‹ Documents pour servir à l'intelligence de la question des écoles du Manitoba: avec quelques notes explicativesChapitre 9 sur 37 · VA · texte numérisé non relu

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2 En ‘vous parlant ainsi, N. T. C. F, notre intention n'est pas de nous inféoder à aucun. des partis qui se combattent dans l'arène poli-

tique; .au contraire, nous tenons à garder notre liberté. Mais la ‘

lique, quel qu'il soit, journaliste, électeur, Candidat, deputé, d'avoir

C’est Pourquoi, NT. C. F., tous les catholiques ne devront ac-

corder leur suffrage -qu’aux Candidats qui s éDgageront formellement

D”. | | eb solennellement. à voter, au Parlement, en faveur d’une législation ET rendant à la minorité catholique du Manitoba les droits scolaires Qui

Ils ont toujours. cru que les Evêques demandaient « une nesure pouvant UX maux dont sonffre la minorité manitobaine 1, que cette mesure fat on' non le résultat d'une enquête, qu'elle vint Par atrangement

pe © Fi [and Lt] Le CE Le] mn La) B D Ru Le & TH À SR ne]

] Remarque bien, N.T. C. F., qu'il nest pas permis à un catho. .

— 43 — ni devant vos guides spirituels ni devant Dieu. lui-même de forfaire à cette obligation.

Nous avons pu, jusqu'à présent, nous ; féliciter de l'appui sympa- :

‘ thique d'un grand nombre de nos frères séparés ; ils ont compris que,

dans un pays de races et de religions différentes comme le nôtre, il

est nécessaire, pour le bien général, d'user de cette largeur de vues ‘qui sait respecter la liberté de conscience eb tous les droits acquis. Nous osons faire un nouvel appel à leur esprit de justice et à leur ‘patriotisme pour que, joignant leur. influence à celle. des catholiques,

ils aident de-tout Jeur pouvoir à obtenir enfin le redressement des .

igriefs dont se plaint à si juste titre une partie de nos coreligionnaires.

Ce qué nous voulons, c'est le triomphe du droit, et de la justice: c'est le rétablissement des droits et privilèges de la, minorité catholique romaine en matière d'éducation, à nos frères du Manitoba: de

manière à mettre les catholiques de cette province, à l'abri de toute

Le” et de toute législation injuste ou arbitraire. . Nous comptons pour cela, N. T..C. F., sur votre esprit de foi,

‘sur votre obéissance. Nous avons la ferme confiance que, soumis d'es- -

prit eb.de coeur aux enseignements de vos premiers pasteurs, ‘vous saurez, s'il le faut, placer au-dessus de vos préférences et de vos

opinions personnelles les intérêts d’une cause qui prime toutes les.

- autres, la cause de la justice, de l'ordre, de l'harmonie dans les différentes classes qui composent la grande famille canadienne.

. Sera ‘la présente Lettre Pastorale lue et publiée au prône de. * tontes les églises. paroissiales et”autres. où se' fait l'office public, le.

premier dimanche après sa réception et le dimanche qui précèdera

la votation. vo Fait et signé, à Montréal, Je six mai millé huit cent quatre- vingt-

seize.

f Evotair-Crs,, | Arch. de Montréal.

+ J.-Trowas, Arch. d’ Ottawa.

+ L.-N, Arch. de Cyrène, admin. de Québec.

+ L-F, ‘ Eo. des Trois-Rivières.

.. + L.-Z., Ev. de Saint-Hyacinthe.

L N.-Zérmin, Ev. dé. Cythère, Vic. Apost. de. Pontiae, ‘+ Errnèce, Ev. de Nicolet.

. + Anpgé-Aiserr, Ev. de Saint-Germain de Rimouski. 0e + Maomer-Trowas, Ev. de Chicoutimi. ; “2. + Josers-Ménarr, Ev. de Valleyfield.

L + Pauz, Evo. de Sherbrooke.

.. + Max, Ev. de Druzipara, éoadjuteur de l'Ev. de Saint Hyacinthe Par ordre de Nos Seigneurs, .Arrren Ascaamsauzr, Chan. Chancelier.

SERMON DE MGR LAFLÈCHE | Evêque des Trois-Rivières, prononcé dans la Cathédrale des. Trois-Rivières le 17 de mai 1896. |

(Extrait)

Un deputé ©) cnadfon-français qui ge dt eatholique- et” ïe- Chéf

reconnu d'un grand parti composé. de catholiques et de protestants

a fait la déclaration suivaute en: fait de principes, dans sa conduite

S - politique: “ Tant que j'occuperai un siège, en cette chambre, tant “ que j'occuperai le poste que j'occupe, chaque fois qu'il sera de mon

“ devoir de prendre une position sur une quéstion quelconque, cette

“ position je la prendrai, non pas au point} de vue du catholicisme,

“ non pas au point de vue du protestantisme, mais je la prendrai

“pour des motifs qui peuvent. s'adresser aux consciences de tous

! “ les hommes; indépendammeñt de leur foi, pour des motifs qui peu- “vent animer, tous les hommes aimant la justice, la liberté eb la

mi i

| 0 Ce sermon qui, parut, a un très grand nombre, sortir des limites tracées par la Lettre Collective des évêques du 6 mai 1896, est donné par Mgr l’évêque des Trois-Rivières comme .en étant le documentaire autorisé, aiusi que le prouve sa lettre à M. H. Jeannotte, candidat conservateur dans le Comté de l’Assomption,

écrite dans les premières semaines de juin 1896: | Je déclare. et certifie sans ; chésiter que vous avez reproduit exactement “ du“ Trifluvien , le résumé qu “l'a publié de mon sermon du 17 mai, et que ce “ résumé est exact et conforme à la vérité, et je l'ai approuvé très volontiers. | " “ Ce sermon Ii-même n'est que le documentaire. autorisé de la lettre collective dé “ des évêques du 6 mai 1896, que j'ai signée avec mes vénérables collègues, eb “ ce documentaire est fait d'après les documents pontificeux et surtout d'après la “ lettre collective des évêques du 22 septembre 1875; qui trace avec une grande “ clarté les devoirs des électeurs, des candidats, des, partis politiques eb du clergé

* dans les élections.

“ Sur ce, je prie Dieu de vous avoir en.sa sainte garde et soutenir dans la “ Jutte-si importante qué vous soutenez pour la cause de la vérité et de la justice, “ dans la défense des droits de la minorité catholiqne de Manitoba à à ses écoles . “ séparées eb catholiques. | & Votre tout dévoué.

-#L F. Ko. des Trois-Rivières.

come den

“ tolérance. , Extrait des débats officiels, version. ‘française, séance du 3 mars 1896. ul.

Voilà l'affirmation du libéraliôme condamné par l'Eglise la plus

catégorique qui ait jamais encore été faite à ma connaissance dans

uné assemblée législative de notre pays. L'homme qui parle: ainsi est, un libéral rationaliste: Il formule une. doctrine. entièrement opposée à doctrine catholique. C'est dire ‘qu'un catholique n'est pas tenu

ro tatholique. dans sa vie publique. C’est une erreur fondamentalé st qui peut conduire aux plus déplorables conséquences (©.

0) Ces paroles de l'Honorable M. Laurier, alors chef à la loyale opposition

de Sa Gracieuse Majesté, aujourd'hui Premier Ministre.du - Canada, sont ici sépa-

rées de lèür contexte, détachées de la lettre extraordinaire qui les a provoquées:

replacées dans leur cadre, elles sont certäinement susceptibles d'une interprétation

moins sévère .que celle que veut bien leur donner Mgr Laflèche, Voir à ce sujet

% Note-du-Numéro VIL Lo ee . . :

. D'après cette interprétation, faudrait-il condamner les parolès: que Mgr O'Brien

‘ écrivait eu Casket d'Antigonish, le 8 mai 1896: “ Les vrais catholiques, à à Halifax.

* comme ailleurs, n'apprendront pas leurs devoirs des yoliticiens de parti catholiques ‘ ou non catholiques, mais ils les puiserontà à des. süurces plus pures eb moins intéres-

# sées. C'est aux principes de justice qui s ‘imposent à à tons les hommes, en tout temps,

‘qu ‘ils s'inspireront. , Mgr O’Brien veut qu'on s’inSpire œux principes de : justice qui s'imposent à tous les hommes, tout comme M. Laurier veut inspirer sa conduite parlementaire des motifs qui “peuvent s'adresser à la conscience de ious les hommes aimant la. justice. Ces deux propositions reviennent à la même. La seule différence existe. en ceci: que Mgr 0’ Brien, docteur in utroque jure, très versé dans la théo-

logie, s'est servi, pour étre exact dans les termes, des mots politiciens catholiques, politiciens non catholiques ; et que M. Laurier, qui ne prétend pas” avoir étudié Je terminalogie. scholastique ou -théologique, parlant d'abondance, dans l'entrain d'un discours qui soulevait son auditoire, s'est servi des mots catholivisme, pro-."

testantisme. Cependant, par l'ensemble du discours, il est évident ‘qu’il: voulait dire Jes prélentions, les manières de voir des catholiques ou des protestants. Mgr Luflèche a .cité d'un discours de M. Laurier quelques lignes, qu'il a

interprétées comme renfermant une doctrine catholique libérale. Des discours de M: Laurier, nous pourrions citer cent. passages (nons n'avons que l'embarras * du choix) où brillent son esprit chrétien et son catholicisme. Nous nous bornexons à quelques uns. Puis, afin de ne pas faire une’ preuve ex parte, nous repro- ‘

duirons en leur entier, du Premier Ministre du Canada, deux discours, remplis de

.ces hautes pensées, de ces aperçus profonds, de ces horizons vastes, qui distinguent

les hommes de foi et les hommes d'état, a Pourquoi décreter d'erreur doctrinale un des premiers citoyens de son pays

avec la perspective de lui faire un tort incaleulable à lui et, à tout un grand parti.

“politique, sur un simple extrait de quelques lignes séparées de leur ensemble,

Va

| Ecoutez encore ce qu'un autre député a dit: On lui demande

“ Si Mgr Langevin se déclare entièrement satisfait du bill et de-',

# mande qu'il passe, l'honorable député y sera-tri favorable, ni? »

quand on avait sous les yeux toute une vie, de nombreux discours, rémplis de déclarations comme celles qui suivent ?

“ On me demandera: qu'est-ce que le libéralisme catholique? Sur le seuil de “ cette question, je m'arrête. Cette question n'entre pas dans le cadre de mon sujet: “au surplus, ‘elle n'est pas de ma complience, Maïs je sais et .je dis que le libé- “ ralisme catholique nest pas le libéralisme politique. S'il était vrai que les cen- “ sures ecclésiastiques portées contre le libéralisme catholique dussent s'appliquer “au libéralisme politique, ce fait constituerait pour nous, français d’origine, ca- “ tholiques de religion, un état de choses dont les conséquences. seraient aussi s étranges que douloureuses. , ‘ | … Si nous, qui. sommes catholiques, DOUS n'avions pas le droit d'avoir nos

* préférences, si nous n'avions pas le droit d'appartenir au parti libéral, il arri- .

“ verait de deux choses l'une: ou nous ‘serions obligés de’ nôus abstenir complé- “ tement de prendre part à Ja direction des affaires de l'état, jet” älôrs la consti- “ tution (cette constitution qui nous a été octroyée pour nous protéger) pe serait

“plus entre nos mains qu’une lettre morte: ou nous serions: obligés’ de prendre.

“ parb à la direction des affaires de l'état sous. la direction et au profit du parti

“ conservateur, eb alors, notre action n'étant plus libre, la constitution ne serait ‘ encore entre nos mains qu'une lettre morte, &b nous aurions pour sureroît l'igno-

“ minie den ‘être plus, pour ceux des autres membres de la famille canadienne ,

# qui composent le parti conservateur, que des instruments et des comparses. Ces “ conséquences absurdes, mais dont personne ne pourrait contester . la rigoureuse “ exactitude, ne montre-t-elle pas jusqu'à l’ évidence à quel point est fausse l'as

“ sertion qu'un catholique ne saurait appartenir au parti libéral. ,

* Certes, je suis Join de faire un reproche à nos adversaires de leurs convic-

. “tions; mais pour moi, je l'ai déjà dit, je suis un libéral. Je suis un de ceux.qui

“ pensent que partout, dans les choses humaïies, Ü y a des ‘abus à réformer, de “ nouveaux horizons à ouvrir, de nouvelles forces à développer. Du reste, le lbé- “ ralisme me paraît de tous points supérieur à l’autre principe. Le principe du “ Jibéralisme réside dans l'essence même de: notre nature, dans cette soif de bon- “heur que nous apportons avec nous dans la vie, qui nous suit partout pour “ n'être cependant jamais complétement assouvie de ce coté-ci de la tombe, Notre “ âme est immortelle, mais ‘nos moyens sont bornés. Nous gravitons sans cesse : “ vers un idéal que nous n'atteignons jamais. Nous rêvons le.très-bien, nous n'at- “teignois jamais que le mieux. À peine sommes-nous arrivés au terme que nous

* nous étions assigné: que nous y découvrons des horizons que nous n'avions pas

* même soupçonnés, Nous nous y précipitons, eb ces horizons explorés -à leur tour “ nous en découvrent d’autres qui nous entraînent, encore et toujours plus loin, * Ainsi en sera-t-il tant que l'homme sera ce qu Qi est, tant qué l'âme immortelle « habitera le corps mortel; ses désirs seront toujours plus vastes que ses moyens,

“ ses actions n'arriveront jamais à la hauteur de ses conceptions. Il est le vrai

À quoi le député interpellé répond : ct :

7°“ La réponse que j'ai à donner est celle-ci: Mer Langevin a par-

Sysiphe de la fable; son oeuvre, toujours finie est toujours à recommencer. Cette condition de notre nature est précisément ce qui fait le grandeur de l’homme; # car elle, condamne fatalement au mouvement, au progrès; nos moyens sonb bor- “ nés, mais notre nature est perfectible, et nous avons l'infini pour champ de

# course. Ainsi il y a toujours place pour l'amélioration de notre condition, pour

“le perfectionnement de notre nature, et pour l'accession d'an plus grand nom- # bre à une vie plus, facile. Voilà encore ce qui, à mes Jeux, constitue la sapério- # rité du libéralisme. ,

« Il est vrai qu'il existe en Europe, en France, en Italie et en Allemagne,

“ une classe d'hommes qui se donnent le titre de libéraux, mais qui n'ont, de

« Jibéral. que le nom, et--qui sont les plus dangereux des hommes, Ue ne sont

“ pas des libéraux, ce sont des révolutionnaires; dans leurs principes, ils sont

“ tellement exaltés qu'ils n ‘aspirent à rien moins qu'à la destruction de la société .

“ moderne. Avec ces hommes, nous n'avons rien de commun; mais © 'est la tactique “ de nos adversaires de toujours nous assimiler à enx. Ces accusations sont au-

-* dessous de nous, et la seule réponse que nous puissions faire dignement, c'est .* “d'affirmer nos véritables principes, et de faire de telle sorte que nos actes soient

“ toujours conformes à mes principes. , -# C'est l'habitude dans le parti de nos adversaires de nous accuser, nous, “ libéraux d'irréligion. Je ne suis pas ici pour faire parade de mes sentiments

“ religieux, mais je déclare que j'ai trop de respect pour les croyances dans lesquelles

‘ # je suis né pour jamais les faire servir de base à une organisation politique. Vous

voulez organiser un parti catholique? Mais n'avez-VOus pas songé que, si vous: “ aviez le malheur de réussir, vous attireriez sur votre pays des calamités dont. “ il est impossible de prévoir les conséquences Vous voulez organiser tous les.

s Catholiques comme un seul parti, sans autre lien, sans autre. base. que la com- “ munauté de religion, mais -n'avez-vous pas réfléchi que, par le fait même, vous * organisez la population protestante comme un seul parti, et qu'alors, au lieu « de la paix et de l'harmonie qui existent aujourd'hui entre les divers éléments de

5 Ja population canadienne, vous amenez la guerre, la guerre religieuse, la plus.

« terrible de toutes les guerres... »

# Nos adversaires nous reprochent encore de refuser à l'Eglise la liberté: à

# ]aquelle elle a droit. [ls nous reprochent de vouloir fermer la bouche au corps

“ administratif de l'Eglise, au clergé, de- vouloir l'empêcher d'enseigner au peuple :

# ses devoirs de citoyens et d'électeurs. Ils nous reprochent, pour me servir de la

“ phrase consacrée, de- vouloir empêcher le clergé de se mêler de politique, et de s le reléguer dans la sacristie. Au nom du parti libéral, au nom des principes « libéraux, je repousse cette assertion! Je dis qu'il n'y a pas un seul libéral ca-

.“ nadien qui ‘veuille empêcher le clergé de prendre part éux affaires politiques.

“ Au nom dé quel principe les amis de la liberté voudraient-ils refuser aux pré-

tres le droit de prendre part aux affaires politiques? Au nom de quel principe . # les amis de la liberté voudraient-ils refuser aux prêtres le droit d'avoir des opi-

que

“ faitement le droit d'être satisfait du bill sous son aspect religioux; “ mais moi, comme, Canadien-français, j'ai droit de différer d'opinion

# nions politiques ef de les exprimer, le droit d'approuver ou de désappronver les “ hommes publics et leurs actes, et d'enseigner au peuple | ce qu'il croit êtra son “ devoir? Au nom de quel principe le, prêtre n'aura-t-il pas le droit de dire que, “ si je suis élu, moi, la religion est menacée, lorsque j'ai le droit, moi, de dire “ que, si mon adversaire est élu, l'état est en danger ? Pourquoi le prêtre n'aura-t-il “ pas le droit de dire que, si je suis élu, la religion va être. infailliblement dé- 4 truite, lorsque j'ai le droit de dire que, si mon adversaire est élu, l'état s'en va “ droit à la banqueroute ? Non, que le prêtre parle et prêche comme il l'entend, “ c'est son droit. Jamais ce droit ne lui sera contesté par un libéral canadien. La “ constitution que nous avons invite tous les citoyens à prendre part à la direc-

“ tion des affaires de l'Etat; elle ne fait d'exceptions pour personne. Chacun a.le.

“ droit, non-seulement d'exprimer son opinion, mais d’influencer, s'il le peut, par - * l'expression de son opinion, l'opinion de ses concitoyens. Ce droit-là existe par- “ tout; il ne peut y avoir de raison pour que le prêtre en soit privé. Je suis ici * pour dire toute ma pensée; eb j'ajoute que je suis” loin de trouver opportune

© « l'intervention du clergé dans le domaine politique, comme elle s'est exercée de- “ puis quelques années, Je crois au contraire que le prêtre a tout à perdie, au

“ point de vue du respect dû à son caractère, en s'immisçant dans les questions .

“ ordinaires de la politique; cependant son droit est incontestable, et s'il croit bon “ de s'en servir, notre’ devoir à nous, Mhéraux, est de lui garantir contre toute “ «conteste. Cependant, ce droit n'est Ras ilmité. Nous n'avons pas parmi nous “’de droits absolus. Les droits de chaq omme, dans notre état de société, finis- © “sent à l'endroit précis où ils empiétent sur les droits d'un autre. , (Extraits de la Conférence de l’Hon. Wilfrid Laurier sur le libéralisme patine, Québec,

3 26 juin 1877).

Par déclaré dix, vingk fois, dans ma province, que je suis, moi; libéral de

“ l'école anglaise ; car mes amis et moi, nous n'avons rien de, commun avec les

«libéraux de: France. - 4. Enfant de la Province de Québec, membre de l'église catholique et partisan “ du gouvernement qui a passé cette loi, je ne puis m ‘empêcher de regretter. pro-

“la Province d'Ontario contre cette législation. , (Extraits du discours de l'Hon. Wilfrid Laurier sur le Bill des Jésuites, Ottawa, 28 mars 1889). | Cette doctrine, l'Hon. M. Laurier l'a proclamée, cette position de catholique convainen, il l'a prise de nouveau, il n'y a pas très longtemps, dans un grand dis- ‘cours qu'il prononça au Chateau. Frontenac, à Québec, le 24 décembre. 1893. “ Je ne sais pas flatter et je sais encore moins insulter, et je’ n'ai que de “ l'indignation pour ceux qui, à quelque parti qu'ils appartiennent, ne savent pas “ respecter ce corps illustre qui, il faut le reconnaître, a rendu des services inap-

“ préciables à ce pays- ci. Quant à cette accusation qu'on nous lance constamment,

# je n'ai qu'une réponse à faire, c'est que pour ma parb je ne comprends pas la

[2 religion, je ne comprends pas le câtholicisme comme ceux qui nous accusent,

-: “ fondément que l’on essaiè ‘aujourd'hui de soulever nos concitoyens protestants de

“ avec ‘lui quand il s'agit de discuter le coté national et constitutionnel : n ‘appartient pas à Mgr Langevin de me dicter. ses

“ de la question. lz

“J'ai toujouré proéfié, et je le répéte, qu'en politique nous sommes de l'école « libérale anglaise; nous sommes de l'école de Fox, de l'école de GHadstone, En

« religion, je suis de l'école de Montalembert et de Lacordaire ; je fais des efforts

‘ pour gervir comme eux la liberté chrétienne, sous le drapeau des libertés publi- “ ques; je suis de l’école de ces hommes qui ont été les plus grands pout-être .de “ leur époque, par l'élévation de leur caractère et 1n noblesse de leurs aspirations. “ Je ne connais pas de spectacle plus grand que le spectacle de Montalembert “et de Lacordaire, deux adolescents, presque deux enfants, entreprenant de con-

* quérir en France la’ liberté d'enseignement, et.y parvenant après des années et |

“ des années de luttes. Je ne connais pas de plus beau spectacle que celui de * cet homme (Montalembert) en face de gette bourgéoisie française, toute iprégnée “ du scepticisme voltairien du dix-huitième siècle, toute imprégnée :de ce maté- * rialisme dissolvant, s'écriant : “ Nous sommes les fils des croisés, et nous ne “ reculerons pas devant les fils de Voltaire. , Je ne connais pas de: plus grand “et de plus beau spectacle que celui de Lacordaire; du haut de a chaire de “ Notre-Dame, proclamant à cette foule incrédule les vérités du christianisme, et * lui enseignant que la vie est un sacrifice eb qu'elle n’est grande que par le “ devoir accompli. Voilà quels sont nos modèles et, que. nous soyons attaqués ou “.que nous soyons approuvés, ,ces modèles, nous les suivrons sans crainte et sans “ reproche jusqu’au bout., US Ê Nous pourrionsialtiplier les citations de ce genre, indéfinient, Nous les terminerons par cet éloquent développement, dans lequel l'Hon. M. Laurier expli-

que comment il comprend le progrès moderne.

# Je sais qu'il eu est beaucoup parmi nous à cette table, qui regrettent peut-

L être ce monde détruit, et qui voudraient continuer, perpétuer parmi nous les vieil-

® # les idées, les vieilles ‘traditions, la vieille civilisation des anciens jours, qui voa-

“ draient continuer et perpétuer ici dans la nouvelle France tout ce qui caractéri- “ sait la vieille France. Messieurs, jamais le passé ne revit. Suivant l'expression

“ d'un grand journaliste français: * Quand une période est finie, le moule en est : “ brisé. , La.vie des nations, comme la vie des individus, est une transformation

“ continuelle. C'est une loi fatale qu ‘il faut savoir reconnaître; l'humanité ne san-

“ raib jamais: s'arrêter. Sans cesse agitée, sans cesse tourmehtée par.ses aspirations -. # vers l'idéal, elle élargit sans cesse ses institutions. Certes, il y a bien des cho-

* se à admirer dans le monde ancien, mais .quant à moi, je ne suis pas laudator “ temporis acti, j'admire encore plus le monde moderne. Le monde moderne avet

.# es industries immenses, ses développements gigantesques, ses inventions merveil- .# lenses, ses foules émancipéés, ses prolétariats relevés, le monde moderne, offre

“des grandeurs que nos yeux encore éblouis ne savent pas mesurer, mais dont “les générations futures constateront avec stupéfaction. la soudaine. explosion dans “ le dix-huitième siècle. Je ne ‘regrette pas le ‘passé, .et : moi, fils dela France mo-

“ narchique, c'est le coeur. plein d'espoir et.de. fierté.que je vois parfi nous, lés file” - “de la France républicaine.

sf:

“nt = fa

< vues et de me dire ce que j'ai à Rire sous l'aspect national, poli- # tique et constitutionnel du bill (., .

Cu Au surplus, s'il est un ensoignement que l'histoire à mes yeux rende in- L déniable, c'est qu'il est au-dessus de nous une Providence éternelle, dont l'im- “ muable sagesse connait mieux que les hommes ce qui convient aux hommes, qui “ guide, dirige et commande, et qui, lorsqu'à nos regards bornés tout parait perdu, ‘ “a cependant tout sauvé.

“ Dans ce pays profondément catholique; les idées de Louis Veuillot ont

“ longtemps eu cours, et combien d’autres, à son exemple, parmi nous, exaltant le “ passé, ont comme lui anathématisé la liberté moderne, le progrès moderne ! Que : “ ceux-là se rappellent que Veuillot qui, vivant, avait rempli ses livres d’ impréca- ‘“ tions contre tous les développements de Ja vie moderne; le régime parlemen- “ taire, la vapeur, l'électricité, les chemins de fer, le télégraphe, reçut sur son lit “ de mort, par-le télégraphe, oui, par le télégraphe, la bénédiction pontificale, et “ que tous les sujets de ces s imprécations ont reçu de nos jours l'approbation du

“ grand pape Léon XIIL ; .

Enfin, pour n'être pas accusés de faire des ‘citations ex parte, nous reproduisons de M. Laurier, dans les - deux Numéros suivants, .deux grands discours, où brillent.en même temps la foi du chrétien, les vues larges de l'homme d'état, et l’éloquence de l'orateur. :

(*) Nous allons chmpléter cette citation, ce qui lai donnera une toute autre couleur:

“Je dis que s'il{se déclarait (Mgr Langevin) satisfait du bill sous son aspect

sS

" “ religieux, chose qui este à prouver, et qu'il serait bien important de prouver,

“et je demanderai à l'honorable député de Bellechasse de me dire si Mer Lan- “ gevin est satisfait du bill, tel qu'il est aujourd'hui. . «“ M. Amyot: Je puis même au besoin lire le télégramme de Mgr Langevin “ par lequel il déclare à un de ses amis, d'ici, qu’il est satisfait du bill, et demande : “ à tous les catholiques de ;te: :supporfer.

“ M. Monet: Je demanderai à l'honorable dépaté de le lire. “ M. Amyot: Je m'en vais’ lire un extrait du télégramme. “ M. Monet: Je demanderai à mon ami de produire le télécramme. Mon ho- “ norable ami: est trop,bon avocat pour ne pas savoir qu il ne peut pas faire de “ preuve tronquée.

“ M. Amyot: Je ne e tronquérai : rien. Voici la copie du télégramme. Il est en “ latin; je m'en vais Le lire en latin, .

“ St.-Boniface, 22 février 1896.

“ Révérend Père Lacorübe, chez les 8 Oblats, à Ottawa, . # “ Lex applicabilis, efficax et satisfactoria, Probo illam. Omnes episcopi ‘et “ yeri catholici approbare debunt. Vita in lege. Euge tibi et La Rivière. J'ap- “ prouve pleinement votre déclaration écrite. Archevêque Langevin, ! |

CU “ Ce qui veut dire: loi applicable, efficace et satisfaisante, Jei l'approuve. ‘ . # Tous les évêques et les. vrais catholiques devront l'approuver. Le salut est dans

8 cebte loi.

Pi \ -

Voilà l'Eglise hors de question dans une affaire où sont en jeu les droits mêmes de la conscience. Voici un député qui se dresse en: face des évèques ét Jeur dit. carrément : Vous dites que le bill est . acceptable, moi je dis que non. Qui croire Qui a juridiction ici pour °° parler d’ autorité? L'Eglise, c’est-à-dire la hiérarchie. M.le député dit que c’est lui (1). Eh bion, c'est du libéralisme tout pur, de ce libé-

* M. Monet: L'honorsble député voudrait me dire à qui cette éva a.”

“ été adressée ? “ “ M. Amyot: Je viens de la lire, et si mon honorable aini voulait s'ouvrir “ Jes oreilles au lieu de suivre les instructions qui lui viennent des banquettes d’en “ arrière et qui sont toujours mal inspirées, il s'en trouverait mieux. C'est au ré- “ vérend Père. Lacombe que ce télégramme a été adressé, et il poite | ‘la date du, « 22 février.

.“ M. Langelier: Le bill n'existait pis dans ce temps-là. , 1 Comme on le voit, c’est la première. fois, le’ 13 de mars, que l'opinion off

TT

cielle de Mgr Langevin, en sujet du bill alors devant la Chambre, paraissait au

grand jour, et encore sous la forme laconique d'un télégramme, qu'on & gardé” secret pendant trois semaines, eb qui sort de la poche d'un partisan politique comme d’une ‘ “boite à surprise. Pris à l'improviste, M. Monet est-il si blämable d'avoir cru que

.ce n'est pas sous cebte forme qu ‘ont coutume d'arriver à la connaissance des fidèles bilité d'arrêter, .pour les législateurs es la discussion d'une loi publique ‘ et l'expression de leurs propres et libres opinions.

D'ailleurs, plusieurs ont trouvé que l'opinion de. M. Monet ne diffère que dans. les termes, de Kopinion que Mgr Langevin ‘8: formulée lui-même à Laprairie et à Joliette. “ Avant d'approuver ‘cette loi, dit-il, j'ai consulté. La partie religieuse . “m appartenait ( comme évêque, et j'ai consulté mon clergé. La partie légale regardait * les hommes de loi, et je me guis adressé à à des légistes du Manitoba, à des hommes

© # des deux croyances, et leur ai demandé leur opinion, Après.tout, qu'a dit M. Monet, “sinon que sous le rapport religieux Mgr Langevin avait le. droit d’être satisfait, eb: que pour le coté national et constitutionnel du bill (Mgr Langevin'avait dit “ partie légale ,) il avait droit d'avoir son opinion, tout comme les légistes du Manitoba qu'avait cru devoir consulter Mgr l’Archevèque de St ‘Boniface, eb que, par conséquent, <l était libre sous ce rapport de suivre. des autorités légales comme Laurier, © Geoffrion, Langelier, Mills, tout aussi bien que des avocats de l'ouest dont il ignorait les noms. -

(QRE Monet n'a pu se dresser en face des évêques; car les évêques, pas même un seul, au 12 mars, jour où M. Monet prononça. son discours, n'avaient fait aux Catholiques l'obligation d'accepter l'Acte Rémédisteur dont il s'agissait. Dans les paroles de M. Monet, il est question de Mgr Langevin seul, de Mgr |

. Langevin qui dif que, dans son opinion, (opinion formée d’après des légistes) la

- loi est applicable, efficace, satisfaisante, et qui en cela ne peut avoir la prétention

‘ de s'adresser à la conscience catholique. Du reste,. puisqu ‘il faut tout dire, Mgr

ne

de

ralisme qui, sous prétexte qu'une question religieuse touche à la

"politique par certains cotés, défend à l'autorité religieuse d'intervenir.

Ecoutez, mes frères, la réfutation de cette erreur dans le passage suivant de la, lettre pastorale des évêques de la province of énetiqne de Québec en date du 22 septembre 1895.

: Y a-t-il des questions où l'évêque et le prêtre puissent, ob même quelquefois doivent intervenir au nom de la religion?

Nous répondons sans hésitation : Oui, il y a des questions poli-

tiques où le clergé pent, et mêmé doit intervenir. au nom de la religion. La règle de ce droitet de ce devoir se trouve dans la

distinction même, que nous avons déjà signalée, entre l'Eglise et

l'Etat.

Ï1 y. à en effet des questions politiques qui it touchent aux intérêts

à la morale, soit parce qu'elles peuvent affecter la liberté, l'indépendance on l'existence de l'Eglise, même sous le rapport temporel. ‘ Ï1 peut se présenter un candidaf dont le programme soit hos-

tile à l'Eglise, ou bien les antécédents soient tels que sa candi- ” dature soit une menace pour ces mêmes:intérêts. |

De. même un parti politique peut être jugé ‘dangereux, non seulement par son programme eb par ses antécédents, mais encore par les programmes et les antécédents particuliers de ses chefs, de ses principaux membres et de sa presse, si co parti ne les désavoue poit eb ne se sépare point définitivement d'eux dans le cas où ils: persistent dans leur erreur après en avoir été avertis.

Dans ce cas, un catholique peut-il, sans renier sa foi, sans se

montrer. hostile à l'Eglise dont il est membre, un catholique peut-il disons- “nous, refuser, à l'Eglise le droit de’se défendre, ou plutôt de défendre les intérêts spirituels des âmes qui lui sont confiées? Maïs

l'Eglise parle, agit et,combat par son clergé et refuser ces droits au. clergé, c'est les refuser à l'Eglise (5.

Langevin ne constitue pas à lui seul la Aifrarchie, encore moins l'Eglise toute entière, Or, la hiérarchie, l'église du Canada n'avait pas encore dit un seul mot du bill réparateur. Comment M. Monet alors a-t-il pu opposer sa juridiction à la juridiction

. de la hiérarchie?

(?) Principes admis par tous les catholiques, que nous ne contestons pas, pas”

plus que la doctrine épiscopale du vénérable évêque des Trois-Rivières sur le libéralisme catholique, ‘soit dit ici une fois Pour toutes; mais la question est de savoir

s'il en est fait une bonne application dans le cas présent, dans le cas particulier

de M. Laurier, de M. Monet, du parti libéral pris comme corps politique eu Canada.

| spirituels des âmes, soit parce qu'elles ont rapport à la foil ou.

Alors le prêtre et l'Evèque peuvent.en toute justice, et doivènt en toute conscience élever la: voix, signaler le danger, déclarer avec autorité. que de voter” én tel “ sens est un péché », que faire tel acte expose aux censures de l'Eglise. Ils peuvent et doivent parler non: seulemèrt aux électeurs: et aux candidats, mais même aux autorités constituées, car le devoir de tout homme qui veut sauver son âme est tracé par ‘la loi divine; et l'Eglise, comme .une bonne. mère, doit à tous ses enfants, de quelque rang qu'ils soient,’ l'amour, eb, par conséquent, la vigilance spirituelle. Ce n’est-donc point convertir la chaire en tribune politique que d'éclairer .la conscience des fidèles sur toutes ces questions où le salut se trouve intéressé.

Il est. évident, par la nature même de la question, qu'à l'Eglise seule doit appartenir l'appréciation des circonstances où il faut ainsi élever ‘la ‘voix en faveur de la foi eb de la morale chrétienne. |

. C'est mon devoir aujourd’hui de vous donner un solennel avertissement: et.je ne veux pas y faillir, parce que de l'accomplissement de ce devoir dépend le salut de mon âme et le salut ou la mort des âmes, confiées à ma garde. Le principe invoqué par ces deux ‘hommes est diamétralement opposé à l'enseignement catholique. Je parle ici de doctriné, non de parti. Voici ce qu'a dit Bi dessus N. s. Père le Pape Léon XIIT:.

“ D'autres vont un peu moins loin, mais sans être plus consé-

‘ quents avec eux-mêmes. Selon eux, les lois. divines doivent régler “ la vie ét la conduite des particuliers, mais non celle des Etats; il |

“ est permis, dans les choses publiques de s'écarter des ordres de : “ Dieu et de légiférer sans en tenir compte: d'où nait cette consé-.

“ quence. pernicieuse de la séparation de l'Eglise : et de l'Etat ().,

Faire de l'homme deux hommes, l’un catholique dans la vie privée, l’autre libéral dans la vie publique, c'est une erreur, une erreur monstrueuse et dés plus dangereuses. Vous ‘allez avoir à .voter .prochai- . nement. Voilà deux hommes dont je vous signale la funeste - érreur. C'est la première fois que je vois une formule de rationalisme aussi. catégorique dans la bouche d'un Canadien. Ecoutez encore ce que dit à, cet égard Mgr de Ségur : : .

©“ Jugez de là, N. T. C.F., la gravité de l'erreur de ceux qui

“ croient que l'on peut être libéral en politique tout en continuant “ h être bon catholique. Ù |

(*) Après les explications données plus hant, il est facile de voir que les: paroles incriminées par Mgr Laflèche sont loin d’être identiques avec ces principes ” sondamnés par Notre Saint Père le Pape Léon AU. oo:

. es

* Vous êtes catholique en religion, et libéral en politique, dit .

- # Mgr de Ségur, dans un opuscule qui lui a valu les félicitations du pape . “ Pie IX. Eh! c'est précisément là ce qu’on appelle être Catholique-

“ Libéral. Un Catholique-Libéral, c'est un catholique qui n’est pas “ catholique en tout, et qui, dans les questions politiques ou sociales, “ se soustrait aux enseignements et aux directioné supérieures de “ l'Église pour suivre ses idées propres, cest-h-dire ses idées fausses ; “ çar ü n’y à point de vérité contre Dieu et son Eglise.

“ L'Église ayant reçu de Dieu, comme nous l'avons dit, la mis-

-“ sion et l'ordre d'apprendre à tous les hommes. sans exception à

“accomplir en toutes choses les volontés divines, les Souverains, les “hommes d'Etat, les députés, les gouvernements, les magistrats et, “ en général, tous ceux qui conduisent les antres, onb pour devoir, “‘et pour premier devoir, de conformer leurs pensées et leurs vo- “ lontés aux enseignements de l'Eglise dans l'exercice de leur auto- “ rité. Sans cela, ils cessent d'être catholiques, au moius par un coté. ,

Voilà la doctrine catholique, et voici l'avertissement qu'en conscience je me crois tenu de vous donner: Dans les circonstances, un catholique ne saurait, sous peine de pécher en matière grave, voter

pour le chef du parti qui a formulé aussi publiquement une pareille erreur et les partisans qui l’appuient dans cette. erreur, tant, qu'ils |

n'auront pas désavoué publiquement cette erreur et pris l’engagement formel de voter pour une loi réparatrice acceptée par les évêques (1. :

(1) Cette application de doctrine, ces interprétations défavorables de quelques phrases isolées qui sont. susceptibles d'un autre sens, eb cet.’ ostracisme” politique prononcé contre touté”une classe d'hommes à qui,on n'a pas même demandé juridiquement des explications, tombant du “haut de la chaire des Trois-Rivières, pro duisirent chez les uns une explosion de joie, chez les autres (et c'était le grand

nombre, comme l'a prouvé le résultat des élections du 23 duin 1896) un sentiment

de peine, d’étonnement et de stupeur.

Cet enseignement appliqué aux personhes, se disaient les catholiques étonnés, + ci D N “ , ï , n'est pas exprimé dans la lettre collective du 5 mai 1896, qui vient d’être lancée pour enseigner leurs devoirs aux électeurs de la Province dans la circonstance

présente. Si le danger était si grand, l'erreur si grave, comment.se fait-il que les

évêques réunis n'en auraient pas averti les fidèles 5

Devant cet enseignement ainsi appliqué, la plupart des évêques ‘du Dominion se sont tus, |

Quelques évêques à, notre connaissance (et un grand nombre d'autres, nous

avons des raisons de le croire) en ont éprouvé une impression pénible,

la province de Québec, se crurent autorisés à

Cependant, cet enseignement, personnellement appliqué au chef d'un grand parti, dans les’ circonstances, au milieu des préoccupations d’une élection populaire qui passionnait les esprits, eut un Yetentissement extraordinaire, profond, plein de .conséquencés graves, par tout Je Canada, surtout dans la province de Québec: d'autant . plus que quelques évêques approuvèrent publiquement l'application de doctrine qui était faite dans le sermon des Trois-Rivières; que quelques autres, n'osant l'ap-

prouver formellement, arrivèrent au. même résultat, en témoignant des symmpathies ‘outre mesure pour les candidats conservateurs, ou en déclarant, dans leurs direc-.

tions épiscopales, ne pas mériter les faveurs du vote catholique les candidats qui, tout en étant pour le redressement des griefs de la. minorité manitobaine, n'avaient pas cru en trouver le remède dans l'acte réparhteur du Gouvernement ‘de M. Tupper, ou qui simplement appartenaient au‘ parti de M. Laurier, quel- : qu'engagements qu'ils prissent pour l'avenir en faveur du rétablissement des droits ‘ .ou privilèges des Catholiques au Manitoba. (Voir entr’autres, plus, loin, au Nunéro XIII, l'opinion de Mgr Blais, et an Numéro XVII celle de Mgr Cameron). Les hommes de parti, du coté conservateur, 8e sont emparé de ces enseignements et de ces’ directions, et, négligeant presque toutes les autres questions poli-

‘tiques, en ont fait le thème principal de leur campagne électorale. À la lueur de

cet enseighement, on interprétait la lettre collective, les mandements des autres évêques, Jeurs opinions personnelles, et on leur donnait une explication que souvent ils n'avaient pas en réalité, mais que plusieurs semblaient avoir, grâce à Ja connivence de certaines ‘autorités (Entr autres” voir plus loin, N° XIV, la lettre de M. le Grand Vicaire Marois). ‘

Pendant des semaines on aurait dit qu’il n'y avait plus qu’un seul évêque au Canada, Mgr Laflèche; son rom retentissait sur tous les hustings. Des manifestes étaient distribués aux électeurs, par milliers, par dizaines de mille, pam-

phlets composés presque ‘exclusivement des lettres des évêques, d'extraits de leurs discours, tout cela. groupé autour du sermon de Mgr Laflèche qui, dans leur pensée, les éclairait et les illnminait. oo

À la suite de Mgr l'évêque des Trois-Rivières, nombre de prêtres, par toute à se jeter dans la lutte électorale avec ardeur, au nom de la Religion. Le trouble a été porté-dans bien des consciences,

‘ le mécontentement dans’ bien des esprits, du reste dévoués à l'Eglise. Les protes-

tants protestèrent, ce fut un aliment au fanatisme dans toutes les provinces de

- la Confédération Canadienne. ..

Aujonrd'hui, le malaise est loin d’être arrivé à son terme. Ce n’est pas une

‘plainte précisément que nous venons faire ici. Nous exposons, nous expliquons:.

nous expliquons avec calme, nous exposons avec peine et vérité; et, nous ne craignons pas de le.dire, si un remède n'est pas apporté à cet état de choses, nous marchons au Canada vers un affaiblissement de la foi et. une diminution, regret-

‘- table du respect dû aux Evêques, tous souffrant par la faute de quelques uns.

ES

CONFÉRENCE DE L'HON. W. LAURIER SUR LE LIBÉRALISME POLITIQUE, donnée à Québec, le 26 juin 1877 (1) Monsieur le Président, : | . ', Mesdames et Messieurs,

Je ne saurais cacher que j'ai accepté avec un certain sentiment

de plaisir l'offre qui m'a été faite de venir exposer quelles sont les

doctrines du.parti libéral, et ce que comporte ce mot de “ libéralisme , pour les libéraux de la province de Québec.

e it '

() Une, brochure du temps, publiée à Québec aux ateliers de l'Evénement, contient l'appréciation suivante de cette conférence, quia eu un retentissement

“extraordinaire et qui fait désormais partie dés chefs-d’œuvre de l'éloquence cana-

dienne : . ; .

“ Jamais, depuis les grands triomphes oratoires de M. Papineau, on n'avait vu un pareil auditoire, un public aussi intelligent, aussi cultivé et éclairé, se précipiter .au devant d'un orateur venant lui parler de libertés politiques et Ini exposer la vraie théorie du régime constitutionnel, ce régime aux Progrès successifs, mürement élaborés.-leñts eb sûrs, expression raisonnée, ferme et pacifique de la marche d’un peuple vers des destinées meilleures. | .

: “ Dépuissde longues, oui, de bien longues années, nous avions. perdu l'habitude d'entendre un homme public: parler d'autre chose que de ses adversaires, des mérites de son parti, des crimes de ceux qui l&i font opposition, des mille petites chicanes qui sont Ja monnaie ‘courante des discoureurs. Il nous manquait la théorie, le sens des principes. constitutionnels, la thèse qui établit, qui démontre et qui élucide. ‘ os Ut

“ En un seul jour M. Laurier s'est placé à la hauteur de l'homme d'état eb

, nOu8 & rameués aux notions saines et viriles qui, d'âge en âge se développant; ont

fait du régime constitutionnel le modèle de tous les gonvernements. : .

__ “ L'auditoire semblait avoir été choisi, tant il y avait de notabilités de tont genre se pressant, se-disputant une place pour entendre le chef désormais accrédité des Hbéraux canadiens, pressentant l'immense’ portée de ses paroles, et. toutes, : prêtes à les recueillir comme la formule éloquente, comme le code précis, net et

‘ lumineux de nos institutions, +

# On était venu de toutes parts, de tous les districts environnants, et jusque de St, Hyacinthe et de Montréal, pour assister à cette fête unique dont le spec-

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