‹ Documents pour servir a l'histoire de la médecine a LyonChapitre 8 sur 45 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

itrlui ii riana Bononius GorJus medicus casl remis et Marcus Accius MoJeslus et luit» s Malenius milites hercdes facicnâum curaverunt.

• Aux Dieux mines Je Marcus Aquinius Verinus, administrateur suppléant Je la prison Je la cohorte treiziéme Urbaine Bononius GorJus médecin Je camp, XTÏrcus Accius Moûcstus cl Julius Matemus, soldats, ses héritiers, ont pris soin d’élever ce tombeau. »

Gppe funéraire en calcaire jurassique (choin de Fay), décoré d’une bise et d'un couronnement i moulures; trouvé en 1844 dans les fondations de l’ancienne église de Vaise, transporté au Musée, portique XLII.

Le grand intérêt de cette inscription est qu’elle dévoile une partie de l’organisation médicale des armées romaines. Pendant les premières guerres ne la République il ne semble pas qu’elles aient eu d’autres médecins que ceux,- grecs ou affranchis, que les chefs emmenaient avec eux pour leur usagejiersonnel ; aussi la mortalité après les combats étaitelle considérable. Lorsque furent organisées les armées permanentes on Jut songer i établir un service médical régulier. Marquard ( bandbitcb j, p. f)6 et suif.) nous renseigne i ce sujet.

1° Dans chaque légion il y avait au moins un et vraisemblablement plusieurs médecins p diverses inscriptions funéraires rappellent le medicus hgicmis ; 2° chaque cohorte prétorienne en avait un ; 5" les cohortes des Vigiles paraissent avoir eu chacune quatre médecins ; 4° tous les corps Je troupes auxiliaires; 5° chaque vaisseau de la flotte prétorienne étaient pourvus de secours médicaux ; 6° la précieuse inscription de Lyon nous montre que les cohortes urbaines n’étaient pas moins bien partagées. La treiziéme était cantonnée i Lyon et Bononius GorJus en a été le médecin.

Ces médecins étaient comptés comme militaires. Dans les légions, dans les cohortes prétoriennes ou urbaines ils devaient être citoyens romains, taudis que dans les cohortes des Vigiles et dans les troupes auxiliaires, ils pouvaient être des affrajpiis ou des étrangers. César donna le titre de citoyen romain aux médecins grecs qui suivaient les légions ; toutefois il est probable que dans les emplois inférieurs de la médecine et de la chirurgie on admettait des affranchis et même des esclaves.

LKXtEE ROUAIS!

Les soldats étaient soignés dans des ambulances ' laletudinxna). Four un camp de trois légions il y en avait une qui était placée sous U direction des tribuns ; celles des garnisons étaient surveillées par le prsejettus cas’.rorum .

Il y avait aussi des médecins vétérinaires.

(Ctmmunicalitm d: Mo isitur Allmer. )

S 4. — Fadivs.

V FADIVS SEX...

MEDICVS

Cette inscription découverte à Lyon, prés de Seint-Irènée a été reproduite par Mattéi, puis par M. de Boissieu, qui l’a complétée ainsi :

Ufadius Sexlus ou mieux Sexli lihcrlus, médi us.

« Ufadius Sextus ou affranchi de Scxtus, médecin. •

Mais M. Allmer fait observer avec raison que 1a première lettre a dû être mal interprétée et ne peut représenter qu'un fragment de la lenre indicative du prénom, Ufadius ne se rencontrant guère eu épigraphie. tandis que le nom de Fadins n’est point rare. Il faudra donc lire : ...Faditis Sexli ’iherlus medicus.

§ 5. — Metiua Doxata.

metIlia donata medica

DÉ • SVA PECVNIA DEDIT

Les mots sont séparés par des hederx cordiformcs. L’A Je mcdica et une partie^du T de dédit manquent.

Melilia Donata mcdica de stut pétunia dédit locus dut us dccr.lo deaniemum.

« Mctilia Donata, médecin, a donné (ce monument) qu’elle a payé de

rKEUIÈRE PARTIE

ses propres deniers. L’emplacement a été donné par un décret des décurions. >

Dimensions : hauteur, 0,60; largeur, 2,50; épaisseur, o,8o.

La hauteur des lettres est de 0,10.

Cette partie de monument a été decouverte à Saint-Irénée, en 1824. On 1 avait placée i ce moment dans les murs latéraux du grand escalier de cette église. En 1845 elle a été transportée au palais Saint-Pierre, portique LIL

On ignore quelle était la fondation faite par Metilia. A l'époque de la décadence de la civilisation romaine, la grandeur et la beauté de ce bloc de choin l’avaient fait employer comme tombeau.

L’intérét de cette inscription réside pour nous dans cette affirmation de la médecine exercée par une femme qu'il ne faut pas confondre ici avec les accoucheuses désignées sur plusieurs monuments par le nom d'obiletriea. Les medic ee existaient bien légalement. Les monuments épigraphiques sont d’une si minutieuse exactitude lorsqu’ils mentionnent les professions qu’il est difficile d'admettre qu’on ai» confondu la femme médecin et l'accoucheuse. Quelques citations tendent à confirmer cette manière de voir. Pline (lettre vu, 19' dit que « lorsqu'une maladie forçait les vestales i sortir du temple de Vesta, elles étaient confiées aux foins il à la garde de quelque dame. » Or, les obslelrices n’avaient rien i faire avec les vestales que l'on murait vivantes dans un cachot quand elles s'exposaient à avoir besoin des sages-femmes. Apulée met dans la bouche d’une des sœurs de Psyché (métamorphose, v) appelée à soigner un mari impotent, cette plainte qui résume sa triste position : « nec uxoris oficiosam faciem sed medica laboriosam personam sustinms. »

Mongez, l’abbé Greppo, M. de Boissieu admettent pour medica le sens de femme exerçant la médecine et non seulement les accouchements.

Les Romains avaient donc résolu dans un sens libéral la question qui divise actuellement le corps médical français. Il est vrai qu'à ce moment la profession était libre; son exercice n’exigeait ni externat, ni internat, ni examens.

1 eoijcr romaim

S — Misicu Srim.

MIXVQA H- STETTE MEDICA

Mittucia Caiae liberia Slelle media.

« Minucia Scette affranchie de Caia, méJccin. >

Mou> ne revendiquerons pas cctK inscription pour notre Ville, bien qu elle ait été extraite d’une maison de l'ancienne rue du Bessard, à Lyon, h le a été décrite et publiée comme étant à Rome. On ignore comment e e est venue d’Italie. Nous la signalons seulement pour qu’on ne soit pas surpris de la rencontrer sous le portique Y de notre .Musée sans en avoir trouvé trace ici.

S 7- Phlegon.

MAI R A VG P H.EGoN • MED

Malribus Auguslis Phlegon médiats.

(P et H lies, I O beaucoup plus petit est placé au milieu du G.) « Aux Mères-Augustes, Phlegon médecin. .

PRtMIEIt PARTIE

Bas-relief dédié aux Déesses-Mères ; elles sont représentées assises entre Jeux pilastres dont les chapiteaux sont décorés de feuilles en forme d'onglet. Elles tiennent dans leurs deux mains des fruits qui reposent sur leur* vêtements. Celle du milieu tient une patère et une corne d'abondance.

Ce petit monumAt de marbre blanc a 0,56 de hauteur; o, (8 de largeur et 0,06 d'épaisseur.

11 était engagé jadis dans le mur extérieur de la façade de l’église d’Ainav, au-dessus de la porte principale. Il a été transféré au Musée de Lyon.

Les Déesses-Mères ou Mères-Augustes étaient des divinités locales révérées principalement en Gaule et en Germanie. Leurs fonctions étaient multiples : elles protégeaient les campagnes, veillaient sur b vie de l'empereur, remplaçaient les dieux lares au foyer domestique. Elles étaient chéries du peuple et le christianisme détruisit moins leur culte qu’il iule transforma. Ce sont ces divinités que remplacèrent au moyen-âge dans l’imagination populaire les esprits bienveillants et les bonnes fées. C’est a elles que le médecin Phlegon avait élevé ce monument.

S 8. — Etablissement thermal.

Nous pouvons rattacher â b médecine lyonnaise une inscription relative à un établissement thermal. Malheureusement elle est fort incomplète et pour l'interpréter, il n'a fallu rien moins que l’esprit chercheur et

savant de M. Allmcr.

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