N" VII
L'ordre du synode de Languedoc convoque a Nysme le 1 Février 1561 (1).
Premièrement ont esté appeliez les ministres de chacune ville et village de la province et, iceux recogneus ayants fait foy de leur mission, les diacres ou surveillants ont esté aussi appeliez et fay foy de leur envoy de leur église parsufiisant attestatoire de leurs consistoires signez par plusieurs d'iceux, et les ministres n'en avant esté bien introduits ou envoyez de leur église rejetiez avec leurs diacres ou surveillants, a faute des dits diacres non ayants attestatoire suffisant et sans que autrement ils entrent au synode sinon les susdits.
Et estans assemblez tous les susdits ministres, diacres ou surveillants, a esté faite prière et invocation au nom de Dieu et grâce du S. Esprit. Concernant la vocation et affaires qu'ils avoyent a traiter et après de la voix d'un chacun et commun accord a esté eleu un président avec un adjoint pour proposer toutes et chacunes les propositions requises par le dit synode, faire opiner et imposer silence a tous et chacun troublant le synode, suyvant l'advis des susdits recueillir les voix et, selon le plus grand nombre, dicter ce qui aura esté arresté.
(i) 1 5Ô2, nouveau slylc.
A esté leuë en présence de tous la confession de foy dressée et signée par toutes les églises de France, laquelle ouye ont esté admonesté tous les ministres d'aviser s'il y avoit chose qui deut estre corrigée, en laquelle n'ont rien trouvé si ce n'est au mot d'imité qui y seroit adjoint ou union.
Aussi a esté leue la discipline ecclésiastique arrestée a Poictiers (i) et ont promis tous les dits ministres et surveillants, tant en leurs noms propres que de leurs dites églises, d'icelles garder et faire garder et observer, en tant qu'ils pourront persuader a ceux de leur église par admonitions, lesquelles confession et discipline ecclésiastique ont signé tous les jdits ministres et diacres en signe a'union des églises.
Tiercement a esté procédé au reconciliement des diacres et ministres et en leurs personnes des églises ayants eu par cy devant quelque divorce, et procédé aux censures selon que la matière le requerroit et selon les fautes commises. Aucuns ministres ont esté censurez seulement et d'autres censurez et suspenduz pour un temps, les autres déposez comme insuffisants, ayant commis quelque grande faute, et pareillement des dits diacres ou surveillants.
Quartement a esté déduit s'il y avoit rien des ministres contre leurs églises ou des églises contre leurs ministres, ayant esté ouys premièrement leurs ministres en leurs plaintes, et puis leurs diacres et surveillans pour et au nom de leurs dites églises ; leur a esté pourveu a chacun d'eux après avoir esté ouys en l'absence l'un de l'autre pour estre mieux libres de ce qu'ils vouloyent dire et proposer l'un contre l'autre des admonitions et censures requises ; et quand les ministres quelquefois opposoyent incommodité de leurs églises, estoit opiné sur icelle et, autant qu'il y avoit raison apparente, etoyent aucune fois changez d'un en autre, sans laisser toutesfois l'église de laquelle le ministre avoit esté osté.
(i) Au synode général de 1 56 1 {ie de Poitiers),
En outre que les ministres, lesquels auront esté esleus ou envoyez d'ailleurs hors la province, seront tenuz monstrer leur élection avec attestation de leur bonne vie, mœurs et réception du peuple et consistoire de leur église; laquelle élection et attestation demeurera entre les mains de leur consistoire comme ceux la de leur église.
Apres ce furent proposées les lettres envoyées de la Cour et edit du Roy (i) avec l'advis des ministres de la dite cour pour se gouverner selon le contenu en icelles, faire offre au roy et envoyer au synode gênerai convoqué a Orléans le i may prochain (2) venant; et pour y alkr furent esleus par tout le synode deux ministres avec deux diacres des principaux pour communiquer au dit synode gênerai ce qui avoit esté proposé au présent synode ; et puis furent proposez plusieurs doutes concernants la sainte Escriture et régimes des églises particulières, tant de mariages, baptesme et administration de la cène que de la réception des prestres et moynes nouvellement defroquez se voulants mettre au ministère, lesquels ne seront point receus de six mois après leur defroquement et ce avec bonne attestation de leur doctrine et mœurs.
En outre a esté dressé par Mons"" Viret, un fort bon ordre concernant le fait des églises tant en gênerai qu'en particulier (3), auquel est convenable beaucoup de doctrine, lequel estant communiqué au dit synode, a esté trouvé fort bon en la pluspart; mais parce qu'il y avoit certaines choses a corriger, a esté arresté qu'on le communiqueroit au synode gênerai futur a Orléans pour y adjouster ou diminuer selon que sera advisé, et en seroit après baillée coppie par toutes les églises de la dite province.
(i) Le célèbre édit du 17 janvier 1 562, qui accordait aux protestants la liberté du culte hors des villes.
(2) Ce synode général d'après le recueil d'Aymon se tint le 2 5 avril i562.
^3) Peut-être la pièce cy-après. No IX.
Apres avoir esté traité de l'ordre des synodes proviiiciaui a ce que toutes les années se tiendroit une fois le synode en la dite province, la ou seroyent tous les ministres de ladite province tenus a venir avec un des diacres de chacune église ou il y en a deux, et ou n'y en a qu'un un surveillant au lieu d'un diacre, si ce n'est que le dit ministre ait excuse legi time ; laquelle envoyera par son diacre ou surveillant pour après estre tenu pour excusé ou censuré selon que la matière le requerra.
Et afin que nulle église, ministre ou ville, ne puisse prétendre aucune primauté les unes sur les autres, a esté arresté que le synode seroit ambulatoire d'une ville en l'autre la plus commode de la province, et que sera esleu (comme a esté a présent) pour tenir le dit synode futur, qui sera le i mars en un an prochain a Montpellier, celuy qui a présidé, qui estoit avec M. Viret (i), a scavoir le ministre d'Arles, Mons'" Chevalier, a la charge de convoquer ledit synode futur au dit Montpellier, et, estant iceluy assemblé, seront autres esleus pour présider, de sorte qu'un ne pourra présider aux deux synodes.
Et parce que la province est grande et estoit incommode s'assembler de bien loin, a esté divisée en cinq classes selon la proximité des lieus, et que en chaque classe s'assembleront de trois en trois mois tous les ministres avec un diacre ou surveillant de quelcune des dites églises pour résoudre des doutes des églises, et ce qui ne se pourra résoudre a la dite classe sera renvoyé au dit synode provincial ; et sera esleu en la dite classe un ministre d'icelle, lequel aura charge dans les dits trois mois de visiter toutes les églises de la dite classe, ouyr les plaintes tant des ministres que des dit-es églises, et aussi au dit synode provincial un autre qui aura charge une fois l'année de visiter toutes les classes avec celle de convoquer le dit synode futur.
(i) Le célèbre réformateur était à Nîmes depuis le 6 octobre i56i.
Et pour ce que la classe seroit grande, auroit esté divisée en plusieurs colloques particuliers selon la distance des lieus, ausquels s'assembleront tous les ministres en l'une des villes principales du dit colloque avec un diacre de chacune église ou surveillant, et ce de mois en mois ou de quinze en quinzaine; et la communiqueront des affaires et sera esleu un pour visiter le dit colloque dans trois mois et le rapporter a la classe, et le tour sera ambulatoire.
Quant aux consistoires particuliers , les diacres auront charge de catéchiser, veiller sur les poures et leur administrer leurs aussmosnes; les surveillans de rapporter au consistoire les fautes et insolences qui se commettront par ceux de leur église, indiquer les vrayment poilus ; aux dits diacres de veiller diligemment sur les autres affaires des dites églises, et ne sera permis aux dits ministres de laisser leur église sans le congé de leur consistoire, lequel sera adverty de secourir de ses ministres les villes prochaines pour y planter la parolle de Dieu sans incommodité de leur église.
Aussi feront lire la dite confession avec la discipline ecclésiastique a chacune église particulière et, icelle ouye, les ministres, diacres ou surveillants seront tenuz signer et admonester le peuple s'ils s'y veulent tenir et assujettir, et ceux la qui voudront ce faire, promettans vouloir vivre selon la parolle de Dieu et la dite discipline, seront enregistrez en la dite église et a iceux seront administrez les sacremens et non a autres.
Ne sera licite d'exclure du presche ceux qui ne sont receus a la dite église ou ils seroyent de si mauvaise vie. Et quant a ceux qui seront receus en la dite église, s'ils contreviennent au commandement de Dieu et discipline ecclésiastique, seront appelez au consistoire pour estre censurez selon que le cas le requerra.
Et s'il y a aucunes inimitiez ou divorces entre ceux des dits consistoires, se repatrieront en premier lieu et puis seront
faites les censures, suspensions ou déposition d'iceux et élection d'autres selon qu'il sera loisible. Et a chacune église pour ce faire sera esleu un greffier, lequel escrira durant une année. Et si au bout de l'année le dit greffiier, diacres ou surveillants demandent estre changez pour quelque raison particulière, alors le dit consistoire y advisera pour les contirmer ou bien y en eslire d'autres, et l'élection qui sera faite de nouveau par le dit consistoire sera présenté au peuple huit jours devant que la recevoir, lequel proposera chose par lesquelles ils doyvent cstre receus ou non si bon leur semble. Et a chacun sera déclaré sa charge.