MARGUERITE ET MARIE VÉRARD
celin, l’une des comparantes à l’acte du 20 mai 1528, je n'ai rien rencontré.
Cela ne serait pas étonnant, si je n’avais trouvé plusieurs pièces relatives à la succession de Marguerite Vérard, pièces dans lesquelles il n’est pas question de Jehanne, tandis qu’elles mentionnent comme héritières, pour les trois quarts, de Marguerite Vérard, les filles d'une Marie Vérard qui paraît avoir été sœur et, dans tous les cas, proche parente de Marguerite, quoique le degré précis de cette parenté ne soit nulle part déterminé. Nous savons seulement que cette Marie Vérard, qu'on s'étonne de ne pas voir citée dans l’acte du 20 mai 1528, avait été femme de Jehan André, libraire fort connu, qui a été accusé d’avoir dénoncé ceux de ses confrères qui recevaient ou imprimaient et vendaient des livres protestants!. Elle en avait eu trois filles. L’une, l’aîinée sans doute, nommée Marie, était à la date du 9 avril 1561 (1562) femme du libraire Jehan Corrozet (qui fut père ou frère de Gilles, car ce dernier hérita de lui). Elle était mineure, alors, ainsi que ses deux sœurs Nicole et Marguerite, ces deux dernières Ctant sous la tutelle de Pierre de la Court, marchand et bourgeois de Paris. Toutes trois sont dites filles de Jehan André et de Marie Vérard et orphelines de père et de mère.
A cette date, elles recurent du sire Robert des Prez et de Mathurin Pigneron, marchands et bourgeois de Paris, exécuteurs du testament de Marguerite Vérard, diverses sommes et six boutons d’or, comme étant héritières, chacune pour une quarte partie, de Marguerite Vérard,
(1) Jehan André était un des quatre grands libraires de l’Université de Paris et, en cette qualité, il était fenu de visiter les vingt-quatre petits libraires et de rendre compte au prévôt de Paris des livres prohibés qui se trouvaient chez eux. Voir, dans Chevillier, p. 358, le refus fait par François Estienne de laisser visiter ses livres par Jehan André et Jacques Nyverd en 1532et l'arrêt du Parlement rendu à cette occasion, en octobre, contre François Estienne.
Le dernier quart de sa succession appartenait à Jehanne Landras, veuve, en dernières noces, de Célestin Perrin, marchand tapissier. (Archives de Brulé, notaire, au 9 avril 1561 (1562). Je me suis demandé si cette Jehanne Landras n'aurait pas été fille de Jeanne Vérard, fille d'Antoine Vérard, et comparante à l’acte du 20 mai 1528, alors femme de Jehan Lancelin, qui, après la mort de celui-ci, se serait remariée à un Landras, et si Marguerite Vérard aurait partagé également sa succession entre ses quatre nièces sans avoir égard à la représentation, car, d’après ce principe, Jeanne Landras aurait eu droit à la moitié de la succession de Marguerite et les trois filles de Marie Vérard ! à l’autre moitié et non aux trois quarts. Mais la lumière nous manque sur ce point, comme sur bien d’autres. Toujours est-il que le testament de Marguerite Vérard contenait de nombreuses dispositions, car on voit une fondation de 500 francs faite par elle à Saint-Jacques-la-Boucherie qui était l’objet de l'article cinquante-deuxième du compte des dépenses de l'exécution testamentaire.
Marguerite Vérard avait toujours conservé la boutique ou banc de ses pères au Palais joignant la Chapelle de MM. les Présidents. Le 13 juillet 1557, elle en avait fait bail pour neuf ans à Remond Sac, parfumeur à Paris, moyennant 26 francs. Celui-ci obligé d’aller recueillir
(1) Jehan André, après la mort de Marie Vérard, se remaria à Anne Picard. Celle-ci, devenue veuve de Jehan André, se remaria à son tour à Claude Avelot, tailleur d’habits. Le dimanche 18 janvier 1568 (Archives de Cothereau, notaire, à cette date) ils marièrent Marguerite André leur bellefille et fille, avec Guillaume Bouzonnet, tailleur. En présence d’une énonciation aussi formelle, il ne me paraîtpas possible de croire que la Marguerite André, mariée le 18 janvier 1568, soit la même que la fille de Marie Vérard, et nous devons croire que Jehan André aura donné le nom de Marguerite à deux deses filles, l’une qu'il avait eue de Marie Vérard et l’autre, fille d'Anne Picard, sa seconde femme. J'ai vu plusieurs exemples de deux frères oy : sœurs portant le même nom,