Vue générale
» La théorie de Fouriçr comprend deux aspects principaux:
» L'un embrasse les questions d'économie sociale, par conséquent tout ce qui se rattache à la production, à la répartition et à la consommation de la richesse.
» L'autre embrasse l'étude de l'homme, ou la recherche de l'accord entre ses passions, ses facultés et le but social de sa destinée...
» Plus large dans ses vues que tous ceux qui jusqu'à lui s'étaient occupés du problème social, Fourier fait un tout inséparable du progrès, du bien-èlre et de de la liberté. Au nom de ces perpétuelles aspirations de l'homme, il fait la théorie du bonheur de tous. Il établit que le bonheur est le but social de l'espèce, et il expose rorsa-'sation d'un ordre nouveau, donnant satisfaction à toutes les tendances individuelles, sans privilège d'âges, de sexes, de castes ni de classes.
» Il ressort de ce premier point, que bien des critiques se sont trompés, en imputant à Fourier l'idée du sacrifice de la liberté de l'individu au bien de la masse ; nul, au contraire, n'a élevé à un plus haut degré le respect absolu de la liberté de Thomme et de ses tendances natives.
» Persuadé qu'il n'y a pas de bonheur pour l'être humain en dehors des satisfactions et du juste emploi de ses facultés physiques, intellectuelles et morales, il s'attache à chercher l'ordre social qu'il juge le plus conforme aux besoins de la nature humaine.
» La solution de ce problème ne peut surgir, suivant lui, de conceptions arbitraires, mais de lois naturelles que nous devons découvrir, étudier et appliquer.
» Abandonnant les vagues régions où se maintiennent les économistes politiques, il n'a pas craint d'aborder les questions plus utiles du travail et de la vie domestique, et de chercher, dans les besoins naturels de riiomme, les lois de justice et de liberté dont il a voulu faire la base de sa théorie.
» La consommation, la production et la répartition
sont les faits nécessaires de l'existence de l'homme et de la société.
» Travailler, recueillir les fruits du travail, en faire usage : telles sont en effet les principales fonctions de la vie humaine et de la vie sociale.
» En conséquence, Fourier recherche quels sont les moyens par lesquels l'individu et la société peuvent arriver à organiser le travail et la production, à satisfaire aux besoins de la consommation et à introduire la justice dans la répartition du travail et de ses produits parmi les hommes.
» L'Association du travail, du capital et du talent est le moyen et le principe social qu'il propose, c'est la base des principes économiques qu'il met en lumière; et, sur ce -point, on peut affirmer que nul n'a vu aussi profondément que lui dans ce mode d'organisation sociale.
» En unissant les facultés humaines en un seul faisceau, sous le régime de l'Association, il en fait surgir le plan d'un nouvel état social reposant sur l'ordre, la Justice et la liberté.
» L'homme ne peut plus exploiter l'honime. Les forces et les facultés de tous concourrent à un but commun : le bien-être général; les efforts de chacun reçoivent leur récompense individuelle, et l'antagonisme disparaît pour faire place à l'émulation productive.
» La'i théorie de Fourier circonscrit son action à l'organisation du travail dans la commune, et laisse de côté les questions politiques sur lesquelles elle n'agit que par l'influence de la nouvelle organisation économique qu'elle constitue.