‹ Documents pour servir à l'intelligence de la question des écoles du Manitoba: avec quelques notes explicativesChapitre 16 sur 37 · LETTRE DE M. C. E: POULIOT · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. C. E: POULIOT

à Sa Grandeur Mer Blais, évêque de Rimouski. L | Bière du Loup, 9 juin 1896. | … Monseigneur, D . .

J'accuse réception de votre dernière lettre et © 'est | avec le plus grand chagrin

que j” ÿ constate qu'il est malheureusement trop vrai que Votre. Grandeur a fait

à St. Hubert les déclarations qu'on lui prêtait. Je vous aurais répondn pas tôt mais .

- j'ai été-presque continuellement absent depuis huit jours.

Dépuis ma première, “Téttre à Votre Grandeur, j'ai eu occasion d'aller à St. Hubert et dans. les paroisses vo voisines et je me suis rendu compte par moi-même |

née à loi ‘

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que ces déclarations de Votre| Granÿeur étaient le grand moyen de cabale employé contre moi dans la présente lutte, tant par les membres de votre clergé que par, . les cabaleurs conservateurs,

. Comme Votre Grandeur devait s'ÿ attendre, ses déclarations ont été amplifiées eb considérablement augmentées ; l'on va jusqu'à dire, à présent, que les électeurs catholiques qui me. supportent encore sont des protestants, vu qu'ils ne veulent pas écouter leur Evêque.

J'ai vu des électeurs de plusieurs paroisses: leurs curés Jeur avaient répété que, dans Ja: présente élection, comme’ catholiques, ils devaient cesser de me supporter et qu'en conscience ils étaïent tenus de voter pour le candidat ‘conservateur, M. Grandbois: même quelques uns ont ajouté que c'était péché de voter pour moi dans les circonstances, *

J'ai eu occasion aussi de rencontrer plusieurs merabres du clergé: ils m'ont répété que, d’après vos: ‘déclarations à St. Hubert et les instructions que vous leur aviez données, ils étaient tenus en conscience d'intervenir: et 4 déclarer à leurs paroissiens que c'était un devoir de conscience pour eux, daëÿ la présente élection, de voter pour le candidat conservateur; que.le mandement de Nos Seigneurs les

Evêques devait être. interprété contre les libéraux et l'un d'eux a même déclaré à

un de mes partisans que le mandement disait de voter pour M. Grandbois. Votre Grandeur doit comprendre quelles peuvent être les conséquences d'une semblable intervention, aussi directe et aussi active, contre ma candidature.

Je comprends, d'après votre lettre, qu'il est inutile de m'adresser à Votre:

‘Grandeur pour mé plaindre de cette intervention du clergé, contre moi, Car ces

“Messieurs sont obligés, disent-ils, de suivre, votre direction eb vos instructions;

néanmoins, comme avant d'accepter la ca ndidature, je me suis mis en rêgle avec © Monseigneur Bégin et avec Votre Grandeur et que sur la question des écoles jai pris des engagements dont vous vous êtes déclarés tous deux satisfaits; je crois devoir ‘protester respectuesement contre cette intervention et je dévrai” voir à mè

protéger. - À‘part le fait d'être libéral en politique, ce qui n’est pas je crois condamné

‘par l'Eglise, je.ne vois pas ce que Votre Grandeur aurait à me reprocher pour me faire par votre clergé la guerre ouverte qui m'est faite dans le comté, à moins que ce ne Boib pour avoir travaillé auprès de es amis, à Ottawa, pour les engager à voter pour la seconde lecture de la loi remédiatrice, eb pour m'être en-

gagé, bien avant le mandement, à suivre, sur ‘cette question que je considère fe :

question religieuse, la direction de mes Evêques.

Je crois, Monseigneur, que vous faites erreur.quand vous dites que les dépatés catholiques ‘libéraux ne se sont pas engagés à supporter une loi remédiatrice ‘efficace qui serait approuvée par l'Episcopat, aux termes du mandement collectif des Evêques, car j'ai suivi les journaux depuis que le mandement est promulgué et jy ai toujours vu les candidats libéraux affirmer qu'ils étaient prêts à suivre la direction de J'Episcopat aux termes du mandement et cela devant leurs électeurs.

. Vous ne sauriez croire, Monseigneur, comme je suis chagrin de la position . qui m'est faite et comme c'est avec la plus grande répugnance que je me ois obligé de protester respectuesement contre ces déclarations de Votre Grandeur et

cette intervention. directe dans mon élection. . “-

“Les circônslances ‘n'ont pas changé depuis que j'ai écrit à Votre Grandeur,

. dañt, d'accepter la candidature. Si Votre Gtarideur m'avait alors répondu. que, “malgré mes engagements, Elle était d'opion | que les électeurs ne devaient pas voter ”

re

"PO. noi en conscience, mais devaient supporter le candidat conservateur et que

vous “dénneriez des” instruétions dans.ce sens aux membres de votre elergé - - je: vous déclare” ‘siricèrenent,. Monseigneur, que je n aurais pas accepté la candidature et je

‘serais resté tranquille cher moi, mais quand, après avoir vu Votre Grandeur et Mon-

seigneur Bégin se- ‘déclarer- satisfaits de mes engagements et que vous déclarez vous même, que :vôns mé protégerez contre toute” ingérence” de votre. clergé contre mes -

. droits légitimes de candidat, je vois, trois. semaines après Je. commencement de la

Intte, Votre Grandeur intervenir et faire intervenir votre elergé contre ma candidature, Vous comprenez, Monseigneur, que la position n’est pas le même et je suis obligé

de faire valoir mes droits. | - J'ai l'honneür d'être, Monseigneur, de Votre Géndeur, le très humble et ob.

serviteur

©: CE. Pouzior,

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