JEHAN ÎE ET PIERRE TREPPEREL
Bien que la première pièce concernant les Trepperel soit datée du 26 juillet 1550, nous avons cru devoir placer tous
(1) Les relieurs français (1500-1800), biographie critique et anecdotique... par Ernest Thoinan. Paris, Em. Paul, L. Huard et Guillemin, 1893, in-8°.
(2) Orsines ou bien Ursines était une paroisse près de Chaville et de Vélizy (Seine-et-Oise) qui disparut au xvrrr' siècle, étant alors réduite à un très petit nombre d'habitations. M. Le Tellier fit démolir l’église après en avoir rebâti une à Vélizy, et la remplaca par un étang. La tradition était restée dans le pays que M. Le Tellier mourut la même année ainsi que le curé de Meudon qui avait transporté le Saint-Ciboire à Vélizy. Cet étang était presque entièrement desséché en 1739, année où l'abbé Le Beuf le visita. V. Le Beuf, t. vin, p. 356.
(3) Probablement la maison de Philippe Le Noir ; cependant l'enseigne de ce libraire était la Rose blanche couronnée.
les documents que nous avons recueillis sur cette famille, à la date de 1541, en raison de certaines lettres de cette date qui y sont annexées.
1550, 26 juillet. — Pierre Trepperel, marchand libraire à Orléans, reçoit de Guillaume Duchemin, examinateur au Chastelet, commis à la garde et distribution de prix de l’adjudication faite à Arnoul de Hacquemye de deux maisons assises à Paris, rue Grenier S. Ladre qui furent à Jehan Trepperel, son père, diverses lettres. (Ce sont les suivantes :) !
1541, 22 avril (après Pâques). — Vente par Jehan Trepperel à Arnoul de Hacquemye, fondeur en cuivre, de 1005. t. de rente pour 60 I.
1543, 23 janvier. — Vente de 101. de rente au même pour 120 1.
154%, 23 septembre. — Jehan Trepperel constitue à Hardouyn Corcivault, maître maçon, 8 I. 10 s. de rente pour 102 1.
1544, 12 décembre. — Jehan Trepperel loue ses deux maisons à l'Image S. Laurent, rue Grenier S. Ladre, 50 L. t. à Hacquemye. Pierre reçoit 19 I. 5s.
1544 (1545). — Jehan Trepperel constitue à Richard Roux, compagnon imprimeur, 10 I. t. de rente pour 120 I.
1545, 27 août. — À Orléans, autre vente de 20 I. de rente à Simon Le Roy pour 210 1.
1546. — Jehan accepte le transport de la rente constituée à Hardouyn Corcivault, le 23 septembre 1544.
(1) Ces deux maisons de la rue du Grenier S. Ladre où pendait pour enseigne l'Image S. Laurent, la même que celle Jehan I Trepperel sur le Pont Notre Dame, avaient été adjugées à Arnoul de Hacquemye le 29 mai 1549. Hacquemye, avant de les acheter, avait été locataire de ces maisons dès le 12 décembre 1544.
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1547, 15 juin. — Sentence contre Jehan pour payer les arrérages de la rente constituée à Richard Roux.
1547, 20 novembre. — Vente par Jehan Trepperel à Arnoul de Hacquemye de 100 s. t. de rente pour 60 I.
(Arch. de Brulé, not.)
Pierre Trepperel, petit-fils de Jehan Trepperel premier du nom, était, nous l’avons déjà vu à l’article Galliot II du Pré (Acte du 15 mai 1574, p. 39), en relation avec les libraires et les imprimeurs parisiens. Pierre Trepperel figure, en effet, dans un marché passé entre Fleury Prevost, maître imprimeur à Paris, Galliot du Pré et lui, le 28 juillet 1571, pour l'impression de cent feuilles des Histoires de Palmerin d'Olive et de Primaléon de Grèce. (Voir Brunet, Manuel, tome 1v, col. 875, et Silvestre, Marques typographiques, no 756. Voir aussi à l’article Galliot II du Pré l'acte du 6 août 1574, p. 39). Pierre Trepperel, libraire à Orléans, ne paraît pas l’avoir été jamais à Paris; mais nous n'avons pas hésité à donner ici tout ce que nous avons trouvé sur le dernier rejeton de cette famille célèbre d’imprimeurs parisiens.
1573, mardi 30 juin. — Guillaume Poiret, marchand teinturier en toile, laine, fil et soye, demeurant à Paris, donne procuration à Jacques Morin, marchand mercier au Palais, son cousin, pour prendre et appréhender la succession de feu Pierre Trepperel, en son vivant marchand libraire, demeurant à BEAUTE faire partage, etc.
1573, jeudi 16 juillet. — Guillaume Poyret, teincturieren toiles, layne et soye, demeurant à Paris, et Jehanne Dargent, femme autorisée par justice au refus de Jacques Morin, son mari, font et constituent leur procureur M° Jehan Pelet, procureur au Chastelet, pour plaider et opposer et, par especial, pour et au nom des dits constituants, eux déclarer par devant M. le Prevost de Paris et partout ailleurs
où il appartiendra, heritiers simples pour une tierce partie de deffunt Pierre Trepperel, leur cousin germain, en son vivant libraire, demeurant à Orléans, et se joindre à ceste fin en ladite qualité par le dit Poyret en cause avec la dite Jehanne d’Argent (effacé : fe Jacques Morin héritière pour une autre moitié [tierce partie substitué à moitié dans la phrase raturée]) du dit defunt, à l’encontre de (effacé : la veuve du dit deffunt) Denise Jodelle, femme de Amy Reversé !, héritière pour un autre tiers, pour le remboursement des frais, mises, despens et intérêts qu’ils ont faits, eus et soufferts pour la confection de l’inventaire des biens du dit deffunct estant de la dite succession et où le dit Pelet auroïit jà faict la dite déclaration a advoué et advoue tout ce qui par luy a esté faict et généralement. Les présentes faites et passées l’an 1573, le jeudi 16e jour de juillet. (Arch. de Cothereau, not.)
MACÉE TREPPEREL
1569, 12 mai. — Denis Picot, sieur d’Amboile?, auditeur des comptes, Dile Jehanne de Meaulx, veuve de Michel Picot, escuier, sieur de Santeny en Brie, Louis Picot, son fils, escuier, sieur de Santeny, et les frères et sœurs de celui-ci, mineurs, reconnoissent que, sur la sie d'Amboile, celle de Santeny et sur la maison, rue de la Verrerie, ou demeure Denis Picot, Jehan Jannot, Martin, Simon et Nicolas Jannot, marchands bourgeois de Paris, et les
(1) Amy Reversé était orfèvre, il demeurait sur le Pont au Change à la Crémaillère. ‘Il semble résulter de ce passage que Denise Jodelle avait été femme de Pierre Trepperel après le décès duquel elle s'était remariée à Amy Reversé. On aurait effacé les mots « veuve du dit deffunt » parce qu’elle était remariée.
(2) Aujourd’hui Ormesson, près La Queue en Brie.
MACÉE TREPPEREL — JEHAN AMAZIEUX 49
enfans mineurs de feu Simon Jannot (Jehan leur tuteur), tous héritiers de défunt Simon Jannot, leur père, qui fut fils et héritier de défunte Macée Trepperel, sa mère, jadis femme et depuis veuve de Jehan Jannot, son père, ont droit de prendre 25 1. par an de rente, constitués le 2 octobre 1537 par lesdits sieur d'Amboile, le défunt sieur de Santeny et Dlle Jehanne de Meaulx à Me Gilles d’Averly, procureur au parlement, qui avoit transféré cette rente à Macée Trepperel. La dette étoit propre au sieur de Santeny, frère de Denis Picot. (Arch. de Brulé, not.)
Il résulte de cette pièce fort intéressante pour l’histoire des
libraires que Jehan Janot, associé de la veuve de JehanI Trepperel, avait épousé Macée Trepperel, sa fille, et était ainsi beau-frère de Jehan II Trepperel dont Macée était la sœur. Ils eurent un fils nommé Simon de qui provinrent cinq fils dont deux portaient aussi le nom de Simon (il y a d'assez fréquents exemples d’un même nom donné à deux frères.) L’excellent imprimeur Denis Janot était aussi fils de Jehan Janot et de Macée Trepperel et oncle de tous les Janot cités dans cette pièce. Voir sur les Janot l’intéressant article de la Revue critique d'histoire et de littérature, du 18 juillet 1887, n° 29, par M. Emile Picot à qui M. Pichon a communiqué les renseignements donnés ici.
JEHAN AMAZIEUX
1544, mercredi 7 juin. — Jehan Bailleur, relieur de livres, et Antoinette Canetier, sa femme, composent avec Jehan Amazieux, imprimeur, stipulant pour Jehan Le Blanc, tavernier, son gendre. Baïlleur remet à Le Blanc les excès et navreures faits depuis huit jours à sa femme Antoinette Canetier par Le Blanc pour 10 I. t. (Arch. de Turpin, not.)
La Caille et Lottin citent un libraire-imprimeur nommé Jean Amazeur ; d'après Lottin il n'aurait exercé qu’à partir de 1550. Il est bien probable que Jean Amazieux est le. même que Jean Amazeur et que le clerc qui a rédigé l'acte a défiguré son nom, ce qui arrivait assez fréquemment. Si Jean Amazieux n’est pas le même libraire que Jean Amazeur, aucun des deux auteurs cités plus haut ne l’a connu. Si c’est le même, cet acte nous le montre, en tout cas, comme ayant exercé six ans plus tôt que ne l’indiquent La Caille et Lotlin.
LES KERVER