‹ Documents pour une biographie complète de Jean-Baptiste-Amdré GodinChapitre 12 sur 36 · KE · texte numérisé non relu

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Totaux. ..

Le no du groupe (1 à 9), le rappel de la somme à répartir (888 fr. pour janvier), étaient inscrits sur le document, après quoi remise en était faite à chaque groupe pour la suite des opérations.

La règle étant que nul ne votait pour soi, on commençait par bijBfer sur la liste des noms — dans chaque groupe — les noms des 7 membres du groupe Sont ainsi biffés, à titre d^exemple, sur le spécimen, les noms des 7 membres : (n*»» 2, 34, 35, 37, 43, 47, 50), Restaient 59 intéressés à l'égard desquels les électeurs pouvaient pratiquer le vote ouvert ou le vote secret. Secret relativement, puisqu'on connaissait toujours les résultats du tirage au sort, c'est-à-dire quels employés se trouvaient dans chaque groupe et à qui d'entre eux étaient dévolues — selon l'ordre de sortie des noms au tirage — les colonnes 1 à 7 du bulletin pour l'inscription des votes. On conçoit que le vote ouvert ce stimulant de l'exercice du jugement et de la responsabilité était le point désirable.- Ouvert ou secret le vote pouvait s'exprimer de deux façons (total 4) sur le bulletin collectif.

Vote ouvert : !« en séance du groupe par inscription dii-ecte dans la colonne à soi réservée sur le bulletin et signature au bas de la colonne ; 2® hors séance en rédigeant une liste des noms, y inscrivant les quotités jugées convenables et remettant la liste signée au secrétaire du groupe. (Il y a de ces listes aux dossiers, non toutefois pour l'expérience relative à janvier).

Vote secret (relativement). En séance du groupe : P vote sur chacun des 59 noms de la liste (pris individuellement) avec inscription des suffrages dans les colonnes du bulletin, selon l'ordre de dépouillement du scrutin (et non selon l'ordre prévu pour le vote ouvert) et dans ce cas, signature des membres en marge à une place quelconque du bulletin ; 2^ concert pour un

vote direct du groupe sur chacun des noms avec inscription en une des colonnes où se résumaient les suffrages individuels ; signatures en masse comme il vient d'être dit.

Passons au nombre des votes à émettre : Chaque groupe comptait 7 membres dont on commençait, avonsnous dit, par rayer les noms sur la liste des 66 intéressés , donc restaient 59 noms.

Les sept membres du groupe pouvaient voter soit chacun sur chaque nom, total : 59^ X 7 =. 413 votes à inscrire au bulletin ; soit de concert entre eux, total 59 votes.

Dans le P' cas c'étaient 3.717 votes (413 X 9) à obtenir ; dans le 2* cas 59 X 9 = 531 seulement. Mais le point désirable, celui qu'on s'eflForça d'atteindre par la suite fut, nous le répétons, le vote de chacun en sa colonne et avec signature vérificative.

En ce qui concerne la première tentative, quatre groupes seulement : ceux n" 2, 3, 6, 8, déposèrent chacun un bulletin collectif portant les votes des membres dans les 7 colonnes. Mais il y a irrégularité en ceci : deux de ces bulletins, ceux des groupes n»^ 3 et 6 ne sont revêtus d'aucune signature ; les deux autres (ceux afférents aux groupes 2 et 8) offrent chacun les 7 signatures, mais celles-ci au lieu de figurer en bas des colonnes pour identification des votes de chaque électeur sont rassemblées en masse sur un point du bulletin.

Dans les cinq groupes restants (ceux n<» 1, 4, 5, 7, 9), les électeurs se sont concertés pour n'avoir à inscrire qu'un vote collectif dans l'une ou l'autre des colonnes : totaux, moyennes ou répartition. Les membres de chacun des groupes n<» 1, 5, 7, 9 ont signé en masse sur leur bulletin respectif; le groupe no 4 a remis un bulletin non signé du tout.

En résumé touchant le point si intéressant : la signature, les nœuf bulletins collectifs relatifs à janvier se présentent comme suit :

3 non signés (ceux des groupes no« 3, 4, 6,) 6 signés mais en masse ("ceux des groupes nos 1, 2, 5, 7, 8, 9).

C'est un vote aussi secret que le mode pouvait le permettre.

Mais, pourait-on dire, puisque d'une part les groupes no» 2, 3, 6, 8 ont rempli chacun les 7 colonnes de leur bulletin respectif et que d'autre part on connaît les noms des membres de. chaque groupe et Tordre d'attribution des colonnes à chaque électeur, il est facile de rétablir d'office les noms desiélecteursen bas des colonnes, il n'y a aucun secret dans les votes de ces groupes, voici notre réponse :

L'apposition de signatures par les membres des groupes au bas des colonnes va apparaître au 2« essai, et ira croissant jusqu'au 5* ; mais les signatures seront données souvent en violation de l'ordre prévu, 'et ily aura de ces cas d'interversion jusqu'au 5® et dernier essai.

Ce serait donc s'exposer à erreur que de rétablir d'office les signatures au bas des colonnes.

Certifiés par les signatures, les votes qui nous occupent permettraient d'instructives recherches, nous essaierons d'en donner quelques exemples; mais en nous attachant strictement aux bulletins où les signatuies auront été apposées par les électeurs eux-mêmes, de façon à ne laisser aucun doute sur l'origine du vote. Poursuivons l'examen des bulletins collectifs afiérents au premier essai.

Les colonnes pour rectifications ne furent utilisées

sur aucun de ces bulletins ; conséquemment, la vérification des chiflFres partiels pour arriver au total : 888 fr. avait été opérée avant inscription sur le document administratif.

Deux pièces annexées : l'une au bulletin* collectif du groupe nô 1 ; l'autre au bulletin collectif du groupe n" 4, peuvent nous aider à saisir l'état d'esprit des électeurs . Chacune de ces pièces est signée par les sept membres du groupe intéressé.

Dans l'une (celle provenant du groupe N** 4) < les soussignés déclarent qu'ils se sont systématiquement imposé l'obligation de ne pas voter sur les traitements atteignant ou dépassant le chiffre de 200 francs par mois ; non pas qu'ils pensent que ces traitements puissent être trop élevés ou non mérités, mais parce qu'ils impliquent la double rémunération du travail proprement dit et celle du concours moral que leurs titulaires peuvent donner à l'établissement. >

Les signataires ajoutent : « Qu'ils pouvaient sans doute apprécier dans une certaine mesure le premier point, mais que tous les éléments leur manquaient pour apprécier le deuxième ..... »

Dans l'autre pièce les soussignés se déclarent < incompétents pour l'appréciation à faire sur les noms restés en blanc. » Ces noms sont au nombre de 9. Ils représentent :

!• Huit employés touchant par mois 200 francs et plus ; 2"" un contre-maître touchant un peu moins de 200 francs (170 à 175), mais dont le travail comportait toute une part de recherches , d'innovations industrielles.

Ce sont là deux documents dont la portée atteint la méthode même de distinction des mérites par le suffrage, puisque c'est la déclaration par des électeurs

qu'ils ne sont pas en possession des lumières voulues pour rendre tout le jugement demandé. C'était pour parer à cette incompétence facile à prévoir que G. avait proposé la constitution de groupes d'après le tirage au sort.

En effet, le classement par tirage au sort, avait cette conséquence (entre autres) : rassembler en un môme groupe les titulaires des fonctions les plus diverses. Ainsi pour les opérations relatives au mois de janvier, nous voyons réunis le chef de la comptabilité, une vendeuse des magasins de l'habitation unitaire, un surveillant de fonderie, etc. . .; dans un autre groupe le sort a rassemblé le sculpteur des modèles , un surveillant maçon, un surveillant d'ajustage, un chef de fonderie, etc. • .

C'était pour l'électeur soucieux de remplir au mieux son rôle, la possibilité de se renseigner sur les mérites des travailleurs dont sa propre fonction le tenait éloigné, à condition toutefois, on le comprend, que la dominance générale fût l'esprit d'observation , d'impartialité, d'équité.

Revenons aux déclarations d'incompétence ; elles entraînaient l'abstention du vote à l'égard :

1* Des employés de 1" et 2* catégories sans exception ;

Z" De ceux de la 3* dont les appointements atteignaient 200 francs par mois.

Provenant de 2 groupes sur 9, ces déclarations paraissent exprimer le sentiment d'une minorité, les résultats définitifs des cinq essais nous montreront tous les employés des 1^, 2'^ et 3« catégories sans exception (on sait que cette dernière comprenait les employés touchant plus de 150 fr. jusque et y compris ceux touchant 200 francs) tous, disons-nous, être classés en déchéance de situation. Parallèlement aux abstentions

motivées par le défaut de compétence, nous verrons des abstentions produites par épuisement de la somme à répartir, celle-ci étant employée au profit de quelques collègues seulement ; en cette voie la marche s'accentuera avec la répétition des essais, bien que ce fût de la part de l'électeur la récusation délibérée de son propre suffrage à l'égard d'un nombre croissant de collègues. Ces abstentions avaient pour conséquence de fausser les résultats, non-seulement dans la détermination des moyennes finales de répartition à servir à chacun, ce qui était l'accessoire ; mais dans le but essentiel : le classement général des employés au point do vue de la pondération des traitements. Passons à l'étude des opérations.

Analysant les bulletins de vote des groupes protestataires, on constate cette bizarrerie : les deux groupes ont voté des allocations représentant dés appointements mensuels atteignant et dépassant le chiffre de 200 fr., c'est-à-dire franchissant la limite à laquelle les protestataires déclaraient vouloir s'arrêter.

Les deux groupes en cause, ceux N®* 1 et 4, ayant chacun déposé un bulletin rempli seulement à l'une des colonnes totalisant les votes individuels, les chiffres qui vont suivre expriment la moyenne des votes des membres du groupe ; c'est-à-dire que nous aurions constaté des allocations encore plus élevées si notre examen avait porté sur les votes émis individuellement au lieu de porter sur une résultante d'avis.

En regard des moyennes d'allocations votées, nous portons les chiffres d'appointements mensuels que ces allocations représentaient. Nous devons dire que sur un des deux bulletins, celui du groupe N* 4, le taux des appointements de tous les employés avait été ajouté au crayon : élément de délibération évidemment.

Balletin collectif du groupe N* 1

Extrait des allocations votées :

NONBRB DE POIS

où l'allocation

a été donnée

TAUX

de

l'allocation

TAUX

des appointements

mensuels représentés

par l'allocation

2 fois

38 30 représentatives d'à]

21 allocations

spointements dépas-

sant 200 fT

'. par mois.

Bulletin collectif du groupe N"* 4.

Extrait des allocations votées :

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