‹ Documents pour servir à l'histoire des conspirations, des partis et des sectesChapitre 36 sur 67 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

En m^efforçant de co-ordonner ainsi un pland'orgïuii«sation sociale propté à satisfaire, par Tégaliié et la liberté politiques, les besoins immédiats des peujdes^ yai eu aussi en vue la possibilité de nouvelles améliorations successives, fruits de l'exercice de la souveraineté populaire et de la pratique de Téducation commune ; j'ai essayé de rendre ces améliorations faciles par Temploi aisé des révisions, et par l'institution d'un corps uniquement occupé de rechercher les moyens d'amener Tor^ ganisation publique au plus haut degré d'unité, deforce et de perfection. H m'a paru que Ton pouvaitcon<3i(ier par là les mouvemens libres et réguliers des maèses, avec rinfluence que doivent exercer sur elles les conseils de l'expérience et de la sagesse.

Cependant je suis pressé d'avouer que je n'attends aucun bon résultat de la mise en activité de la constitution républicaine dont j'ai tracé le projet, si le peuple qui voudrait l'adopter comme but de sa réforme politique, prétendait y arriver d'emblée et tout d'un saut, en passant de l'état de gène et d'asservissement, à l'ordre constitutionnel tel que je le présente, c'est-à-dire à l'exc^rcice complet et immédiat de sa souveraineté*

Le raisonnement et l'histoire démontrent que quoi-

que les masses, telles qu'elles sont aujourd'hui à peu près partout, puissent, par le sentiment dq leurs dou* leurs, secouer violemment le fardeau qui pèse sur elles, la longue habitude du serrage, Tindividualisme qui en est la suite, le travail accablant, la misère et les préjugés religieux et politiques dont on s'est habilement servi pour les égarer , les diviser et les affaiblir, les rendent généralement incapables d'apercevoir disii-notçment le^ causes originaires de leurs maux, d'en èoiteevoir les vrais remèdes, et de démêler dans cette foule d'égoïstes, de fripons et d'hypocrites dont les mauvaises institutions ont farci la société, les mains ferqie§9 éclairées et dévouées capables d^élaguer les obsuçles, et de lancer le peuple dans la grande voie de réalité et dp la fraternité universelle.

' O'une npmbreuse assemblée produite même par les suffrages de tous, il ne peut sortir aujourd'hui que confjosiom, factions et continuation plus ou moins positive (tes législations égoïstes et trompeuses. Libre, elle fera le mal; asservie et subjuguée, elle fournira tout au moins une nouvelle preuve de son inaptitude et de son inutilité. Toutes les révolutions modernes ont confirmé cette importante vérité.

Je partage donc Tavis de ceux qui pensent qu'une révplut^on politique qui aurait pour résultat immédiat la mise en activité* de la constitution que je propose, ou l'entrée en exercice d'une assemblée législative nommée même par les suffrages d'un peuple entier, n'aurait pas fait un pas vers le but auquel on doit viser, éloignerait, au lieu de l'apprdcher, l'établissement de l'égalité et rexefcice réel de la souveraineté populaire, et doit être

considérée comme une tentatîye dangereuse et funeste.

Ma conviction sous ce rapport est :

Qu'un temps de transition, entre le renversement de l'ordre d'oppression et de rétablissement de l'ordre libre et définitif, est nécessaire ;

Que ce temps doit être rempli par l'autorité extraordinaire d'hommes forts, sages et dévoués, portés subitement au pouvoir par l'influence de la partie là plus avancée, la plus aimante, la plus énergique et la plus prudente de la société;

Que cette autorité libre, populaire et fortement constituée, doit gagner immédiatement, par la justice de ses actes, l'affection et l'appui actif et enthousiaste du peuple, écarter tous les obstacles, apaiser immédiatement les douleurs des masses, développer les premiers germes des institutions de Tégalité, et conduire gra- <luellement un peuple quelconque à l'exercice de sa souveraineté et à la pratique de l^rganisation sociale 4ont je crois avoir posé les bases.

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