S94 Abstentions ou zéros
Total des votes 1.652
A observer en présence de§ allocations ci-dessus représentatives d'appointements allant jusqu'à 750 francs par mois (un de ceux à qui Ton votait pareille somme toufchait par mois 125 francs), qu'un pareil chiffre n'était compté à personne , à cette époque ; les trois employés les plus rémunérés recevaient : le 1*' 300 fr. ; le 2e 400 fr. ; le 3« 515 fr.
tes allocations de 75 francs seront néanmoins dépassées dans les tentatives suivantes.
Le vote de quotités aussi disproportionnées relativement à la base et à l'objet de l'expérience, entraînait —
par épuisement de la somme totale à répartir — nombre d'abstentions ou de zéros à Pégard de certains collègues.
Aussi avons-nous relevé 258 cas de ce genre sur l'ensemble des quatre bulletins dépouillés.
Ceux-ci étant les 4/9« de Fensemble, disons près de moitié — puisque nous ne cherchons ici qu'une approximation — nous pouvons en déduire grosso modo les chiffres suivants pour la vue générale du vote pur bulletin collectif, relativement à janvier 1870.
(3.717 votes à émettre à raison de 413 en chacun des neufs groupes) :
Vote de quotités inférieures à 20 francs 1 .900
Vote de quotités allant de 20 à 50 francs 1 .260
Vote de quotités dépassant 50 francs et allant au moins jusqu'à 75 francs 10
Abstentions ou zéros, environ 550; disons 547, ci 547
Total 3.717
Le chiffre des abstentions, environ 550, étant au moins le 6« des votes à émettre (3.717 au total) c'est à rencontre d'environ 1 employé sur 6 qu'elles se sont exercées dès le premier essai.
Nous les verrons monter à plus de 1.300 dans la répartition relative à février : à plus de 1 .800 dans celle relative à mars; à 1 .900 dans celle relative à avril. Elles dépasseront 2.600 dans la répartition relative à mai. Le chiffre des votes à émettre se sera élevé concurremment avec le nombre des employés admis à la répartition; il n'atteindra pourtant que 5.609 alors que les abstentions parvenues au chiffre de 2.605 frapperont un employé sur deux.
Si dès le premier essai on eût envisagé — au point
de vue pratique — le classement hiérarchique résultant du vote , on se fût sans doute arrêté dans la voie des abstentions ; il n'en fut pas ainsi. Le but principal : € aider à réaliser Féquilibre entre les mérites et les appointements > sembla perdu de vue ; tandis que le point accessoire : « se voter mutuellement des primes mensuelles > (dont les plus hautes, disons-le de suite , n'atteignirent néanmoins pas trente francs au résultat final) , parut surtout visé.
Vote sur bulletin individuel.
Dans chacun des groupes constitués d'après la nature des travaux (chap. XVI, p, 341) (1), les électeurs avaient à remplir un bulletin dont voici le fac-similé. (A remarquer que le but de l'essai figure en tète dans les mêmes termes que sur le bulletin collectif: arriver à l'équitable rémunération des services et proportionner les appointements à la capacité de l'employé.)
(1) Présent volume.
Bulletin de Vote individuel
■ ■fcijMO m
Groupe de
Frs à répartir
Pour servir utilement à une équitable rémunération des services de chaque emplo^'é, chacun d'eux aura à tenir compte :
De la proportion des appointements avec la capacité de l'employé,
De son assiduité et de son aptitude au travail,
Et de Tobligeance qu'il sait apporter dans ses rapports avec ses collègues pour la bonne marche du travail.
Not
Noms des Membres participante
Application
Rectiâcations
Répartition
Chaque votant doit remplir son bulletin de manière à ce que la somme à répartir soit distribuée entièrement.
La première colonne reçoit les chiffres d'une répartition préparatoire.
Les colonnes suivantes sont destinées à recevoir les sommes en plus ou en moins nécessaires à ramener les parts individuelles dans la dernière colonne, de manière à ce que leur addition donne exactement le chiffre de la somme à répartir
1*" La désignation du groupe ;
2« Le taux de la somme à répartir dans le groupe;
3« L'énumération par ordre alphabétique des membres du groupe, étaient apposés sur ces formules imprimées ; après quoi les bulletins étaient distribués aux intéressés.
A chacun d'eux de remplir à son gré les colonnes : Application^ rectification ^ répartition.
Une fois le vote opéré , l'électeur remettait son bulletin à qui de droit; et tous les bulletins ainsi remplis donnaient lieu à un dépouillement d'après lequel on dressait, dans chaque groupe de services, un tableau dont suit un spéciijaen. Nous avons pris pour exemple le service comptant le moins d'employés , celui de l'Economat du Familistère, et, comme élément d'étude et comparaison , nous avons ajouté , aux signes représentatifs des noms , les appointements de chacun des membres du groupe.
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Alnul qu'on lo voit on dernière ligne du tableau une nioyonno cUait extraite des votes ëmis sur chaque oniployrf.
IiO« 5 groupes donnaient lieu à 5 tableaux parallè- \o^ I <^ap^^s lesquels vu Tunité de base de la répartition (lo 10« dos appointements) on dressait un état de ohiS8ome!\t gi^néral du personnel des employés par euxnuMnes , selon les moyennes d^vllocation votées à char oun tlans son gniupe,
V\\ étHt oorn^spondant était fourni par le relevé des moyennes votiVs à oh%^que employé dans les groupes d*ap!>iV le tirîvgx> au sort : et des deux états combinés on obtenait la mo\Tnne détînitive d*allocAtion à compter à ehaouu (Ohap. XVI, p. ;U3, ;Vto) {!)•
Ix^ x>>te sur bulletin individuel, toi qu'on en fit Fessai tvlativement à janvier 1870, fut le vote à bulleûn ouvert. U^ Uvtour a vu (ohap, XVI, p- 342» en quelles tvndition:^ tutolaines il s'i^^îTrit : la moiiiciié et la fixhé de la ^Mnme à rl^J^anir jvuv^nt aider rêltx-Totr a ^vndori^r attentivemea^i Ioî^ allv^cAiions in^icrii^»* par lui en rx"^4r^rd do<ï nom^i de 5^^ oôîlo^nies, La Tu:eljft^aii d\^\;u<4rti plri$ îtens^iMe oàr.s la rtviac-iion des hu!»l<Mn'\s a:'Î0T\M*iT^ ar*\ ir^vV,:po^ li'nprès la naTure 5es Tr&-
l<* Oî^e lo:^ ir.70Tv<^i*^ i raior.: hiorarrhisés et er vvihîîO^,*is onoi^^u-^Ti-ne^ oir.v.T^-^; i?' : ^oe ia sc»niTn< a rvMt.^.r O'.'^.i iVur. v»';::^ f;.::]^ c>;:i>ier.ioi.:^
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mensuels généraux comptés aux employés inscrits sur la liste de chacun des groupes d'après la nature des travaux , il résultait :
1® Que la somme à répartir variait ici dans chaque groupe (tandis qu'elle était uniformément fixée à 888 fr. dans chacun des groupes d'après le tirage au sort.)
2® Que plus fortement on était appointé plus était grosse — dans le cas spécial que nous allons dire — la somme dont on disposait pour exprimer ses jugements.
Prenons pour exemple le groupe * Economat du Familistère ; nous y trouvons 9 employés dont le plus hautement appointé à cette époque gagnait 250 fr. par mois et le plus faiblement rémunéré (un apprenti) 40 fr. La somme à répartir dans le groupe était de 100 fr. représentant le dixième des appointements mensuels généraux comptés dans le groupe.
Supposons qu'au jugement des deux employés susdits chacun de leurs collègues de l'Economat méritât d'abord sans conteste les appointements dont il jouissait ; l'électeur devait donc allouer à chacun d'eux le dixième représentatif des appointements ; conséquemment, sur la somme de 100 fr. il restait à Tun et à l'autre son propre dixième, pour indiquer, en outre, qui, parmi les collègues, méritait de l'avancement.
La plus grande latitude donnée ainsi à l'employé le plus rétribué, et qui, logiquement, devait être le plus expérimenté, le plus capable de jugement, cette plus grande latitude était bien en accord avec l'esprit de la tentative : arriver à réaliser autant que possible l'équilibre entre la valeur économique des œuvres effectuées et les appointements comptés en échange.
Le fait ne se reproduisait pas avec cette rigueur mathématique dans les groupes d'après le tirage au sort. En effet, supposons que, dans un de ces groupes, les 7
votants aient accordé d'abord aux 59 collègues soumis à leur jugement le dixième représentatif des appointements ; pour indiquer ensuite qui parmi ces collègues méritait augmentation de traitements, il restait à chacun des 7 électeurs (directeur de service ou simple fonctionnaire — nous ne dirons pas apprenti, l'apprenti avait été écarté de ce mode de suffrage) une somme uniforme : le dixième du total des appointements mensuels des sept électeurs mêmes. Or, le groupement se faisant par tirage au sort, l'employé le plus hautement rétribué pouvait se trouver uni à des collègues très faiblement appointés et vice-versâ. Conséquemment, la somme dont on disposait pour exprimer le jugement n'avait plus de rapport mathématique avec la capacité, supposée au moins par la situation.
En ce trait comme en celui du vote à bulletin ouvert, le suflfrage en groupes d'après la nature des travaux semblait convenir à des électeurs plus expérimentés, plus aptes à porter la responsabilité de leurs votes que ceux à qui l'on en proposa l'usage pour la répartition mensuelle relative à janvier 1870.
En effet, l'unanimité de ces électeurs a pratiqué le vote secret dans le mode de suffrage où la chose était possible. C'était le rejet — au moins temporaire — du mode qui obligeait à voter ouvertement.
Cependant si le suffrage avait en soi quelque vertu, c'était au vote ouvert qu'il fallait arriver ; non par force*, non en plaçant l'employé en conditions telles qu'il dût ou s'abstenir du vote ou le pratiquer comme il ne lui convenait pas ; mais en l'amenant, si possible, à exercer ses jugements de façon suffisamment raisonnée pour qu'il en portât volontiers la responsabilité devant tous.
Pour cette oeuvre d'éducation le système du bulletin
collectif offrait de la marge puisqtte le vote y était, au gré des électeurs, ouvert ou secret. Aussi demeu rart-il seul en usage dans les répartitions mensuelles suivantes.
LVJecteur, avons-nous dit, ne pouvait que s'abstenir du vote s'il ne voulait remplir le bulletin individuel à lui confié. Ce cas se produisit-il dans l'essai du système ? Il se peut.
A l'analyse des tableaux de dépouillement des votes, nous constatons trois abstentions (deux sur un tableau, une sur un autre) non expliquées.
Les électeurs étaient au nombre de 66. Les 3 d'entre eux qui avaient été écartés du vote des groupes d'après le tirage au sort où l'on avait à voter pour la collectivité des employés furent admis au vote dans les groupes étudiés ici où Ton votait exclusivement pour les collègues vus de plus près à l'œuvre. Nous avons en mains le bulletin individuel original d'un de ces membres, un apprenti ; et la trace du vote des deux autres est indéniable. On va voir comment nous avons pu identifier un certain nombre de votants :
Reportons-nous au tableau < Dépouillement des votes individuels pour le groupe de l'Economat > donné cidessus (p. 361). Le bulletin du premier électeur Q est relevé en 9* ligne puisque là se trouve le zéro réglementaire : abstraction de soi-même , afférent à Q. Par le même procédé nous identifions le bulletin de Z en 6* ligne ; de FA en 5« ; de ZA en 2*. Le bulletin de U se révèle à nous (bien qu'il y ait 3 fois zéro dans la colonne), parce que : P un des zéros, celui en 9* ligne a été donné par Q ; 2° celui en 2* ligne, par ZA ; donc, le zéro en 7« ligne est celui réglementaire et nous voyons ainsi que le bulletin de XJ a été relevé en 7* ligne, etc.
En ce groupe personne ne s'est abstenu du vote. Passons à celui où s'est produite une abstention ; c'est le 4* : Ajustage j etc. . . 12 membres. — Par le procédé cidessus décrit nous identifions les bulletins de onze électeurs ; conséquemment le 12® membre , celui qui s'est abstenu de voter, nous est connu.
Les 2 autres abstentions se sont produites dans le 1" j
groupe : Comptabilité : 23 membres. Les votants sont au nombre de 21 . !
Sur le tableau : Dépouillement des votes j nous pouvons identifier, par le procédé susdit, les bulletins de i dix employés, c'est tout ; mais le nom d'un des deux qui | se sont abstenus de voter se révèle par ce fait : absence | du zéro réglementaire dans la colonne des 21 votes ins- J critssous un certain nom; donc, celui-là n'a pas voté. Rien ne nous révèle le nom de l'auteur de la dernière abstention , Mais le fait de connaître les auteurs de 2 abstentions sur 3 ne nous éclaire point sur les motifs de ces abstentions. Voici , en effet, la situation de ces non votants en face de leurs collègues : celui du groupe Ajustage est mal apprécié par ses pairs : 5 sur 12 ne lui allouent rien ; et les 6 autres lui votent des sommes représentatives de 10 à 15 francs d'appointements par mois alors qu'il en touchait plus de 70. Mais l'autre, celui du groupe Comptabilité ^ est bien apprécié par la grande majorité de ses collègues . Il touche 100 francs par mois et des 21 allocations qui lui sont votées une seule réduit ses appointements (il est vrai presque de moitié) ; 5 autres les lui maintiennent tels quels; les 15 autres les lui élèvent ; parmi ces 15, trois les lui doublent et une s'élevant à 25 francs représente le vote de 250 francs d'appointements mensuels au lieu de 100 francs. L'abstention de l'intéressé
ne peut donc être expliquée par un esprit d'antagonisme
eDtre ses collègues et lui. Alors quoi? Ne voulant pas exercer le vote ouvert, il s'est abstenu. Car le vote n'était pas obligatoire à jour dit ni autrement. Malade ou absent, on pouvait différer la remise du bulletin.
Passons au relevé des votes émis sur bulletins individuels.
1er Groupe. Comptabilité : 23 iûBcrite. Votes émis :
21 buUetins déposés (?1 X 23) 483
2* Groupe. Eoonomat : 9 inscrits.
9 bulletins déposés (9x9) 81
8* Groupe. Fonderie : 10 inscrits. ^
10 bulletins déposés (10 x 10) 100
A" Groupe : Ajustait, etc. : 12 inscrits.
11 bulletins déposés (11 x 12) 132
bfi Groupe : Dessin modèles, etc. : 12 inscrits.
12 bulletins déposés (12 x 12) 144
Total des votes 940
940 votes inscrits sur 63 bulletins individuels et relevés sur 5 tableaux de dépouillement.
Des 63 bulletins individuels originaux 31 sont parvenus jusqu'à nous. Ce sont ceux des 2e, 3* et5« groupes (9 + 10 + 12 = 31).
De ces bulletins originaux, nous relevons ces traits significatifs :
P Sur l'un d'eux, l'électeur après avoir porté en regard des noms de chacun de ses collègues une certaine somme, écrit avant d'apposer sa signature :
€ Ce vote ne me plaisant pas du toutj fax été trèsembarrassé. »
Etait-ce une protestation contre le vote à bulletin ouvert ? Peut-être ; cet électeur était membre de l'un des deux groupes qui s'étaient déclarés incompétents pour l'appréciation des employés touchant 200 fr. par mois et au-delà (ci-dessus^ p. 352).
2* Sur deux autres bulletins rédigés par deux membres d'un même groupe, les deux électeurs au lieu de se borner — puisque tel était leur avis — à mettre un zéro devant le nom d'un collègue , remplissent de zéros toute la ligne; Tun en inscrit 12; l'autre 18. Enfantillage peut-être, mais combien déplacé en pareil essai, et propre à exciter l'antagonisme entre gens appelés à des relations quotidiennes.
3° Les deux électeurs qui ont procédé ainsi ont émis des votes en apparence concertés : d'abord c'est au même collègue qu'ils ont alloué chacun une lignée de zéros; ensuite ils se sont réciproquement alloué une même somme 19 fr. représentative de 190 fr. d'appointements mensuels (ce qui eût été pour chacun d'eux une augmentation notable) ; enfin à l'égard de chacun des membres du groupe, ils ont voté les mêmes quotités exactement à centimes près.
Revenons à l'ensemble des votes d'après les 5 tableaux afiérents à chacun des groupes d'après la nature des travaux.
Furent émis , avons-nous dit 940 votes.
De ce chiffre, commençons par extraire les 63 zéros réglementaires : abstraction de chacun des électeurs par soi-même 63
Restent : Votes de répartition 877
Pour la comparaison avec les votes sur bulletins collectifs, répétons le classement déjà donné (p. 357) :
Votes de quotités inférieures à 20 fr 543
Votes de quotités allant de 20 fr. à 60 fr. 238 Abstentions ou zéros 96
Total conforme 877
Différence à noter entre les deux modes de consultation du suffrage :
1^ Dans le vote sur bulletin individuel on n'a pas dépassé 60 fr. d'allocation, tandis qu'on est allé jusqu'à 75 fr. dans le vote sur bulletin collectif.
2o Le chiffre des abstentions sur bulletin individuel— 96 relativement au chiffre des votes : 877 — est environ le 9% tandis qu'il était approximativement le 6e des votes sur bulletin collectif: (550 sur 3,717).
Il semblerait donc y avoir eu plus de*mesure dans le vote sur bulletin individuel.
Autre objet : Certifiés par les signatures les votes , avons-nous dit, permettraient d'instructives recherches; essayons d'en donner quelques exemples dès cette première expérimentation.
Consultons le tableau : Dépouillement des votes individuels pour le groupe de VEconomat reproduit plus haut (1). L'électeur ZA, 6^ colonne, a voté en 2« ligne et il a alloué à Q — lequel touchait 125 fr. par mois, — une somme de 60 fr., c'est-à-dire représentant 600 fr. d'appointements. Q, qui a voté en 9^ ligne, alloue de son côté à ZA 35 fr., soit 350 fr. d'appointements ; ZA gagnait 66 fr. 65.
Même tableau, ZA vote à Z débutant qui touchait 40 fr. par mois une somme de 20 fr., soit 200 fr. d'appointements ; et Z (6* ligne) alloue à ZA 30 fr,, soit 300 fr. par mois, etc. . .
ZA en votant 60 fr. à Q et 20 fr. à Z a presque épuisé son droit de vote ; il ne lui reste que 20 fr. qu'il répartit entre 3 collègues ; total 5 collègues jugés par lui. 11 se porte à lui-même le zéro réglementaire. Quant aux trois collègues restants il ne leur alloue rien du tout.
(1) Page 961.
Jugeaît-il qu^on pouvait supprimer les trois emplois ? ou seulement que les individus étaient déjà suffisamment rétribués ? Mais ce dernier point pouvait être indiqué par une allocation égale au dixième des appointements. Conclusion : ZA ayant épuisé sa capacité de vote par des allocations exagérées est obligé de sacrifier l'intérêt de quelques collègues.
Opérons une recherche analogue sur le tableau : Dépouillement des votes individuels pour le groupe : Des^ sin, Matériel j Modèles, etc., 12 employés. Somme à répartir : 221 francs.
Se trouvent dans ce groupe : remployé qui touchait alors le traitement le plus élevé : 515 fr. par mois ; un autre touchant 300 fr. ; un autre 250 fr. ; un 200 fr. ; six recevant de 100 à 175 fr., un touchant 90 fr. par mois ; enfin un apprenti rétribué à 16 francs.
L'employé rétribué 90 fr. par mois, et un autre rétribué 127 fr. 90 se sont mutuellement voté une allocation de 60 fr., soit 600 fr. de salaires par mois; par contre, ils n'ont rien alloué du tout à 3 employés et, parmi eux, à celui le plus rétribué du groupe; non sans doute qu'ils le jugeassent incapable ou inutile, sa capacité était notoire et il exerçait une fonction n'exigeant qu'un titulaire, mais l'exigeant impérieusement. (Deux ans plus tard dans un vote entre conseillers d'administration, cet employé sortira classé premier par ses collègues).
S'il est sacrifié dans le vote qui nous occupe, c'est que, forcément, les allocations exagérées en faveur des uns entraînaient l'abstention du vote à l'égard des autres.
Sur le même tableau, nous relevons cet autre double vote : un employé rétribué 100 fr. par mois vote une allocation de 21 fr., soit 210 fr. d'appointements à l'ap-
ppenti qui touchait 16 fr.; et celui-ci vote au dit employé 30 fp. d'allocation, soit 300 fr. d'appointements, etc., etc. On conçoit quelle perturbation était introduite dans la tentative par des votes semblables.
Résultats de l'essai complexe relatif à la répartition mensuelle pour janvier 1870.
Un tableau dressé à l'époque par les soins de l'administration, fournit les éléments voulus pour comparaison entre les résultats des deux modes de consultation du suffrage examinés en ce chapitre. Voici l'en-tôte de ce tableau :
Janvier 1870.
Récapitulation et moyenne des deux votes.
N«" I Noms I Vote dee groupes 1 Vote individuel | Totaux | Moyennes Il I ) des 2 votes |
Les intéressés se présentent par ordre alphabétique ; en regard de chaque nom dans les 3* et 4« colonnes sont portées , en francs et centimes , les moyennes des allopations attribuées à chacun : V par le vote sur bulletin collectif; 2*^ par le vote sur bulletin individuel. De ces allocations totalisées dans la 5m« colonne , sont extraites les moyennes définitives, indiquées dans la 6°** colonne.
Grâce à ce tableau nous avons pu dresser 3 listes présentant les employés selon l'ordre numérique des moyennes d'allocations , celles-ci par leurs variations en francs et centimes n'offrant pas deux fois la môme somme en ce qui concerne le mois de janvier ; et chacun des intéressés ayant obtenu des allocations de quelquesuns au moins des électeurs.
La plus forte moyenne d'allocation dans les groupes d'après la nature des travaux est 27 fr. 22 ; la plus
faible, 2 fp. 05. Dans les groupes constitués diaprés le tirage au sort, la plus forte moyenne est 25 fr. 29; la plus faible est 1 fr. 10. La plus forte moyenne définitive est 26 fr. 15; la plus faible, 3 fr. 57.
Afin de pouvoir donner quelques indications, intercalons ici la liste des employés d'après les appointements :
Catégories
-{ppointements mensuels
300 fr., 40O fr., 5:5 fr
Plus de 150 fr. jusque et y compris "-:00 fr
Plus (le 100 fr. jusque et y compris 150 fr
Pins de 50 fr. jusque et y cdmpris 100 fr '.
50 fr. au maximum
Total
Mombre
de
titulaires :
Rangs occupés
Rapprochant de cette liste les deux tableaux de classement des 66 employés d'après la moyenne de prime votée à chacun d'eux :
lo Par le vote sur bulletin individuel ;
2oPar le votie sur bulletin collectif, nous constatons de véritables anomalies.
Exemple : Un des employés de la première catégorie est classé simultanément 8« par un des modes de suffrage et 58e par l'autre mode.
Un autre de 3e catégorie est classé à la fois 2® par un mode et 60e par l'autre. Et ces exemples se répètent : Un employé de la 3® catégorie est classé 5® et 52® ; un (4® catégorie) 3« et 44e ^ etc.
Nous pourrions citer 20 cas analogues, davantage même; 30 individus seulement sur les 66 restant à peu près au même rang dans les deux votes.
L'employé 1e plus hautement appointé , un artiste dont ses collègues pour la plupart étaient — vu la spécialisation de leurs connaissances — incapables d'apprécier la valeur technique, est classé 56* par le vote sur bulletin individuel et 66% le dernier de l'établissement (après même les apprentis), par le vote sur bulletin collectif. ^
Si nous passons à l'état général d'après les moyennes fournies par les totaux des deux votes, nous trouvons en tête des employés de l'établissement deux titulaires appointés l'un 125 francs par mois , l'autre 66 fr. 65.
Par contre les deux principaux employés d'après la liste des appointements sont relégués, l'un au 44* rang, l'autre (le plus appointé) au dernier rang.
Outre les causes d'abstention déjà indiquées, des électeurs, probablement, jugeant les titulaires de forts appointements suffisamment rémunérés ne leur allouaient rien, sans peser davantage les conséquences de leur résolution.
Tous ces abstentionnistes perdaient de vue le principal objet de la tentative : obtenir du suffrage, si possible, d'utiles indications quant à € l'équitable rémunération des services de chacun et à la proportionnalité des appointements à la capacité de l'employé > selon la formule imprimée en tête des bulletins dans les deux systèmes de vote. Le zéro ou l'abstention n'avait, en cas pareil, qu'une signification : inutilité du fonctionnaire.
Certes, plus d'un électeur — qui, en pratiquant l'abstention avait concouru à classer, en dernier rang, après les apprentis ou les garçons de bureaux , tel employé de capacité notoire — eût protesté contre l'interprétation de son vote dans le sons ci-dessus indiqué ; il n'est pas moins vrai que le suffrage consulté
n'avait point fourni de jugement en accord avec le but poursuivi.
Il était à prévoir, du reste, que tous les électeurs n'embrasseraient pas d'emblée les divers aspects du problème, ni les diverses conséquences possibles des votes ; en toutes choses il faut passer par un apprentissage,
L'expérience était donc à renouveler. 'Elle se répéta
et dans des conditions moins complexes, le vote sur
. bulletin collectif demeurant seul en vigueur pour les
répartitions relatives aux quatre mois suivants : février,
mars, avril et mai.
On sait que le principal auteur du système (G, chap. XV) (1) avait demandé une expérience de plusieurs mois pour obtenir de bons fruits.
Quant au vote sur bulletins individuels entre employés groupés d'après la nature des travaux, écarté après l'essai relatif à janvier, il sera repris en 1872 dans des conditions différentes, sous quelques rapports, de celles du premier essai. Spécialement, il ne s'opérera plus à découvert.
Nous verrons en son temps cette nouvelle et très instructive expérimentation du système.
xvni
Série des employés. — 2" essai de répartitions mensuelles indicatives du mérite. ~ Vote sur bulletin collectif seulement, relatif à février 1870.
L'essai du vote sur bulletin collectif se répéta sans modification de plan.
Le même bulletin (fac-similé chap. XVII«) (2) fut donc distribué aux groupes pour l'inscription des votes.
(1) Présent volume, p. 335.
&) Présent volume, p. 347.
Soixante-douze employés furent appelés à la répartition mensuelle relative à février 70 d'entre eux se répartirent par la voie du tirage au sort en 10 groupes de chacun 7 membres. L'un des deux qui s'abstinrent du vote était l'artiste si complètement méconnu dans le premier essai. Il cessa définitivement de prendre part aux votes qui se succédèrent. Aucun motif ne jaillit des faits pour expliquer l'autre abstention.
La somme à répartir était de 909 francs. Voici l'état des 10 bulletins de vote au point de vue du remplissage des colonnes et de l'emplacement des signatures :
Groupe N"" 1. — Les 7 colonnes pour inscription des votes des sept membres du groupe sont toutes remplies, plus celles: Totaux, Moyennes. Aucune rectification. Les votes répartissent d'emblée 909 francs.
Signatures en masse et non en direction des colonne affectées à chacun des sept membres.
Groupe n© 2. — Même état que le précédent, sauf que le bulletin porte seulement 3 signatures au lieu de 7. Deux de ces signatures sont données en bas de colonnes, mais comme par accident, les colonnes n'étant pas celles assignées aux deux membres par l'ordre du tirage au sort .
Groupe n© 5. — Un des membres du groupe est dit absent et par conséquent une des colonnes affectées aux votes demeure en blanc sur le bulletin : A noter que l'absent eût dû disposer de la 2® colonne et que c'est la & qui est laissée vide du chef de l'absence. Toutes les autres colonnes, y compris celle : Rectifications, sont remplies.
Les signatures des 6 votants sont données au dos du bulletin. Aucun vote n'est ainsi attesté par son auteur.
Groupe n^ 4. — Toutes les colonnes sont remplies, mais aucune signature n'est donnée.
Groupe n» 5. — Toutes colonnes remplies, 6 signatures (au lieu de 7) au dos du bulletin.
Groupe n* 6. — Les sept colonnes affectées aux votes sont remplies , plus celles : Totaux , Moyennes. Les 7 signatures sont données en masse, hors des colonnes affectées à chacun des sept électeurs.
Groupe n* 7. — Même état que le précédent.
Groupe n* 8. — Les 7 colonnes de votes sont remplies, plus celles: Totaux, Répartition. Aucune signature n'est donnée.
Groupe w° 9. — Toutes les colonnes sont remplies et pour la première fois , apparaissent des signatures certificatives de votes : 6 membres sur 7 ont signé explici'tement en bas de la colonne désignée à chacun d'eux par Tordre du tirage au sort. Le 7» n'a pas signé.
Groupe n* /O. — Toutes les colonnes sont remplies ; aucune signature n'est donnée.
En résumé les bulletins de vote collectif relatif au 2« essai ne nous offrent pas encore assez de votes certifiés pour nous permettre autre chose que la recherche du résultat général. Cependant il y a progrès, puisqu'un bulletin (un seul mais c'est un commencement) offre les signatures des membres du groupe régulièrement apposées chacune au bas de la colonne où sont inscrites les r allocations votées par le signataire.
Poursuivons :
^ 72 employés étaient inscrits sur les bulletins de vote.
Dans chacun des groupes on commençait par biffer les noms des 7 membres du groupe. Restaient donc 65 t noms soumis au suffrage de 7 personnes, soit 65 x 7 =
455 votes à émettre dans chacun des 10 groupes — au total 4.550.
Du dépouillement des dix bulletins, nous extrayons les chiffres généraux suivants :
Votes de quotités inférieures à 20 francs (partant
généralement de 5 francs) 1 . 803
Votes de quotités allant de 20 francs à 50
francs 1 .364
Votes de quotités dépassant 50 francs et allant
jusqu'à 150 francs 62
Abstentions ou zéros 1 .321
Total conforme 4.550
* On n'avait pas dépassé, au 1*' essai (chap. XVII) (1), le chiffre de 75 francs d'allocations, ce qui eût représenté 750 francs dîappointements mensuels , taux inconnu alors dans l'établissement. Au 2^ essai certaines allocations s'élèvent jusqu'à 150 francs, ce qui eût représenté 1 ,500 francs d'appointements par mois ! Il va sans dire que ceux qui votaient de telles allocations ou n'en faisaient pas le rapprochement avec le chiffre d'appointements représentés par elles , ou passaient outre sachant bien que la moyenne finale serait tout autre et que de tels votes n'avaient chance que de grossir un peu le chiffre de la répartition mensuelle.
Mais les attributions de parts si disproportionnées entraînaient, nous l'avons vu dans le P' essai, des abstentions correspondantes. Aussi voyons-nous celles-ci dépasser le nombre de 1 .300 au 2® essai ; elles avaient atteint approximativement 600 au P'. Ce n'est plus comme précédemment 1 employé sur 6 qui subit le contre-coup des votes exagérés au profit de quelquesuns, c'est un employé sur 4 ; le chiffre 1 300 étant grosso modo le quart du total des avis exprimés : 4.550.
La marche devant s'accentuer dans cette voie, nous croyons instructif de décomposer , comme suit, les
(t) Présent volume, p. 357.
1 .426 allocations (1 .364 + 62) allant de 20 franco à 150 francs.
Nombre des allocations : Appointements mensuels :
806 de 20 fr. à 25fr représMlait 200 à 250 fr.
233 au-delà de 25 fr. jusqu'à 30 fr. . . . » 251 à 300 fr.
204 » de30fr. » 40 fr.... t 301 à 4C0 fr.
121 » de40fr. » 50 fr.... • 401 à 500 fr.
51 > de 50 fr. . 85 fr. . . . o 50! à 850 ff.
11 delOOfr. • 150fr..,. » 1.000 à 1.500 fr.
L'absence ou l'imprécision des signatures sur les bulletins empêche des recherches plus approfondies ; bornons-nous à indiquer que les 11 votes de quotités représentatives les plus exagérées, celles de 1 . 000 et 1.500 francs d'appointements, s'éparpillent sur neuf employés ; deux électeurs seulement se rencontrant deux à deux pour désigner un même bénéficiaire. Ainsi que précédemment ces employés favorisés par les uns furent ou petitement servis ou tout à fait écartés par nombre d'autres.
Voici le compte des. zéros qu'ils obtinrent :
à RE, le bénéficiaire du vote de 150 francs, zéro par 13 collègues.
à CA, le bénéficiaire des deux votes de 130 et 120 francs, zéros par 29 collègues.
à H, le bénéficiaire des deux votes de 110 et 100 francs, zéro par 16 collègues.
à PA, DE, TA, GA, G. V, les six autres bénéficiaires de chacun une allocation de 100 francs, zéro par 8, 14, 20, 21, 26, 39 électeurs.
Sur l'état général des employés d'après les votes du 2e essai, les 9 bénéficiaires des onze plus fortes allocations se classent comme l'indique le tableau suivant. Nous avons porté à la suite du rang des bénéficiaires
la moyenne finale d'allocation mensuelle résultant des votes , le chiffre d.es salaires ou appointements touchés en février par chacun d'eux , l'augmentation ou la diminution de traitement qui eût résulté de l'ensemble des votes.
Désignation
des
bénéficiai-
res