‹ Documents pour une biographie complète de Jean-Baptiste-Amdré GodinChapitre 11 sur 36 · MM. B · texte numérisé non relu

MM. B

Total : 105 points f2)

Total : 20 points (S)

€ Quant aux bases servant à établir les estimations

(1) Le proposant n'ayant point donné de noms propres, nous reproduisons simplement les lettres dont il s'est servi. (3) 105 est égal à 15 multiplié par 7, nombre des électeurs du groupe» (3) 20 est égal à 5 multiplié par 4, c'est-à-dire par le nombre total des groupes constitués moins un.

numériques , Monsieur (1) B a exposé des considérations que chacun pourrait prendre pour guide, e^ accordant à chaque ordre de mérite Pimportance qu'il jugerait à propos. B, dans sa circonspection approfondie, a signalé à l'attention de l'assemblée le mérite d'un emploj^é quelconque qui, par son obligeance, rend le travail facile à ses collaborateurs. C'est, dans cet employé, un mérite réel , d'autant plus digne de récompense dans la circonstance présente, que ce mérite est ordinairement peu connu de l'administration ou de la direction, et qu'il émane d'un cœur généreux, zélé paur la prospérité de l'établissement, ou d'un esprit qui comprend les devoirs de la solidarité. Ajoutons à cela qu'un employé peut pa/rfois faciliter la tâche de ses collaborateurs par des soins plus minutieux dans son travail et que ce surcroît de soins constitue réellement une augmentation de besogne ou demande des combinaisons plus intelligentes. >

Le 25 du même mois (7 février 1870) après étude réitérée du sujet , F déposa le second mémoire qui va suivre :

« Nouveau système de vote soumis confidentiellement par {nom propre de Vauteur) à V appréciation de M. Godin :

€ !• Chaque bulletin! de vote contient, par ordre alphabétique, les noms de tous les candidats. C'est àl'électeur d'appliquer à chacun, selon ses lumières, le chiffre d^appréciation qu'il juge conforme à la vérité.

€ 2^ Un nombre de points maximum pour l'appréciation que chaque votant peut appliquer à un candi.

(4) Ici l'auteur a écrit le nom propre; nous remplaçons ce nom par le signe conventionnel.

^^^^^^HH^P^Sl

dat quelconque étant fixé, chaque bulletin de vote ost divisé en trois colonnes : la première destinée aux appréciations numériques que le votant considère comme certaines ; la seconde, aux appréciations numériques qu'il considère comme seulement probables ; la troisième destinée à recevoir un caractère convenu, la lettre X, par exemple, en regard du nom de chaque candidat dont le votant devra s'avouer incompétent à apprécier le mérite. (C'est dans cette colonne des abstentions de jugement que la délicatesse peut permettre au votant de se porter.)

« Sur le même bulletin de vote , il pourra, à la rigueur, être appliqué au même candidat des appréciations numériques dans les deux premières colonnes, à la condition expresse que la somme des dites appréciations ne dépasse pas le maximum de points fixé. Ce point peut se présenter lorsque le votant juge comme certaine son appréciation du candidat par quelques qualités, et seulement comme probable son appréciation pour ses autres qualités.

« 3^ Au dépouillement du scrutin, avoir pour chaque nom trois colonnes de même nature que celles du bulletin de vote. Pour obtenir la moyenne décisive de chaque candidat, ajouter la somme des nombres de la deuxième colonne (ou colonne des probabilités) au double de la somme des nombres de la première colonne, et diviser le total par un nombre obtenu en retranchant du triple du nombre des votants un nombre égal à 1 fois et 1/2 le nombre des voix de la 3"" colonne (ou colonne des X.)

€ Donnons un spécimen du bulletin de vote.

Maximum de points : 15.

Appréciations certaine!

Appréciations probable!

Indéterminées

€ Supposons, après le dépouillement du scrutin, que G ait obtenu, sur 45 votants :

210 points d'appréciations certaines ,

126 > » probables

et qu'en outre le nombre des votants étant de 45, il lui ait été appliqué 10 fois l'indéterminée X.

€ On opérera ainsi pour obtenir l'expression de sa moyenne :

€ Double des appréciations certaines : 240 X 2 = 420

€ Appréciations probables, . . . 126

Total

€ Triple du nombre des votants :

Nombre des indéterminées : 10 ;

1 fois 1/2 10= 15

120 résultat de la soustraction.

€ Diviseur cherché 120

€ 546 divisé par 120 donne pour moyenne 45 points 50 centièmes.

- âS3 —

€ Pour éviter que le diviseur, qui peut varier d^un candidat à Tautre, ne renferme de fraction, on pourrait convenir de prendre pour diviseur un nombre double de celui qui a été indiqué.

€ Ce système tend à éviter qu'un candidat de mérite modeste ne soit tout à fait oublié. Il établit aussi une certaine différence entre un candidat pour lequel, dans un autre système, on ne voterait pas parce qu'il resterait peu connu ou inconnu, et un candidat pour lequel, avec connaissance de cause, on voterait zéro ou une appréciation très basse*.

< Après avoir calculé la moyenne de chaque candidat, on partagerait la somme proportionnellement aux moyennes sans qu'aucune série ou groupe ait été formé. >

« Système de répartition.

< 1. — Il ne serait formé qu'une série unique comprenant les employés de l'Usine en général ainsi que ceux du Familistère.

« 2. — Chaque mois il serait tiré au sort des groupes de cinq, six ou sept membres qui éliraient chacun leur questeur ou scrutateur; ces scrutateurs formeraient le bureau du dépouillement général qui serait établi suivant les règles usitées.

< 3. — Le premier groupe serait composé des premiers cinq , six ou sept numéros sortants et ainsi de suite.

€ 4. — Chaque groupe n'aurait à émettre qu'un seul bulletin de vote dont le nombre de points serait établi suivant une échelle conventionnelle.

< 5. — Le nombre de points maximum serait calculé

de telle ftiçon que chaque votant, et par conséquent le résultat général, ne puisse attribuer à la même personne plus de trois parts égales du produit à partager.

< 6. — Si le dépouillement général amenait un résultat plus élevé, le surplus serait réversible sur la masse au prorata des points de chacun et ce jusqu'à extinction des excédents.

« 7. — Si le nombre de partageants n'était pas exactement divisible par le nombre des groupes, la fraction excédente formerait un groupe supplémentaire, à la condition que ce nombre fût supérieur à trois. Si cette fraction n'était que de trois ou inférieure à ce nombre, le dernier ou les derniers groupes suivant le cas auraient chacun un membre de plus.

« 8. — Chaque groupe ne pourrait voter pour aucun de ses membres.

4c 9. — En cas de désaccord dans le groupe et après discussion à intervenir, il pourrait être procédé sur la demande d'un membre à un vote secret pour former le bulletin du groupe, à l'aide de la moyenne des votes ; les bulletins imprimés ou écrits de la même main se mettraient séance tenante sous pli cacheté et le dépouillement s'en ferait par le groupe qui porterait le No d'ordre suivant, de façon à ce que le secret du vote fût réellement impénétrable.

€ Le dépouillement consisterait dans la totalisation des points affectés à chaque partageant en indiquant le nombre réel des votants.

« 10. — Les bulletins ainsi dépouillés et récollés seraient brûlés séance tenante.

4c 11. — Les bulletins de groupe comprendraient l'appréciation en points de chaque individualité dans son ensemble, sans décomposition.

€ 12. — Néanmoins pour former ce bulletin, chaque

groupe serait parfaitement libre de procéder par décomposition des mérites, si la majorité était de cet avis. Cette appréciation pourrait même avoir lieu de toute autre façon.

< 13. — Le scrutateur de chaque bulletin de groupe serait chargé de l'apporter sous pli cacheté au bureau de dépouillement général où ils seraient ouverts tous ensemble.

< 14. — La somme des points attribués à chacun^ divisée par le nombre réel des votants, formerait la moyenne générale des points obtenus. Le partage de la somme allouée s'effectuerait au prorata de ces points.

€ Voilà succintement le mécanisme de la répartition tel que je le comprends.

€ Quant à la portée morale de l'application de ce vote on la saisit facilement.

€ Au bout de très peu de mois, au moyen du contact des idées, des opinions et des caractères, et la discussion aidant, tous les employés connaîtraient parfaitement la valeur intrinsèque de chacun de leurs coopérateurs.

€ Ainsi ils sauraient, suivant le caractère, les idées et les sympathies d'un individu, faire la part d'exagération ou de partialité qu'il serait disposé à apporter dans son vote et le leur le neutraliserait.

4c On apprécierait chacun non seulement par la discussion mesurée qui serait ouverte sur lui, mais encore par celle qu'on soutiendrait avec lui.

€ Je crois que ce système ne laisse aucun appui à la cabale qui serait déjouée par la mobilité de la composition des groupes.

« Familistère, le 15 février 1870.

Mémoire du Rapporteur , H.

€ De rétude que j'ai faite des sept (1) systèmes qui m'ont été donnés à examiner, je crois devoir formuler mon appréciation ainsi qu'il suit :

< Tous se réduisent à deux principaux, en ce sens que deux seulement embrassent Tidée générale , tout en s'appuyant sur des bases bien distinctes.

€ Les autres, comme j'essaierai de le démontrer, en outre qu'ils ne sont plutôt que des moyens de répartition ne s'appuyant sur aucun principe fondamental, ou tout au moins général, offrent tous ce caractère particulier : qu'ils sont parties des deux systèmes.

« A première vue, ceux de E, F paraissent chacun un / type spécial , mais je pense qu'étant à peu de chose près compris dans les autres, leur application ferait double emploi. Ils sont du reste très incomplets.

€ Les deux systèmes types sont ceux : P de G, 2® de B et F. Je ne ferai que les résumer pour en donner une idée générale, leur lecture fera connaître les détails.

< Je commence par le projet n® 1 qui me paraît avoir pour base l'idée la plus large, vers la réalisation de laquelle convergent les tendances de l'époque. < Analyse du projet n'* 1 (auteur G).

€ Le principe fondamental est l'égalité dans la collectivité, c'est la collectivité sans aucun tempérament en faveur de l'affinité, le genre de travail, l'importance de l'emploi ou des appointements.

€ Partant de là, la somme totale allouée est distribuée entre tous par le vote, mais par un vote raisonné.

€ On divise la masse des participants en groupes de 5, 6 ou 7, par un tirage au sort.

€ Chacun de ces groupes ne peut discuter ni voter

(1) Tenir compte que le deuxième système présenté par F s'est produit après le travail du Rapporteur.

pour lui-même, mais il discute tous les autres candidats et vote pour eux.

€ La moyenne des votes de ce groupe pour chaque candidat, est le rapport de l'appréciation de ce candidat vis-à-vis de la masse ou de la collectivité.

« Exemple : 1500 fr. alloués.

60 employés.

< Je suppose douze groupes de 5 membres, formés par le sort. Un groupe : Paul, Pierre, etc...,

donne pour Mathieu, membre étranger » le résultat suivant :

Paul 20

Pierre 10

Jacques 15

Henri 5

Louis • . . 15

donne pour Lucas, membre étranger, le résultat suivant :

Paul 10

Pierre 15

Jacques 15

Henri 10

Louis 20

« La moyenne ou Tappréciation du groupe est donc

13 points pour Mathieu et

14 — — Lucas.

4c Chacun des dix autres ayant opéré de la môme manière , je suppose que :

Mathieu ait obtenu les résultats i Lucas ait obtenu les résultats

suivants

suivants :

Moyenne dnl*'

groupe

Hoyenaedo l^*

groupe

IP

IP

« (On voit que c'est le groupe n° 12 qui vote dans Texemple)'.

€ La moyenne générale pour Mathieu sera donc 14 et celle de Lucas sera 9.

< Cela revient à dire que dans la répartition des 1500 fr. ils toucheront une part proportionnelle Tun à 14 l'autre à 9.

< Il ressort de là que tous les groupes doivent se servir de la même échelle de proportion de mérite de 0 à 20 maximum, dans Texemple, mais qui peut être prise arbitrairement de 0 à 20 ou de 0 à 100 n'importe, puisque le rapport général ne change pas.

€ Cette méthode a pour effet d'aider à l'appréciation de chacun , d'éclairer la conscience du votant et en même temps d'obvier à l'inconvénient de voter pour soi-même. (Voir l'exposé des motifs du projet.)

« Quant aux questions de détails : secret du vote , formation de bureaux, etc. ; je renvoie à l'original.

4c Maintenant je me permettrai de donner mon appréciation en m'appuyant sur les considérations suivantes:

« Et tout d'abord ce projet a toutes mes sympathies, parce qu'il s'appuie sur la volonté générale éclairée par la discussion, sur la collectivité, la solidarité, si l'on veut employer ce terme.

€ Un grand philosophe, un des principaux auteurs de la Révolution de 89, ajustement émis les principes qui sont appliqués dans le projet susdit et comme le nom de ce philosophe a eu une grande autorité dans la matière, je cède à la tentation de lui emprunter toute une citation pour servir, si j'ose dire, d'introdicction au système de G.

f Je le fais d'autant plus volontiers qu'il est bon en ce

temps-ci de faire sa profession de foi , afin qu'une fois un principe établi, on ne soit pas tenté de s'en écarter à chaque instant suivant les circonstances, au détriment du but à atteindre.

€ Le plus grand nombre de ceux qui se disent partisans de la solidarité, s'en écartent si souvent, que je finis par croire qu'il est utile d'en développer les considérants.

€ Je commence par dire que ce qu'on nommait pacte social a pris, depuis, le nom de solidarité , à cause de certaines variantes dues surtout au progrès de l'esprit humain. Aussi, suis-je tenté de croire que l'auteur du Contrat social modifierait profondément certains de ses principes, s'il vivait à Tépoque actuelle.

€ Suivant lui : Le principe fondamental du pacte social est que : chacun de nous met en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale, et nous recevons en corps, chaque membre comme partie indivisible du tout.

« C'est en d'autres termes une forme d'association qui défend et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun s'unissant à tous , n'obéisse pourtant qu'à luimême et reste aussi libre qu'auparavant.

€ Je cite toujours : La première et la plus importante conséquence de ce principe, est que la volonté générale peut seule diriger les forces de l'association , selon la fin de son institution, qui est le bien commun , d'où dérivent les biens particuliers.

« La volonté générale est toujours droite et tend toujours à l'utilité publique , mais Une s'ensuit pas que les délibérations du peuple aient toujours la même rectitude.

< Il y a souvent bien de la difiérence entre la volonté de totùs et la volonté générale.

< Si, quand le peuple, suffisamment informé, délibère, les citoyens n'avaient aucune communication entre eux , du grand nombre des petites difiérences résulterait toujours la volonté générale et la délibération serait toujours bonne. Mais, quand il se fait des brigues^ des associations partielles aux dépens de la grande , la volonté de chacune de ces associations devient générale par rapport à ses membres, et particulière, par rapport à la masse générale ; on peut dire alors qu'il n'y a plus autant de votants que d'individus , maïs seulement autant que d'associations ; les différences deviennent moins nombreuses et donnent un résultat moins général. Enfin quand une de ces associations partielles est si grande qu'elle l'emporte sur toutes les autres , vous n'avez plus pour résultat une somme de petites difflérences, mais une différence unique : alors il n'y a plus de volonté générale et l'avis qui l'emporte n'est qu'un avis particulier.

€ Il importe donc, pour avoir bien l'énoncé de la volonté générale, qu'il n'y ait pas de société partielle dans l'association et que chacun n'opine que d'après lui. Telle fut l'unique et sublime appréciation du grand Lycurgue.

€ Que s*il y a des sociétés partielles, il en faut multiplier le nombre et en prévenir Vinègalité comme firent Selon , Numa, Servius.

€ Telle est l'introduction que je propose pour le système de G, introduction qui justifie pleinement les précautions prises : discussion par groupes formés au sort et dans la masse générale, etc., etc.

« J'aborde maintenant le système n«2 (auteurs B et F). « Le principe fondamental est Vinègalité dans la col-

Il lear partage la somme totale en 5 parts au prorata des appointements de chaque groupe.

lectivité, c'est la collectivité avec tous les tempéraments en faveur de l'affinité , du genre de travail, de Timportance de l'emploi et des appointements, etc.

« C'est, si je puis dire, une minorité se gouvernant seule, sans l'avis de la majorité (ou tout au moins l'avis de la majorité n'a que 1/5 d'action dans l'exemple).

< Il forme cinq principaux groupes :

Familistère ,

Comptabilité ,

Fonderie ,

Ajustage,

Ateliers divers.

« Se basant sur ce que les personnes composant chacun de ces groupes naturels sont plus aptes à se juger entre elles et que, par contre, les membres étrangers au groupe sont moins aptes à juger de la valeur relative de chacun des membres , il propose un mode de répartition tel, que le groupe ayant une somme de 400 francs, par exemple, lui revenant par suite du partage préliminaire en 5 parties proportionnelles, il est procédé do la manière suivante :

€ Le groupe composé de 25 employés (ex.) agissant en lui-même et sur chacun de ses membres, aura à partager les 4/5 de 400 francs soit 320 francs , tandis que 1/5 ou les 80 francs restants lui seront répartis par les 40 membres étrangers (en prenant 65 comme nombre total d'employés).

€ En d'autres termes, l'action du groupe sur luimême = 4/5 (dans le cas)

« Et l'action de la collectivité sur le groupe seulement = 1/5.

< Dans son exposé des motifs, il dit que le chiffre 80 ou 40 X 2 n'est pas arbitraire , je n'en vois pas la preuve. Il dit bien : la base de la division entre ces deux élé-

ments (groupe et collectivité) sera celle de la proportion numérique du groupe, vis-à-vis de la masse entière.

€ Ce sont des mots qui ne me paraissent pas permettre de formuler une équation générale ; je voudrais, au lieu de chiffres, pouvoir mettre des lettres ou signes quelconques permettant d'y adapter des nombres quelcon ques. C'est-à-dire je voudrais voir établir une proportion qui resterait juste, dans le cas où on modifierait profondément le rapport entre le groupe (25) et la collectivité (40).

€ Ainsi groupe 5 collectivité 60 > 35 > 30

€ Je ne m'étendrai pas sur le mode répartition (je renvoie au projet) car quel qii'il soit, on arrivera toujours au même résultat, c'est une question de choix d'échelles proportionnelles. Il est bien entendu que pour un même vote, l'échelle doit être uniforme.

* Le système de F. n'en diffère essentiellement qu'en ce qu'il affecte à chaque groupe, une somme proportionnelle au nombre [des composants, abstraction faite de leurs appointements. (Il a cela de commmun avec (j.)

€ Au reste, M. Godin ayant dit lui-même que les appointements pouvaient être erronés et que c'est en quelque sorte pour éclairer sur leurs valeurs relatives qu'un essai de répartition a lieu, il paraît tout naturel de ne pas s'appuyer sur un élément à chercher, pour en faire une base d'appréciation.

€ F. adopte le même principe que B. par rapport à l'action de la collectivité sur un groupe, mais il a un mode d'agir tout différent ; de prime abord, il ne désigne pas la somme que le groupe peut se partager par lui-même^ mais il le fait disposer d'un nombre de points proportionnels au nombre des participants, soit 15 fois ce nombre, tandis que chaque membre du groupe votant

pour d'autres étrangers, peut disposer de nombre de points égal à 5 fois le nombre total des groupes moins 1. A première vue, on pourrait croire que Faction du groupe par rapport à celle de la collectivité est comme 3 : 1 (c'était peut-être Pintention de son auteur) mais à Texamen, on reconnaît que le problème est excessivement indétermiiié, les effets relatifs et du groupe et de la collectivité me paraissent beaucoup plus difficiles .à apprécier que dans le système de B. «J'ajoute que F, indique un nombre maximum et un minimum de points applicables à chacun. Ce maximum ainsi formulé me semble ne pas répondre au but que s'est proposé son auteur, car il est tout relatif; en appliquant le minimum 3, dans l'exemple, à tous, et le maximum 27 à un seul, en supposant que le votant ne veuille pas répartir tous les points dont il peut disposer, ce maximum 27 se trouverait avoir une valeur relative plus considérable dans la moyenne générale.

€ J'aborde le système de E. Ici l'action de la collectivité est nulle quant au présent, cependant l'auteur aspire après le moment où elle sera la base de répartition.

< Il forme 3 sections :

Comptabilité, Fabrication, Familistère.

4c II ne s'explique pas sur la somme allouée à chacune. Est-ce au prorata des appointements totaux de la section, ou est-ce au prorata du nombre des membres de chacune d'elles ? Il n'a pas, m'a-t-il dit, d'idée faite sur ce sujet. En tout cas, suivant lui, la somme affectée à chacune étant déterminée, il procède tout simplement à la répartition par vote.

4c II divise chaque section en groupes de 4 ou 5 mem-

bres, et comme dans le système de G. , le groupe ne vote et ne discute que sur les autres groupes de la même section que lui, sans pouvoir voter ni discuter sur lui-même. Il demande que des délégués des autres sections viennent assister à la discussion et au vote de chacun des groupes de la section en opération.

« Ces délégués n'ont qu'un pouvoir passif \ ils ne prennent part qu'à la discussion, et encore s'ils en sont priés, de manière à s'éclairer pour l'avenir.

« En résumé, c'est l'action du groupe limitée à luimême, sans participation aucune de la collectivité.

« Et comme le système de B laisse déjà une très large part à l'effet isolé du groupe ou de Vassociation partielle^ je crois que l'application de ces deux systèmes en concurrence ferait double emploi. Cependant j'avoue que cette clause du groupe divisé en parties, de mar nière à ne pas permettre le vote pour soi-même, me fait penser qu'un jour viendrait où le projet de E étant complété et prenant pour base la collectivité ne ferait qu'un avec celui de G.

« Je ne dirai qu'un mot de son mode de répartition ou formation de bulletin, c'est qu'en admettant comme lui une somme dont chacun aurait seulement le droit de disposer, en supposant qu'un membre ne remplisse son bulletin soit par intention, soit par négligence oU toute autre cause, il faudrait alors ou le déclarer nul ou enfin de compte faire, quand même , la répartition aii prorata. Je crois qu'il est bien plus simple d'opérer de suite comme G , c'est-à-dire en se servant d'une échelle de proportion uniforme pour tous les groupes d'une section.

€ J'appliquerai cette observation dernière aux projets de D et A. D ne développe pas de système proprement

dit. Il s'occupe tout simplement de répartir 400 francs entre 25 employés au moyen du vote, mais il ne forme pas de groupes. Chacun peut voter pour les autres et pour lui-même. Je rappelle à ce sujet l'observation cidessus à propos de son mode de répartition.

€ A. Mêmes observations en général que pour D, seulement comme il lui semble difficile d'être bon juge pour soi-même, il dit : que chaque votant devra se donner le maximum de points (50 parts dans l'exemple). (Alors, c'est signer son bulletin ou forcer de mettre plusieurs maximum si on veut déguiser son bulletin.)

« Il y a quelques légères diflFérences entre ces 2 projets, ainsi: D admet un minimum à appliquer à chacun.

€ A, lui, n'en parle pas ; mais demande un maximum limité pour chacun.

< En somme, tous ces projets me paraissent être compris dans celui de B, s'il y a quelques variantes, elles n'ont que des conséquences secondaires.

4c C a retiré le sien qui n'est du reste que l'application, en quelque sorte, de la colonne de B concernant la part de l'intelligence et de la capacité calculée au prorata des appointements.

< Il y a bien des choses à en dire, je me bornerai à ce dilemme : Ou les appointements sont justes et représentent la valeur de chacun, ou ils ne le sont pas.

< S'ils sont justes, à quoi bon un système de répartition, il n'y a qu'à partager au prorata des salaires.

« S'ils ne le sont pas, pourquoi les prendre pour base ou tout au moins les faire entrer en ligne de compte lorsqu'il s'agit surtout de connaître l'opinion de la masse sans parti pris, pour justement équilibrer ces salaires. € Guise , 21 février 1870. {Signature.)

€ P. S. Je me mets à la disposition de M. Godin pour discuter tous les projets, article par article s'il y a lieu.

Ciomme je suis très-pressé de remettre ce travail, je ne prends pas le temps de le relire attentivement, il peut s'y trouver ou des lacunes ou des lapsus. »

Série des Employés . Conditions arrêtées pour le premier essai de répartitions mensuelles indicatives du mérite. 1870.

Ainsi qu'on l'a vu , les projets de répartition mensuelle des sommes allouées par Godin aux employés de son établissement étaient tous basés sur le recours au suffrage. C'est là un point caractéristique sur lequel nous avons, au préalable, attiré l'attention du lecteur. Un autre est la rareté des allusions' aux appréciations à fournir sur les appointements par les quotités de la somme totale à répartir entre les intéressés. En général, les auteurs des projets semblent plus préoccupés du partage de la somme exceptionnelle que du jugement à exprimer au moyen de ce partage ; et les faits s'accentueront en ce sens. Pourtant l'expression € pondération des traitements » figure (p. 302) dans un des projets (celui de A) et le mémoire du rapporteur est précis sur ce même point.

On y lit en effet (p. 332) : M. Godin a dit « que les appointements pouvaient être erronés et que c'est en quelque sorte pour éclairer sur leurs valeurs relatives qu'un essai de répartition a lieu > ; et encore , à la fin du mémoire, revenant sur le système de répartition proposé par B et critiquant â la fois et un certain point de ce système et le système proposé par G , le rapporteur trouve illogique de baser les allocations exceptionnelles sur le taux des appointements en vigueur, alors * qu'i7 s'agit surtout de connaître l'opinion de la masse pour jicstement équilibrer ces salaires (p. 335).

La relation entre les appointements mérités au juge* ment des électeurs et les parts de bonification qui seraient allouées par le vote, a donc été nettement posée dans les réunions. C'était un pqint à spécifier ; car cette relation se révèle si peu dès la première répartition mensuelle et elle est tellement perdue de vue, par la généralité des électeurs, dans les répartitions suivantes , qu'on pourrait se demander si elle a jamais été proposée à l'attention. A la cinquième répartition, celle relative au mois de mai 1870, on en arrive à donner de telles parts à la moitié des collègues qu'il ne resterait rien pour l'autre moitié, si la balance ne se faisait par des électeurs aussi exclusifs en contre-partie. Et cependant en tête des bulletins de vote (nous en donnerons le fac-similé) on lit cet expressif rappel du but : < Pour servir utilement à une équitable rémunération des services de chaque employé, chacun d'eux aura à tenir compte : de la proportion des appointements avec la capacité de V employé etc. >

Ne devançons pas les faits. Des études et discussions qui suivirent le dépôt des projets , se dégagèrent les points répondant le mieux aux tendances générales et ces points se résumèrent en deux modes de consultation du suffrage :

D'une part, répartition des employés en neuf groupes, constitués d'après le tirage au sort et vote de chaque groupe pour la collectivité des employés, abstraction faite des seuls membres du groupe : Bulletin de vote collectif.

D'autre part, répartition des employés en 5 groupes,

constitués d'après la nature des travaux, et vote de

chacun pour les membres de son groupe exclusivement,

abstraction faite de soi-même : Bulletin de vote individuel.

Aucune préférence n'étant à donner à un mode sur

l'autre avant expérimentation, on résolut de faire Tessai simultané des deux pour la répartition relative à janvier 1870. L'élément d'unité introduit dans la tentative fut celui-ci : Répartition d'une somme proportionnelle au dixième du total des appointements mensuels des employés inscrits sur chaque sorte de bulletins. Soit, dans le premier cas, la collectivité des employés ; dans le deuxième cas, les membres de chacun des groupes d'après la nature des travaux.

Quelques réflexions nous paraissent nécessaires touchant cet élément d'unité-

La somme de répartition mensuelle proposée par Godin dans son adresse aux employés de la comptabilité était de 400 francs. Une somme proportionnelle disait l'adresse sera à répartir entre les employés des ateliers. La somme totale de la première répartition mensuelle fut de 888 francs. Elle représentait le dixième du total des appointements mensuels généraux ainsi qu'on le verra plus loin. Comment fractionner cette somme dans les groupes d'après la nature des travaux où l'on votait exclusivement pour les membres du groupe, soi-même excepté ?

Le point donna lieu à discussion ; ceci nous est révélé par une note au crayon de la main de Godin, laquelle se trouve parmi les pièces du dossier. On examina si l'on devait partager la somme selon le nombre des membres de chacun de ces groupes.

B dans son projet (Chap. XV , p. 303, 304) avait demandé , lui , que « la part attribuée à chaque groupe naturel fût à la somme totale au prorata de la somme* des appointements et salaires perçus par chaque groupe. ï

Cet avis triompha. Une autre note au crayon de la main de Goiin porte ceci :

« Vote individuel.

€ Diviser la somme à partager proportionnellement/ aux appointements.

« Laisser dans le groupe le soin de modifier les chiffres, >

Un document de comptabilité relatif à l'année suivante, 1871, va éclairer cette brève indication.

Il s'agit d'un état des employés, avec en regard de chaque nom : P le chiff're des appointements touchés par chacun dans l'année 1871 ; 2** et 3* les résultats d'un double vote opéré en 1872 et ayant eu pour objet la détermination des appointements qui seraient à compter à chacun; 4^ la moyenne d'appointements annuels résultant de ce double vote ; 5» le montant de la bonification proportionnelle au dixième des appointements à compter au bénéficiaire. Nous en extrayons ces trois exemples significatifs :

1<> Un employé appointé à 400 francs par mois a occupé son poste toute l'année 1871 et reçu de ce chef 4,800 francs. Consulté sous deux modes, le suffrage alloue à cet employé : dans un cas, 5,528 fr. 50; dans l'autre, 4,742; moyenne : 5,135 francs. La bonification servie à l'employé est fixée à 513 francs au lieu de 480 et il résulte de la consultation que les appointements de l'intéressé pourraient, au jugement de la majorité de se» collègues, être augmentés.

?• Un employé a touché 1,800 francs d'appointements en 1871. Le suffrage apprécie à 1,560 francs dans un cas, à 1,752 fr. 10 dans l'autre (moyenne 1,651 fr. 05), les services de cet employé. La bonification allouée est fixée à 165 fr. 10, au lieu de 180 francs; et il ressort de la consultation qu'aux yeux des collègues l'employé pourrait subir une diminution de traitement.

3o Un employé a touché 3,000 francs d'appointements

en 1871. Le suffrage apprécie les services de l'indiv^idu à 3,001 francs. Le dixième servi est de 300 francs 10. L'individu paraît convenablement rémunéré.

Par la répartition d'une somme proportionnelle au dixième des appointemjBnts (élément d'unité introduit dans les deux modes de consultation du suffrage essayés relativement à janvier 1870, série des employés) comme par l'indication du chilïre des appointements annuels (objet proposé en 1872 dans la même série pour la répartition relative à l'année 1871) on obtient un double résultat :

P Une certaine somme est répartie;

2^ Les quotités en lesquelles on l'a partagée 'multipliées par 10, représentent le chi fifre des appointements votés.

66 employés puis 72, 76, 79, 80, fu rent appelés aux répartitions mensuelles pratiquées pour les cinq premiers mois de Tannée 1870. Classés d'après les appointements, les 66 employés appelés à la première répartition mensuelle, celle relative à janvier, se présentent en 6 catégories :

Caiégories

Taux des appointements mensuels :

300 fr. ; 400 fr. ; 515 fr

250 fr

Plus de 150 fr. jusque et y ^îompris 200 fr. Plus de 100 fr. jusque et y compris 150 fr. Plus de 50 fr. jusque et y compris 100 fr. 50 fr. au maximum

Total

Nombre

des titulaires

Classés en groupes d'après la nature des travaux (comme il est dit ci-dessus, p. 337), les mêmes employés se présentent comme suit, avec les totaux d'appointements dans les groupes et les sommes correspondantes à répartir.

Oe

Senrices

Comptabilité de Tusine

Economat (Familistère)

Fonderie

Ajustage, emballage, magasins, émail-

lage, terre réfractaire

Dessin, matériel, modèles, menuiserie,

constructions, cours et écuries

Totaux

Totaux des

appointements

mensuels

Sommes

répartir

297 fr.

888 fr.

Par le fait qu'on ne, votait pour soi , ni dans le cas du bulletin collectif, ni dans le cas du bulletin individuel et que la somme à répartir demeurait intégralement fixée au dixième du total des appointements mensuels généraux des employés inscrits sur chaque sorte de bulletins, les électeurs disposaient toujours d'une certaine somme à allouer à tels ou tels collègues pour indiquer — même dans le cas où l'on eût voté à chacun sans exception le dixième de gratification — ; qui , parmi eux, en outre, méritait de l'avancement.

Obtenir ces jugements était le fond de la tentative ' puisqu'on n'avait pu encore réaliser ni même commencer à chercher une méthode moins faillible que le

suffrage, pour révéler les mérites effectifs parmi tous les travailleurs de rétablissement.

La modicité et la fixité de la somme à répartir pouvaient dans les deux cas — mais surtout dans le vote sur bulletin individuel où Ton ne disposait selon le groupe que de 100 fr., 122, etc. — mettre en garde l'électeur contre les allocations exagérées par lesquelles épuisant rapidement la somme , il restreindrait du même coup son champ de vote. D'autre part, cette condition de mesurer soigneusement les quotités de répartition facilitait Tinscription de parts que les intéressés (chefs, égaux ou subordonnés) pouvaient toujours trouver insuffisantes.

L'obligation, morale au moins, de faire juste part à tous pouvait amener l'électeur consciencieux à reconnaitre la pénurie de seff lumières pour apprécier la véritable valeur des travaux de ses chefs ou autres; il pouvait aussi trouver difficile dë^juger sévèrement, s'il y avait lieu, tel ou tel intéressé qui pouvait être de caractère ombrageux. Tout cela c'était de la culture sociale au premier chef. C'est par de telles expériences que l'homme de bon vouloir arrive à se préoccuper des conséquences de sa faillibilité en matière de suffrage et à sentir toute la supériorité de la vraie méthode à généraliser, celle par laquelle comme par un enregistreur automatique, chacun, haut fonctionnaire ou- simple manœuvre, sera classé selon son concours effectif et ne pourfa s'en prendre qu'à lui-même de son classement, quel qu'il soit.

L'essai simultané des deux modes ayant été résolu, un certain ordre fut-il suivi relativement à l'émission des votes ?

On pouvait, en effet, raisonner ainsi :

Dans le groupe d'après la nature des travaux, l'élec-

teur — s'il a toutefois l'esprit d'observation et d'impartialité voulu, de même que la compréhension du but et la volonté d'y aider — pèsera mûrement la part à faire aux collègues qu'il voit quotidiennement à l'œuvre ;

Dans le groupe d'après le tirage au sort, il apportera personnellement le fruit de son premier examen, bénéficiera des examens parallèles venant des autres membres du groupe et peu à peu s'instruira sur l'état collectif.

Cet ordre d'émission des votes fut-il observé ? Nous ne savons. En général les bulletins de vote, individuels ou collectifs afiérents à janvier, ne sont pas datés. Ce qui les rattache catégoriquement à ce mois c'est :

Pour les Bulletins collectifs ,

lo — Le tableau du tirage au sort des groupes dressé à l'époque par l'administration, donnant l'état nominatif des membres de chaque groupe pour la répartition relative à janvier. Nous avons les tableaux correspondants pour chacun des mois février, mars, avril, et mai où la tentative fut répétée.

2!" — La somme à répartir, laquelle figure en tête des bulletins de chaque série mensuelle et varie pour chacun des cinq mois. (L'ensemble de ces pièces est en nos mains.)

Pour les Bulletins individuels ,

Le fait que le tableau des moyennes finales de répartition mensuelle comptée aux employés pour janvier (tableau dressé par l'administration) exprime, powr janvier seulement^ les moyennes résultant de deux votes : un sur bulletins collectifs, un sur bulletins individuels, et pour les mois suivants les moyennes résultant exclusivement du vote sur bulletins collectifs. Il est donc

certain que les bulletins individuels ne furent en 1870 usités que pour la répartition relative à janvier.

Nous ne possédons que la moitié environ (31 sur 66) de ces bulletins individuels originaux ; mais disons de suite que nous possédons au complet les tableaux de dépouillement des bulletins individuels dans les cinq groupes d'après la nature des travaux. Or, des 31 bulletins individuels originaux parvenus jusqu'à nous

2 seulement sont datés : l'un 5 avril 1870 ; l'autre

3 avril , avec retouche du 3 comme pour en faire un 6.

Deux seulement aussi parmi les 9 bulletins de vote collectifs afférents à janvier sont datés : l'un 30 mars , l'autre 2 avrils 1870. Mais le bulletin portant cette dernière date est rectificatif d'un vote précédent.

Contrairement donc à ce qui semblait indiqué , on pourrait penser que le vote émis dans les groupes d'après le tirage au sort, a précédé celui émis sur les bulletins individuels; néanmoins, les renseignements sont trop restreints pour que nous en tirions conclusion. Ils prouvent seulement que les opérations relatives à janvier se prolongèrent jusqu'en avril. Nous verrons plus tard celles relatives à mai s'achever en août; les essais étant alors interrompus par les événements : guerre franco-allemande déclarée depuis la mi-juillet.

Notre incertitude quant à Tordre d'émission des deux sortes de votes' et le fait que dans deux groupes d'après le tirage au sort, c'est-à-dire ceux où s'établissaient les bulletins collectifs , fut prise une résolution qui a pu — on le verra plus loin — exercer son influence jusque sur la rédaction de certains bulletins individuels, ces deux motifs nous portent à commencer l'exposé des détails pratiques par ce qui concerne le vote sur bulletins collectifs.

^tem^iBim^n^

Il est, du reste, à noter, que le tableau t Récapitulation et moyenne des deux votes » dressé par Tadministration de l'époque relève le vote des groupes avant le vote individuel. Nous aurons à reparler de ce tableau.

xvn

Série des employés. U^ essai de répartitions mensuelles indicatives du mérite. Double vote (: un sur bulletin collectif , un sur bulletin individuel) , relatif à janvier 1870.

Vote sur bulletin collectif.

Par la voie du tirage au sort, 63 employés sur les 66 dont nous avons donné la liste ci-dessus (chap. XVI , p. 340) furent répartis en 9 groupes comptant chacun 7 membres. Les trois personnes non classées comprenaient des adolescents pour qui, du reste, on pouvait voter et pour qui l'on vota.

La somme à répartir était proportionnelle au dixième des appointements généraux (indiqués page 341), soit 888 francs.

Les suffrages des membres de chaque groupe étaient relevés sur un bulletin lequel offrait pour cet objet autant de colonnes qu'il y avait de membres dans le groupe. Si Ton usait de ces colonnes — ce qui était facultatif — chaque membre votait (ou plutôt eût dû voter, car il fut très difficile d'en arriver là) dans' la colonne à Jui affectée par son ordre de sortie au tirage au sort.

En tête des bulletins était rappelé le but de la tentative, arriver à l'équitable rémunération des services et proportionner les appointements à la capacité de l'employé.

Les noms des intéressés étaient inscrits, cela va de soi, par ordre alphabétique. Sur le spécimen qui va suivre, nous remplaçons les noms par des signes, terminant d'abord l'emprunt des 25 lettres commencé chapitre XV , puis combinant ces lettres entre elles à mesuré des besoins. Les employés déjà désignés se retrouvent naturellement sous le même signe ; et la même méthode sera suivie au cours du travail.

En première page du bulletin , on lisait :

« Avis important.

€ Les colonnes î à 7 sont destinées à recevoir les € chiffres fioles individuellement par chaque membre du € groupe. La 8^ colonne est la totalisation de ces 7 « sommes dont la moyenne est portée dans la 9«.

€ Si l'addition de cette 9^ colonne ne donne pas exac- € tement la somme à répartir y le groupe fait, soit par € augmentation^ soit par diminution, des rectifications « portées dans les {l) colonnes suivantes ^ pour arriver à c une répartition entière de la somme allouée do7it le € détail individuel est inscrit dans la dernière colonne, i

(1) Sur Porififinal , il y a 4 colonnes pour rectifications; nous n'en portons qu'une ici , faute de place.

BULLETIN DE VOTE COLLECTIF DU GROUPE No 1

888 Fr. à répartir.

V Pour servir utilement à une équitable rémunération des services de chaque employé chacun d'eux devra tenir compte :

De la proportion des appointements avec la capacité de l'employé ;

De son assiduité et de son aptitude au travail ;

£t de l'obligeance qu'il sait apporter dans ses rapports avec ses collègues pour la bonne marche du travail.

Noms

it» partidputt

BA

CA

DA

FA

GA

HA

JA

KA

LA

TtUui

Icdiliea' tioii

Mpirtiiin

A reporter. . .

Noms

d«s partidpMti

ToUtti

ReetiEea- 1

Ré|artHi«n

Reports n

MA

Page 1