‹ Documents pour servir à l'intelligence de la question des écoles du Manitoba: avec quelques notes explicativesChapitre 20 sur 37 · OPINION DE MGR L. \. BEGIN · texte numérisé non relu

OPINION DE MGR L. \. BEGIN

| Archéoique de Cyrène, Coadjuteur. de Son Eminence le Cardinal Taschereau,

Archevéque de Québec

| Léire à PHon H. G. Joh y. de Lotbinière.

St Brarito de Forsyth, 15) juin 1896.

* Môñsieur, .

Je régrétte que ma. lttre datée du 9 courant et qui fait les

délices de V « Electeur , ne vous ait pas satisfait. - Si je ne vous ai pas donné ma réponse aussi directe que vous’

auriez désiré, c'est que votre déclaration renfermait des choses vagues,

mal ‘définies, auxquelles je ne pouvais donner mon. adhésion avant de

les voir expliquées d'une manière satisfaisante. . Vous reconnaîtrez, je n'en doute pas, que la conciliation que

. vous projetez en faveur de la minorité catholique manitobaine avant

d'arriver — si vous croyez qu ‘il y ait lieu de le faire — à une loi fédé- .rale réparatrice, embrasse un domaine très vaste et esb chose fort

élastique et fort précaire, surtout lorsqu'on. a à, traiter avec un gou-. ‘ ” vernement ‘provincial absolament: hostile, qui a déclaré à maintes.

reprises, ne pas vouloir rendre aux càtholiques leurs écoles séparées. Cette conciliation aurait pour inévitable résultat d'amoindrir platôt

que de maintenir les droits incontestables .de la minorité mani

tobaine.

pas à nos catholiques du: Manitoba tout ce‘à quoi ils on droit.

() Après quelques unes des directions que nous avons lues, c'est un vafrat-

“chissement : que de lire ces deux lettres de Mgr l'Archerêque de Cyrène qui, tont en n'étant pas favorable au Candidat libéral, se çontente de répéter les nobles et . hauts enseignements de la Lettre Collective.

Cependant la lettre de Mgr le Grand Vicaire Marois, écrite à un curé de Portnouf, DT

-comté où se- présentait l'Hon. M. Joly, le 4 Juin, .onze jours avant celle de Mgr Bégin, continuait. à ‘faire son oeuvre, et dans Portneuf, et dans la province de Québec, toute entière ; ‘pour réparer, du moins,en partie, le tort qu'elle causail, il surait fallu une rectification aussi claire eb aussi formelle que avait été la direc-

Or, j'ai précisément et absolument - objection à ce qu’on n’accorde

Dans ‘Un pays libre et civilisé | -comme le nôtre il doit 3 avoir

possibilité de faire respecter la Constitution et les “droits des minorités comme ceux des individus. Ce résultat ne me parait pouvoir

être obtenu d'une manière stable que paï une loi fédérale réparatrice, | surtout si l'on considère la position prise sur là question scolaire par

Ke gouvernement de Winnipeg (. T7

Veuillez agréer, Monsieur, l'assurance de mon dévouement bien

sincère. ‘

| cn N., Archevéque de Cyrène, Admiristrateur.

LETTRE DE Me Ban

à M. le Directeur de lP* Etecteur »°

Monsieur, ‘ : . <

Je constate avec regret que, mettant de coté tout respect pour. les lois de la discipline chrétienne et ecclésiastique, vous vous arrogez le droit de critiquer, de censurer publiquement l'enseignement donné du haut de la chaire sacrée par un évêque dans l'accomplissement de sa charge pastorale. :

Cette conduite à l’égard d'un vétéran de l'épiscopat est propre : à détruire ou à amoindrir le respect qui est dû aux pasteurs légitimes et produit des effets déplorables. au milieu dé nos religiouses populations. N'oubliez pas, "monsieur, que l’Église catholique dans son enseignement et dans ses actes, ne relève ni du tribunal. tout-à-fait incompétent dn journalisme politique . ni de celui de l'opinion publique. Aussi comme administrateur. de l'archidiocèse, je ne puis m'empêcher de protester énergiquement contre l'attitude actuelle . de Votre journal à l'égard de Mgr l'évêque des Trois-Rivières et'de:condamner sévèrement les articles qui y ont été publiés contre lui. Je.vous

engage à rentrer dans les voies du respect qu’un journaliste catho-

he

( On remarquera que Mgr l'Archevéque de Cyrène, tout en faisant connaître on ne peut plus clairement son opinion personelle sur le meilleur moyen à prendre,

+ d’après lui, pour rendre ses droits.à la minorité , manitobaine, ne condame pas, au nom de la conscience, une opinion différente que l’on (pourrait avoir sur le même

sujet, ainsi que l'ont fait d'autres directions, | io à)

liqüe devrait toujours observer vis-à-vis des supérieurs ecclésiastiques, L

à défaut de quoi je me verrai dans la pénible nécessité de censurer

de nouveau votre journal et de prendre les moyens efficaces pour

protéger les fidèles qui me sont confiés (}: : Vous voudrez bien publier la présente dans ‘votre journal, pour

qu'elle puisse atteindre, tous les lecteurs«des articles qui y sont

blarnés. |

: Agréez,. monsieur, l'assurance de mon dévouement. LL, Archevêque de ‘Cyrène, | Administrateur. |

0) Mgr J'Archevêque de Cyrène a ‘blamié le journal, parcequ'il aurait. cité, > Au tribunal de l'opinion publique, à cause de son enseignement épiscopal:un évê-

que, qu'il n'aurait dû citer, s'il croyait à avoir à s'en plaindre, qu’au tribunal de

ses supérieurs ecclésiastiques. Mais, si le journal, sans entrer sur un terrain qui n'était pas. le sien, s'était borné à démontrer que M. Laurier n'était pas: libéral catholique, que l'Eglise ou la Hiérarchie catholique du Canada, n'avait jamais demandé, encore moins imposé, l'Acte Réparateur du Gouvernement Tupper comme l'unique moyen de rendre justice à la minorité du Manitoba, nous ne croyons pas que Mgr Bégin l'eût réprimandé. Autrement ce serait ériger en principe que les ” députés ou les électers catholiques, sur le terrain politique, lorsqu'un evêque, un

seul évêque, aurait émis une opinion personnelle, ne pourraient se garer d'un tort

- considérable seulement quand il ne serait plus temps de le faire. Dans le cas pré-

sent l'appel auraït pris des mois; l'élection se faisait dans quelques jours.

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