 on voit un écusson parti de Lyon et de la Charité. La Charité est assise de face, entourée d’enfants ; un chien 1 ses pieds. Dans le champ, une flamme. Le fond est couvert non de traits mais de points serrés qui le garnissent entièrement et témoignent indubitablement qu'on le regardait comme devant être d’oR.
On peut faire la même observation sur le Catalogue da noms de messieurs les Recteurs et Administrateurs de P hôpital général de la Charité et Aumône générale de Lyon MDCCXUl.
Quant aux armes de l’Hôtel-Dieu elles ne sont point de sable comme l'indique le deuxième jeton gravé par Dantzell. Elles sont bien d'azur i une Pitié d'argent. Le (ait nous est attesté par un document que nous avons entre les mains et qui date de 1785. C’est un reçu donné parles trésoriers de {'hôpital général de Notre-Dame de Piti: du pont du Rhône et grand Hôtel-Dieu de la ville de Lyon et de l’hôpital général de la Charité et Aumône générale de ladite Pille. En haut de la page sont imprimés deux écussons ponant tes armes des deux Hôpitaux : chacun d’eux est pani de la ville de Lyon. Les émaux sont parfaitement indiqués sur l’écusson de l'Hôtrl-Dicn. Lyon porte de gueules au lion d’argent, au chef cousu de France; l'Hôtcl-Dieu porte d'azuré une Pitié d’argent. Cette pièce porte la signature de Jean-Marie Dcgraix qui fut échcvin en 1789 et celle de J. Gnyèvre. t.
On voit de plus, par l’examen des deux dessins que c’est l’hospice seul de la Charité qui porte la couronne de baron il cause du fief de Saint- Trivier qui lui avait été donné par David Clcberger, fils de Jean Clebcrger plus connu dans notre ville sous le nom d' Homme de la roche.
En résumé, nous croyons avoir établi sur des documents d’une réelle
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valeur le blason de nos deux plus anciens Hospices, et nous donnerons en ces termes sa formule ancienne :
Ecartelé au f • et au g' de la ville de Lyon ; au 1' d’azur à la Vierge de Pitié S argent, qui est du grand Hôtel-Dieu ; au y d'rr à une Charité au naturel vêtue de gueules et d’azur avec un tablier d’argent, acampagnée de trois enfants nus de carnation et ayant au-dessus d’elle une flamme de gueules.
Il serait donc à désirer, dans l’intérêt de la science héraldique que l’administration des Hôpitaux fît frapper scs jetons avec le fond d'azur an lieu du fond de sable sur l’écusson de l’Hôtcl-Dieu et que sur celui de la Charité elle fît modifier les émaux dans le sens que nous avons indiqué en y ajoutant une flamme; accessoire que l’on rencontre d’ailleurs sur plusieurs cachets anciens de cet hospice.
Nous n’avons pas à parler des autres Hôpitaux de notre Ville parce qu’ils ne nous ont laissé aucun souvenir archéologique intéressant la médecine lyonnaise. Le double écusson qu’on soit à la façade de l'Antiquaille appartient aux familles SalaetBuatier; ceux qui sont placés au-dessus de la porte principale de l'hospice des Chazeaux portent les armes de Mandelot, ancien gouverneur de Lyon, qui avait là son habitation et celles de sa femme, Eléonore Robertct. Les armoiries peintes dans la chapelle de l’Hôtel-Dieu n’ont également aucun rapport avec la médecine.
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•k CHAPITRE QUATRIÈME
- Monuments relatifs aux épidémies.
Dans l’histoire médicale d’une ville on ne saurait passer sous silence les épidémies qui l’ont ravagée. C’est la peste qui pendant tout le Moyen-Age et jusqu’au milieu du xvu* siècle a le plus éprouvé notre Cité, et y a exercé parfois de terribles ravages. Ainsi, en 1628, elle enleva, d’après les évaluations les plus modérées, près de trente mille personnes. Les monuments qui rappellent ces calamités sont peu nombreux. Tous les lyonnais connaissent la belle verrière exécutée par M. Bégule et représentant le voeu fait par les échevins 1 l’occasion de l’épidémie de 1644. Elle est placée dans l'ancienne chapelle de Fourvière, à l’endroit même où le Corps consulaire mit solennellement la Ville sous la protection de la Vierge. Quelques personnes se souviennent aussi d’avoir vu sur l’ancien Pmi de pierre une chapelle érigée pendant la contagion de 1628 et dont les débris se retrouvent actuellement au bas de la montée du Chemin-Neuf.
Les inscriptions funéraires ou votives relatives à la peste ont, pour la plupart, été employées à des constructions diverses ou sont demeurées enfouies. Nous pouvons cependant en reproduire quelques-unes qui du xrv* au xvn* siècle témoignent de l’existence de la maladie et de misères aujourd’hui disparues. Nous compléterons ce sujet en faisant connaître le cachet de La Santé et une médaille attribuée i Paracelse contre la peste.
S 1". — Peste de 1348.
Voici d’abord (planche n-conlre) une première inscription qui rappelle l'épidémie de 1348.
Traduction : L'an mil trois cent cinquante-deux Michel Pacsus citoyen
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MOV EX -AG€ ET TEMTS MOOUVES
de Lyon a fait édifier cette chapelle, r autel et U crucifix fane le rtmede de son ime , de celles de Matheeu Acheté , de Mariette sa femme et de GuiUermette Une fille femme a -devant imiit Michel, lesquelles mire U fille moururent an tempe de la mortalité, far mil Ml cent quarante-huit. Lequel Michel a constitué et ordonné qu'une messe perpétuelle que ladite Mariette asm: ordonnée en son testament qm lui et les siens fissent célébrer audit motel chaque jour perpétuellement. Que Notre Seigneur, par sa miséricorde, mette eu Ma repas leurs drues et celles de tous les autres fidèles trépassés, amen. Item, le XTIP ému de décembre Fan i )jf ledit autel a été consacré et ledit crucifix a été béni.
MH MP
Cette inscription, de bonne conservation, es gravie sur une pierre en calcaire oolithique de Touraus, de cryh de hauteur sur 0*85 de largeur ei 0*05 d’épaisseur.
Elle a dix-sept lignes séparées encre elles par un irait cor cm u en creux. Les mots sont séparés par deux points ; les lettres, qui se rapprochent du gothique, ont vingt millimètres de hauteur.
En bas, sont les monogrammes de la fondatrice et de l’executeur testamentaire, chacun dans un quadriiobe; entre eux, une croix.
Ce monument a été donné i la Ville par M. Dutilleul qui le possédait dans une maison sise au-dessus de l'ancien Jardin des plantes ; il est actuellement déposé au Musée de Lyoa, portique — XVII.
D a pour nous un double intérêt : celui de rappeler une épidémie et celui de nous renseigner sur le langage que parlaient nos pètes au xiv* siècle ; sorte de latin dégénéré se rapprochant du patois actuel des montagnes qui séparent la Saône de la Loire.